Invitation à la
Coexistence
Episode : 15
Au nom d’Allah
le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ; louanges à Allah, Seigneur de
l’Univers, et bénédictions et paix sur le Messager d’Allah.
Dans notre invitation
à la coexistence, je répète toujours que la différence d'opinions n'est pas un
désavantage mais, au contraire, une richesse. Allah l'a voulu ainsi pour
régénérer la vie sur terre et la développer. Des nouvelles idées naissent de la
superposition d'opinions différentes, à condition que la sincérité, la
bienséance et le respect de l'Autre règnent dans la discussion.
Nous poursuivons
aujourd'hui avec la biographie de l'Imam Ach-Châfi'î et nous montreront comment,
durant sa vie, il pratiquait les dix principes de coexistence que nous avons
mentionnés précédemment Une leçon pour celui qui désire apprendre et pratiquer
la coexistence. Une attitude d'une extrême importance puisque le hadith dit : “Le
croyant est convivial et simple et celui qui ne possède pas ces qualités n'a
rien de bon.” C'est-à-dire que le croyant s'habitue rapidement aux gens qui
se familiarisent de même rapidement avec lui. Il sait se lier et trouver des
points communs avec eux.
Ces dix principes de
coexistence sont le résultat d'expériences personnelles ou d'idées empruntées à
des savants occidentaux et orientaux dans la science de l'administration. Ils
sont très évidents dans la vie de ce grand Imam. Voyons-les un à un :
1- Fais un effort
jusqu'à trouver l'espace commun avec l'Autre :
Ce principe
s’applique à toutes les situations depuis le problème de Darfour jusqu'aux
petits problèmes familiaux. Si avec le temps l'espace commun que nous avons avec
une personne proche a disparu, comme par exemple l'amour du début du mariage
pour notre conjoint, nous pouvons faire l'effort d'en trouver un autre. Je dis
bien faire l'effort parce que ce n'est pas facile.
La mère de
Ach-Chafî'i l'avait envoyé au Kottab pour apprendre le Coran. Mais, comme il
n'avait pas de quoi payer les leçons comme les autres enfants de son âge,
l'instituteur ne lui donnait pas l'attention nécessaire. La mère eut recours à
la ruse et conseilla à son fils de prendre place à côté de l'enfant riche et
d'écouter l'explication, sans toutefois provoquer de gêne au maître. Peu de
temps après, ayant découvert son génie, l'instituteur lui a demandé de prendre
sa place pendant son absence. Son professeur avait trouvé l'espace commun entre
eux, il allait pouvoir se reposer et laisser Ach-Chafî'i le remplacer quelques
fois auprès des autres élèves. L'enfant était retourné dire à sa mère: “
J'ai
appris l'humiliation pour la science et la bienséance à l'égard de
l'instituteur.” Sa mère, sage et pondérée, lui avait donné une bonne leçon de
coexistence qu'il adoptera comme méthode de pensée et mettra en pratique durant
toute sa vie.
S'il est vrai que le
mot 'Coexistence' est occidental, il n'y a pas au monde une autre constitution
que le Coran qui dit: “Ô
hommes!
Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des
nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez.”
Il cite souvent l'espace commun nécessaire à la coexistence, par exemple : “
Ô gens
du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous:
que
nous n'adorions qu'Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point
les uns les autres pour seigneurs en dehors d'Allah.”
(TSC, 'Al-`Imrân (LA FAMILLE D'IMRAN) : 64) ce qui
signifie que, puisque nous adorons le même Dieu, nous pouvons nous entendre et
coexister mais à condition de ne pas nous dominer et ne pas nous imposer
réciproquement notre volonté et notre idéologie.
Il faut savoir que le
Prophète (BP sur lui) a été le premier à instituer cette méthode de la recherche
de l'espace commun. En pleine crise avec Qouraïche et pendant qu'elle lui
faisait la guerre, il disait: “Si Qouraïche m'invite à signer un pacte comme
celui de Al-Foudoûl,
j'accepterai.” Même avec ses ennemis et en plein antagonisme, il cherchait à
trouver un espace commun. C'est comme je l'ai dit, une méthode de pensée.
Lorsque vous avez un différend avec quelqu'un, au lieu de se disputer et
d'élargir le fossé entre vous, recherchez l’espace commun où vous pourrez vous
rencontrez? Essayez de savoir ce qu'il aime et discutez-en avec lui. C'est le
point le plus important de l'apprentissage à la coexistence.
Ainsi, avant d'aller
vers l'Iraq à la rencontre de Mohammed ibn Al-Hassan élève de Abou Hanîfa, et
bien qu'il ne possédât que cinquante dinars, Ach-Chafî‘i acheta avec cet argent
tous les livres de ces deux savants pour étudier leurs œuvres et trouver comment
pouvoir communiquer avec eux. C'était bien là le caractère de Ach-Chafî'i.
2- Cherche toute
discipline pouvant t'aider à créer un espace commun avec l'Autre :
Il n'est
pas uniquement nécessaire de trouver un espace commun mais d'acquérir une
certaine science ou un certain savoir faire. C'est ainsi que, Ach-Chafî'i apprit
la langue arabe en plus des sciences de l'exégèse et des hadiths qu'il possédait
déjà, après avoir entendu Al-Leith ibn Sa‘d dire: “Une des raisons de la
discorde intérieure de la Ummah musulmane réside dans son interprétation
disparate de la langue arabe. Celui qui pense exceller dans l'exégèse, le
Hadith, et la langue arabe saura rassembler cette Ummah par la Grâce d'Allah.”
Ô vous les Arabes qui
vivez en Europe sans apprendre la langue du pays où vous vous trouvez. Comment
pourrez-vous communiquer avec les gens qui vous entourent. Comment
arriverez-vous à leur faire connaître l'Islam à le leur faire respecter!
Ach-Chafî'i a passé quatre ans dans la tribu de Hazil dans le désert pour
apprendre l'arabe. Plus vous apprenez de disciplines plus votre espace commun
avec les gens s'étend. A dix-huit ans, Achafî‘i possédait les sciences de
l'exégèse, de la psalmodie du Coran, du hadith, de la langue arabe, de la
généalogie arabe et de la poésie en plus de son habileté au tir. Ensuite, il
acquit les sciences de la Farassa
(physiognomonie), du Fiqh du Hidjâz et du Fiqh de l'Iraq. Il a passé sa vie à
les acquérir et a vécu dans dix pays différents.
3- Essaie de
t'intégrer dans la société, ne t'en isole pas et ne sois pas en désaccord avec
elle :
L'exemple de Ach-Chafî‘i en ce point est étonnant et la sagesse
de sa mère extraordinaire. Lorsqu'il voulut partir apprendre la langue chez
Hazil et, sachant qu'il devait y passer quatre ans, elle lui recommanda de
pratiquer un sport pour dissiper l'ennui et se rapprocher de la jeunesse de la
région. Sa mère craignait de le voir s'isoler en étant un homme de science
uniquement. Dans cette tribu, Ach-Chafî'i apprit la poésie, l'équitation et le
tir, en plus de la généalogie et de 10.000 vers de poésie. A savoir que
Ach-Chafî‘i a écrit cent quarante livres dont un livre au sujet du tir. Chose
jamais vue, puisque aucun cheikh n'a jamais écrit de livre au sujet d'un sport.
Ach-Chafî‘i l'a fait en l'an 150 de l'Hégire.
Au sujet de
l'intégration dans la société, le Coran nous dit: “
Et Nous
n'avons envoyé de Messager qu'avec la langue de son peuple, afin de les
éclairer.”
Il doit parler leur langue et connaître leur culture.
Je m'adresse aux
Arabes qui vivent à l'étranger et je leur dis de ne pas s'isoler. Non pas pour
essayer de convertir les habitants du pays à l'Islam, mais pour le leur faire
respecter. Nous portons un message universel: “
Et Nous
ne t'avons envoyé qu'en tant qu'annonciateur et avertisseur pour toute
l'humanité.”
et pourtant nous n'arrivons pas à communiquer ce message alors que les autres
nous influencent avec leur média. Qu'avons-nous fait pour y réussir. Ach-Chafî‘i
a été dans dix pays et a passé sa vie en voyage pour faire parvenir sa pensée
aux gens et les unir.
Après son arrivée en
Égypte, il n'a pas voulu formuler ses avis jurisprudentiels avant de connaître
les us et coutumes égyptiennes. Il a remarqué que les habitants du pays avaient
beaucoup de respect pour une grande dame, Nafissa la petite fille du Prophète
(BP sur lui) et de ‘Aly ibn Abi Tâlib. Il a été apprendre d'elle plus de science
et les Égyptiens l'aimèrent avant de l'avoir entendu parler.
Ach-Chafî‘i avait
remarqué que les Égyptiens aimaient les anecdotes piquantes. Durant une de ses
leçons il leur raconta une histoire et leur dit: “Deux personnes de passage dans
le désert, avaient étendu une nappe pour prendre leur repas et avaient placé
dessus deux poulets. L'heure de la prière étant venue, ils décidèrent de prier
avant de manger. Un renard vint prendre un des poulets et courut avec au loin.
Après la prière, les hommes virent le renard abandonner le poulet et courir. Ils
s'en allèrent le reprendre et, pendant qu'ils se trouvaient de nouveau loin de
la nappe, le renard vint prendre le second poulet. De plus, le premier qu'il
avait abandonné n'était qu'une bourre de paille qu'il avait fait pour les
duper.” Les assistants se mirent à rire. Ach-Chafî‘i se tut un instant et dit
ensuite: “Ô gens d'Égypte, ne prenez à la légère aucun renard et soyez
vigilants.”
A sa mort, les
Égyptiens le pleurèrent à chaudes larmes, lui qui avait vécu avec eux à peine
plus de quatre ans.
Il se mettait au
niveau de toutes les catégories de la société pour pouvoir se rapprocher d'eux.
Il s'adressait aux savants dans une langue de haut niveau alors que devant le
commun du peuple ou dans ses livres, il utilisait une langue très simple. Il
savait trouver un espace commun avec les sportifs et les jeunes en pratiquant le
sport, en écrivant un livre à ce sujet et en montrant son habileté au tir. Parce
qu'il était ouvert à tout le monde, même ceux qui ne s'intéressaient qu'aux
affaires romantiques se rapprochaient de lui et venaient lui demander des
conseils dans leurs problèmes d'amoureux. Un jour un jeune homme lui envoya ces
vers:
Au faqih hachémite
de la Mecque, je veux m'informer
Quoi faire lorsque
le cœur par l'amour est submergé.
Nous supposons que
naturellement l'Imam avait déchiré son message, mais il lui répondit :
Traiter son amour
par la dévotion religieuse et le cacher
Jusqu'à ce que la
délivrance, par Allah, lui soit délivrée.
4- Ne refuse pas
une idée dans l'absolu :
Il ne faut pas
rejeter une idée dès qu'on l'entend pour la première fois sans essayer de
profiter de son espace commun avec nous. Il se peut qu’avec un peu de réflexion
et de modification, elle nous apporte beaucoup de bien.
Au temps des
Abbassides, il y avait un grand problème jurisprudentiel. Trois sciences étaient
refusées par les Faqih. En premier lieu la poésie qui parlait d'amour et de
divertissement tout comme le cinéma et les vidéoclips de nos jours. Seule celle
qui chantait la religion ou l'héroïsme était admise. Voyons comment Ach-Chafî‘i
agit dans ce cas. Parce qu'il avait appris 10.000 vers avec Hazil, des poètes,
dont le plus célèbre du temps des Abbassides appelé Al-Osma‘y, allaient
apprendre la langue arabe chez lui. Ce poète disait: “J'ai appris la poésie de
Hazil avec un jeune homme de la Mecque appelé Mohammed ibn Idriss Ach-Chafî‘i
qui me donnait le Coran en même temps que la poésie. Ach-Chafî‘i fut le premier
à utiliser la rime dans l'exégèse du Coran pour expliquer les sens difficiles.
Il ne méprisait pas la poésie, il en écrivait et avait ainsi un espace commun
avec les poètes qui le considéraient un des leurs.
Il n'y avait que deux
genres de vers admis, les polémiques ou les religieux, il en inventa un
troisième, le social. Il a été le premier à en écrire et les Faqih ne pouvaient
pas le refuser parce qu'il était utile. En voici un échantillon:
Nous blâmons le
temps alors que la faute est en nous
En vérité, le
temps ne fait pas de tort, le mal vient de nous.
Un temps sans
malheurs nous aurions souhaité
Mais si le temps
parlait, il nous aurait blâmés.
Avec ce genre de
poésie, il satisfaisait les Faqih aussi bien que les poètes en se plaçant dans
l'espace commun entre eux. Il a dit encore:
Voyage, tu
trouveras une compensation à ce que tu quittes
Fais des efforts,
car le plaisir de la vie est dans la fatigue
L'eau se pourrit
et se gâte par la stagnation
L'écoulement la
purifie, sans quoi elle n’a rien de bon.
Les Faqih refusaient
également la science de généalogie. Au temps des Abbasides où ils vivaient, ils
pensaient que si chacun commençait à clamer son ascendance, il y aurait beaucoup
de disputes. Les généalogistes naturellement voulaient continuer à le faire.
Ach-Chafî‘i trouva comme toujours l'espace commun. Il parla de la généalogie des
femmes parce qu'elles ne faisaient pas partie du problème. Les femmes en furent
très heureuses.
Réduisons le mal, en
essayant de l'améliorer même de 10%.
5- Ne sois pas
injuste avec celui qui est en désaccord avec toi pour ne pas le transformer en
ennemi :
Au Yémen Ach-Chafî'i avait trouvé les athéistes, les Mou‘tazila
et les Khawâredj. Le gouverneur de ce pays leur faisait la guerre et confisquait
leurs biens pour les affaiblir. Ach-Chaf‘i qui était un Imam sunnite aurait dû
l'approuver ou faire semblant de ne pas le remarquer. Il s'y opposa, refusa
cette injustice et dit au gouverneur: “Cela est de l'injustice. N'avez-vous pas
entendu ces paroles d'Allah “Ô les croyants! Soyez stricts (dans vos
devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un
peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l'équité: cela est plus
proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement
Connaisseur de ce que vous faites.
Lorsqu'il fut chez
Haroun Ar-Rachid, il lui dit qu'il avait agi ainsi pour son bien; le Calife lui
répondit: “Comment t'es-tu opposé au gouverneur pour mon bien?” Il dit: “En
oppressants ces gens vous les perdrez. Traitez-les bien même si leurs opinions
s'opposent aux vôtres.”
6 - Sois sincère
dans ta volonté d'unir les gens et de faire régner la Vérité :
Il ne faut pas
essayer de trouver un espace commun pour se faire remarquer, ou arriver à sa fin
mais dans l'intention sincère d'unir les gens.
Allah seul, sait que
je fais ce programme dans l'intention de sauver un mariage, concilier un homme
et son fils ou même sauver un Iraqien … Répétez mes paroles, portez-les bien
loin, peut-être ces vœux se réaliseront-ils.
Ac-Chafî‘i avait un
style de discussion raffiné qui n'a jamais été vu même en Occident avant les
cent ans passés. Il allait en Iraq chez les hanafites et leur disait: “Il n'y a
pas de savant comme Malek au monde. Al-Mouwatta' est le meilleur livre.”
Ensuite, il allait à Médine chez les malékites et leur disait: “Abou Hanifa est
le plus grand savant de tous.” Les gens lui demandaient avec qui il était
réellement. Il répondait: “Je suis avec la vérité, là où elle se trouve.”
Le fils de
Ach-Chafî‘i, Abou ‘Othmane disait de son père qui a passé sa vie en débats: “Je
n'ai jamais vu mon père élever la voix durant une discussion.” Ach-Chafî‘i
disait lui-même: “Je n'ai jamais discuté avec quelqu'un sans lui souhaiter de
réussir, de dire la vérité et d'être soutenu par Allah.” Il a dit encore: “Je
n'ai jamais discuté avec quelqu'un en souhaitant le voir tomber dans l'erreur.”
“Je n'ai jamais discuté avec quelqu'un avec l'intention de le concurrencer mais
avec celle de le conseiller.”
Un jour Ach-Chafî‘i
discutait avec Ahmed ibn Hanbal qui pensait que le croyant qui n'accomplissait
pas la salât était en réalité un apostat. Il lui répondit: “Tu dis qu'il est un
apostat, ô Ahmed? Et comment pourra-t-il revenir à l'Islam?” Ibn Hanbal
répondit: “En disant “Il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah”. Ach-Chafî‘i
s'exclama: “Mais il l’a dit !” Ahmed dit: “En priant.” Ach-Chafî‘dit: “Mais la
prière de l'apostat n'est pas acceptée.” Ahmed se tut et Ach-Chafî‘i lui dit: “Ô
Ahmed, je n'ai pas voulu te battre à la discussion mais j'ai voulu faire savoir
la vérité.” Ils racontèrent que Ahmed s'en alla mais que Ach-Chafî‘i le
rejoignit chez lui.
Ach-Chafî‘i disait
encore: “Mon opinion est juste avec la possibilité d'être erronée et celle de
l'Autre est erronée avec la possibilité d'être juste.”
Au moment de sa mort,
il dit: “J'aurais aimé que cette science (la sienne) ait été diffusée parmi les
gens sans m’être attribuée.”
Y a-t-il beaucoup de
monde qui pensent ainsi? Y a-t-il une théorie occidentale qui dit cela? Ils
disent en Occident que les Faqih sont la cause du retard des Musulmans. Je vous
parle de l'un d'eux, celui qui a fondé la base du Fiqh, la base de la méthode de
pensée et de la déduction des lois des règles du Coran.
7- Si tu veux
coexister avec l'Autre, respecte-le pour gagner son cœur :
Un jour, Ach-Chafî‘i
discuta et contredit un homme appelé Abou-Younous. Un an après, il le rencontra,
lui prit la main et lui dit: “Ô Abou Younous, ne pouvons-nous pas être en
désaccord et demeurer amis?” Il lui répondit: “Par Allah, ô Chafî‘i, tu possèdes
la moitié de la sagesse humaine.”
La première chose que
Ach-Chafî‘i faisait en arrivant dans un pays était de visiter la tombe du plus
grand Faqih qui s'y trouvait.
8 - Sois flexible
:
On ne peut pas dire qu'il y a plus de flexibilité que celle de Ach-Chafî‘i qui
changea tout son Fiqh et l'écrivit de nouveau après son arrivée en Égypte.
9 - Sois un être
humain dans tes relations avec les autres :
Une femme a été se
plaindre à Ach-Chafî‘i qu'une autre avait mis le désaccord entre elle et son
mari. Il pleura en écoutant l'histoire et dit à la femme: “Me permets-tu de
venir vous réconcilier toi et ton mari?”
En mourant il
conseilla à son fils: “Ô mon fils, ne te vante pas parce que Allah te remettra à
ta place. Ne vois-tu pas que le plafond abrite celui qui garde sa tête en
dessous et blesse celui qui s'y cogne?”
La personne humaine
trouve par instinct l'espace commun entre elle et les autres. Ach-Chafî‘i était
une personnalité extraordinaire du point de vue science, humanité et
coexistence. Il est des points lumineux de notre Histoire musulmane.
10 - La
coexistence ne signifie pas la fusion complète et la perte de l'identité :
C'est le principe qui
rétablit l'équilibre des neuf précédents. Ach-Chafî‘i était un élève de Malek
mais il a écrit un livre intitulé “Khilaf Malek” (Les contradictions avec
Malek). Pourtant, en mourant, il dit: “Il n'y a personne à qui je dois plus de
gratitude que Malek.” La première phrase qu'il écrivit dans ce livre disait:
“Malek qui m'a enseigné la science mais avec lequel je suis en conflit dans le
but de trouver la vérité.”
Est-ce que les Arabes
vivant en Occident peuvent ainsi s'entendre avec la société où ils se trouvent
et y prendre des amis sans se fondre en elle et perdre leur identité?”
Al-Mâ'ida
(LA TABLE SERVIE) : 8.