8 * Ne Mariez Pas Votre Fille



Les Bâtisseurs de la vie

Articles parus dans les magazines

=par Amr Khaled =

8 * Ne Mariez Pas Votre Fille

 

Ne donnez pas votre fille en mariage à quelqu’un plus âgé qu’elle de 20 ans 

 

 

Au mariage, le choix entre la confiance en Allah et la résignation. La flagrante différence d’âge entre les mariés, un phénomène répandu autant chez les cultivés que chez les analphabètes ! Les erreurs du passé entre dévoilement et secret ! L’avis de l’Islam devant les retombées de la société d’hier et la société de nos jours ? Autant de questions à débattre dans un entretien avec le Mr. Amr Khaled, par Îssam El Ghazi, le mercredi 08/10/2003

 

Ceci est l’interview.

 

La flagrante différence d’âge entre les mariés est devenue de nos jours un phénomène saillant… La fille recherche un homme plus âgé que son père ou même plus. Le jeune homme ne tourne pas le dos à celle qui est nettement plus âgée que lui. Le prédicateur Amr Khaled précise la position prise par l’Islam vis-à-vis de ce phénomène… La première situation, confirme-t-il, est contradictoire à la notion de parité qui permet le succès du mariage en Islam. Tandis que la deuxième situation est réfutée, excepté à deux conditions près. Le mariage du prophète (B.S. sur lui) avec Asayeda Khadîdja est cas exceptionnel, et donc non susceptible d’imitation.

Ce phénomène pose en lui-même la problématique du choix de l’homme ou de la femme de sa vie… Nous pouvons remédier à ce problème en suivant toutes les étapes pratiques qui garantissent le bon choix… et également en se fiant à Allah par le biais d’une Salât de consultation (Istikhâra).

 

L’invocation de la consultation

 

J’ai demandé au prédicateur Amr Khaled : « C’est quoi une consultation ? »

Plusieurs sont ceux qui pensent qu’il s’agit d’une bénédiction. La vérité est que le prophète (B.S. sur lui) nous a enseignés de se fier à Allah pour nous choisir le meilleur ; ainsi le choix ne nous revient pas. Il faut faire deux Rak’ah de consultation, puis dire cette invocation, que j’offre spécialement aux lecteurs du magazine « Kull Nass » : « Seigneur Allah, je viens prendre conseil auprès de Ta science et prendre force dans Ta force. Je viens Te demander de Ta générosité infinie. Car Tu es capable et je suis incapable, Tu sais et je ne sais pas et c’est Toi le Grand Connaisseur des mondes inconnus. Seigneurs Allah, si Tu sais que mon mariage avec … est pour moi une source de bien pour ma religion, pour ma vie ici-bas et pour ma destinée future (ou il a dit : pour mon présent et pour mon future), destine le moi facilite-moi sa réalisation et bénis-la moi. Et si tu sais que ce mariage est pour moi une source de mal pour ma religion, pour ma vie d’ici-bas et pour ma destinée future (ou il a dit : pour mon présent et pour mon future) détourne là de moi et détourne-moi d’elle. Prédestine-moi le bien où il se trouve et inspire moi s’en la satisfaction. »

 

Se fier et non pas se résigner

 

Ensuite, il faut demander à propos du mari et de la mariée et entamer une série d’enquêtes pour s’assurer que le résultat de ce mariage, une fois accompli, sera celui de la délégation, et que s’il n’est pas accompli, ceci est également le résultat de la délégation. Le prophète (B.S. sur lui) disait : « Soyez sûrs que le résultat du mariage est le bien ».

 

Les gens croient que le résultat de la consultation doit survenir dans les rêves, pendant le sommeil ? Qui est-ce qui a dit ceci ? L’Islam vous apprend de se fier à Allah et non pas de se résigner ; vous léguez l’affaire à Allah en signe de confiance en Son jugement ; puis il faudra accomplir des étapes pratiques et non pas en attendant des rêves. Si vous avez eu une vision, c’est tant mieux, mais elle n’est pas suffisante. Il faut enquêter à propos du marié.

 

Enquêtez convenablement à propos du mari pour protéger votre fille.

 

Avons-nous parlé au sujet des bonnes manières pour aborder les gens en vue d’enquêter sur le prétendant au mariage dans son lieu de travail ou celui où il habite ?

De nos jours, il est surprenant qu’après avoir établi le contrat de mariage, plusieurs se plaignent que le mari avait un autre travail que celui qu’il a déclaré  ou qu’il cache un défaut principal facile à reconnaître s’ils avaient pris la peine d’enquêter. Nous leur demandons pourquoi n’avaient-ils pas fait leur enquête sur le prétendant. Ils nous surprennent encore en disant : « On n’a pas beaucoup enquêté parce que nous disposons de peu de temps » ou « nous avons hâte qu le mariage ait lieu »

C’est étonnant ! Quel est le rôle du père et du frère ? Pourquoi ils n’ont pas essayé d’enquêter par tous les moyens disponibles avant de pousser leur fille dans les bras d’un homme qu’ils ne connaissent pas ?

J’introduis ici une anecdote vécue par Omar Ibn Al khattab (Qu’Allah l’agrée). Quelqu’un est venu lui demander : « Connaissez-vous tel ? ». Il a répondu que oui. Omar lui demande encore : « Avez-vous voyagé avec lui ? ». L’autre a nié. Il l’interroge : « L’avez-vous peut-être vu faire la prière et réciter le Coran ? ». L’homme a répondu « Oui ». Omar dit : « Ceci n’est pas suffisant pour le connaître ». Nos filles sont des dépôts. Nous devons alors faire de tout notre mieux en enquêtant, afin de les protéger.

 

Comment enquêter sur le prétendant … et sur la mariée ?

 

Quand nous enquêtons sur le mari… quelle est la question la plus urgente sur la quelle nous devons obtenir une réponse ?

Il y a des questions primordiales comme : se demander à propos de ses mœurs, de son travail, de sa famille, de son salaire approximatif. Cependant, il y a une question très importante à laquelle personne ne prête attention en général : « D’où vient son argent ? Est-ce que ma fille utilisera de l’argent licite ou non ? ». Tout le monde se demande : « Combien a-t-il ? » et personne ne s’interroge : « D’où vient son argent ? ». Où est passé la convoitise de l’argent licite ? Le prophète (B.S. sur lui) dit : « Toute chair qui prend racine de l’illicite mérite l’Enfer »

Il y a beaucoup de manières pour connaître ces choses, tout en évitant la question directe et gênante.

 

Et comment faire si le prétendant au mariage veut enquêter sur la mariée ?

 

L’affaire est tout à fait pareille, et même plus pointue en ce qui concerne la femme parce qu’elle sera un dépôt pour lui. Sans doute, il est important que le mari enquête à propos de la mariée. Le prophète (B.S. sur lui) a dit : « Choisissez pour vos fœtus parce que la génétique cache des tours » c’est-à-dire qu’il faut surveiller le comportement de la famille de celle qu’on va choisir comme épouse. La fille aura les qualités de sa famille. Cette étonnante méthode prophétique est utilisée de nos jours par les psychologues. La surveillance et l’enquête sur les comportements de la mère de la mariée vous informeront en grande partie sur le comportement de la mariée elle-même.

Le prophète (B.S. sur lui) a dit : « Faites attention à la belle plante dans un tas de fumier » On lui a demandé : « C’est quoi cette belle plante ? ». Il a répondu : « C’est la belle femme issue des mauvais milieux », C’est-à-dire la femme qui est belle mais qui est en plus fière de l’être, et issue d’une famille de mauvaise réputation. Le prophète (B.S. sur lui) vous prévient de l’attrait de cette situation délicate.

 

Ne demandez pas à connaître le passé.

 

Mais vous avez dit dans un entretien précédent qu’il ne faut pas juger une fille à partir de la réputation de sa famille ?

Oui, ceci est vrai. Mais j’ai dit : « Si la fille est excellente sur les plans des mœurs et de la religion, il ne faut pas la juger selon les comportements des siens ». Sauf que le prophète parlait en ce qui précède de la fille qui est belle et fière de l’être ; c’est donc un cas à part. Je répète : si la fille était belle mais aussi polie et croyante et que nous sommes sûrs qu’elle a de bonnes mœurs et pratiques religieuses, alors il n’y a plus de raisons de la juger par les malfaisances des siens.

 

Si le prétendant au mariage demande à sa fiancée à propos de ses erreurs du passé et si elle avait eu des relations amoureuses ou quelque chose de la sorte auparavant… Comment doit-elle se comporter ?

Il est impertinent de l’interroger sur ses relations passées. Vous pouvez mettre en épreuve ses mœurs et sa religion, pourquoi donc chercher à connaître le passé ?

A l’époque de Omar Ibn Al Khattab, un jeune homme a voulu prendre comme épouse une fille qui a commis de graves erreurs mais qui s’est repentie sérieusement. Le frère de la mariée est allé voir le prétendant au mariage pour lui avouer les erreurs de sa sœur, croyant que c’est un devoir. Omar Ibn Al Khattab était furieux de colère et il lui a dit : « Allah l’a préservée et vous, vous la révélez », « Ne saviez-vous pas que le repentir efface tout ce qui précède ? » a-t-il ajouté. Ceci est un exemple de la jurisprudence de Omar. Par conséquence, le mari n’a pas à chercher à connaître le passé ; il revient donc de droit à la mariée de ne pas répondre. Tout ce qui compte c’est que sont devenues son attitude et sa religion à l’instant.

 

La crise de la compatibilité des âges.

 

Passons à la question de la non compatibilité des âges entre les mariés … Comment envisagez-vous ceci ?

Il y a deux cas de différence d’âge : le cas où c’est elle qui est plus âgée, même de si peu ; et le cas où c’est lui qui est nettement plus âgés qu’elle.

Dans le premier cas, il y a ceux qui prennent comme argument la fait que le prophète (B.S. sur lui) s’est marié avec Khadîdja alors qu’elle était plus âgée que lui de 15 ans. Le prophète (B.S. sur lui) l’a épousée alors qu’il avait 25 ans, tandis qu’elle avait la quarantaine… Je dirais que c’est une exception à ne pas imiter.

La médecine a découvert qu’en cas d’égalité d’âges entre un homme et une femme, la femme s’avère être plus mûre que l’homme. Jusqu’à l’âge de 22 ans, une fille subit une croissance plus rapide qu’un homme sur les plans physiologique et mental.

 

Il y a deux conditions à respecter si le mariage sera conclu avec plus âgée que soi : que l’homme soit nettement plus mûr par rapport à la femme ; et que la femme soit assez sage de façon à ce qu’elle ne développe pas un complexe de supériorité vis-à-vis de l’homme, à cause de la supériorité de son âge. Ainsi, au mariage du prophète (B.S. sur lui) avec Asayeda Khadîdja, ces deux conditions ont été respectées. N’empêche que c’est là une exception à ne pas imiter.

Si la femme est plus âgée d’un an ou deux et si les deux conditions citées ci haut sont réalisées, où est le problème de prendre comme épouse une personne plus âgée que soi ? Ni les proches de l’homme ni ceux de la femme ne doivent empêcher un mariage pareil s’ils sont sûrs de la réalisation de ces deux conditions. Sinon, tout autre argument est rejeté.

 

Et que dire de se marier avec un homme plus grand que soi de 20 ans ?

 

Cette différence d’âge est contradictoire à la parité instaurée par l’Islam. Le prophète (B.S. sur lui) a refusé de donner sa file Fatima en mariage à Abou Bakr, à Omar et à Othman. Il l’a mariée à Ali Ibn Abi Taleb qui était plus âgé qu’elle de cinq ans. J’ai remarqué dernièrement que les filles voulaient se marier à des hommes qu’elles appelaient « mon oncle » auparavant. La cause en est probablement et malheureusement le manque de responsabilité de la part des jeunes hommes. Certaines filles sont dès lors poussées à se marier avec des personnes plus âgées, considérées comme plus mûres. Mais ceci n’est pas un argument valide. La différence entre les générations, la façon de penser, les charges émotionnelles et les capacités sexuelles feront échouer le mariage.

 

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