A la lumière de Ton nom, nous vivons.
Episode 8 : Al-Djabbâr
(Celui qui apporte compensation à celui qui souffre,
et Qui contraint et impose Sa volonté)
Au
nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, Seigneur de
l’Univers et que Ses grâces et Sa paix soient accordées à Son Messager.
Je
souhaite que tous ceux qui suivent ce programme apprennent comment mettre les
plus beaux attributs d’Allah en pratique pendant ce Ramadan. Nous avons choisi
le titre “A la lumière de Ton nom, nous vivons” pour améliorer notre vie et non
pour nous émouvoir et pleurer en suivant l’émission. Gloire à Allah (SWT[i])
qui a dit dans le Coran « Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : “Je vais
établir sur la terre un vicaire “Khalifat” », et a mis à notre
disposition les attributs d’Allah comme moyens et outils pour réformer et
assainir nos vies.
Al-Djabbâr, Celui qui console les opprimés :
Le nom d’Allah que
nous aborderons aujourd’hui est plein de miséricorde, de tendresse, de
subtilité, de compassion et de commisération. Certains pensent que des noms
comme Al-Djabbâr, Al-Mountaqim (Le Vengeur), Al-Qahhâr (Le Vainqueur) sont des
attributs pour dompter les tyrans et les oppresseurs et vous devez être étonnés
des qualificatifs que j’ai donnés à ce nom. Le problème est qu’il se peut que
vous ayez vécu sans avoir vraiment connu les plus beaux attributs d’Allah. Nous
récitons par exemple sourate “Al-Ikhlâs” très souvent dans nos prières et nous
ne comprenons pas bien la signification de ce verset – qui peut être traduit
par - : " Allah, As-Samad (Le Seul à être imploré pour ce que nous
désirons). "
(TSC[ii],
Al-'Ikhlâs (LE MONOTHEISME PUR)
: 2).
Par contre, nous implorons toujours des humains comme nous.
L’attribut Al-Djabbâr
apparaît une seule fois dans le Coran dans ce verset
– qui peut être traduit par - :
" C'est Lui, Allah. Nulle divinité autre que Lui; Le Souverain, Le Pur,
L'Apaisant, Le Rassurant, Le Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant,
L'Orgueilleux. Gloire à Allah! Il transcende ce qu'ils Lui associent. "
(TSC, Al-Hachr (L'EXODE) : 23).
Le terme ‘Djabîra’ en arabe est l’attelle qui
soutient les os brisés. Al-Djabbâr est celui qui compense les brisés, les
abattus, les opprimés, ou persécutés. Il soigne tout mortifié qui va vers Lui.
Cet attribut concerne tous les faibles qui ont été brisés par le malheur.
Les personnes qui réparent ou soignent sont
désignées en arabe par le terme ‘Djâbir’ qui vient de la même racine que
‘Djabbâr’. Il désigne la personne qui peut réussir à soigner une blessure une
fois, mais pas toujours, tandis que ‘Djabbâr’ est celui qui le fait
perpétuellement sans se lasser. Et comme Allah est Le Seul à pouvoir être ainsi,
Son nom est Al- Djabbâr. Cet attribut de Al-Djabbâr nécessite une personne à
soigner, comme Ar-Razzâq (Le Pourvoyeur) nécessite quelqu’un à pourvoir,
Ar-Rahîm (Le Tout-Miséricordieux) quelqu’un qui bénéficiera de la miséricorde et
At-Tawwab un pécheur dont le repentir sera accueilli par At-Tawwab. Nous devons
ainsi comprendre que ce nom est une invitation à nous réfugier en Al-Djabbâr et
il n’y a pas de moment plus beau que de prier deux Rak‘a en implorant Al-Djabbâr
et de sentir sa tendresse. Satan peut essayer de nous en priver en nous faisant
penser que c’est de l’hypocrisie mais il ne faut pas le laisser nous jouer ce
tour.
Il y a deux sortes de brisures : celles des corps
et celles des cœurs. Si les médecins guérissent les premières, Al-Djabbâr soigne
les deux. C’est Allah qui a créé les cellules osseuses qui, après avoir cessé de
se reproduire dans le corps après la croissance, recommencent pour réparer un os
brisé. Personne d’autre ne saurait réparer les os à part Lui… Alors qui d’autre
saurait soigner les cœurs ?
Le Prophète (BP sur lui) faisait cette
invocation : “ Ô Réparateur de toute brisure… ” et il a dit : “Les
faibles et les craintifs se retrouvent dans le voisinage d’Allah (SWT).” Et
par conséquent il faisait cette prière pour être avec eux auprès d’Al-Djabbâr: “Ô
Allah, fais-moi aimer les miséreux.”
Une
règle en laquelle il faut avoir foi : “Allah ne repousse jamais celui qui se
réfugie en Lui.”
Un ami avait pris une décision qui lui a causé un
problème qu’il croyait insoluble. Il faisait des circumambulations autour de la
Ka‘ba, écrasé par la peine, au point qu’il n’arrivait à prononcer aucune autre
invocation que “Ô Al-Djabbâr, prends soin de moi”. Peu après, il rencontra
quelqu’un qui lui dit qu’il le cherchait depuis trois jours pour lui annoncer
que le Messager d'Allah (BP sur lui) lui était venu en songe et lui avait
demandé de lui faire savoir qu’il avait pris la bonne décision et que son
problème allait être résolu très rapidement. Effectivement, à sa sortie de la
mosquée, il rencontra la personne qui lui proposa la solution. Celui qui
s’adresse à Al-Djabbâr ne sera jamais repoussé.
Nous nous rappelons
également de l’exemple de l’histoire de Moïse. Pharaon tuait tous les garçons
nouveau-nés et Allah inspira à la mère de Moïse
– ce qui peut être traduit par -
" Et Nous révélâmes à la mère de Moïse [ceci]: «Allaite-le. Et quand tu
craindras pour lui, jette-le dans le flot. Ensuite Il lui dit: “Et
n'aie pas peur et ne t'attriste pas: Nous te le rendrons et ferons de lui un
Messager».
"(TSC, Al-Qassas (LE RECIT) : 7).
Allah est allé au
secours de cette mère dont le cœur était déchiré. Tous ceux qui sont dans le
malheur ou se trouvent opprimés doivent s’adresser à Al-Djabbâr, car Allah ne
repousse jamais celui qui se réfugie en Lui.
A l’âge de cinquante ans le Prophète (BP sur lui)
partit à At-Tâëf où on lui avait lancé des pierres. En compagnie de Zayd ibn
Al-Haritha, il chercha un endroit où se réfugier et il adressa cette invocation
à Allah sans faire de demande : “Ô Allah, je me plains à Toi de ma faiblesse,
de mon peu de pouvoir et du peu de considération que les gens ont pour moi, ô
Toi Le Plus Miséricordieux des miséricordieux, Tu es mon Seigneur et celui des
faibles. A qui m’abandonnes-tu ? A un étranger qui m’attaque ou un ennemi de qui
Tu m’as fait dépendre ? Si Tu n’es pas en colère contre moi cela m’est égal. Ta
clémence est plus généreuse envers moi. Je me réfugie en Ton visage pour lequel
les ombres se sont dissipées et qui a ajusté tout ce qui concerne ce monde
ici-bas et celui de l’au-delà, de faire tomber sur moi Ta colère ou de me faire
parvenir Ton désagrément. Je supporterai tout reproche jusqu’à ce que Tu sois
satisfait et il n’y a de pouvoir ni de puissance qu’en Toi. ” Apprenez du
Prophète (BP sur lui) comment recourir à Allah. Un jeune garçon nommé ‘Addâs
était venu lui présenter une grappe de raisin et s’était jeté à ses pieds pour
les embrasser en sachant, des quelques mots échangés entre eux, qu’il était
prophète. Voyez comment Allah prend toujours soin du malheureux qui va vers Lui.
Il ne repoussera jamais personne et ne manquera pas de le consoler.
Mais la grande consolation du Prophète a été le
voyage de « Al Isra’ wa Al Mi‘raj », comme si Allah lui disait : « si les gens
de la terre t’ont maltraité, viens voir le rang que l’on te réserve au ciel »,
voyez-vous comment Allah console les faibles et apaise leurs peines ?
Actuellement la communauté Musulmane a le plus grand besoin d’être consolée et
réconfortée. « O Al-DJabbâr, apaise nos peines ! ».
Al-Djabbâr, Celui qui contraint les injustes :
Pour qu’Allah te console, il faut qu’il punisse
celui qui a été injuste à ton égard, Al-Djabbâr est donc Celui qui console les
faibles et contraint les injustes qui ne se repentent pas.
« Est heureux celui qui demeure victime
d’injustices plutôt qu’injuste », il vaut mieux être victime d’injustice que de
se montrer injuste envers quelqu’un et s’attendre à subir la revanche d’Allah.
Les injustes doivent se méfier, et les victimes d’injustice qui désirent se
venger doivent être conscients qu’Allah est avec eux tant qu’ils subissent
l’injustice ; les femmes ne doivent pas maltraiter leurs servantes, les patrons
ne doivent pas se montrer injustes envers les employés modestes, car ceux-là
peuvent s’adresser à Allah pour qu’Il prenne leur revanche... Ce nom d’Allah est
pour les faibles, les affligés, pour les femmes maltraitées par leurs maris.
Al-Djabbâr leur rend leurs droits, ne soyez pas injustes ! Si l’on vit en
s’inspirant des attributs d’Allah, on peut réformer la terre, en vivant à la
lumière de Son nom, on ne pourra être injuste car on connaîtra son nom
Al-Djabbâr ! Je m’adresse aux gens qui emploient une personne par favoritisme au
lieu d’employer le plus méritant… Voyez-vous comment ce nom est indissociable de
notre vie ? Voyez-vous comment on vit à la lumière de Son nom ?
Et il arrive qu’ Allah te punisse pour avoir été
injuste envers quelqu’un, afin de prendre sa revanche, alors tu pleures et tu
retournes vers Allah, c’est ainsi qu’Allah (SWT) fait de cette punition une
grâce pour que tu réformes ta vie ! " - Dis: O Allah, Maître de l'autorité
absolue. Tu donnes l'autorité à qui Tu veux, et Tu arraches l'autorité à qui Tu
veux; et Tu donnes la puissance à qui Tu veux, et Tu humilies qui Tu veux. Le
bien est en Ta main et Tu es Omnipotent. " (TSC, 'Al-`Imrân (LA
FAMILLE D'IMRAN) : 26). Allah transforme la punition en une grande grâce.
Le prophète Moïse a tué un homme après l’avoir
frappé, le résultat en fut qu’il a quitté son pays, c’était une affliction qui
s’est transformée en une grande grâce dans la mesure où les dix années qu’il a
passées loin de son pays lui ont permis de devenir un prophète.
Un homme qui n’était pas pratiquant et qui aimait
se moquer des gens, s’était moqué d’un homme aveugle qui passait dans la rue en
l’imitant et ce dernier en fut profondément blessé. L’homme a continué sa vie en
oubliant cet incident, mais après des mois sa femme a donné naissance à un
enfant aveugle. C’était sa punition mais en même temps une grâce insoupçonnée.
L’homme raconte qu’il a été déprimé pendant des mois à cause de cette naissance
et qu’il n’acceptait pas cet enfant. Il prenait soin de ses deux autres enfants
et confiait l’éducation de l’aveugle à sa mère. Un vendredi, l’enfant âgé de 6
ans resté seul avec son père à la maison lui demanda de l’emmener à la mosquée.
Quelle fut grande la surprise de cet homme à savoir que son jeune enfant fait la
prière. Ainsi, en l’accompagnant il s’était retrouvé sur le chemin d’Allah. Et
sa punition fut transformée en une grâce !
Si tu es peiné, va te prosterner en disant : « ô
Al-Djabbâr apaise ma peine ! » Et si tu t’es montré injuste envers quelqu’un, va
lui demander pardon pour qu’il ne se plaigne pas de toi auprès d’Allah. Au Jour
de la Résurrection, le moment le plus difficile sera quand on appellera les gens
pour exposer leurs actes. Pourquoi ce nom d’Allah dans cette situation ? Car à
ce moment-là tu seras soit victime, soit coupable d’injustice ici-bas. Nous, qui
sommes là près de la sainte mosquée, devrions aller coller nos poitrines et nos
visages au ‘Moultazame’ (le mur au bas de la porte de la Ka’ba) comme faisait le
Prophète (BP sur lui) en pleurant et en disant : « ô Al-Djabbâr, apaise nos
peines ! ». Omar a pleuré un jour en voyant le Prophète ainsi soumis à Allah
(SWT), et le Prophète lui a dit : « Oui Omar pleure, c’est ici que l’on verse
les larmes. ». Cet endroit a été appelé « Bakka[iii] »
car on y pleure souvent…
Il y a un autre type de consolation, la
consolation de ceux qui prient, ceux qui ont l’intention durant le Ramadan de
lire l’intégralité du Coran et de connaître les attributs d’Allah, d’accomplir
les prières de nuit, mais qui se trouvent empêchés par le travail ou la maladie,
ainsi ils pleurent en disant qu’ils auraient voulu faire tout cela, Allah les
console certainement. Le prophète Moïse a dit : « o mon Seigneur, montre
Toi à moi pour que je Te voie! Il dit: «Tu ne Me verras pas; mais regarde le
Mont: s'il tient en sa place, alors tu Me verras.» Mais lorsque son Seigneur Se
manifesta au Mont, Il le pulvérisa, et Moïse s'effondra foudroyé. Lorsqu'il se
fut remis, il dit: «Gloire à Toi! A Toi je me repens; et je suis le premier des
croyants»." (TSC, Al-'A`râf : 143). Et le verset suivant :
“ Et (Allah) dit: o Moïse, Je t'ai préféré à tous les hommes, par Mes
messages et par Ma parole. Prends donc ce que Je te donne, et sois du nombre des
reconnaissants». " (TSC, Al-'A`râf : 144). Ainsi si tu es privé
d’une d’adoration, tu es récompensé par une autre, tes larmes pour avoir été
privé d’une adoration peuvent être le comble de la dévotion car Al-Djabbâr en
est témoin.
Al-Djabbâr te console de différentes façons, en
acceptant ton repentir, en acceptant tes prières surérogatoires au jour de la
résurrection pour compléter les failles de tes prières obligatoires, en
pardonnant les péchés des croyants, en faisant que les tatars se soient
convertis à l’Islam après avoir vaincu les Musulmans, Il console les esclaves en
faisant que quiconque commet une erreur libère un esclave jusqu’à ce qu’ils
soient tous libérés, Il console les serviteurs à travers la parole du Prophète
(BP sur lui) : « donnez leur à manger de votre nourriture et ne leur demandez
pas de faire plus qu’ils ne peuvent », Il console les orphelins en disant :
« vos frères dans la religion », et à travers la parole du prophète « Je
serai le compagnon au paradis de celui qui s’occupe d’un orphelin . »
Conclusion :
Pour conclure je recommande à tous ceux qui sont
dans la peine de faire appel à Al-Djabbâr, et à tous ceux qui ont commis des
injustices, de Le craindre et de revenir à Lui.
Et chacun de nous doit consoler quelqu’un qui en
a besoin, un parent ou un proche et ce pour pouvoir dire à Al-Djabbâr au jour de
la résurrection: « j’ai consolé cette personne, console-moi ». Faites cela
aujourd’hui et demain pour que vous viviez effectivement à la lumière de Son
nom, afin que tout le monde sache que cette religion vise à réformer le monde.
Il ne s’agit pas uniquement de culte, allez aux orphelinats, aux hôpitaux,
offrez des cadeaux, réconfortez ceux qui en ont besoin.
[i]
SWT: Subhanaho Wa Ta’ala : Exalté soit-Il
[ii]
TSC: Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens
courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire
la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de
révélation du noble Coran.
[iii]
Baka en arabe signifie pleurer