Le Paradis dans nos foyers II
Episode 5
Le mariage en seing privé (ôrfi)
Au nom d'Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ; Louange à Allah Seigneur de l'Univers ; et que la Bénédiction et la Paix soient accordées à notre maître, le Messager d’Allah.
La première partie du "Paradis dans nos foyers" portait sur un nombre de principes concernant les rapports idéaux au sein d'une même famille. Toutefois, certaines personnes ont protesté en argumentant que les épisodes n'effleuraient même pas les conflits qui dressent les enfants contre leurs parents. Mais notre choix était délibéré, car il fallait partir d'une terre solide qui élabore l'image exemplaire de la famille musulmane à partir des relations affectueuses entre les conjoints, des contacts tendres entre parents et enfants, de la docilité des enfants vis-à-vis de leurs parents, du père ami... Bref, des valeurs de base supposées exister à l'intérieur de toute famille ; puis, dans un deuxième temps, nous pourrons vivre les problèmes et y chercher des issues satisfaisantes. Nous avons l'intention de soulever toutes les difficultés qui résident à l'intérieur des foyers et y sèment la brouille, ou qui peuvent y surgir ; de cette façon, nous aurons affaire à un bloc pour les problèmes des jeunes, un autre pour ceux des époux, un troisième pour le divorce, et d'autres...
En nous créant, Allah (Glorifié soit-Il) a voulu nous mettre à l'épreuve en nous faisant subir des calamités, des afflictions et des souffrances ; en effet, il n'existe pas de famille sur terre qui n'ait pas été éprouvée d'une manière ou d'une autre. Et ce n'est qu'en s'armant de patience et en faisant preuve de docilité pour faire face à ces problèmes que nous serons gratifiés par le paradis.
Ainsi, l'épouse opprimée par son conjoint, maltraitée et souvent abandonnée et qui cependant continue à vivre avec lui en vue d'assurer un certain équilibre à ses enfants ; la veuve qui, ayant été privée de la vie conjugale, persévère dans sa noble mission, celle de bien éduquer ses enfants, sans jamais se révolter; le père qui découvre un beau matin que son fils est un toxicomane ; les parents qui se sentent humiliés en apprenant le mariage clandestin de leur fille ; ou ceux qui ont un fils né handicapé... tous ceux-ci seront récompensés par le paradis du seul fait de leur patience et de leur résignation.
Le problème à soulever dans notre présent épisode est fort sérieux, car il a commencé à se répandre chez les jeunes du cycle secondaire et chez les universitaires depuis déjà dix ans. Il s'agit du mariage non officiel proprement dit.
A vrai dire, ce phénomène existait jadis, mais il était conçu différemment, et il était pratiqué par la veuve qui, à la mort de son mari, décide de refaire sa vie et désire garder le salaire de son mari défunt ; par la femme divorcée qui risque de voir ses enfants ravis en annonçant son mariage ; par l'homme qui désire se remarier et qui redoute la furie de sa femme. Notre intérêt pour le moment ne porte pas sur ces cas mais sur la jeunesse du cycle secondaire et de l'université.
Que signifie mariage sous seing privé ?
Une relation d'amour naît entre une jeune fille et un garçon et va croissant. Incapables de patienter jusqu'à l'obtention de leurs diplômes, et craignant la désapprobation de leurs parents, ils passent outre et décident de se marier instantanément. Un bout de papier arraché à leur cahier de classe ou acheté quelque part dans la rue, leur sert de document officiel ; ils font venir deux témoins de leur connaissance, et les voilà mari et femme, mais ... illicitement et illégalement. Tout s'arrête là. Le père n'est pas tenu au courant, la mère ne se doute de rien, le mariage n'a pas été annoncé solennellement. Ce n'est qu'à partir de ce moment que les choses commencent à tourner mal et que la fille se voit plongée dans la détresse et la misère.
Nous sommes là pour soulever cette question critique et demander aux jeunes filles qui pourraient tomber dans le piège, de se secouer et de reprendre leurs esprits.
Il est d'usage de donner à ce type de mariage le titre de "mariage de convention" mais l'appellation est erronée ; car le mariage de convention réclame que tous les gens en soient tenus au courant ; le Prophète (BP sur lui) dit à ce propos : «Envoyez un faire-part de ce mariage, et ayez recours à la timbale pour le fêter» ; or, il s'agit dans ce cas, d'un mariage purement clandestin.
Le quotidien égyptien "Al-Ahram" a publié le 29 du mois de Mai en 2007 un article qui donne «l'Alerte à chaque famille, à chaque père et à chaque mère» dans son titre; cet article dévoile que le mariage non officiel menace les jeunes universitaires, en effet, 17% de la jeunesse se trouvent à un tournant de leur vie, précipitée dans le l’embarras. Le ministère de la solidarité sociale égyptienne a déclaré que le taux réel dépasse de beaucoup ce chiffre. Résultat, 14.000 enfants dont le père est inconnu, sont nés de cette union illicite et illégitime.
Qu'est-ce qui pousse les jeunes à aborder ce chemin raboteux ?
1- Certains avouent être incapables de subvenir aux frais du mariage et n’ont pas la patience d'attendre pour se marier.
2- Les filles de leur côté, avancent vouloir emprunter le chemin des filles de leur génération.
3- Tous deux se sont avoués leur amour et préfèrent mettre leurs parents devant le fait accompli plutôt que de chercher à les convaincre.
En réalité, les raisons sont complètement différentes :
1- Au premier plan, c'est la récession économique qui provoque le chômage et empêche par conséquent, les jeunes de prendre l'initiative du mariage.
2- La mésentente familiale ; l'absence du père ami; l'absence de la tendresse maternelle ; l'absence de la chaleur au foyer, l'absence du langage des sentiments.
3- Tout cela est couronné par l'oisiveté dans laquelle vivent les jeunes dans nos pays au moment où ils possèdent une énergie à dépenser.
Comment l'histoire se termine-t-elle ?
Au bout de sept à huit mois, le garçon, lassé, commence à se dérober ; la fille de sa part, rongée par le remords, se rend compte malheureusement trop tard, de sa démarche irréfléchie et de l'insécurité dans laquelle elle se retrouve, tente de le rejoindre et le harcèle de questions pressantes ; en guise de réponse, il se défile; elle entreprend sans grand succès de le relancer par des coups de fil ; il fait la sourde oreille et ne se manifeste plus ; elle le persécute en mettant à bas son amour-propre. Ecœuré, il devient brutal et lui lance des grossièretés. Finalement, tous les deux ont recours aux menaces qui ne mènent nulle part.
La vie de cette fille se transforme en un véritable enfer. Elle ne pourra plus recouvrir sa sérénité d'antan, ni mener une vie normale bien que vivant au milieu des siens. Sa jeunesse flétrira sans pour autant l'avoir réellement vécue.
Nous vous présentons chères filles, cinq points susceptibles de vous faire renoncer à cette union suspecte, illicite et illégitime :
1- Les rapports sexuels illicites en dehors de l'union solennelle sont irréfutablement voués à l'échec et entraîneront le remords. Tel est l'avis des filles qui ont vécu cette expérience. Que le garçon soit sincère ou hypocrite, bienveillant ou méchant, le résultat est le même : bon gré mal gré, il s'éclipsera. Car une fois assouvi, le désir charnel se dissipe, c'est dans l'ordre des choses ; mais, au sein du foyer légitime, le mari ne cherchera pas à se sauver, l'engagement solennel le retient, il tient à sa vie c'est pourquoi, il passe à un autre désir vital ou à une autre occupation.
2- Les hommes ne vouent aucun respect à l'égard de la femme qui cède facilement. A savoir que l'Islam a préservé à la femme ses droits et son amour-propre par ce contrat solennel. A elle de les sauvegarder et de bien y tenir.
3- Méfiez-vous chères filles, d'annuler le rôle crucial que peut jouer votre père dans votre vie et de vous marier à l'improviste et à son insu. Votre père est seul capable de vous protéger contre les traîtrises des garçons. Or, le plus grand risque dans le mariage non officiel réside dans l'absence du père. La fille souffre doublement, une fois pour avoir gâché sa vie et une autre pour avoir dupé ses parents tout en continuant à vivre auprès d'eux.
4- Par son acte, la fille abuse de la confiance que lui ont accordée ses parents. C'est une trahison pure. Allah (SWT) dit au verset 27 de sourate Al-'Anfâl (LE BUTIN) : «Ô vous qui croyez! Ne trahissez pas Allah et le Messager. Ne trahissez pas sciemment la confiance qu’on a placée en vous.» Le Messager d'Allah dit aussi: « Lorsque le pouvoir sera confié à des gens qui n'en sont pas dignes, attends-toi à l'Heure. » (Al-Boukhâry). Dix-sept filles sur cent ont perdu la chasteté. Le Jour de la Résurrection Allah (SWT) donnera l'ordre qu'on fasse venir l'utérus et la chasteté, ils se tiendront des deux côtés du Droit Chemin, celui par lequel tous les humains doivent passer et réclameront leurs droits ; comment allez-vous traverser ce Chemin ce Jour-là?
Toutes ces paroles sont en vue de mettre les filles du cycle secondaire et de l'université en garde. Méfiez-vous de vous engager dans une situation équivoque.
Messages divers :
Aux jeunes gens, n'avez-vous pas des soeurs? Accepteriez-vous ce sort pour elles? Un garçon raconte avoir pris sa soeur pour confidente pendant une année et a découvert à la fin que sa soeur elle aussi, vivait la même expérience désastreuse : un mariage illicite !! Il ne savait plus s'il avait à se venger de ce garçon ou de lui-même.
Rappelez-vous les Paroles d'Allah (SWT) au verset 189 de Sourate Al-Baqara (La Vache) ce qui peut être traduit comme suit : « Et ce n’est pas un acte de bienfaisance que de rentrer chez vous par l’arrière des maisons. Mais la bonté pieuse consiste à craindre Allah. Entrez donc dans les maisons par leurs portes. Et craignez Allah, afin que vous réussissiez!»
Aux gouvernements et aux Etats : fournissez aux jeunes de quoi investir rentablement leur oisiveté et leur énergie.
Aux médias : Arrêtez ces vidéos clip que vous lancez à tort et à travers sur les chaînes télévisées qui sont provocants; n'avez-vous pas de soeurs?? Pensez un peu à ces 17 % qui vivent dans la détresse. Sauvez la jeunesse et protégez-la.
Aux parents : Accordez à vos enfants l'affection dont ils ont besoin afin qu'ils ne la cherchent pas ailleurs.
Aux jeunes gens et aux jeunes filles : Rappelez-vous que l'Islam est la religion du pardon et de l'absolution des péchés. Allah (SWT) est accueillant au repentir. Il (SWT) ne s'est jamais détourné de Son serviteur qui s'est réfugié à lui. Repentissez-vous pendant qu'il est encore temps.
Rappelez-vous chère fille que vous vous privez de la joie que ressent toute jeune fille lors de la célébration de ses noces ; lorsqu'elle revêt sa robe de mariée ; lorsqu'elle choisit sa maison et ses meubles ; lorsqu'elle présente fièrement son mari à ses amies.
Le Prophète (BP sur lui) lors des noces de sa fille Fatimah (A sur elle), s'est rendu chez elle et a demandé à 'Ali son mari de poser sa main sur sa tête et de formuler une prière spéciale pour la circonstance, ensuite, il (BP sur lui) leur a demandé de commencer leur vie par deux Rak'a.
Chère fille vous devez réagir, ne pas vous rendre et vous annoncer battue ; tâchez de mettre de l'ordre dans vos priorités, participez aux associations charitables, travaillez avec les bâtisseurs de la vie, faites de la gym, occupez vos loisirs et ne précipitez pas les choses, car finalement. Vous obtiendrez sans faute, votre part légale.
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