Les Bâtisseurs de la vie
Articles parus
dans les magazines
=par Amr Khaled
=
3 *
Larmes Kaaba
Larmes aux portes de la ka’ba.
Dans la Maison Sacrée … la Rawda Asharifa (le jardin honorable)…
Devant la montagne de Uhud … En route vers la Mecque … Premier coup d’œil jeté
sur la Noble Ka’ba … Sentiments et désirs … Invocations et Talbiya (labaika
Allahoma labaik) … Larmes … Souvenirs, etc. Tout cela n’est qu’une partie du
lumineux voyage ayant pour but l’accomplissement du Pèlerinage et la visite de
Médine (Al Madina Al Monawara)… Voyage que nous décrit le prêcheur Amr Khaled,
avec tout son amour, sa joie de vivre et son humilité. Tous ceux qui liront la
revue « Kull Nass », parue le 04/02/04, pourront participer à ce voyage et
pourront même ressentir ce désir de pleurer à la vue de la Maison de Dieu et de
sa Terre Sainte.
Voici le texte en question :
Amr Khaled, dans son dialogue hebdomadaire, nous présente son
voyage à travers les sentiments sacrés procurés par la visite de Médine (Al
Madina Al Monawara), et qui va jusqu'à la première rencontre avec Dieu dans
sa Maison Sacrée.
N’oublie pas d’entrer par la porte de Gabriel :
Amr Khaled dit:
Formule l’intention de séjourner dans la mosquée du Prophète le
plus longtemps possible, et de faire une retraite dans un lieu paisible, et cela
du milieu de l’après-midi jusqu’au soir. Assieds-toi dans le jardin de ton
choix, et prie le plus possible, et cela dans n’importe quelle mosquée. Prends
grand soin d’aller plus tôt pour ta prière de l’aurore que tu accompliras dans
la mosquée du Prophète, pour que tu puisses te procurer une place dans la
‘Rawda’ ; mais dépêche-toi si tu ne veux pas te retrouver au dernier rang, car
beaucoup de gens t’auront précédé. Si tu jettes un coup d’œil aux pèlerins, tu
seras bouleversé : en effet, et cela à la vue d’un pèlerin se prosternant, d’un
autre pleurant, d’un troisième levant ses bras (priant humblement Dieu), d’un
quatrième se soumettant à Dieu afin qu’il lui pardonne tous ses péchés. Ce sont
en effet ces scènes qui font augmenter ton amour pour l’adoration d’Allah.
Imagine-toi parmi eux, acteur de cette scène de respect mêlé de crainte. Et
n’oublie pas de passer par la porte de Gabriel…
Qu’est-ce que la porte de Gabriel ?
C’est la porte par laquelle est entré l’ange Gabriel sous forme
d’être humain. Omar ibn al-Khattab dit à ce propos : « Alors que nous étions
assis chez le Prophète (B.S. sur lui), et voici que se présenta à nous un homme
vêtu d`habits d`une blancheur resplendissante, et aux cheveux très noirs, et on
ne pouvait distinguer sur lui une trace de voyage, alors que personne d`entre
nous ne le connaissait. Il prit alors place, en face du prophète. Il plaça ses
genoux contre les siens, et posa les paumes de ses mains sur les cuisses de
celui-ci, et lui dit: «O Mohammad, fais-moi connaître l`Islam», « parles-moi de
la foi », « parles-moi de la bienfaisance » ; Là-dessus, l`homme partit. Je
demeurai là longtemps, puis le Prophète dit: «O Omar, sais-tu qui m`a
interrogé?». «Non», répondis-je! «Allah et son Envoyé, en cette matière, sont
plus savants». «Cet homme-là était l`Archange Gabriel; répondit le prophète; Il
vient pour vous enseigner votre religion». Passes donc par cette porte de
Gabriel, et par l’endroit où il s’assit en compagnie du Prophète (B.S. sur
lui) ; il est inscrit dessus : ‘Emplacement de Gabriel’.
Après la porte de Gabriel, Médine :
Le Prophète (B.S. sur lui) dit : « La foi se réfugiera à
Médine comme le serpent se réfugie dans son trou».
A Médine, tu es là où se situe la source de la foi, mais si tu ne ressens pas la
beauté de la foi dans le lieu consacré à la foi ; alors qu’en est-il de ton
cœur !
La visite de Uhud :
Marche dans Médine tranquillement et dignement. Marche en toute
politesse ; car là, tu marches sur les traces des Compagnons, dans l’ombre du
Prophète (B.S. sur lui). Parfois, je vois à Médine des gens fumer une cigarette…
Fumer à Médine, c’est scandaleux ! J’ai également été témoin de disputes. On
raconte que Abdellah ibn Omar, après la mort du Prophète (B.S. sur lui) arriva
devant un arbre qui faisait obstacle sur la route ; ses compagnons le
contournèrent pour pouvoir traverser la route ; mais lui, il partit de la droite
de l’arbre et le contourna, puis revint à sa gauche pour traverser. Ils lui
dirent : ‘ Mais que fais-tu ?’ ; Il leur répondit : ‘Le Prophète passa par là
autrefois et fit de même; j’ai eu l’envie de faire de même. Il se peut que je
sois récompensé si je marche sur ses traces’ …
Alors attention à ne pas désobéir à Allah à Médine, et de suivre
la Tradition du Prophète à la lettre. Si tu ne la suis pas dans la ville du
Prophète, où donc le feras-tu ?
Et n’oublie pas de visiter Uhud :
Ah ! Quelle merveilleuse chose que la visite de Uhud,
spécialement en compagnie d’une personne connaissant Uhud, capable de te dire :
« Ici, la vie de Hamza prit fin. Là, se trouve le sang de tel ou tel Compagnon.
Là encore, s’effondra Mus’ab. Ici, les Compagnons défendirent le Prophète (B.S.
sur lui). Là, est l’endroit où on enterra les martyrs. A ce propos, ce sang qui
a coulé de ces martyrs est-il parti en pure perte ?
La blessure du Prophète :
Parles-nous de ces scènes de sacrifices du Prophète, et de
comment il supportait la souffrance à Uhud…
Abu Amer al-Fassek creusa un trou au sol, piège destiné au
Prophète (B.S. sur lui). Comme Il marchait à reculons, le Prophète tomba dans ce
piège. Des sources avancent même qu’il tomba son visage le premier sur un
rocher. Pire encore, on dit qu’Il atterrit sur ses dents. Le Prophète avait
alors 57 ans. Ses quatre dents de devant se cassèrent. Une fois debout, c’est
Abdullah ibn Qimia’, un mécréant, qui vint ensuite pour essayer de tuer le
Prophète (B.S. sur lui). En effet, il brandit son sabre et atteint le Prophète à
la tête ; heureusement, il portait un casque de guerre ! C’est donc le casque
que le sabre atteint, mais le casque, à force de coups se resserrait sur la tête
du Prophète et s’y coinça et son bord pointu blessa le Prophète au visage en
creusant ses joues et en s’enfonçant dans les os de son visage. Arriva Abu Baker
voulut les lui retirer, mais n’y arriva pas. Abu Oubaida al-Jarah qui vint
ensuite disant : « J’adjures, Abu Baker, que tu me laisses les lui retirer.
Baisses-toi, oh ! Messager de Dieu », et le Prophète (B.S. sur lui) se baissa
donc, et Abu Oubaida al-Jarah lui tint la tête pour pouvoir retirer avec ses
dents le casque enfoncé dans la chair du Prophète (B.S. sur lui). Mais ce sont
alors les dents de Abu Oubaida ibn al-Jarah qui se cassèrent, et lorsque le
casque fut retiré de la tête du Prophète, son visage s’emplit de sang. Ils
pansèrent la blessure avec de l’eau, mais le sang coula de plus en plus. En
dépit de cela, Il (B.S. sur lui) disait : « Oh ! Mon Dieu, pardonnes à mon
peuple son ignorance ». Alors, comme le sang ne cessait de couler, Fatima et
Ali prirent un torchon, le mirent sur le feu jusqu'à ce qu’il soit presque
réduit en cendres, et Fatima cautérisa la plaie au visage du Prophète (B.S. sur
lui). Ce n’est qu’ainsi que le sang s’arrêta de couler.
Les lieux du Paradis :
Te souviens-tu de cette scène extraordinaire : toi, debout sur
la montagne de Uhud ? Te disant : « Si seulement j’étais à la place des
Compagnons présents à Uhud et que le Prophète était de notre époque… Aurais-je
été capable de protéger le Prophète, et de me sacrifier pour lui ? Ou bien
aurais-je fui la mort? Aurais-tu fait comme Abou Dhujana, pendant Uhud lorsqu’il
se mit devant le Prophète pour recevoir de dos toutes les flèches destinées au
Prophète. Ou bien comme ibn Ubaid Allah lorsqu’il se sacrifia pour le Prophète,
en ces termes : « Ma poitrine plutôt que la Tienne, oh ! Messager de Dieu ! ».
Je suis certain que si tu avais vécu ce qu’ils ont vécu à Uhud,
tu t’aurais comporté comme eux. Oh ! N’oublie pas, oh, pèlerin, qu’à Médine, il
y a beaucoup d’endroits du Paradis ! Les savants demandent à ce sujet :
« Combien y a-t-il de Paradis à Médine ? ». Le Prophète (B.S. sur lui) répond :
« Uhud est une montagne parmi les montagnes du Paradis ». Il (B.S. sur lui)
ajoute : « Uhud est une montagne qui nous aime et que nous aimons ». Donc, quand
tu visiteras Uhud, force ton cœur à aimer cette montagne. Les pèlerins pleurent
après leur visite à Uhud, ne voulant plus la quitter. Arawda Asharifa est
également un Paradis parmi tant d’autres : les tombeaux des martyrs de Uhud le
sont aussi. Le Prophète (B.S. sur lui) est donc au Paradis étant à Médine. Et
n’oublie pas non plus de visiter Al-Baqi’, les tombeaux des Compagnons du
Prophète (B.S. sur lui). Marche entre les tombeaux des Compagnons avec
l’intention de les visiter et avec l’intention d’en tirer une leçon.
Le voyage vers la Mecque :
Dirigeons-nous ensemble vers la Mecque, et commençons par
exécuter les rites du Pèlerinage. Que vas-tu nous dire à ce propos ? Tout
d’abord, commençons par la Oumra (petit pèlerinage)… Après avoir fait la Oumra
et nous être acquittés de ce devoir, nous devons attendre le 08 du douzième mois
de l’année lunaire (Dhoul-Hijjah) qui marque le début du pèlerinage.
La Oumra commence par:
En quoi consiste la Oumra ?
Le point de départ de la Oumra est Médine ; mais avant de
quitter Médine, tu dois faire tes adieux au Prophète (B.S. sur lui) et dire : «
Je te salues, oh ! Messager de Dieu ! (B.S. sur lui) », Et cela en direction des
‘Puits de Ali’ (le lieu de vénération, et c’est de là que nous commençons à nous
diriger vers la Mecque afin de faire la Oumra ; 20 Km le sépare de Médine).
Deuxièmement, tu dois te laver pour te purifier de l’extérieur
tout comme de l’intérieur en disant : « Je formules l’intention de faire la
Oumra ». Puis, tu dois revêtir le vêtement de l’ihrâm (sacralisation). Et c’est
à ce point que tu dois oublier ce bas monde, et ce dont tu rêves en ce bas
monde. A partir de ce moment, tous les pèlerins sont égaux ; car un des
objectifs de l’institution de l’ihrâm est l’égalité du riche et du pauvre dans
sa soumission à Dieu ; soumets-toi à Dieu seulement. Le vêtement de l’ihrâm nous
rappelle l’au-delà et la mort. En effet, il n’y a pas de différence entre le
linceul et le vêtement de l’ihrâm. Celui-ci se lave, celui- là se lavera ;
celui-là est en route pour sa rencontre avec Dieu tout comme celui-ci l’est. Il
y a une relation évidente entre la personne vêtue du vêtement de l’ihrâm et la
personne morte, agréée par Dieu. Le Hadith du Prophète (B.S. sur lui) dit :
« Celui qui se purifie chez lui, puis se rend à Qoba’ et y effectue deux
génuflexions, cela lui vaudrait le mérite de la Oumra ». En effet, Qoba’ est la
première mosquée de l’ère islamique. Si tu y accèdes donc et que tu y effectues
deux génuflexions, c’est effectivement comme si tu avais accompli la Oumra ; tu
en obtiendras donc la récompense avant même de l’avoir accomplie. Prends donc
garde à ne pas délaisser la visite de la mosquée de Qoba’ avant de quitter
Médine.
Ne t’arrête pas de prononcer la Talbiya (Labaika Lahoma
labaik…) :
Apres avoir revêtu le vêtement de l’ihrâm aux ‘Puits de Ali’, tu
dois à présent faire attention à ne commettre aucun de ses interdits présents
dans la liste qui suit :
1-
Il est interdit de porter quoi que ce
soit sur sa tête, exception faite, un parasol.
2-
Il est interdit de que tu fasses
volontairement tomber tes cheveux, en les tirant par exemple.
3-
Il est interdit de se limer les ongles.
4-
Il est interdit de se parfumer.
Des ‘Puits d’Ali’ à la Mecque :
Tout
au long de la route, tu ne dois faire autre chose à part dire : « Labbaik
allahouma labbaik, labbaik la charika laka labbaik, inna al-hamd oua an-na’mata
laka oua al-moulk, la charika lak » (Me voici mon Seigneur, me voici ! Me
voici ! Tu n’as aucun associé. Me voici ! A Toi la louange, la grâce et la
souveraineté. Tu n’as aucun associé). Cette Talbiya a une origine, elle est la
réponse quant à la question de notre père Ibrahim, il y a de cela des milliers
d’années. En effet, Dieu dit à Ibrahim en ces quelques mots –ce
qui peut être traduit comme : «Et fais aux gens
une annonce pour le Hajj. Ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute
monture, venant de tout chemin éloigné» (TSC1, Al-Hajj : 27).
Notre père Ibrahim demanda alors : « Est-ce qu’ils entendront ma voix ? ».
Dieu, béni et exalté soit-Il, lui répondit alors –ce
qui peut être traduit comme: « Cher Ibrahim, toi,
occupes-toi de les appeler au pèlerinage, et nous, nous occupons des
invocations ». Notre père Ibrahim se mit alors à la recherche de l’endroit le
plus élevé afin que toute l’humanité l’entende. Il ne trouva pas mieux que la
montagne de Arafat. Ibrahim (que le Salut soit sur lui), debout sur cette
montagne, appela donc les gens au pèlerinage, criant : « Oh ! Mon peuple, Dieu
vous ordonne de faire le Pèlerinage, faites-le donc ! ». Puis, nous arrivâmes,
des milliers d’années plus tard, disant : « Labbaik allahouma labbaik, labbaik
la charika laka labbaik, inna al-hamd oua an-na’mata laka oua al-moulk, la
charika lak » «Me voici mon Seigneur, me voici ! Me voici ! Tu n’as aucun
associé. Me voici ! A Toi la louange, la grâce et la souveraineté. Tu n’as aucun
associé». Ici, l’expression ‘ Labaik’ prend le sens de ‘ Je travaille pour Ta
cause, oh ! Mon Dieu ! Mon sort est entre Tes mains. Ni femmes, ni enfants, ni
argent, ni la vie d’ici-bas a de place dans mon cœur avec Toi. Il n’y a d’autre
que Toi. Tu es digne de gloire, de grâce et de pouvoir.
L’ardent désir de voir la Ka’ba :
Tu dois répéter cet appel tout au long de ce long voyage (450
Km). Une fois à la Mecque, tu déposes tes bagages à l’hôtel, mais sans jamais
cesser ton appel : « Me voici mon Seigneur». Tu ne vas pas visiter n’importe
quelle maison, mais tu vas rendre visite au seigneur de la maison… Qu’est-ce que
la Ka’ba à part un symbole ? Donc, ceux qui veulent visiter une maison, parmi
tant d’autres, elle ne sera faite que de mûrs et de revêtements ; tandis que
ceux qui désirent rencontrer le seigneur de la maison, il faut témoigner de sa
grandeur. Le Prophète disait : « Je réponds à ton appel, mon Dieu ; je réponds
à ton appel ; j’y réponds » ; et cela alors qu’il montait un chameau et non pas
assis dans un autobus. Il n’y a pas une pierre, ni même un arbre, ni un grain de
sable qui ne pourra témoigner le Jour du Jugement de ton dévouement à Dieu, le
Puissant, le Grand.
As-tu hâte de voir la Ka’ba ?
Non,
en fait, c’est Dieu, le Puissant, le Grand, que tu désires rencontrer. Et cette
odeur de Paradis ! Tu désires la sentir à même une distance de 500 années. Tu
désires tellement voir la Ka’ba que c’est comme si tu la voyais. Pourquoi donc
ne désirerais-tu pas voir le Paradis? En effet, si tu désirais réellement le
voir, tu aurais senti son odeur à même une distance de 500 années. Quand tu
entres dans la Ka’ba, souviens-toi de l’histoire de sa construction. Dieu, béni
et exalté soit-Il, dit –ce
qui peut être traduit comme: « La première
Maison qui a été édifiée pour les gens, c'est bien celle de Bakka (la Mecque)
bénie et une bonne direction pour l'univers.» (TSC, Al-Îmran : 96).
La construction de la Mosquée Sainte et de la Mosquée
Al-Aqssa :
Pourquoi Dieu emploie-t-il le terme de Bakka dans le Coran pour
designer la Mecque ? C’est parce qu’on y a beaucoup pleuré (Baka en arabe
désigner le verbe ‘pleurer’). Il n’y a pas un croyant qui ne versa quelques
larmes à la Mecque. On demanda au Prophète (B.S. sur lui) : « Quelle est la
première mosquée créée, oh ! Messager de Dieu ? Il répondit : « La Maison
Sainte, puis la Mosquée Al-Aqssa ». On lui demanda également : « Combien
d’années les séparent ? ». Il répondit : « 40 ans ». Quarante années après
que notre père Ibrahim aie construit la Maison Sacrée, c’est notre père Ya’qoub
qui se mit à construire de son côté la Mosquée Al-Aqssa, mais c’est Soulayman
(que le Salut soit sur lui) qui termina sa construction. Dieu, béni et exalté
soit-Il, dit à son sujet –ce
qui peut être traduit comme:
" [Et rappelle-toi], quand
nous fîmes de la Maison un lieu de visite et un asile pour les gens".
(TSC, Al-Baqara : 125). Cette locution prend le sens suivant : plus ils la
visite, et plus ils désirent la visiter. Et le verbe de ce même terme signifie
que plus il voit une chose, plus l’homme s’y accroche. Il y a en effet une
différence entre la personne qui visite la Ka’ba pour la première fois et celle
qui la visite pour la troisième. Le désir de celui qui l’a visitée trois fois
est plus intense que celui qui l’a visitée une seule fois.
Comment a été construite la Ka’ba, ou la Mosquée Sacrée ?
Notre père Ibrahim dit à ce sujet : « Dieu nous a ordonné de Lui
construire une maison ». Il demanda donc à son fils Ismaël : « Acceptes-tu de
m’aider, cher Ismaël ? ». Ce dernier répondit : « Je t’aiderais père ». Ils se
mirent alors à ajouter brique sur brique jusqu'à ce que la maison devienne aussi
haute qu’Ibrahim. Comme ils ne parvenaient plus a ajouter les briques, il dit
donc à son fils en guise de solution : « Donnes-moi une brique que je la mette
sous mes pieds, je pourrais ainsi monter dessus pour continuer à ajouter les
briques ». Il Lui donna donc cette brique. Et, tout au long de la construction
de la Ka’ba, notre père Ibrahim était debout sur cette fameuse brique, et il
resta dans cette posture très longtemps, espérant la fin de la construction. Et
tout cela se faisait sans ciment, pourtant les briques s’entassaient les unes
sur les autres. Notre père Ibrahim s’est tenu tellement longtemps à cet endroit
qu’il y a creusé un trou, et depuis, cet endroit est devenu ‘ l’endroit ou
Ibrahim se tenait pour poser les briques ; c’est ce dont nous sommes en train de
parler. Dieu, béni et exalté soit-Il, dit –ce
qui peut être traduit comme: « Adoptez donc
pour lieu de prière, ce lieu où Abraham se tint debout » (TSC,
Al-Baqara : 125). En fait, ce sont les traces laissées par les pieds de notre
père Ibrahim sur la roche.
En ce moment, tu es en train d’entrer dans la Maison de Dieu,
n’oublies donc pas de répéter l’invocation prévue pour la vue de la Ka’ba
consistant à dire : « Oh, mon Dieu ! Fais de cette maison un lieu noble,
illustre, respectable, un lieu de respect mêlé de crainte, un lieu sûr. Et,
chaque individu qui la visite pour faire un Pèlerinage ou une Oumra, rend le
encore plus noble, plus illustre, plus honorable et plus charitable » Tu dois
répéter cette invocation que Dieu exaucera, et cela à la première vue de la
Ka’ba. Celui qui regarde la Ka’ba, il sera récompensé par Dieu qui fera en sorte
que son invocation soit exaucée, dès son premier coup d’œil jeté sur la Ka’ba.
J’ai un ami qui, à la première vue de la Ka’ba, demanda à Dieu : « Oh, mon
Dieu ! Fais en sorte que mes invocations soient exaucées! ». Prépare donc ton
invocation à l’avance pour que tu saches quoi demander lorsque tu verras la
Ka’ba. Puis, commence la Oumra, et cela en tournant autour de la Ka’ba (Tawaf).
Et, sache que, lorsque tu fais cela, c’est comme si tu priais. La Sunnah
relative à visite de la Ka’ba, est le ‘Tawaf’…Tu es donc à présent entrain de
prier ; fais donc en sorte que ton cœur soit humble.
Ne lis pas pendant le ‘Tawaf’ :
Quel est le but de tourner ainsi autour de la Ka’ba ?
Attention à ne pas lire les invocations du livre des invocations
pendant que tu tournes autour de la Ka’ba ; car le fait de tourner ainsi autour
d’Elle est symbolique, c’est un symbole signifiant ta soumission à Dieu, le
Puissant, le Grand. Mieux encore, c’est le symbole de ta soumission à la
puissance de Dieu. Ou bien encore, c’est un symbole signifiant notre état de
pauvres esclaves tournant pieds nus autour de Ta Maison, oh ! Mon Dieu, Seigneur
des Mondes ! Aies donc pitié de moi et pardonnes-moi. Et pour que ce parcours
soit spécial pour toi, donnes à chaque étape un sens.
La partie concernant les sept étapes de ce parcours :
1-
Première étape : demander pardon ‘Istighfâr’.
2-
Deuxième étape : faire des invocations
(pour toi et pour ta famille).
3-
Troisième étape : dis : « Il n’ y a de
dieu que Toi, oh! Mon Dieu ! ».
4-
Quatrième étape : rappelles-toi tous les
biens que Dieu t’a octroyé depuis qu’Il t’as créé.
5-
Cinquième étape : fais des invocations
pour tous les musulmans, d’Orient et d’Occident.
6-
Sixième étape : fais des invocations
pour tes parents.
7-
Septième étape : demandes à Dieu qu’Il
t’accepte dans Son Paradis et qu’Il soit satisfait de toi.
Le fait de tourner autour de la Ka’ba est destiné à te
rapprocher de Dieu, le Puissant, le Grand. De plus, alors que tu es à
l’intérieur de Sa Maison, saches que les anges tournent également autour de toi,
au-dessus de ta tête, et plus précisément autour du trône, à l’intérieur de la
Maison habitée des sept Cieux…
1. TSC : Traduction des Sens du
Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à présent
de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en
arabe, la langue de révélation du saint Coran.
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