Episode 40 : La santé –deuxième partie-
Au nom de Dieu, le tout miséricordieux ; le très
miséricordieux
Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur notre
Prophète bien-aimé
Je vous souhaite la bienvenue, nous poursuivons notre
programme "sunnaâ’ Al-hayat’ dans sa troisième
étape. Je vous rappelle que nous avons abordé jusqu'à
maintenant quatre créneaux : nous avons discuté du
chômage, de l'industrie, de l'agriculture et nous avons
enfin abordé le problème de la santé. Et nous avons
désigné dans chaque créneau un projet avec lequel nous
commencerons, bien sûr cela ne sera pas le projet final,
mais nous procèderons par étapes, car nous parlons bien
d'un projet de société et d'une nation qui souffre
depuis maintenant deux cents ans, si seulement le mot
souffrir pouvait à lui seul décrire ce vécu.
Donc nous avons choisi pour chaque créneau un projet et
nous avons sollicité les jeunes, les femmes et les
hommes et nous leur avons demandé de travailler avec
nous sur ces projets.
-
Pour résorber le chômage nous avons appelé à créer
des petites entreprises.
-
Quant à l'industrie, nous nous sommes axés sur les
métiers artisanaux.
-
Pour l'agriculture, nous avons proposé de
commencer avec la culture des terrasses des maisons.
-
Et enfin, nous avons projeté dans le domaine de la
santé de créer, pour commencer, des forums de santé
qui seront des équipes de sensibilisation sanitaire.
Ce sont là donc les quatre créneaux que nous avons
traités ainsi que les projets que nous avons soumis
comme solutions primaires. Peut-être penserez-vous que
chaque épisode fera oublier le précédent et que
l'enthousiasme qu'ils ont suscité se dissipera, mais je
vous rappelle, et ce dont je suis aussi convaincu, que
le projet sunnaâ’ Al-hayat est une entreprise
grandiose qui répond à des objectifs particuliers.
Pour illustrer ce sens, je vous pose une question : le
projet sunnaâ’ Al-hayat ressemble-t--il à un
projet de construction d'une usine de stylos ou à un
projet de construction d'un bateau ? Vous savez
pertinemment que quelqu'un qui veut édifier un projet de
fabrication de stylos sera satisfait s’il arrive à
fabriquer des stylos même s'il n'a pas atteint le taux
de production qu'il s'est désigné comme objectif au
début et considérera que son projet a réussi. Par contre
quelqu'un qui construit un bateau, s'il arrive au bout
d'une année et qu'aucune planche n'est encore clouée
considérera-t-il qu'il a réussi ? Bien sûr que non. Vous
saisissez maintenant le sens de cet exemple ? Celui qui
construit une usine de stylos connaît le succès dès
qu'il commence à produire des stylos. Mais nous, nous
sommes en train de construire un bateau, imaginez-vous
qu'on puisse mettre à l'eau un bateau inachevé ? Mais
plus encore; le bateau de sunnaâ Al-hayat n'est
pas comme n'importe quel bateau, ce n'est pas une
expédition pour plus de richesse, ni pour plus de
confort, ou même une croisière autour du monde. Non,
notre bateau est comme l'arche de Noé, vous vous
rappelez l'histoire de Noé et de son arche que nous
avons contée pendant le Ramadan passé ? Vous remarquerez
que nous lions le programme sunnaâ’ Al-hayat avec
les notions de foi que nous avons acquises durant le
Ramadan. Alors vous vous rappelez sans doute que l'arche
de Noé était une arche de salut du déluge, donc notre
arche à nous sera une arche qui nous sauvera du déluge
du sous-développement, le sous-développement qui perdure
depuis deux cents ans.
Un déluge qui avance vers nous dans tout le monde arabe,
et ceux parmi vous qui ne le voient pas venir pensant
qu'ils sont à l'abri chez eux avec leurs enfants, sont
comme le fils de Noé quand il dit –ce qui peut être
traduit comme : "…Je vais me réfugier vers un
mont qui me protègera de l’eau. Et Noé lui dit : «Il n’y
a aujourd’hui aucun protecteur contre l’ordre d’Allah…"
(TSC[i],
Hoûd : 43) Sachez qu'il n'y a point de salut, le déluge
viendra et vous emportera vous et vos enfants ! Et
sachez que le salut viendra de ce bateau que nous
construisons, dans ce projet qui est l'idée de la
renaissance dont je lève l'étendard à travers le projet
de sunnaâ’ Al-hayat et dont je me fais le
porte-voix sans attendre de récompense mais convaincu
que cela représente la voix du salut qui nous reste. Et
si chacun de nous, jeunes hommes, jeunes filles,
enfants, adultes et femmes nous ne commençons pas chacun
de notre côté à construire ce bateau et à apporter qui
une planche qui une voile, nous serons tous noyés dans
ce déluge qui nous menace. C'est pour ça que je vous dis
que nous sommes en train de construire l'arche de Noé,
l'arche qui nous sauvera du déluge. Souvenez-vous de ce
que nous avons dit à propos de l'histoire de Noé lorsque
nous l'avons contée durant le Ramadan ? Exactement ce
que nous voulons faire aujourd'hui; Noé pressait chacun
de travailler : plantez les arbres, coupez-les,
assemblez, construisez… justement c'est ce que nous
voulons faire, nous voulons construire un grand bateau,
alors ne vous lassez pas, et ne désespérez point, car le
chemin est long, et celui qui ne se retrouve pas dans
cet épisode il se retrouvera dans le prochain, et les
épisodes à venir comporteront des sujets très
importants.
Continuons donc notre projet. Aujourd'hui nous
poursuivrons avec le sujet de la santé. Nous avons
certes traité de la santé dans l'épisode précédent, mais
aujourd'hui nous aborderons les détails et nous ferons
le tour de toute la question pour saisir le problème
dans son intégralité.
Je commencerai en vous rappelant la question que je vous
ai posée la semaine précédente; est-il possible de
réaliser une renaissance sans la santé ? C’est
impossible. Savez-vous pourquoi cela est impossible ?
Pour deux raisons :
La première raison c'est que la santé est la monture qui
te mènera à travers la terre pour y semer le bien, et
c'est elle qui te permettra d'adorer pleinement Allah,
c'est elle qui te permettra de vivre cette renaissance,
et c'est avec elle que tu rencontreras Dieu le jour de
la Rétribution et enfin c'est elle qui te fera entrer au
Paradis. Donc vous avez saisi qu'on ne peut réaliser de
renaissance avec des gens malades. Même si nous
réunissons tous les ingrédients de cette renaissance;
une volonté des pouvoirs politiques et une bonne
disposition des gouvernements, une jeunesse
enthousiaste, des idées et des projets porteurs de
renouveau, si nous réunissons toutes les conditions mais
en contre partie nous avons des gens malades,
parviendra-t-on à réaliser cette renaissance ? Je suis
sûr que non, car seul l'individu au corps sain et en
bonne santé peut être porteur de renaissance.
Ceci est la première raison. Mais il existe un rapport
étroit entre renaissance et santé. Nul ne saurait nier
que le but de la renaissance est de faire le bonheur de
l'homme et de lui préserver sa dignité. Oui, la dignité
est une valeur très importante. Le but de la renaissance
est de nous honorer et nous rendre notre dignité, et
c'est le sens auquel renvoie le verset "Certes,
Nous avons honoré les fils d’Adam…" (TSC, Al-‘Isrâ’
‘Le Voyage Nocturne’ : 70) et "Nous
avons certes créé l’homme dans la forme la plus parfaite"
(TSC, At-Tîn ‘Le Figuier’ : 4) tu es honoré et tu es
cher à Dieu. Alors à quoi servirait une renaissance si
tu n'es pas honoré ? Vous imaginez une renaissance avec
une industrie florissante, pas de chômage, l'agriculture
en pleine expansion, avec toutes les dynamiques de
développement mises en marche mais des gens malades et
fatigués, pis, vivant dans un environnement pollué !!
Buvant une eau polluée ! Respirant un air pollué ! Et
quand ils tombent sans force on les jette et on les
marginalise. Quelle valeur aurait une renaissance
pareille ?! Quelle valeur aurait une renaissance qui ne
garantit pas à l'homme sa santé et sa dignité ? Je le
dis sans ambages; la santé est le critère de la
renaissance. Si vous voulez mesurer le degré
d'avancement d'une nation regardez du coté de
l'individu, quand celui-ci arrive au bout de ses forces,
quel sort lui est réservé par les siens et quel
traitement lui réserve la société, vous saurez si bel et
bien la nation a accompli sa renaissance ou non. Ceci
est une norme universelle, le critère de jugement de la
renaissance est la valeur de l'homme, et pour connaître
la valeur de l'homme dans une société donnée, aux Liban
ou aux Etats Unis, regardez le traitement que l'on
réserve aux individus fatigués, à ceux qui arrivent au
bout du rouleau et qui sont à court de leurs ressources
physiques, de ceux qui entrent aux hôpitaux. Vous voulez
que je vous cite un exemple ?
L'incident douloureux de Al Azhar survenu il y a
environ deux semaines en Egypte, un jeune s'était
suicidé en se faisant exploser dans un quartier
populaire et touristique. Le résultat en est que des
innocents y ont trouvé la mort, des étrangers venus
visiter l'Égypte et des gens du pays. Ils ont tous
trouvé la mort dans un acte qu'aucune religion ou
idéologie ne saurait justifier. Donc ces étrangers et
ces gens du pays sont tombés dans cette explosion et les
secours sont venus, savez-vous ce qui s'est passé ?
Savez-vous lesquels ont été secourus les premiers ? Les
secours ont évacué les étrangers en premier et les ont
emmené dans un hôpital qu'on appelle Dar El Fouad,
un des plus prestigieux hôpitaux d'Égypte ! Les blessés
égyptiens ont été évacués vers l'hôpital El Hussein,
un hôpital de modeste renommée dans le pays.
Mettrons-nous cela sur le compte de l'hospitalité ? Ou
bien parce que ceux-ci sont différents de ceux-là ? Où
est la dignité des Egyptiens ?
Saisissons-nous le rapport entre santé et renaissance ?
La dignité de l'homme et sa valeur ? La santé est d'une
importance capitale, nous avions dit la semaine passée
que la santé était importante, mais aujourd’hui nous
disons plus : On ne peut réaliser de renaissance sans la
santé et sans des individus sains. De plus la santé est
le critère de la renaissance car la valeur réservée à
l'homme nous renseigne sur le développement ou
sous-développement d'une nation. La santé est donc le
point de départ et le critère de toute renaissance et de
tout développement.
Laissez-moi vous poser une question, l’état de notre
santé nous permet-il de mener à bien une renaissance ?
Pour répondre à cette question, on pourrait dire que
l'état de notre santé ne nous qualifie pas pour êtres
candidats à la renaissance, comme on pourrait répondre
aussi qu'il se pourrait bien que nous en soyons
capables. Mais ceci resterait une réponse
scientifiquement non fondée. Alors nous allons tenter
d'abord de connaître cette réalité.
En regardant de près la réalité de notre santé dans les
pays arabes, on s'aperçoit qu’elle patauge dans des
conditions déplorables. Autrement dit, le monde arabe
est devenu le fief de nombreuses maladies graves. Je
vous citerai rapidement des exemples révélateurs à ce
sujet.
-
Le taux de mortalité
infantile : aujourd'hui près d'un million et demi
d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année à
cause du manque de prise en charge médicale, et ceci
représente 14 % du taux mondial;
-
L'hypertension artérielle
: plus du quart de la population du monde arabe souffre
d’hypertension artérielle;
-
Le taux le plus élevé de
malades atteints d'obésité dans le monde, sachant que
l'obésité est un facteur de risque qui conduit à
beaucoup de maladies, se trouve en Arabie Saoudite, puis
vient en troisième place le Kuwait;
-
Le taux le plus élevé au
monde de malades atteints d'hépatite virale est en
Égypte;
-
Dix-sept millions de
personnes meurent chaque année à cause du diabète ou des
suites de maladies vasculaires.
Ceci est malheureusement le constat de l'état de santé
du monde arabe. Ces statistiques sont établies par
l'Organisation Mondiale de la Santé et d’autres
organisations actives dans le domaine de la santé. Vous
vous souvenez que nous avons préconisé dans l'épisode
précédent de créer des forums de santé, et ceci est la
raison qui nous pousse à le faire. Des forums pour la
sensibilisation, pour que nos jeunes à travers tous les
pays arabes aident les gens à prendre conscience de la
gravité de la situation.
Ceci est le premier constat. Mais il y a encore un autre
état de faits encore plus douloureux; la pollution des
eaux ménagères. Savez-vous que beaucoup de nos
concitoyens boivent une eau polluée ? Et savez-vous ce
que c'est qu'une eau polluée ? C'est une eau mélangée
aux eaux d'assainissement et d'égouts. Pouvez-vous
imaginer cela ? Imaginer toutes les maladies qui en
résultent ? Les maladies des reins, du foie, la
bilharziose ... Peut-on seulement imaginer combien de
villages consomment une eau polluée au Maroc, en Algérie
et en Haute Égypte ? À propos, personne ne connaît les
chiffres exacts, et si nous voulions établir un tableau
pour recenser le nombre de ces villages, nous n'y
arriverions pas, car il n'existe pas de statistiques
dans ce domaine dans le monde arabe. Mais cela aurait dû
être fait, j'aurais tant aimé avant cet épisode mettre
sur le site les noms des villages qui consomment une eau
polluée et venir interpeller les consciences et
solliciter les gens de bien pour qu'ils oeuvrent afin de
résorber ce problème. Mais nous ne disposons pas de
statistiques.
Nous avons donc parlé de l'eau polluée, nous avons aussi
parlé des maladies qui nécessitent des campagnes de
sensibilisation, mais n'oubliez pas que nous évoquons
tout cela pour répondre à notre première question;
l'état de la santé chez nous permet-il de réaliser une
renaissance ?
Mais auparavant parlons des hôpitaux. Nous examinerons
ce point à travers le nombre d’hôpitaux dans le monde
arabe et la qualité et le niveau du service qui y est
offert. Le nombre d’hôpitaux est-il proportionnel à la
population qui ne cesse d'augmenter ? Nous ne saurions
répondre car il n'y a aucune statistique établie. Ce qui
est sûr par contre, c'est que le nombre des habitants ne
cesse d'augmenter à une vitesse effarante. Nous avons
affirmé auparavant qu'il y a effectivement un problème
de croissance démographique chez nous, et nous
comprenons très bien les origines d'un tel problème. La
croissance démographique n'est pas un problème en soi,
mais ça devient un problème lorsque il n'y a pas en
parallèle de cette croissance des efforts déployés par
les gouvernements et les populations pour offrir les
services et satisfaire les besoins de cette population
croissante. Et nous citons le philosophe chinois à qui
on avait demandé comment pouvait-on nourrir en Chine un
milliard de bouches et qu'il répondit en disant :
Dites-moi plutôt comment profiter des deux milliards de
bras.
Nous devons impérativement augmenter le nombre de nos
hôpitaux. Une entreprise qui incombe en premier lieu aux
hommes d'affaires, aux personnes charitables qui devront
prendre l'initiative, aux jeunes des forums de santé qui
devront sensibiliser les gens sur la gravité de la
question, car nous avons besoin de toute urgence de
cinquante hôpitaux que nous devons construire dans les
trois années à venir. Nous ne pouvons dire si ce nombre
est suffisant car nous n'avons aucune statistique pour
évaluer avec précision les besoins de cette population
grandissante, mais nous avançons ce chiffre pour inciter
les gens à contribuer à la construction de nouveaux
hôpitaux. Et nous aimerions voir les muftis dire que
c'est là un créneau dans lequel il est permis de verser
l'argent de la zakat. Dépensez vos aumônes dans ce sens.
Jusqu'à quand resterons-nous les bras croisés attendant
que les gouvernements fassent quelque chose ? Et qui
sont-ils d'ailleurs ces gouvernements ? Ne sont-ils pas
issus des populations ? Les gouvernements n'auront pas
d’autre choix que celui de réaliser les vœux des
populations quand celles-ci auront pris l'initiative de
contribuer à l'amélioration de cet état de faits.
Ceci pour le nombre des hôpitaux, mais qu'en est-il de
la qualité des services et des prestations qui y sont
fournis ? Qu'en est-il de la dignité humaine dans nos
hôpitaux ? Est-elle bonne, moyenne ou médiocre ? Je vous
raconterai une anecdote qui fait rire mais qui fait
surtout mal.
Dans un hôpital d'un pays arabe, deux femmes ont été
hospitalisées au sein du même service de gynécologie;
une femme âgée et une jeune femme mariée depuis deux ans
seulement. Les deux femmes ont été admises pour subir
des interventions chirurgicales. La femme âgée pour une
ablation de l'utérus et la jeune femme pour un curetage
de l'utérus. On confondit entre elles et on enleva
l'utérus de la jeune femme et on fit le curetage à la
femme âgée ! Vous imaginez !
Beaucoup d'incidents pareils à celui-ci surviennent dans
nos hôpitaux, qu'ils soient classés comme faits divers
n'empêche qu'ils révèlent une vérité qui fait mal. Vous
voyez où en est la dignité de l'être humain chez nous ?
Où est la qualité du service dans nos hôpitaux ? Je ne
dis pas que tous les hôpitaux sont de ce genre et je ne
peux pas me permettre un tel jugement, car nous avons
des hôpitaux de renommée mondiale. Et je prie les
médecins et personnels d'hôpitaux de ne pas m'en
vouloir, car nous avons des hommes professionnels et
intègres dans leurs métiers, étant moi-même fils de
médecin. Mais tout ne va pas comme il faut et il est
inutile de se taire et de prétendre que tout marche à
merveille, non il y a des vérités qu'il faut dire.
Où en sont nos hôpitaux par rapport aux normes
internationales ? Vous savez, en Occident lorsque vous
entrez dans un hôpital vous trouvez une pancarte à
l'entrée sur laquelle sont écrits les droits du patient.
Au moindre manquement à l'un de ces droits vous avez le
plein droit d’ester en justice. Et vous avez au chevet
de votre lit deux sonnettes, une sonnette ordinaire et
une deuxième en dessous de laquelle est écrit si on ne
vous répond pas après trois sonneries tirez la deuxième
sonnerie qui est reliée directement au bureau du
directeur !
Mais il est inutile d'aller loin pour citer l'exemple de
l'Occident, nous n'avons qu'à nous tourner vers notre
passé et regarder comment étaient les hôpitaux pendant
la civilisation musulmane. Ce que je vais vous lire
n'est pas tiré d'un ouvrage de théologie ou d'un livre
qui chante les vertus de la civilisation musulmane, mais
tiré d'un livre écrit en allemand par un historien
allemand. Un livre qui raconte comment étaient les
hôpitaux durant l’apogée de l’Islam. Ce livre rapporte
un fait très curieux, une lettre qu'avait envoyée un
prisonnier français à sa famille. Ce prisonnier après sa
capture avait été emmené à l’hôpital pour soigner ses
blessures, et il raconte à son père dans cette lettre
son séjour dans cet hôpital. Je vous répète, ce que je
vais vous lire est tiré d'un livre écrit par un Allemand
et non pas par un auteur musulman.
Il dit dans sa lettre : "Mon cher père, tu me demandes
si j'ai besoin d'argent, je t'informe que j'aurai à ma
sortie de l'hôpital des habits neufs et cinq pièces en
or pour que je ne sois pas obligé de travailler, car ils
interdisent aux malades qui quittent l'hôpital de
travailler durant la période de convalescence. Alors ils
nous donnent de l'argent pour le dépenser durant notre
convalescence. (Ceci était notre civilisation, donner de
l'argent aux malades à leur sortie de l'hôpital !). Je
n'ai pas besoin que tu vendes ton bétail pour m'envoyer
de l'argent. Mais tu dois venir vite pour me voir dans
ce beau lieu. Je suis dans le pavillon réservé à la
chirurgie, après que je fus tombé ils m'ont pris et
m'ont présenté au médecin en chef, puis ils me donnèrent
un bain chaud et me mirent des habits propres que
j'emporterai avec moi à ma sortie. Il y a aussi dans
l'hôpital une grande bibliothèque et une salle de
lecture où je passe tout mon temps. Tout est propre ici,
les lits sont tendres et les draps blancs et propres.
Mon voisin de lit avait feint la maladie pour rester
encore davantage à l'hôpital pour manger les savoureuses
escalopes de dinde mais les médecins avaient douté de
lui et l'ont finalement renvoyé chez lui quand il s'est
avéré qu'il n'était pas malade."
Ceci était l'état des hôpitaux durant la civilisation
musulmane ! On choisissait les sites les plus beaux pour
y construire les hôpitaux. Quand le calife Aâdhaud
Adaoula voulut bâtir un hôpital, et c'est cité dans
le même livre, il se rendit chez le grand savant Ar-Râzi
et demanda son avis pour le choix du site. Alors qu'a
fait Ar-Râzi ? Il prit de gros morceaux de viande et les
éparpilla un peu partout dans Bagdad, et il lui dit : Là
où le dernier morceau se décomposera, on y bâtira
l'hôpital !
Salah Eddine (Saladin) avait choisi le plus beau de ses
palais et en fit don pour le transformer en hôpital et
devint l'hôpital Anassereyeine, parmi les plus
grands hôpitaux qu'a connus la région dans l'histoire !
Une dame du nom de Qoût Al-Damardachi fit un don pour la
construction de l’hôpital Al-Damardach en Egypte.
Pour résumer, nous avons deux problèmes dans les
hôpitaux; le nombre et la qualité.
Le nombre, nous avons besoin des jeunes pour qu'ils
sensibilisent les gens afin qu'ils participent davantage
à la construction d'hôpitaux. Quant à la qualité, nous
appelons les gouvernements et les administrations des
hôpitaux pour qu'ils améliorent la qualité du service
offert dans les hôpitaux, nous n'avons qu'à faire comme
faisaient nos ancêtres. Nous avons besoin d'un système
de gestion très strict et contrôlé avec fermeté. Nous
pouvons créer une norme de qualité équivalente à l’ISO.
En tout, nous avons parlé de la propagation des
maladies, nous avons parlé des hôpitaux, de leur nombre
et de leur qualité et nous avons parlé de la pollution
de l'environnement.
Pour clore la question de la santé dans le monde arabe,
nous devrons aborder aussi le problème du médicament.
Vous devez savoir que nous importons quatre milliards de
dollars de médicaments dans le monde arabe ! En 1996,
les statistiques de l'OMS révélaient que nous importions
2.5 milliards de dollars de médicaments, vous remarquez
l'augmentation de la facture des médicaments en si peu
de temps ? Mais vous rendez-vous compte pourquoi nous
importons tous nos médicaments de l'étranger ? Parce que
nous n'avons inventé aucun médicament, les firmes
pharmaceutiques internationales détiennent seules les
brevets d'invention. Nous ne faisons que consommer.
Imaginez qu'il y a vingt ans, le nombre de firmes
pharmaceutiques dans le monde était de sept mille,
combien sont-elles devenues aujourd'hui ? On en compte
seulement mille ! Savez-vous pourquoi ? Parce qu'elles
ont fusionné pour devenir plus fortes et se permettre de
dépenser plus dans la recherche et produire des
médicaments plus fiables et compétitifs. Mais chez nous
leur nombre augmente, parce que nous ne faisons
qu'emballer des produits venant d'ailleurs et elles
augmentent pour gagner plus d'argent. Le résultat est
que les firmes internationales deviennent plus fortes et
nous nous affaiblissons davantage.
Pourquoi n'imposons nous pas de contrôle à ces firmes
qui pullulent sans profit ? Et pourquoi ne
s'unissent-elles pas pour travailler dans la recherche ?
On a le droit de s'interroger sur la formation donnée
dans les facultés de pharmacie. Forment-elles des
chercheurs en pharmacologie ? Les diplômés de ces
facultés deviennent soit :
§
Des vendeurs de
médicaments, sans qu'il ait une autorité qui les
contrôle pour voir s'ils veillent à la santé des
malades. Un ami à moi qui est pharmacien me raconta
qu'un jour à ses débuts, un malade s'est présenté chez
lui, il souffrait d'une diarrhée aiguë. Le pharmacien au
lieu de lui donner le médicament que le médecin lui
avait prescrit et qui s'appelait MINEROL, lui donna un
autre médicament qui s'appelle NORMALINE qu'on préconise
dans les cas de constipation, alors vous imaginez le
résultat ! Ceci est la première chose à faire, nous
devons accompagner les nouveaux diplômés de pharmacie
pour mieux les intégrer et les rendre compétents.
§
D'autres pharmaciens à
leur sortie de faculté travaillent comme délégués
commerciaux dans des firmes internationales pour vendre
des médicaments et faire la publicité de leurs produits.
Et comment font-ils pour arriver à vendre ces produits ?
Ils vont chez des médecins et les convainquent de
prescrire les médicaments de la firme qu'ils
représentent. Mais comment les convaincre alors que
presque tous les médicaments sont pareils et que nous
payons des différences de prix pour des médicaments aux
mêmes caractéristiques ? Ils recourent à des procédés
peu honnêtes, ils leur offrent des cadeaux, des sorties
à l'étranger et d'autres offres plus alléchantes.
§
La troisième partie de ces
diplômés travaille dans des firmes nationales de
l'industrie pharmaceutique, mais ces firmes ne
produisent pas les principes actifs qui entrent dans la
fabrication des médicaments. Ces principes, nous les
importons de l'étranger. Si nous ne produisons pas les
composants essentiels des médicaments que faisons-nous
alors ? Nous ne faisons que conditionner ces composants
en les mettant sous forme de comprimés ou dans des
gélules. Les composants sont produits ailleurs en
Occident !
Mais non, j'ai oublié. Il existe aujourd'hui un pays que
nous sous-estimions et qui produit ces composants, et
qui compte parmi les premiers au monde dans la
production des composants entrant dans la composition
des médicaments; c'est l'Inde. Et nous ne pouvons
qu'être fiers que l'Inde ait réussi à se faire une place
parmi les géants de ce monde dans l'industrie
pharmaceutique. Alors que nous, nous n'existons pas du
tout sur la carte ! Je veux qu'un diplômé en pharmacie
qui m'écoute maintenant dise : oui c'est moi, je serai
un chercheur en pharmacologie. Nous avons besoin de
mille chercheurs. Nous n'avons pas ces mille chercheurs,
nous n'avons même pas cent chercheurs.
Comment se peut-il qu'il n'y ait aucun pharmacien arabe
ou musulman qui puisse inventer un médicament ? Où sont
les professeurs des facultés de pharmacie, qu'ils
prennent des étudiants et les encadrent dans des projets
de recherche ? Où sont les hommes d'affaires, qu'ils
subventionnent des étudiants pour aller se former à
l'étranger ?
Jusqu'à quand subirons-nous leur monopole ? Vous me
direz que voulez-vous qu'on fasse ? Nous voulons avoir
cent étudiants qui deviendront d'ici cinq ans des
chercheurs et inventeurs en pharmacologie. Qu'ils
mettent toute leur énergie pour y arriver et qu'ils
sollicitent pour ça la coopération des professeurs des
facultés de pharmacie. Le Prophète disait "ô Allah,
garde-moi de l'impuissance et de la paresse".
Avons-nous oublié le verset "Vous êtes la
meilleure communauté, qu’on ait fait surgir pour les
hommes" ? Comment se fait-il que la meilleure
nation s’enlise comme ça dans la paresse !
La Chine, quand elle a pris conscience du monopole des
occidentaux sur le marché de l'industrie pharmaceutique,
a décidé de chercher une solution de rechange. Alors ils
se sont tournés vers la pharmacie chinoise
traditionnelle et l'ont développée !
Pourquoi ne ferions-nous pas de même en travaillant sur
la médecine prophétique, sur la thérapie par les plantes
médicinales ? Ibn El Qayem a consacré plus de la moitié
de son livre "Zad El Maâd" à la médecine
prophétique. Qui parmi nos docteurs prendra sur lui de
travailler dans ce sens pour développer justement cette
science ? Pour élever notre héritage et le promouvoir au
rang des connaissances universelles pour qu'on puisse
s'en enorgueillir.
N'y aurait-il pas une centaine d'étudiants en pharmacie
qui m'écoutent en ce moment et se décident à réaliser ce
projet et à s'investir dans la recherche et qui
viendraient nous dire : considérez ce problème comme
résolu. Même si cela leur prendra dix ans, peu importe
pourvu qu'ils s'y mettent avec ardeur et résignation.
Pour récapituler, nous verrons ensemble tous les
constats que nous avons établis sur l'état de la santé
dans nos pays, ainsi que les solutions que nous avons
préconisées pour y remédier. Et nous allons y remédier
tous ensemble, car il n'incombe pas à une personne
seule, moi ou autre de le faire, mais c'est notre devoir
à tous d’y travailler.
1/ La construction de 50 hôpitaux dans le monde arabe.
Quelqu'un m'a dit pendant l'entracte que ce nombre est
insuffisant, mais commençons d'abord. Pourvu que la
caravane s'ébranle et que la machine se mette en marche.
A qui cela incombe t-il ? Aux gouvernements, aux hommes
d'affaire, aux personnes charitables de tous bords.
Ceci est le premier point.
2/ Instituer un système de contrôle de qualité dans les
hôpitaux. A qui cela incombe t-il ? Aux gouvernements et
au secteur privé. Et les gouvernements doivent veiller à
son application.
3/ Produire le quart de nos besoins en médicaments. A
qui cela incombe-t-il ? Aux enseignants et étudiants des
facultés de pharmacie, aux gouvernements et aux
industries pharmaceutiques.
4/ Finalement, prévenir et combattre les maladies non
virales et intransmissibles. Ceci est la tâche des
Bâtisseurs de la vie à travers les forums de santé, des
gouvernements et des organisations internationales.
D'aucuns vont dire : tout cela est théorique et qui nous
prouve que ça va se faire ?
-
Les gouvernements doivent le faire. Dois-je vous
rappeler que ces gouvernements sont délégués par les
peuples justement pour qu'ils servent les intérêts
de ces derniers et résolvent leurs problèmes ? Et il
va de soi que les gouvernements doivent répondre aux
besoins et aux exigences des citoyens. Comme il
incombe aussi aux populations de suivre de près le
travail des gouvernements car ceci constitue la
première garantie que ces projets aboutiront.
Donc, nous devons réclamer et protester et exiger des
statistiques sur le manque en hôpitaux, sur le manque en
eau potable. Et nous devons nous souvenir que c'est nous
qui avons désigné ces gouvernements.
-
En deuxième lieu, nous devons tous, hommes et
femmes, enfants et adultes œuvrer ensemble dans le
cadre des forums de santé pour mener une campagne de
sensibilisation à grande échelle. Comment créer ces
équipes de sensibilisation, et comment vont-elles
fonctionner ? Ce n'est pas moi qui vais répondre
mais les responsables des forums. Et nous avons
parmi nous aujourd'hui l'un de ces responsables qui
va nous expliquer comment procéderont ces équipes et
quelles tâches elle devront s'assigner.
Vous vous souvenez certainement que nous avons passé un
contrat de partenariat avec l'Organisation Mondiale de
la Santé. Et vous vous rappelez que nous avons organisé
un séminaire sur la santé publique dans lequel nous
avons sollicité les experts du secteur de la santé. Nous
leur avons demandé de faire le diagnostic de l'état du
secteur de la santé chez nous et de nous proposer les
solutions à envisager.
Nous nous sommes mis d'accord sur la nécessité de la
sensibilisation. L'OMS participe avec nous aujourd'hui
dans les forums de santé, et est présent avec nous le
docteur Tamer El-Cherbini qui est membre de la faculté
de chirurgie en Grande Bretagne. Il nous expliquera le
rôle des forums de santé et ce que nous devons faire
dans ces forums.
Mr El-Cherbini :
« Après le survol qu'a fait Mr Amr sur la question de la
santé dans le monde arabe, nous allons parler rapidement
des objectifs du projet de santé. Il va sans dire que
l'amélioration de la santé de la nation passe par la
préservation de ses richesses. Les richesses de la
nation sont ses individus. Et pour ce faire, nous devons
sensibiliser comme l'a déjà dit Mr Amr.
Une partie du problème réside dans le fait que les gens
pensent souvent que le langage des médecins et
spécialistes de la santé est incompréhensible. Alors je
ferai en sorte d'être clair dans la mesure du possible.
Que veut dire "la sensibilisation sanitaire" ? Cela veut
dire changer les habitudes, les modes de vie et de
pensée, changer la conduite et le comportement des
individus de façon à améliorer le cadre de vie et
prévenir ainsi certaines maladies. Ce sujet est le
fondement même d'une branche de la médecine qu'on
appelle la médecine préventive. Nous allons entreprendre
une action simple mais qui sera d'un grand bénéfice sur
le long terme.
Sensibiliser sur la question de la santé, c'est
préserver ta santé mais aussi celle des personnes qui
sont autour de toi. Que va-t-on utiliser dans cette
action ? Tous les moyens modernes que nécessite une
telle action. Des prospectus, des pancartes, des CD et
des cassettes vidéo, ainsi que tous les moyens
interactifs tels le théâtre et les groupes de
discussion. Si nous comptons dans ces forums des
médecins tant mieux, mais il n'est pas obligatoire que
les membres appartiennent à la corporation et qu'ils
aient des notions de médecine.
Le projet débutera à partir d'aujourd'hui, et toute
personne qui se sent intéressée et mue par une volonté
d'agir peut commencer par former une équipe qui peut
être composée des parents, des voisins ou bien des
collègues de travail. Vous irez sur le site de Mr Amr
Khaled et vous inscrirez votre forum. Et il est
important que vous fassiez des partenariats soit avec
des personnes; un médecin, un infirmier, un pharmacien
ou un homme d'affaire. Ou bien avec des organisations
telles que l'université, ou le Croissant Rouge. Comme
vous pouvez aussi associer les bibliothèques et les
écoles qui peuvent jouer un grand rôle d'information.
Que feront ces forums ? En premier lieu, nous vous
entraînerons. Car votre entraînement est important pour
que vous soyez efficaces dans cette tâche. Ces
formations seront prises en charge par l'OMS, les
ministères de la santé d’Égypte, du Kuwait, du Bahreïn,
de Palestine et d'Arabie Saoudite.
Dans la deuxième étape, vous passerez à la
sensibilisation. Ce travail vous incombe, et nous vous
assisterons à travers l'Internet en vous fournissant les
matériaux et les outils nécessaires. Certains de ces
outils sont connus tels les fascicules, les livrets et
les affiches. Comme il est important aussi d'user des
supports vidéo et multimédia comme les CD et les
cassettes vidéo et l'Internet. On peut aussi avoir
recours comme nous l'avons dit, aux moyens artistiques
et interactifs comme le théâtre et les groupes de
discussion.
Le plus important c'est que le contact et le partenariat
entre nous doit être établi d'une façon durable. C'est
pourquoi nous vous demandons de consulter notre site
chaque semaine et tous les mois pour qu'on puisse se
concerter sur les projets et suivre leur réalisation.
Que ceux-ci traitent des maladies à combattre comme
l'hypertension ou le diabète, ou bien des projets visant
à lutter contre la pollution et à préserver
l'environnement comme le traitement des eaux, ou bien
d'autres projets tout aussi intéressants.
Vous pourrez vous interroger sur l'intérêt des forums,
d'autant plus qu'on peut prendre les orientations et les
appliquer tout simplement sans avoir recours aux forums.
Mais comme nous l'avons entendu de l'analyse que nous a
faite Mr Amr, le problème de la santé n'incombe pas aux
gouvernements seuls, mais il s'agit surtout de changer
la conduite et les réflexes de tout un chacun, et cela
ne peut se réaliser sans un travail de sensibilisation
assidu. D'où la nécessité des forums de santé.
Nous espérons voir se former 50 forums de santé d'ici la
semaine prochaine. Alors allez sur le site
www.amrkhaled.net et inscrivez-vous et nous serons
prêts pour vous épauler. »
Reprise de la parole par Mr Amr Khaled :
Je reprends donc, notre objectif et de créer 50 forums
dans les deux prochaines semaines. Le forum peut être
constitué de trois personnes ou plus, ils recevront une
formation qui sera parrainée par l'OMS et quand ils
auront acquis les notions nécessaires à leur activité,
nous travaillerons ensemble. Et nous nous concerterons
chaque mois ou deux sur un projet précis. Allant de la
lutte contre les maladies à l'hygiène des eaux et autres
problèmes de santé. Tous les six mois, nous procéderons
à la sélection des meilleurs éléments parmi ces forums
et nous organiserons avec eux une rencontre avec l'OMS
et je serai présent avec eux et nous débattrons de nos
réalisations et des orientations à suivre dans l'avenir.
Notre vœu est que ces 50 forums deviennent 100 puis 200
et se multiplient davantage. Est-ce une entreprise
réalisable ? Et si je vous disais que des jeunes l'ont
déjà fait !
Un groupe de jeunes étudiants de la faculté de médecine
à l'université de Mansourah en Égypte ont créé leur
forum et ont déjà commencé le travail. Nous avons invité
deux membres du groupe pour voir leurs réalisations.
J'invite donc Ahmed et Douaâ à me rejoindre sur le
plateau.
Ahmed et Douaâ sont deux membres d'un groupe qui compte
40 éléments. Et ils ont créé le premier forum de santé à
l'université de Mansourah, leurs activités leur ont
permis de toucher jusqu'à maintenant neuf cents
personnes !
L'intéressant c'est qu'ils ont participé au congrès des
doyens des facultés de médecine arabes qui s'est tenu
hier au Caire auquel ils ont été conviés pour parler de
leur expérience. Et nous sommes fiers que les Bâtisseurs
de la vie participent à un congrès des doyens des
facultés de médecine des pays arabes pour présenter le
fruit des forums de santé. Je cède la parole à Ahmed et
Douaâ pour qu'ils nous parlent du premier forum de
santé.
Prise de parole par Ahmed :
Je tiens d'abord à préciser que nous sommes un groupe
d'étudiants de l'université de Mansourah et pas
seulement celle de médecine. Nous nous sommes dit que
nous pouvons, nous les étudiants, contribuer à l'éveil
de notre nation et le faire à notre manière. Alors nous
avons suivi le projet sunnaâ’ Al-hayat pour voir
dans quel créneau nous pouvions participer au mieux, et
louange à Allah nous nous sommes retrouvés dans la
partie consacrée à la santé.
Prise de parole par Douaâ :
Nous avons pris conscience de l'importance du
partenariat, alors nous avons pris contact avec la
direction de la faculté de médecine et ils ont accepté
de nous aider. Nous avons aussi sollicité l'union
internationale des étudiants en médecine. Ainsi que
l'Organisation Mondiale de la Santé et l'organisation de
la lutte contre la variole affiliée au ministère de la
santé. Alors nous avons commencé par la lutte contre la
variole. Nous avons voulu faire partager nos idées au
plus grand nombre de jeunes et leur inculquer
l'importance de la sensibilisation. Mais nous avons
constaté que les méthodes de sensibilisation courantes
n'étaient pas très efficaces. Un docteur qui se
présente, qui fait l'exposé des risques et dangers des
maladies, préconise les solutions et s'en va. Alors nous
avons pensé à une méthode d'approche plus communicative
que nous avons appelé 1 pour 10. Le principe consiste à
ce que chacun doit se charger de passer le message à dix
autres personnes, et qu'il doit avoir conscience de
l'importance de transmettre le message à ces gens.
Ahmed reprend la parole :
Pour l'idée de 1 pour 10, nous nous sommes dit
qu'actuellement les maladies épidémiques et les maladies
non transmissibles représentent un arbre de mauvaise
graine. Nous voulons planter un arbre sain et nouveau
qui commencera de 1. Le 1 veut dire une information
utile précise et efficace. Et grâce à nos efforts nous
ferons passer cette information au reste des gens. On
peut le faire de maintes manières; dans un autobus; dans
un jardin public. Cet arbre grandira et nous ombragera
tous dans le monde arabe. Nous avons conçu des
prospectus contenant des informations que nous avons
eues auprès de l'OMS et du ministère de la santé et nous
les avons distribués un peu partout. Neuf cents
personnes ont participé avec nous durant les deux
premiers jours. Et nous avons été satisfaits du
résultat. Et nous avons été invités par le congrès des
doyens des facultés de médecine pour exposer notre
petite expérience.
Mr Amr Khaled reprend la parole :
Je vous remercie énormément Ahmed et Douaâ, je tiens
seulement à signaler que ces jeunes que certains
montrent du doigt en les accusant d’être superficiels et
paresseux et d'autres maux encore, moi je dis qu'il y a
beaucoup de bien en eux. Ces jeunes que vous venez de
voir, Ahmed et Douaâ et tous ceux qui sont partis dans
les écoles pour sensibiliser, nous confirment que cette
nation n'est pas morte. Et cette nation est une nation
de bien pourvu qu'il y ait celui qui lèvera son étendard
et s'élancera dans le travail et le sacrifice.
Nous avons terminé l'épisode d'aujourd'hui. Et nous
sommes tous déterminés à travailler dans les forums de
santé comme l'ont fait Ahmed et Douaâ, car l'arbre a
commencé à pousser.
Avant de vous quitter, je voudrais vous donner les
bonnes nouvelles du programme. Pour le projet de la
culture des terrasses de maisons, j'ai reçu hier l'appel
de Dr Maissa, professeur à l'université du Caire, qui
m'a annoncé que le doyen de la faculté a accepté que les
terrasses de la faculté soient cultivées.
Nous allons réussir avec l'aide de Dieu. Et cette
jeunesse est l'espoir de renaissance de cette nation. Et
nous rencontrerons notre Prophète le jour de la
Rétribution et nous lui dirons, nous avons vécu pour
notre nation et fidèles à notre nation et Dieu en est
témoin.
Je vous laisse en paix.
[i]
TSC : Traduction des Sens du
Coran. Cette traduction est celle du sens
courant le plus connu jusqu'à présent de la
sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace
nullement sa lecture en arabe, la langue de
révélation du saint Coran.