Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Episode 28 : Triomphe de la vérité et du bien sur le mal et les intérêts
personnels
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Introduction :
C’est le dernier épisode de la Sira du
Messager d’Allah (BP sur lui). Si nous désirons lui donner un titre, que
choisirons-nous ? “Une mission pour l’amélioration de la Terre” ou “Triomphe de
la vérité et du bien sur le mal et les intérêts personnels” ? Je vous rappelle
que nous nous sommes promis de suivre ses pas et le titre de sa mission devra
être notre devise toute notre vie.
Le Prophète (BP sur lui) a accompli en
vingt-trois ans la mission d’améliorer la Terre. C’était une mission humaine.
Elle comprenait des révélations pour esquisser la doctrine contenue dans le
Coran et non pour planifier, des miracles pour encourager et hausser le moral
pas pour changer les évènements qui, eux, ont besoin de planification. C’est une
expérience qui convient pour tous les temps jusqu’à l’éternité et c’est pour
cela que le Coran nous dit
–ce qui peut être traduit par -
: “ En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à
suivre]” (TSC[i],
“Al-Ahzâb” (Les Partis) : 21.) Cette expérience a quinze traits principaux
sans lesquels aucune expérience ne peut réussir, à savoir :
1.
La planification souple,
active et entreprenante. Il ne peut y avoir de renaissance sans planification.
Chacun doit en faire dans son propre domaine.
2.
De la patience, de la
persévérance et des sacrifices jusqu’au don de la vie. Vous rappelez-vous
Soumayya premier martyr en Islam?
3.
L’entraînement comme à
l’époque de Dar Al-Arqam. Un entraînement culturel, spirituel, moral, politique
et religieux pour édifier une génération remarquable. Si nos pays ne commencent
pas à fournir à la jeune génération un entraînement dans ces quatre domaines,
sans se sentir gênés de donner un entraînement religieux, nous ne parviendrons à
aucune renaissance.
4.
La coexistence avec les
autres. Vous souvenez-vous de la constitution de Médine qui comprenait toutes
les communautés, des messages aux rois et de Al-Houdaïbiya où le Messager (BP
sur lui) était accompagné de Musulmans et de non Musulmans pour accomplir une
‘Oumra (petit pèlerinage) ? Notre conception du monde doit être de coexister
avec les autres civilisations et non de les combattre, tout en étant fiers de
notre religion et sans abandonner nos droits. Je fais spécialement cette
dernière recommandation aux Musulmans qui vivent en occident. Ils ne doivent
jamais cesser de réclamer leurs droits et de communiquer leur message sans
refuser de faire un pacte de paix quand il y a lieu comme celui de Al-Foudoûl.
5.
Savoir qu’à l’origine,
l’Islam est synonyme de paix et non de guerre. Je combats uniquement lorsque j’y
suis obligé, s’il y a de la traîtrise ou que je suis empêché de communiquer mon
message. Vous rappelez-vous les causes des batailles de Badr, Uhud et
Al-Khandaq ? Le Messager (BP sur lui) avait supporté les clauses du traité de
Al-Houdaïbiya et avait fait la guerre à Khaïbar pour parvenir à la paix. S’il
avait voulu, il aurait pu causer des bains de sang mais il ne l’a jamais permis.
6.
La citoyenneté basée sur
la foi aussi bien pour les autres religions que pour l’Islam. Nous habitons
ensemble les mêmes pays. Le Messager avait instauré une constitution à Médine
pour faire connaître les droits et les devoirs de chacun quelle que soit sa
religion. Il n’avait également jamais accepté de rallier les Musulmans de la
Mecque contre les mécréants parce qu’ils étaient citoyens de cette ville.
7.
La femme est bien présente
dans la vie du Messager et active dans la famille, la société et la politique.
Il ne peut y avoir de renaissance sans que la femme n’ait obtenu tous ses droits
et que les injustices qu’elle subit, et dont l’Islam est innocent, cessent.
8.
Les arts et la culture ont
toujours été utilisés par le Prophète (BP sur lui) pour relever le moral des
gens dans les moments difficiles et pour encourager à la renaissance.
9.
La politique de
l’unification des gens. Les Musulmans ne doivent pas se désunir à propos de
questions insignifiantes de Fiqh (droit islamique) ou de sectes comme pour les
Sunnites et les Chi‘ites.
10.
L’expression religieuse
chez le Messager (BP sur lui) était adaptée à chaque occasion. Dans le temps où
l’unification des gens et la fraternité étaient utiles, les versets et les
hadiths à ce sujet étaient révélés et de même pour les temps du Djihâd (lutte).
11.
Cinq traits de caractère
essentiels pour l’édification de la renaissance : La véracité, la probité, la
fidélité, le perfectionnisme et l’espoir. La personne la mieux aimée par le
Messager d’ Allah (BP sur lui) est celle qui donne le plus d’espoir aux autres.
12.
Le respect de l’opinion
des peuples et la liberté d’expression qui étaient essentiels dans la méthode du
Messager. Il a changé la place de l’armée d’après l’avis d’une seule personne et
a réalisé ses plans de la bataille de Al-Khandaq d’après les suggestions de
Salmâne Al-Fârissy. Ainsi, le peuple se soude et le chef se sent plus fort avec
le soutien du peuple. Je dois dire cette vérité parce qu’elle constitue un
élément essentiel de la Sira de notre Prophète (BP sur lui) et je ne peux pas la
falsifier par concession. En terminant, je dois pouvoir dire moi également “Ô
Allah, je Te rends témoin que j’ai communiqué le message”. Croyez-moi,
l’agression et le terrorisme ne cesseront qu’avec l’adoption de ce principe.
13.
Il ne peut y avoir de
renaissance sans un chef autour duquel la foule se réunit. Voyez-vous le
Prophète (BP sur lui) avec tous ses Compagnons ? Les orientalistes se demandent
s’il a été un chef, un politicien ou un prophète ? Il a été tout cela à la
fois.
14.
La foi est la pulsion vers
le succès. Pourquoi les Compagnons se seraient-ils sacrifiés dans les batailles
de Al-Khandaq, de Uhud et auraient-ils obéi au Prophète (BP sur lui) à
Al-Houdaïbiya si ce n’était leur foi ? Pourquoi Soumayya serait-elle morte si ce
n’était sa foi ? La renaissance dans nos pays ne peut être fondée que sur la
foi. Les peuples de cette région de la Terre qu’ils soient Musulmans ou non
Musulmans ne comprennent que le langage de la foi qui est la base de leur
culture traditionnelle. Il n’y a que l’impulsion de la foi qui puisse les
pousser à réaliser l’impossible. Si nous dissocions la foi et le développement,
nous n’aboutirons à rien. ‘Omar ibn Al-Khattâb dit : “Nous sommes un peuple
honoré par Allah avec l’Islam, si nous voulons les honneurs sans l’Islam, nous
serons humiliés par Allah”
15.
Que devons-nous faire
après Ramadan ? Suivre les pas du Messager (BP sur lui) et l’aimer fortement. Il
a dit : “Ne peut se dire croyant, celui pour qui je ne suis pas plus cher que sa
femme ses enfants, ses biens et même sa propre personne.” Chacun de nous doit
également se sentir chargé d’une mission et chercher un domaine culturel, social
ou technologique où il peut se rendre utile et rénover. Nous ne devons pas tous
choisir celui de la science religieuse parce que dans ce cas, qui fera marcher
la vie ? Nous devons adorer Allah au moyen de l’amélioration de la Terre. Celui
qui travaille à la renaissance de la Umma (nation) sera sûrement le compagnon du
Messager (BP sur lui) au Paradis.
Le pèlerinage d’Adieu :
A l’âge de soixante-trois ans, trois mois
et trois jours avant sa mort, le Messager (BP sur lui) a accompli le pèlerinage
désigné comme celui de l’adieu parce qu’il y fit ses adieux aux Musulmans. Il
était parti avec cent mille personnes et ‘Ali l’avait rejoint du Yémen avec
toute la tribu Hamdân. Sur la route du pèlerinage, le Prophète (BP sur lui)
répétait : “Labbaïk Allahoum labbaïk (Je viens à Toi, ô Allah, je suis là,
présent).” Et Djibrîl (Gabriel vint lui dire : “Ô Mohammed, dis à tes compagnons
de hausser leur voix en disant “Labbaïk ... ” Le Messager (BP sur lui) voulut
faire son pèlerinage à pieds mais la foule le rendait impossible. Il se mit sur
une monture pour être vu des gens et il leur disait : “Apprenez de moi les
procédés du culte.” Arrivé au mont ‘Arafat, il leur fit le discours célèbre où
il dit : “Ô vous les gens, écoutez ce que je vais vous dire avec attention,
peut-être que je ne vous reverrai plus après cette année. Ô vous les gens,
savez-vous quel jour nous sommes, quel mois nous sommes et dans quel pays nous
nous trouvons ? Ce sont, le jour, le mois et le pays sacrés. Votre sang, vos
biens et vos réputations doivent être aussi sacrés pour vous. Tout Musulman doit
être sacré pour l’autre, son sang, ses biens et sa réputation. Ô vous les gens,
craignez Allah au sujet des femmes, elles sont comme des prisonnières chez vous.
Vous les avez prises en dépôt avec Allah comme témoin et vous les savez épousées
avec Allah comme témoin, craignez Allah au sujet des femmes, craignez Allah au
sujet des femmes. Ô vous les gens, écoutez ce que je vais vous dire et soyez y
attentifs. Les Musulmans sont frères, les Musulmans sont frères ... ” Il se mit
à répéter cette dernière phrase au point où ses Compagnons dirent : “Pourvu
qu’il s’arrête.” Le Messager (BP sur lui) avait continué : “Ô vous les gens,
vous serez ma gloire au Jour de la résurrection, ne m’humiliez pas. A ce moment,
je viendrai vous sauvez de l’Enfer et Allah me dira : “Ô Mohammed, laisse-les,
tu ne sais pas ce qu’ils ont fait après toi.” Je dirais alors ‘éloignez-vous,
partez’. Ô vous les gens, on vous demandera à mon propos le Jour de la
Résurrection, allez-vous témoigner que j’ai communiqué ma mission ?” Les gens
pleurèrent et crièrent : “Nous attestons que tu as communiqué le message, remis
le dépôt, conseillé la Umma et lutté pour la religion.” Il dit à Rabî‘a :
“Répète ce que j’ai dit à tout le monde.” L’homme se mit à répéter les paroles
du Prophète (BP sur lui) à chaque groupe de gens qui faisaient la même réponse.
Le Messager (BP sur lui) leva les bras au ciel en criant : “Ô Allah, sois en
témoin, ô Allah, sois en témoin” Cela était au jour de ‘Arafat et ce verset fut
révélé
–il peut être traduit par
: “
Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon
bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous.
(TSC, Al-Mâ'ida (LA TABLE SERVIE) : 3). Omar sourit de bonheur à l’écoute
du verset parce qu’il sut que l’Islam avait été parachevé et Abou Bakr pleura
parce qu’il comprit que c’était l’annonce de la mort du Prophète (BP sur lui).
Les Compagnons racontaient et disaient que
le Messager descendit de ‘Arafat vers Mena, regroupa les gens et se mit à leur
dire : “Ô vous les gens, quel jour sommes-nous ?” Les gens étonnés de la
répétition de la question dirent : “Allah et Son messager le savent mieux.” Il
se tut longtemps au point où nous avons pensé qu’il allait lui donner un autre
nom et il reprit : “Ô vous les gens, n’est-ce pas le jour du sacrifice ?” Nous
répondîmes : “ Allah et Son messager le savent mieux.” Il dit : “N’est-ce pas le
mois de Dhul Hidjja ?” Nous répondîmes oui.” Il dit : “Quel pays est-ce là ?”
Nous répondîmes : “ Allah et Son messager le savent mieux.” Il dit : “N’est-ce
pas le pays sacré ?” Nous répondîmes : “Oui.” Il dit : “ Votre sang, vos biens
et vos réputations doivent être aussi sacrés pour vous que le sacrement de ce
jour, de ce mois et de ce pays.”
Le Messager (BP sur lui) quitta Mena pour
la Mecque. Il entra à la mosquée et se mit pour la dernière fois devant la Ka‘ba
à l’endroit appelé Al-Moultazim situé entre la pierre noire et la porte de la
Ka‘ba. Il se colla au mur et se mit à faire des invocations en pleurant.
En partant de la Mecque, le Messager (BP
sur lui) réunit les gens à nouveau et leur dit : Ô vous les gens, je suis un
être humain et le messager de mon Seigneur peut venir prendre mon âme. On vous
demandera de témoigner pour moi entre les mains de mon Seigneur, que
direz-vous ?” Ils répondirent : “Nous dirons que tu as communiqué le message
intégralement et d’une façon accomplie. Puisse Allah te rétribuer, mieux que
tout autre prophète et tout autre messager.” Il répondit : “Louange à Allah,
louange à Allah.”
A son retour à Médine, le Prophète (BP sur
lui) réunit les gens à la mosquée et leur dit : Ô vous les gens, je suis
satisfait de Abou Bakr, de ‘Omar, de Othmân, de ‘Ali, de Talha, de Az-Zoubaïr,
de Sa‘d, de Ibn ‘Awf, de Bilâl et ‘Ammâr” les dix auxquels le Paradis avait été
annoncé et continua : “ de Al-Mouhâdjirîne et de Al-Ançâr. Sachez cela de ma
part.” Ce qui signifiait ne vous disputez pas à leur sujet après ma mort. Il dit
encore : Ô vous les gens, craignez Allah au sujet des membres de ma famille,
craignez Allah au sujet des membres de ma famille, craignez Allah au sujet des
membres de ma famille. Ô vous les gens, faites cas de moi au sujet de mes
compagnons, faites cas de moi au sujet de mes compagnons. Que je ne découvre pas
au Jour de la Résurrection que quelqu’un d’entre vous a fait du tort à mes
compagnons. Ô vous les gens, ne faites pas de médisance au sujet des Musulmans.”
Il se mit à le répéter. (Je rappelle ces paroles aux journalistes et aux gens
des médias). Le Prophète (BP sur lui) dit encore : “j’ai vu les gens au Jour de
la résurrection et les prophètes qui venaient chacun avec un adepte ou deux et
ensuite, j’ai vu une foule de gens et j’ai dit : “Ma Umma, ma Umma », il me fut
répondu : “Non c’est Moûssa (Moïse) avec sa communauté, regarde de l’autre
côté” et j’ai vu une foule plus grande et il me fut dit: “ C’est la tienne et
il y en a parmi eux soixante-dix mille qui entreront au Paradis sans rendre de
comptes et sans châtiments.” J’ai demandé à mon Seigneur d’augmenter le nombre
et il me fut dit : “ Il y aura soixante-dix mille avec chacun des soixante-dix
mille.” Il ne restait plus que deux semaines avant la mort du Prophète (BP sur
lui).
Âgé de soixante-trois ans, le Messager (BP
sur lui) était revenu fatigué du pèlerinage. Djibrîl venait chaque année au mois
de Ramadan réviser le Coran avec lui et cette année, il vint deux fois. Le
Prophète (BP sur lui) comprit que sa fin approchait et il dit à Fâtima :
“Djibrîl me vint cette année deux fois alors qu’il venait une fois auparavant.
Je pense que mon heure approche. Patiente, si tu seras la plus peinée, sois la
plus méritante.” Le dernier verset du Coran fut révélé ces jours-là ; Il dit –
ce qui peut être traduit par - : “
Et
craignez le jour où vous serez ramenés vers Allah. Alors chaque âme sera
pleinement rétribuée de ce qu'elle aura acquis.
Et ils ne seront point lésés.
(TSC, Al-Baqara (LA VACHE) : 281).
Treize jours avant sa mort le Prophète (BP
sur lui) voulut visiter les martyrs de Uhud. Quelques temps après ses Compagnons
l’avaient trouvé en larmes et lui avaient demandé pourquoi il pleurait. Il leur
répondit que ses bien-aimés lui manquaient. Ils lui dirent : “Mais nous sommes
là, ô Messager d’Allah.” Il leur dit : “Non, vous êtes mes compagnons. Mes amis
sont des gens qui viendront plus tard et qui m’aimeront sans m’avoir vu.”
Quelques jours plus tard, il dit à un de
ses compagnons appelé Abou Mouwaïhiba qui était avec lui : “J’aimerais visiter
Al-Baqi‘ (cimetière de Médine).” Il alla le visiter et dit à l’homme qui l’avait
accompagné: “Tu sais Abou Mouwaïhiba, on m’a demandé de choisir entre vivre
éternellement nanti de tous les trésors de la Terre et aller ensuite au Paradis
ou mourir et aller à la rencontre de mon Seigneur et j’ai choisi d’aller à la
rencontre de mon Seigneur.”
A son retour d'Al baqi', le Prophète
s'alita. Il ne lui restait alors que quatorze jours à vivre. Durant les onze
premiers jours, il fit la prière avec ses compagnons avec peine, mais il ne put
plus après cela sortir et ordonna à Abou Bakr de présider la prière. Abou Bakr
présida la prière, cependant, le Prophète prit du courage et se traîna à
l'intérieur de la mosquée. Abou Bakr en le voyant voulut reculer en arrière pour
laisser place au Prophète mais celui-ci lui fit signe de continuer et il fit la
prière derrière Abou Bakr assis. A la fin de la prière le Prophète leur dit que
tout prophète ou messager ne meurt qu'après avoir prié derrière l'un de ses
compagnons. Ceci est le signe que le message doit passer aux autres qui se
doivent de le porter après la mort de leur prophète.
Durant les derniers trois jours de la vie
du Prophète, son état de santé s'aggrava et il dut réunir toutes ses épouses, ce
jour-là c'était le tour de Maymouna de recevoir le Prophète chez elle, il leur
demanda la permission de se faire soigner chez Aicha et elles acceptèrent. Quand
il voulut se lever, il ne put pas. Alors il fit appeler Ali Ibn Abi Taleb et son
oncle Al-‘Abass qui le soutinrent et l’emmenèrent chez Aicha. Quand les
compagnons le virent épaulé par ces derniers, ils s'interrogèrent et
s'inquiétèrent pour lui.
Le Prophète s'alita chez Aicha, fut très
éprouvé et disait : « Il n’y a de Dieu qu’Allah. La mort a ses affres. » Aicha
racontait qu'il suait abondamment alors elle prit sa main et lui essuyait le
visage avec. Quand on l'interrogea pourquoi n'essuyait elle pas elle-même le
visage du prophète elle leur répondit que la main du Prophète est plus noble que
la sienne !
Aicha dit se rappeler que le prophète quand
il s'asseyait au chevet d'un malade, il mettait sa main sur le tête du malade et
faisait cette invocation : "ô Allah le seigneur des gens, fais partir le mal et
guéris Tu es Le guérisseur, il n'y point de guérison que celle que Tu prodigues,
guéris d'une guérison qui ne laissera pas de trace à la maladie" alors Aicha
prit la main du Prophète et la posa sur sa tête et récita cette invocation. Le
Prophète enleva alors sa main et lui dit : "Plus maintenant ô Aicha." Et Aicha
sut alors qu'il allait mourir.
Les gens qui s'étaient rassemblés dans la
mosquée se mirent à se parler entre eux et à s'interroger sur le Prophète. Ce
dernier s'enquit sur ce qui les amenait à la mosquée et on lui répondit qu'ils
étaient venus pour lui, alors il demanda qu'on le porte vers eux.
Il voulut se relever de lui-même mais ne
put pas. On dut verser sur lui sept gourdes remplies de différents puits. On le
porta jusqu'à la chaire de la mosquée où il dit à ses compagnons ce qui allait
être son dernier sermon.
Quand le Prophète se tint sur la chaire,
les gens se turent et le silence se fit dans la mosquée. Le Prophète leur dit
alors : « ô gens, c'est comme si vous craignez pour moi." Tous lui répondirent
que oui. Il continua : « Mon rendez-vous avec vous n'est pas ici-bas, mon
rendez-vous avec vous est aux abords du bassin (le Jour du jugement dernier).
Par Allah c’est comme si je le voyais de là où je suis ! Ô gens, par Allah je ne
crains pas la disette et la pauvreté pour vous, mais je crains pour vous la vie
et que vous vous la disputiez comme l'ont fait ceux qui vous ont précédés et
qu'elle vous fasse périr comme elle les a fait périr. Ô gens, Allah a proposé à
un serviteur de choisir entre la vie d'ici-bas et la rencontre d'Allah et il a
choisi la rencontre d'Allah! »
Abou Bakr comprit que ce serviteur était le
Prophète lui-même et qu’il était entrain de leur dire qu'il allait mourir, il
éclata en sanglots et se mit à répéter très haut : « Nous te protégeons par nos
propres vies, nous te protégeons par notre argent, nous te protégeons par nos
enfants... » Les gens se mirent en colère contre Abou Bakr pour avoir coupé la
parole au prophète, mais celui-ci les retint et dit : « La personne envers qui
je suis le plus redevable quant à sa compagnie et son aide est Abou Bakr. Si je
devais prendre un ami intime, cet ami intime serait Abû Bakr. ».
Puis il leur dit : « O gens, si j’ai
fouetté (injustement) le dos de quelqu’un (d’entre vous) voici mon dos, qu'il
vienne me rendre la pareille ! Si j’ai emprunté de l'argent de quelqu’un et que
je ne l’ai pas rendu, voici mon argent, qu'il reprenne son dû et qu’il ne
craigne pas la rancune, elle n’est pas dans ma nature ! Si j’ai souillé
l’honneur (ou réputation) de quelqu’un, voici le mien qu'il se venge pour son
honneur ! Jusqu’à ce que je retrouve Allah avec une âme saine et pure.»
Puis il leur dit : « ô gens, je vous
conjure de prendre soin de la prière. Je vous conjure de prendre soin de vos
liens de parenté. Je vous conjure de prendre soin des femmes, je vous recommande
le bien envers les femmes. Je vous recommande le bien envers les Ançars.
Qu’Allah vous préserve, qu’Allah vous apporte Sa victoire, qu’Allah vous
consolide, qu’Allah vous apporte Son soutien et vous fasse triompher. »
Avant de descendre, il dit un mot à notre
intention, il dit : « ô gens, faites parvenir mon salut à tous ceux de ma nation
qui suivront mon sentier jusqu'au Jour du jugement dernier. »
Le Prophète se retira chez lui dans
l'appartement de Aicha. Sa fille Fatima entra et il lui demanda de s'approcher
de lui et lui murmura à l'oreille quelque chose et elle éclata en sanglots. Puis
le Prophète lui demanda de s'approcher de lui encore une fois, et lui murmura à
l'oreille et elle sourit. Après la mort du Prophète on demanda à Fatima ce qu’il
lui avait dit. Elle dit que la première fois, le Prophète lui dit qu'il allait
mourir cette nuit, puis quand il la vit entrain de pleurer, il lui dit qu'elle
serait la première de sa famille à le rejoindre dans l'au-delà.
Le lundi matin à l'aube, Quand le Prophète
entendit la voix des gens dans la mosquée. Il écarta le rideau de son
appartement et regarda, un sourire satisfait illumina son visage pâle en voyant
les gens debout en rangs derrière Abou Bakr qui présidait la prière. Les gens
sentirent sa présence et heureux de le voir, s’écartèrent pour le laisser
passer. Mais le prophète leur fit signe de ne pas bouger, puis baissa le rideau.
Au lever du soleil du même lundi, le
Prophète mourut. Il était né au lever du soleil, et il mourut au lever du
soleil. Sa naissance était le signe de la venue des lumières sur terre, et sa
mort était aussi le signe que ces lumières illumineront à jamais la terre par le
message qu’il apporta à toute l'humanité.
La mort du Prophète dans le giron de Aicha
était significative! Toute sa vie fut une manifestation d'amour; l'ange Jibrîl
lui révéla le coran en l'étreignant. Khadîdja était morte dans son giron et
voilà qu'il mourut en étant adossé à la poitrine de son épouse ’Aicha. Cette
dernière racontait qu'il disait avant sa mort : « le salut de Dieu sur toi aussi
ô Jibrîl. » et elle sut que Jibrîl était dans la maison. Jibrîl lui dit : « O
Mohammad ! Voici l’ange de la mort qui te demande l’autorisation d’entrer et il
ne l’a jamais demandée à un humain avant toi et il ne la demandera jamais à un
humain après toi. » Il lui dit : « Autorise-le à entrer. » Aicha entendit cela
et comprit que l’ange de la mort était présent. Ce dernier se mit devant le
Prophète et dit : « Allah m’a envoyé vers toi et m’a ordonné de t’obéir. Si tu
m’ordonnes de ravir ton âme je le ferai et si tu m’ordonnes de la laisser, je la
laisserai. Le Prophète leva son doigt vers le ciel et dit : «Plutôt la compagnie
du Très Haut ! Plutôt la compagnie du Très Haut ! ».
L'ange de la mort vint alors à côté de la tête du Prophète (BP sur lui) et dit:
« Ô toi, bon esprit ! Esprit de Mohammed ben Abdallah! Sors vers l'agrément et
les bonnes grâces d'un Dieu satisfait non fâché (contre toi) ! »
La tête du Prophète s’alourdit soudain dans
les bras de sa femme Aicha, et sa main tomba sur son corps. Aicha sut alors que
le Prophète était mort et ne sut pas quoi faire. Affolée, elle ouvrit la porte
de son appartement qui donnait sur la mosquée et cria : le messager d'Allah est
mort, le messager d'Allah est mort … ! Et tous ceux qui étaient dans la mosquée
éclatèrent en sanglots.
Les compagnons du Prophète furent terrassés
par cette nouvelle. Ali Ibn Abi Taleb tomba sur ses genoux et ne put se relever
paralysé par le chagrin. Quant à Othmane, on le prenait par la main comme un
enfant gémissant et sanglotant. Fatima quant à elle se résigna et se retint
comme lui a recommandé le Prophète et disait seulement : « O père ! Tu as
répondu à l’appel de ton Seigneur ! O père, le paradis du haut Firdaws est le
lieu de ton séjour ! O père ! À Jibrîl nous annonçons ta mort ! O père ! Combien
tu es proche de ton Seigneur ! »
‘Omar était encore plus affligé, lui qui
était pourtant ferme et résigné, tira son sabre et dit : « Celui qui me dit que
le Prophète est mort je lui couperai la tête, il est seulement parti rencontrer
son Dieu comme l'a fait le Prophète Moise. »
Le plus résigné de tous était Abou Bakr. Il
entra dans l'appartement du Prophète, le prit dans ses bras et lui baisa le
front et dit : « ô mon bien aimé, ô mon Prophète. » Puis en regardant le visage
du Prophète illuminé dit : Que tu es beau vivant et mort ô mon Prophète. Ensuite
il sortit et dit à l'intention de ses compagnons : « tais-toi ô Omar. Ô vous les
gens, celui qui adorait Mohammed, Mohammed est mort, et celui qui adorait Allah,
Allah est vivant et ne mourra pas. »
Abou Bakr se mit à réciter ces versets
: Allah (exalté soit-Il) dit-ce qui peut
être traduit comme : "Muhammad n'est qu'un messager - des messagers avant
lui sont passés -. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur
vos talons? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah; et Allah
récompensera bientôt les reconnaissants. " (TSC, 'Al-`Imrân (LA FAMILLE
D'IMRAN) : 144).
‘Omar dit : c'est comme si j'entendais ces
versets pour la première fois, j'ai su alors qu'il était mort. Je suis sorti de
la mosquée cherchant un lieu pour pleurer seul. Mais Abou Bakr l'interpella et
lui dit : le message ô ‘Omar. ‘Omar comprit qu'il fallait désigner quelqu'un au
commandement de la nation avant même d'enterrer le Prophète.
Les musulmans tinrent conseil et
désignèrent Abou Bakr comme calife et les gens lui prêtèrent serment
d'allégeance.
Le Prophète fut lavé par les membres de sa
famille; son cousin et gendre Ali Ibn Abi Taleb, son oncle Al-‘Abbas et son fils
Al Fadhl Ibn Al-‘Abbas et Oussama Ibn Zayd le fils de Zayd Ibn Haretha. Ils le
lavèrent dans ses habits tel que le Prophète avait recommandé à Ali Ibn Abi
taleb.
Les compagnons prièrent sur le Prophète par
groupes successifs. Puis vint le moment de l'enterrer. Les compagnons ne
savaient pas s'ils auraient la force d'ensevelir celui qui était parmi eux le
bien-aimé. Ils se souvinrent de son hadith : « Ma vie est un bienfait pour
vous et ma mort est un bienfait pour vous. Ma vie est un bienfait car je vous
guide vers la voie d'Allah, et ma mort est un bienfait pour vous, car vos actes
me seront exposés tous les jeudis, si vous faites du bien je louerai Allah et si
vous faites du mal je demanderai pardon à Allah pour vous. Les compagnons lui
dirent: comment nous reconnaîtras-tu ô messager d'Allah ? Il leur répondit : je
vous reconnaîtrai un par un par vos parentés et vos noms. Les compagnons lui
dirent : comment cela sera-t-il possible alors que tu seras sous terre. Alors le
Prophète leur dit : Allah a interdit à la terre de consumer les corps de
prophètes et messagers. »
Les compagnons mirent sous terre le
Prophète et l'ensevelirent avec tristesse et la douleur dans l'âme.
Anas Ibn Malek dit : « Le Prophète est
entré à Médine un lundi et toute Médine s'illumina par sa venue, et le Prophète
quitta Médine un lundi et toute Médine s'assombrit par son absence. »
Le lendemain à l'aube, Billal à son
habitude monta sur la mosquée pour appeler à la prière. Mais dès qu'il voulut
dire : je témoigne que Mohammed est le message d'Allah, il éclata en sanglot et
ne put continuer l'appel. Il demanda alors à Abou Bakr de le dispenser de cette
tâche.
Portons nous aussi cet amour envers le
prophète ? Nous manque t-il aujourd'hui ?
Nous sommes arrivés au bout de cette sira
que nous avons contée durant ce mois, seriez-vous prêts à dire au Prophète : ô
messager d'Allah je te jure que je serai désormais un serviteur de ta cause, que
je porterai haut l'étendard de l'Islam, que je vivrai pour la défense de la
cause de l'Islam ? M'autorisez-vous à aller près de sa tombe cette nuit et lui
passer votre salut et lui dire en vos noms : nous nous engageons dans ta voie ô
prophète bien aimé, nous te prêtons serment que nous vivrons désormais pour ton
message et nous réformerons la terre comme tu l'as fait…?
[i]
Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant
le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC
ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du
saint Coran.