Les Bâtisseurs de la vie
Articles parus
dans les magazines
=par Amr Khaled
=
9 *
Mariage Vie
Ils t’ont trompée et t’ont dit : Le
mariage est l’affaire de la vie !
Article rédigé par Mr. Amr Khaled dans le magazine ‘Majallat Al Mar’a Al Yawm’,
datant du 16/03/2004 dont voici le texte :
Nous vivons une époque où les choses ne se nomment pas uniquement autrement
qu’elles ne devraient l’être mais encore par leurs antonymes. La colonisation
des peuples par exemple est devenue « libération des peuples », le pillage de
patrimoines s’appelle désormais « valorisation », et le pilonnage s’appelle
« édification ».
Nous succombons sous le poids de la culture diffusée qui est contraire à
l’inspiration céleste et qui a enrobé la vraie face des choses. Elle a rendu
blanc ce qui était noir, et noir ce qui était blanc, blâmable ce qui était
convenable, et convenable ce qui était blâmable. Ce qui était nature est rendu
anormalité, et l’anormalité est devenue nature.
Cette culture différente de la révélation céleste a barbouillé le miroir de
l’univers, la plupart des gens en sont rendus incapables de voir les choses
telles qu’elles se présentent réellement. Et parmi ces choses-là figure la
situation de la femme en général et celle de la femme musulmane en particulier.
Cette culture contradictoire avec la révélation céleste a attiré la femme
musulmane comme elle l’a tant fait pour d’autres, elle l’a entourée de sa fausse
marchandise laquée en la lui embellissant et l’a convaincue – comme d’autres- de
sa qualité. La femme musulmane a été mystifiée par la culture occidentale comme
nous l’avons tous été, et il est grand temps que cette mystification prenne fin.
Et c’est ce que nous essayerons de faire à travers cet article et ceux qui
suivrons avec la permission d’Allah sous le titre : « Ils t’ont trompée et t’ont
dit…».
J’aimerais, avant d’énumérer les différentes formes de tromperie, préciser deux
choses essentielles :
Premièrement : Mon intention n’est
nullement d’attiser les rancoeurs, ni de créer ce qui pourrait renforcer le
fossé psychologique entre notre nation et les autres nations. Car nous sommes
appelés à inviter le monde en entier au sentier d’Allah avec tout l’amour et
l’espoir dans leur intérêt et créer des obstacles psychologiques ne nous
permettra pas de le réaliser.
Et deuxièmement : Les raisons de
tromperies ne sont pas nécessairement dues à la malveillance caractérielle, la
haine de l’autre ou encore une tentative de branler les croyances de l’autre
pour mieux le contrôler, mais elles peuvent être dues à différentes raisons
enfuies au sein de l’homme et qui le pousse à tromper! Notamment que l’amour du
gain facile et d’accumuler des fortunes par n’importe quel moyen à commencer par
l’abus de pouvoir et mieux contrôler l’autre pour assouvir son sentiment de
supériorité et de prédominance.
Illustrons ce constat à travers l’exemple d’un film romantique tiré de la
culture occidentale, la vie de l’héroïne en l’absence de son amoureux est
montrée, comme étant triste et stérile, dure et sans chaleur ni sentiments, puis
cette vie malheureuse se transforme de fonds en comble dès son apparition,
l’héroïne renaît après son anéantissement et revit après sa mort, et le film
prend fin.
Au
fait, je ne suis nullement en train de me moquer de l’histoire du film et je ne
l’accuse pas de superficialité, je n’en fais pas le sujet de mon article pour ne
pas être long, c’est en fait une histoire émouvante, car le sentiment d’amour
est un sentiment véhément, et la maladie d’amour est difficilement curable. La
note jouée par ce film est susceptible de toucher toute l’humanité, surtout la
gent féminine en raison de son psychisme et de sa finesse, il est naturel qu’il
imprègne son influence sur les cœurs des téléspectateurs, et le degré de son
influence est souvent lié à la profondeur des sentiments que le film a réussi à
ancrer. C’est le propre des patrons de cette industrie à l’occident.
Je
crois que ce qui motive à produire ce genre de film n’est pas la conspiration
contre nos croyances religieuses ou celles d’autres groupes, mais le plus sensé,
de mon propre point de vue, est que le motif serait la recherche du gain rapide
et du profit maximum, et il s’agit là d’un besoin ou d’un objectif humain de par
la nature, et qui constitue un facteur commun aux occidentaux au même titre
qu’aux orientaux, il est loin d’avoir l’aspect extérieur de la conspiration. Où
réside donc le problème ?
Le
problème réside dans les conséquences qui doivent d’abord être appréhendées
puis analysées.
Le premier aspect nécessitant d’être
appréhendé puis analysé est celui-là : le fait que le bonheur de la femme soit
axé sur un seul et unique point, qui est de trouver l’amant aimant, car c’est
seulement à travers lui – selon le film – que se transforme la vie malheureuse
en une vie épanouie pleine d’espoir et de joie.
Le deuxième aspect, qui n’est pas
moins important que le premier, est celui des motifs de la naissance de
sentiment d’amour entre l’homme et la femme, ces motifs s’articulent souvent
autour de l’aspect extérieur, ou de l’admiration devant les circonstances
écrites sur papier par le scénariste et mises en scène à travers les caméras, et
qui sont souvent exceptionnelles ou irréalistes ou carrément saugrenues.
Le troisième aspect est le fait de
décrire l’amour comme étant l’unique sentiment sur la base duquel se construit
toute relation entre la femme et l’homme, et se forme tout autre sentiment ou
sensation.
Le quatrième aspect est l’isolement
de ce sentiment et le fait de ne pas l’exposer à la scène réelle quotidienne
pour voir et suivre ce à quoi il aboutira quant à son intensité et sa
continuité. Quelle est donc la conséquence des sédiments psychiques qui habitent
le cœur de la femme et de l’homme, et je parle spécialement de la femme étant
donné qu’elle est plus sensible à ce que je viens de citer comparée à l’homme.
La femme qui articule son bonheur autour d’un prince charmant attendu s’aventure
psychiquement, ce qui peut provoquer chez elle un malheur pathologique si elle
ne réussit pas à le trouver, ou encore, au cas où elle parviendrait à le
trouver, s’il la maltraite.
L’islam, en vue de sauvegarder la construction psychique solide aux individus et
de par son amour pour eux, les invite à lier leur bonheur à Allah d’abord, et à
trouver la quiétude auprès de Lui avant tout, car c’est bien Lui Le Vivant
l’Existant pour toujours, Le refuge et Le recours dont ne reçoivent les êtres
que ce qui est bon et beau, et ne survient de Lui que ce qui est bien, et
l’Homme qui fait ce pas vers Allah se procure une immunité contre tout trouble
psychologique susceptible de l'assaillir et de le perturber, pour ne le laisser
que débris, ce que nous n’aimerions voir arriver ni à un homme musulman, ni à
une femme musulmane, ni même à d’autres personnes.
L’excès en toute chose est porteur de mauvaises conséquences, surtout lorsqu’il
s’agit du domaine psychologique.
La
femme musulmane qui repousse les personnes qui demandent sa main, sous prétexte
qu’elle ne ressent pas envers elles le sentiment d’amour auquel elle s’est
préparée, et qu’elle s’est attelée à broder secrètement en son imaginaire, est
une femme qui se fait préjudice, elle a été illusionnée et emportée par le film
commercial. Ce dernier lui a faussement représenté le mariage sans un sentiment
d’amour embrasé comme un suicide ! Alors que c’est l’inverse qui est vrai, et le
comportement de la femme illusionnée est justement un suicide, elle s’en rendra
compte à travers le temps, et après la dissuasion des prétendants ! Le sentiment
d’amour, à l’instar de toute chose en ce monde, croît avec le temps, donne ses
fruits par l’irrigation, et son tronc durcit si on en prend soin, l’essentiel
étant qu’on lui accorde la chance de croître et qu’on ne le bloque pas par le
moral dépressif.
Je
passe à une autre idée liée au premier aspect dont nous essayons d’analyser les
répercussions, l’amplification de l’affaire du mariage et sa transformation
d’une affaire dans la vie en l’affaire de la vie est à même d’emprisonner
la femme musulmane et de freiner ses énergies et ses contributions dans sa
société immédiate, puis dans sa communauté et sa religion. Nous sommes appelés,
hommes et femmes, à beaucoup offrir à notre religion et à la glorifier dans tous
les domaines, et la femme qui se réveille et se pose la question « avec qui donc
vais-je me marier », prend son déjeuner en se disant « quand est-ce que je vais
me marier ? », se repose en s’interrogeant « où est-ce que je vais me
marier ? », puis dort la nuit en se promettant « demain je réfléchirai encore
avec qui je vais me marier », et ainsi de suite… est une femme qui se fait du
préjudice à elle-même ainsi qu’à sa communauté, sa société et sa religion, elle
donne une image négative de le femme musulmane et elle diffuse dans la société
un sentiment de désespoir et de vide mental et physique duquel nous ne tirerons
aucun bénéfice.
Notre discussion a une suite la semaine prochaine Inchaâ Allah.
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