Les Bâtisseurs de la vie
Articles parus
dans les magazines
=par Amr Khaled
=
5 *
Battre Femmes
Battre les femmes :
Sœur musulmane, faites attention !
Battre une femme est prohibé ! Voire même un acte
qui entraîne la colère du Miséricordieux !!
Il est donc grand temps d’entamer l’éducation des
sociétés islamiques par le biais de la bonne compréhension de la religion !
Le concept divin de l’éducation entre la
récompense, le châtiment, le modèle et le jugement, est le sujet de l’interview
avec Mr. Amr Khaled ; dialogue fait par Îssam El Ghazi, le mercredi 28/10/2003.
Voici l’interview :
A la maison et à l’école … et même dans la rue …
Nous nous heurtons à des comportements inadmissibles de la part des enfants et
des jeunes… Aussi, voit-on dans les relations conjugales beaucoup de discordes
et de problèmes. Les raisons en sont multiples. Mais la plus importante de ces
raisons, selon le prédicateur Amr Khaled, se résume en l’ignorance des bases de
la bonne éducation des enfants comme indiqué en Islam, et aussi celle du concept
de la relation d’affection, de bonté et de tranquillité entre l’homme et la
femme.
Amr Khaled, dans son interview hebdomadaire
traite le sujet de l’éducation dans la société islamique avec toutes ses portées
et insiste sur le fait qu’il s’agit là de notre chemin sûr pour une génération,
qui assume ses responsabilités, et des foyers heureux.
L’enseignement ne suffit pas.
J’ai demandé à Amr Khaled : « C’est quoi
l’éducation ? »
Certains croient que si l’enfant a de quoi manger
et de quoi boire, et que s’il va à l’école et réussit ses examens, c’est qu’il a
reçu une éducation. Un père dira par exemple : J’ai quatre enfants qui ont reçu
la meilleure éducation qui soit : l’un est ingénieur, l’autre est avocat, la
troisième est mariée à un homme d’affaires à succès et le quatrième est un
ingénieur informaticien très adroit. Cette idée de l’éducation est synonyme
d’enseignement.
Qui est-ce qui dit que ceci est la signification
de l’éducation ?
Le sens véritable est l’évolution des mœurs et le
développement des compétences. Quand vous dites : j’ai éduqué telle personne,
cela veut dire que vous avez haussé ses sens, son goût, ses mœurs et ses
comportements. En bref, vous avez poli sa nature en même temps que vous l’avez
éduqué… Il s’agit d’un autre type d’éducation, basé sur le développement des
aptitudes physiques ou mentales et de faire rejaillir les compétences cachées en
la personne.
Le concept divin de l’éducation.
Beaucoup sont les pères chez qui le concept
d’éducation est inversé, se limitant aux dépenses et à l’enseignement ; alors
que le Saint Coran tient à ce que l’éducation soit prioritaire sur
l’enseignement. Il introduit le terme de « purification » au lieu de celui
d’éducation. Allah glorifié soit-Il et très haut dit –ce
qui peut être traduit comme :
«Ainsi,
Nous avons envoyé parmi vous un messager de chez vous qui vous récite Nos
versets, vous purifie, vous enseigne le Livre et la Sagesse…».
(TSC1, Al Baqara : 151) Ceci est le concept coranique de l’éducation.
Ce verset a été répété quatre fois dans le Saint Coran ; dont trois fois avec le
même ordre d’accumulation et une fois, notre maître Abraham l’a dit mais en
croyant que l’instruction supplantait la purification. Allah, glorifié soit-Il
et très haut a alors répété le verset trois fois avec l’ordre véritable donnant
à voir que la purification passe avant l’enseignement. Allah, glorifié soit-Il
et très haut éduque Ses serviteurs. Le terme « Tarbiya » (« éducation » en
arabe) est un nom dérivé de « Rabb » (« Dieu » en arabe). C’est pour cette
raison que je suis étonné de ceux qui ont appris le Coran et ne sont pas
éduqués.
Comment la femme démasque-t-elle l’homme ?
Quels sont les points sur lesquels nous pouvons
nous baser pour dire que telle personne est éduquée ?
-
Ses mœurs ;
-
Le tact dont il fait preuve. Supposons qu’il y ait une personne
honnête qui ne ment jamais et s’il fait une promesse, il tient parole.
Cependant, il n’a aucun goût vis-à-vis des choses les plus convenues. Ceci
relève de son éducation à la maison : sa façon de s’habiller, de parler, le
ton de sa voix, ses comportements spontanés avec les autres. Ce sujet n’est
pas corollaire d’un niveau matériel précis. Une personne peut être
extrêmement riche mais ne dispose d’aucune règle de bienséance ; en
revanche, une personne peut être pauvre mais fait preuve de beaucoup de bon
goût et de tact.
Si une femme rencontre un homme et qu’elle trouve
que ses regards sont impertinents et ses mots osés, c’est qu’il manque
d’éducation et des manières de se comporter avec une femme. La façon de se
comporter d’un homme vis-à-vis d’une femme montre le style de son éducation.
C’est pour cela que la fille de
Chuâaïb
a demandé à son père : –ce qui
peut être traduit comme :
« Ô
mon père, engage-le [à ton service] moyennant salaire, car le meilleur à engager
c’est celui qui est fort et digne de confiance».
(TSC, Al-Qassas : 26) Elle a
expérimenté les mœurs et l’éducation de Moïse lors des quelques instants à la
fontaine d’eau. La femme comprend l’homme rien qu’à son regard et chaque femme
sait reconnaître, par son sixième sens, si l’homme est honnête ou non.
La responsabilité des parents.
Est-ce la même chose concernant la manière de
parler avec les parents et les personnes âgées ?
L’éducation est la responsabilité du père et de
la mère. Les premiers sur qui repose la responsabilité de l’éducation sont le
père et la mère. Ceux qui éduquent bien comme il faut leurs enfants ne doivent
pas craindre que leurs descendants les abandonnent, grands.
Je n’oublierai jamais une scène qui a eu lieu
devant moi en Angleterre. Je marchais avec l’un de mes amis. Son père est venu
de l’Egypte pour lui rendre visite. L’ami avec qui je me promenais est un
professeur universitaire dans l’une des plus grandes universités d’Angleterre.
Il a un doctorat en une spécialité rare. Pendant notre marche, mon ami a
remarqué que les lacets des chaussures de son père étaient défaits. Il s’est
agenouillé au milieu de la rue pour les renouer. Si vous voyez cette scène, ne
pensez-vous pas que le père a réussi l’éducation de son fils ?
Le sport … n’est pas un luxe.
Il y a des fondements à l’éducation physique
d’une personne musulmane. Pouvez-vous nous en parler ?
Omar Ibn Al Khattab recommandait aux pères et aux
mères d’apprendre à leurs enfants la natation, le tir et l’équitation. Le
messager (B.S. sur lui) apprenait aux musulmans le tir. Il tirait lui-même dix
flèches consécutives sans échec. Omar Ibn Al Khattab organisait des compétitions
de marathon à Médine. Un jeune de nos jours ne peut pas courir 100 mètres à
cause des cigarettes sans se trouver à bout de souffle et fatigué. L’éducation
physique du jeune n’est pas une question dont les parents sont les responsables
uniques ; mais aussi l’école qui ne contient ni stades ni activités sportives ;
les masses médias ont également une part de cette responsabilité. De nos jours,
l’éducation physique est manquante : les pères et les mères n’encouragent plus
leurs enfants à pratiquer une activité sportive parce que les inscriptions aux
clubs sont devenues chères et parce que les pères veulent que leurs enfants se
concentrent sur leurs études et encore parce que la rue, étant donné son
encombrement de voitures, n’est plus un espace pour jouer au ballon comme
autrefois.
L’éducation physique n’est pas un luxe parce que
son impact est considérable vis-à-vis du développement mental mais encore plus
considérable vis-à-vis du rejet des péchés.
Le champion sportif ne fume pas et ne consomme
pas de drogues. Il est en plus une force acquise pour toute la société
–ce qui peut être traduit comme :
«Et
préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force…»
(TSC, Al-Anfal : 60) y
compris la force corporelle. Un des hadiths du prophète (B.S. sur lui) est clair
la dessus : « Le croyant robuste est meilleur et plus aimé par Allah que le
croyant faible »
La méthode utilisée par les médias de nos jours
donne comme résultat des jeunes frivoles. Un jeune homme avec une certaine coupe
de cheveux est plus attirant aux yeux des filles ; celui qui laisse les boutons
de sa chemise ouverts et met un parfum à odeur pénétrante voit courir derrière
lui les filles. C’est là la propagande la plus influente dans notre vie
actuelle. Ainsi il en est de celui qui conduit une voiture de luxe. Les bases de
la bonne éducation sont altérées par ces faits. Il faut donc enraciner l’amour
des sports chez les enfants dès leur jeune âge. La personnalité d’un individu
sportif est plus mûre : cet individu a plus confiance en sa personne et ne peut
pas être insociable.
Le respect de l’opinion de votre enfant.
L’Islam tient à éduquer l’intellect et nous a
incité à chercher le savoir « même en Chine ». Comment peut être l’éducation
mentale et intellectuelle ?
Il faut respecter l’opinion de votre enfant et le
traiter comme un adulte. J’ai vu des pères discuter avec leurs enfants les
questions importantes dans la vie d’une famille comme le choix d’un endroit où
passer les vacances ou le choix du décor de la maison.
Par exemple, si l’enfant ne se tient pas
tranquille en présence d’invités dans la maison, le père peut le gronder
sévèrement et le punir comme il peut lui expliquer calmement et le persuader que
ce qu’il a fait n’est pas convenable devant les invités. De cette façon,
l’enfant sent qu’il a une opinion respectée dans la famille.
Le prophète (B.S. sur lui) a placé à la tête de
l’armée musulmane un chef âgé de 18 ans qui s’appelait « Oussama Ibn Zaïd ».
Cette armée comptait parmi ses rangs « Abou Bakr » et « Omar ». Est-ce que le
prophète pariait avec la vie de toute une armée ? Ou était-il confiant en la
sagesse de sa décision grave?
Le prophète (B.S. sur lui) avait confiance en
Oussama Ibn Zaïd parce que ce dernier a reçu une éducation mentale et physique
lui permettant de conduire l’armée mieux que quiconque d’autre. Ainsi, il a
fait ; et ainsi il était de retour, vainqueur. Mohammad Al Fateh par exemple a
conquis Constantinople à l’âge de 20 ans.
Ce qu’il faut pour une bonne éducation mentale
est :
-
Respecter l’opinion de l’enfant ;
-
Développer ses compétences ;
-
Le consulter dans les affaires de famille ;
-
Lui faire assumer la responsabilité dès son
jeune âge et fréquenter la société.
Il y a un hadith du prophète (B.S. sur lui)
s’adressant à un garçon « Abd’Allah Ibn Massôud » : Ô garçon, conservez Allah,
il vous conservera. Conservez Allah, vous le trouverez dans votre direction. Si
vous sollicitez quelque chose, sollicitez-la d’Allah et si vous implorez
secours, implorez Allah ».
Le prophète (B.S. sur lui) était une fois dans
une assemblée réunissant des personnes âgées excepté celle qui était assise à sa
droite : c’était un enfant de dix ans. Le prophète avait un récipient rempli de
lait caillé qu’il voulait partager avec les autres. La distribution doit se
faire en commençant par la droite. C’est alors que le prophète (B.S. sur lui) a
demandé à l’enfant assis à ses côtés : « Me permettez-vous de commencer par ceux
qui sont plus âgés que vous ? » C’est comme ça que le prophète éduquait la Umma
et c’est comme ça qu’il respectait l’opinion et la dignité de l’enfant musulman.
Le modèle et l’éducation.
Le Saint Coran est plein d’exemples d’éducation
morale d’un enfant ou d’un jeune musulman. Pouvez-vous nous en parler ?
Les premiers pas de l’éducation morale est le
modèle : il faut que le père soit un modèle pour son enfant. Le père qui demande
à son fils de dire qu’il n’est pas là à quelqu’un qui l’appelle au téléphone,
apprend le mensonge par là même à son enfant. L’enfant qui voit son père
falsifier certains papiers pour servir ses intérêts, triche aux devoirs.
Dans la sourate
Luqmān,
du Saint Coran, il y a un passage dans lequel
Luqmān
donne des conseils à son fils. Il nous montre les nobles enseignements moraux.
Allah, glorifié soit-Il et très haut, dit –ce
qui peut être traduit comme :
«Ô
mon enfant, fût-ce le poids d’un grain de moutarde, au fond d’un rocher, ou dans
les cieux ou dans la terre, Allah le fera venir. Allah est infiniment Doux et
Parfaitement Connaisseur. Ô mon enfant accomplis la Salāt, commande le
convenable, interdis le blâmable et endure ce qui t’arrive avec patience. Telle
est la résolution à prendre dans toute entreprise! Et ne détourne pas ton visage
des hommes, et ne foule pas la terre avec arrogance: car Allah n’aime pas le
présomptueux plein de gloriole. Sois modeste dans ta démarche, et baisse ta
voix, car la plus détestée des voix, c’est bien la voix des ânes».
(TSC, Luqman : 16-19).
La sainte sourate renferme à la fois l’éducation
des croyances, l’éducation des cultes, une insistance sur les bonnes moeurs, une
interdiction du narcissisme et une invitation à l’éducation du goût et des sens.
La récompense et le châtiment.
Que dire à propos de la
récompense et du châtiment en éducation islamique ?
La méthode de la récompense et
du châtiment est éducative. Allah, glorifié soit-Il et très haut l’a utilisée
avec Ses serviteurs. Les psychologues l’ont pratiquée également parce qu’elle
s’avère être l’une des méthodes influentes pour aboutir à mûrir une
personnalité. Le père doit pencher vers la récompense plus que vers le
châtiment. Le Coran a focalisé sur la récompense plus qu’il ne l’a fait à propos
du châtiment. Il n’est pas de rigueur que pour chaque faute il y a
obligatoirement un châtiment. Il faut un espace de pardon, de justice et de
souplesse, après quoi il faut qu’il y ait châtiment. Le châtiment ne doit pas
excéder la gravité de l’erreur, sinon, il implique des résultats contraires. Il
ne faut choisir de donner des coups que si l’erreur est grave. En outre, il ne
faut pas que ça se passe devant les autres. Le père qui frappe son enfant à
l’école devant ses camarades de classe, humilie son enfant de telle façon que
cela aura un impact sur sa personnalité jusqu’à sa mort. Il ne faut jamais
frapper quelqu’un au visage. Le père qui frappe beaucoup son enfant le perdra
parce que cet enfant ne l’acceptera plus comme père. Un seul regard de colère de
la part du père éduquerait l’enfant plus que les coups. En ce qui concerne les
filles, il est déconseillé de les frapper. Le prophète (B.S. sur lui) n’a jamais
frappé une femme. Le terme « frappez-les » mentionné dans le Coran est utilisé à
propos de la femme rebelle. Être rebelle, dans le Coran, veut dire qu’elle ait
fait un acte catastrophique. Dans le Coran, donner des coups à la femme n’est
évoqué que dans cette situation de catastrophe qui est un cas très spécial.
1. TSC : Traduction des Sens du
Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à présent
de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en
arabe, la langue de révélation du saint Coran.
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