Sur les pas du bien-aimé Mohammed
(BP sur lui)
Episode 19 : La bataille de Uhud
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Introduction :
La
bataille de Uhud eut lieu un samedi, le 7 du mois de Chawwâl de l’année 3 de
l’Hégire. Les mécréants de la Mecque s’y apprêtaient sous prétexte de venger
leurs morts de la bataille de Badr, mais en réalité c’était toujours pour
défendre leurs intérêts matériels. Ils voyaient que leur influence était menacée
dans la péninsule arabe, que celle des Musulmans prenait la relève et que de
nombreuses tribus prêtaient oreille au Messager (BP sur lui). Ils eurent peur
pour leurs biens et leur commerce. Le Messager (BP sur lui) eut beau leur dire :
“Ne vous interposez pas entre les gens et moi.” ils ne revenaient pas à la
raison.
Les
mécréants de Qoraïche allaient commencer les agressions. Un verset décrit leur
attitude
–il peut être traduit par - :
“Et
est-ce pour vous [une façon d'être reconnaissant] à votre subsistance que de
traiter (le Coran) de mensonge? " (TSC[i],
Al-Wâqi`a (L'EVENEMENT) : 82). Ce qui signifie qu’ils vivaient
principalement pour nier le Message tandis que d’autres vivent pour le
transmettre et ne craignent pas la mort à condition de pouvoir le communiquer.
La consultation :
Le
Prophète apprit que les mécréants avaient rassemblé trois mille hommes et firent
don de tout l’argent rapporté par une caravane pour subvenir aux frais de cette
bataille. Il avait également fait un songe où il portait une armure sûre, la
pointe de son épée était cassée et des vaches étaient égorgées. Il l’interpréta
ainsi : L’armure c’était Médine un fort imprenable, l’épée un membre de sa
famille qui devait mourir et la vache ses compagnons qui allaient être tués.
Le
Prophète (BP sur lui) réunit les gens pour leur demander conseil. Il aurait pu
prendre sa décision seul avec les renseignements qu’il avait et le songe,
puisque les songes des prophètes sont des réalités, mais la consultation était
essentielle dans son système. Il réunit les hommes mûrs et les jeunes et leur
demanda leur avis pour la guerre. Ces derniers avec leur fougue, et parce qu’il
y en avait certains qui n’avaient pas assisté à Badr, dirent qu’ils devaient
aller à l’encontre de l’ennemi. Les premiers voyaient qu’ils devaient demeurer à
Médine et s’y fortifier. Le Messager dit : “Oui restons à Médine et s’ils
l’envahissent nous les combattrons dans les ruelles et les femmes leur feront la
guerre de sur les toits des maisons.” Voyez-vous comment les femmes sont
présentes en tout, dans la politique, dans la Da‘wa et même dans la guerre.
Cessons de négliger leur rôle.
Mais le Messager n’a pas imposé son avis à ses compagnons et ne leur a pas
raconté son rêve pour ne pas les influencer. Il prit les voix à la fin de la
discussion et la majorité voyait qu’il fallait aller à l’encontre de l’ennemi
hors de la ville. Il entra chez lui, mit ses habits de guerre et revint vers ses
compagnons. A son retour, ces derniers, ayant senti qu’ils l’avaient obligé à
prendre une décision autre que ce qu’il aurait aimé, lui dirent: “C’est comme si
nous t’avons fait prendre une décision malgré toi, ô Messager.” Il se fâcha
parce qu’il n’aimait pas les voir hésitants et les voir changer d’avis pour le
ménager. Une fois la décision prise par la majorité, il fallait s’y conformer
sans lui faire des concessions parce qu’il était le chef. Il leur répondit : “Un
Prophète ne peut enlever l’habit de guerre après l’avoir porté avant qu’Allah ne
fasse tomber Sa sentence entre lui et l’ennemi.” Il pensait qu’une fois la
décision prise, il ne fallait plus hésiter mais mettre sa confiance en Allah et
poursuivre.
Le
Messager (BP sur lui) accompagné de mille combattants partit à la rencontre de
Qoraïche. Au milieu du trajet, ‘Abdillâh ibn Obay, le chef des hypocrites,
décida de retourner avec ses partisans au nombre de trois cents pour mettre le
trouble dans l’armée des Musulmans. Il prétextait qu’il était fâché que le
Prophète (BP sur lui) n’ait pas suivi son conseil de demeurer à Médine. Il
amputait l’armée d’une bonne partie de ses combattants et, pour raffermir les
sept cents, un verset fut révélé
–il peut être traduit par - : “
Quand deux de vos groupes songèrent à fléchir! Alors qu'Allah est leur allié à
tous deux! Car, c'est en Allah que les croyants doivent placer leur confiance. "
(TSC, 'Al-`Imrân (LA FAMILLE D'IMRAN) : 122).
La bataille :
Le
Prophète (BP sur lui) avait dit à propos de la montagne Uhud : “C’est une
montagne que nous aimons et qui nous aime.” Elle a défendu les Musulmans contre
leur ennemi. C’est une montagne rocheuse sans verdure ni plante mais elle porte
des traces du sang des martyrs. Une fois le Messager (BP sur lui) se trouvait
dessus en compagnie de Abou Bakr, ‘Omar et ‘Othmân. La montagne trembla et le
Messager se baissa, tapota la terre et dit : “Doucement Uhud, tu portes sur toi
un Prophète, un véridique et deux martyrs.” C’était l’annonce du martyre pour
‘Omar et ‘Othmân. Cette montagne qui a été le terrain de la bataille se trouve
au nord de Médine. De nos jours on y trouve la place des martyrs avec le
cimetière où les Musulmans morts à la bataille de Uhud furent enterrés.
Arrivé au bas de la montagne Uhud, le Messager (BP sur lui) mit en œuvre son
plan de guerre. Il allait avancer à la rencontre de l’ennemi parce que Médine
n’avait qu’une seule entrée à travers un passage entre ses montagnes qui ne
peuvent être escaladées à cause de leur nature rocheuse et abrupte. Sa stratégie
était d’empêcher Qoraïche dont le nombre de combattants était de trois mille de
contourner l’armée musulmane, il voulait la rencontrer face à face. Si les
Musulmans qui n’étaient que sept cents se laissaient encercler par ce grand
nombre, ils seraient perdus. De plus, la rencontre de face serait à leur
avantage parce qu’ils avaient la force de la foi qui rend intrépide. Le Messager
plaça un bataillon, tout à fait à droite du passage entre les montagnes, de
façon à ne laisser aucun espace à l’ennemi pour passer. A gauche, pour empêcher
toute avance de l’ennemi, il plaça cinquante tireurs sur un monticule. Ils
avaient pour charge de tirer sur les soldats ennemis qui essayeraient de passer
pour contourner les Musulmans par l’arrière de la montagne. Ainsi sa droite
bloquée et sa gauche gardée par les tireurs, il allait entrer de face dans la
bataille dans ce passage étroit et avec toute la force de son armée.
Abou Soufiân arriva. Il avait, comme le Prophète (BP sur lui) l’avait deviné,
divisé son armée en une aile gauche, une aile droite et un centre pour pouvoir
contourner les Musulmans. Son aile gauche commandée par ‘Ikrima ibn Abi Djahl
comprenait sept cents soldats, sa droite commandée par Khaled ibn al-Walîd
comprenait trois cents cavaliers et lui-même au centre avait deux mille
combattants. Il avait pensé encercler les Musulmans par les deux ailes gauche et
droite et, attaquer de face. Mais ses soldats de droite ne trouvaient pas de
passage et Khaled ibn al-Walîd à gauche n’arrivait pas à contourner le monticule
des tireurs.
La
bataille commença donc d’après le plan du Messager (BP sur lui). Il donna
l’étendard à Mos‘ab ibn ‘Omaïr et le commandement à Hamza ibn ‘Abdil Mottalib
avec deux aides, Ali ibn abi Tâlib et Az-Zoubaïr ibn al-‘Awwâm. L’armée
musulmane bouchait toute l’entrée du passage entre les montagnes et l’attaque
commença. Du côté de Qoraïche le drapeau était porté par neuf hommes de la
famille ‘Abd Iddâr.
Le
Messager (BP sur lui) avait donné des ordres précis aux tireurs avec lesquels se
trouvait ‘Abdillâh ibn Az-Zoubaïr et leur avait dit de ne jamais quitter leur
poste même s’ils voyaient les Musulmans tués et mangés par les vautours. Il
savait exactement ce qui allait se passer.
Le
Messager (BP sur lui) se jeta au milieu du combat pour encourager ses soldats.
Il leva son épée d’une main et cria : “Qui prend cette épée ?” Tous les
Compagnons crièrent : “Moi.” Il reprit : “Qui prend cette épée avec tous ses
droits ?” Ils demandèrent alors : “Et quels sont ses droits, ô Messager d’Allah
(BP sur lui) ?” Il dit : “Tuer ces mécréants avec.” Abou Doujana la prit. Il
avait un turban rouge qu’il portait en guerre lorsqu’il voulait dire qu’il
allait combattre jusqu’à la mort. Il l’enroula sur sa tête et fonça dans la
bataille. Azzoubaïr Ibn al-‘Awwâm raconta qu’il le suivit et le vit abattre les
ennemis l’un après l’autre jusqu’à ce qu’il se trouvât devant un cavalier au
visage voilé. A un moment ce dernier se dévoila et Abou Doujana se trouva devant
une femme qu’il refusa d’abattre parce que le Messager (BP sur lui) n’avait
jamais battu une femme. Il avait donc effectivement usé de cette épée en lui
donnant tous ses droits.
Hamza, l’oncle du Prophète (BP sur lui) se tint au milieu des combattants et mit
une plume dans son chef pour se faire remarquer et dire qu’il ne craignait rien.
Il marchait avec fanfaronnade ce qui fit dire au Prophète (BP sur lui) : “Allah
n’aime pas cette démarche à part dans ces circonstances.” Hamza fonça entre les
rangs ennemis plusieurs fois à la file. Ali et Az-Zoubaïr l’imitèrent. Il se
dirigea vers le porteur de l’étendard de Qoraïche, le tua et plusieurs autres
des Bani ‘Abd Iddar après lui. Ali et Az-Zoubaïr tuèrent le reste du groupe des
porteurs d’étendard.
En
très peu de temps, les Musulmans eurent le dessus et les combattants de Qoraïche
se mirent à fuir. Les corps des mécréants gisaient par terre et le butin
jonchait le sol. Les tireurs de la colline auxquels le Messager avait donné
l’ordre formel de ne pas descendre de leur place pensèrent que la bataille était
conclue et dégringolèrent rapidement pour s’emparer du butin. ‘Abdillâh ibn
Az-Zoubaïr qui était avec eux leur rappela les ordres du Prophète (BP sur lui)
mais ils ne voulurent pas lui obéir et le laissèrent avec dix autres seulement
sur le mont. Ils désobéissaient aux ordres du Messager et furent la cause de la
défaite des Musulmans après qu’ils aient été si proches de la victoire. Tous ces
malheurs à cause de quarante désobéissants, qu’en serait-il alors si c’était
toute la Umma qui désobéissait. Cet ordre du Coran
–qui peut être traduit par - : “
«Obéissez à Allah et obéissez au Messager.
(TSC, An-Noûr (LA LUMIERE) : 54)
est venu trente fois dans le Coran et nous avons un autre
verset
–qui peut être traduit par - :
“Que ceux, donc, qui s'opposent à son commandement prennent garde qu'une
épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux.
"
(TSC, An-Noûr (LA LUMIERE): 63).
A
la vue des tireurs qui descendaient, Khaled ibn al-Walîd qui n’arrivait pas à
contourner les Musulmans à cause des tireurs et avait pensé que son armée avait
perdu la guerre, réalisa ce qui pouvait changer la bataille et en profita pour
passer derrière le mont et l’escalader. Il tua la plupart des tireurs restants
et fit fuir les autres. Il voulut ensuite attirer l’attention de Abi Soufiân et
cria du haut du mont : “Honneur à Hobal (nom d’une idole).” Il remontait ainsi
le moral des polythéistes tandis que les Musulmans découragés couraient dans la
débandade.
Un
des mécréants appelé Abdillâh ibn Qami’a avait une haine farouche pour les
Musulmans et particulièrement pour le Prophète (BP sur lui). Il était venu
spécialement pour le tuer. Il vit Mos‘ab ibn ‘Oumaïr, pensa qu’il était le
Prophète, l’attaqua et lui coupa le bras qui tenait l’étendard. Mos‘ab prit son
drapeau de l’autre main et l’homme se rua sur lui, lui coupa l’autre bras et le
tua alors qu’il tenait le drapeau de ses deux moignons. Ibn Qami’a pensant avoir
tué le Prophète (BP sur lui) se mit à crier : “J’ai tué Mohammed, j’ai tué
Mohammed.”
Les
Musulmans découragés prirent la fuite vers Médine. Ils se répétaient en
marchant : “Le Prophète est mort, qu’allons-nous faire ?” D’autres parmi
lesquels Abou Bakr et ‘Omar disaient : Hâtons-nous vers Médine pour sauver ce
que nous pouvons sauver.
Le
Messager était demeuré sur le champ de bataille avec seulement vingt compagnons
parmi lesquels une femme Noussaïba bint Sa‘d (Oum ‘Oumara). Des groupes de
mécréants commençaient à entourer le Prophète (BP sur lui). Que pouvait-il faire
avec seulement vingt personnes ? Beaucoup pensaient qu’il était mort. Il se mit
à hausser la voix pour appeler à lui les compagnons. Les vingt compagnons
entourèrent le Messager (BP sur lui) pour empêcher les flèches de le toucher et
Abou Doujana qui était parmi eux recouvrit le Prophète (BP sur lui) de son corps
et tout son dos fut hérissé de flèches ennemies. Sa‘d Ibn Abi Waqqâç également
se tenait devant le Messager et tirait sur les mécréants. Il y avait aussi Talha
ibn ‘Oubaïd Allâh juste âgé de vingt-huit ans qui disait au Messager de baisser
sa tête pour éviter les flèches. Il en vit une qui venait vers le Prophète (BP
sur lui) et interposa sa main pour la recevoir dans sa chair à sa place. Le
Messager âgé de cinquante-huit ans tout épuisé disait : “Qui peut me protéger
pour avoir le Paradis en retour ? ” Yazîd ibn Assakan, un autre compagnon vint
avec dix autres et commença à le défendre. Le Prophète (BP sur lui) était
maintenant le centre de la bataille.
Oubaïd ibn Khalaf, entièrement couvert de fer en ayant laissé comme seuls
orifices une ouverture au niveau de la bouche pour respirer et deux autres au
niveau des yeux pour voir, commença à s’approcher du Prophète (BP sur lui) et
lorsque Talha Ibn Oubaïd Allah, malgré ses blessures, l’aperçut il avertit le
Prophète en s’écriant : « Ô Messager d’Allah, ce cavalier s’approche ! »
Le
Prophète (BP sur lui) le reconnut au son de sa voix qui s’écriait : « Où est
Mohammad ?! » On raconte alors que le Prophète (BP sur lui) repoussa tous ceux
qui l’entouraient, se munit d’une lance qu’il lança en direction du cavalier qui
ne l’atteint que d’une blessure minime au niveau de la bouche car il était
entièrement abrité par le fer. Cependant Oubaid ibn Khalaf s’écria : « Mohammad
m’a tué ! Mohammad m’a tué ! » Alors on lui répondit : « Comment t’aurait-il
tué, tu n’as été atteint que d’une petite blessure superficielle ! » Il
rétorqua : « Un jour, à la Mecque, il m’a dit qu’il me tuerait, aujourd’hui je
le crois. » Puis il se dirigea vers la montagne Uhud toujours en hurlant et
commença à l’escalader jusqu'à ce qu’on le vit en tomber de l’autre côté, la
chute fut mortelle et c’est sa grande frayeur ou peut-être même la confiance
totale en la véracité de ce que lui avait dit le Messager d’Allah (BP sur lui)
qui l’a tué.
Mais la plus brave fut une femme ; Om Oumara, elle ne s’est pas sauvée mais
resta avec son fils aux côtés du Prophète (BP sur lui) tandis qu’une grande
partie des gens s’était enfuie. Imaginez-la, debout, résistante et persistante
alors que le nombre de personnes autour du Prophète (BP sur lui) commençait à
diminuer, quand arriva Abdillâh ibn Qami’a l’assassin de Mos’ab, ce dernier a su
que le Messager d’Allah (BP sur lui) était encore en vie et se fixa donc pour
but de le tuer. Om Oumara équipée d’une épée se plaça entre lui et le Prophète
(BP sur lui), elle ne savait pas combattre, elle était uniquement venue abreuver
les blessés, mais elle se rendit compte qu’il voulait attaquer le Messager
d’Allah (BP sur lui) de dos ; elle s’interposa. Il lui affligea alors un coup
qui fit voltiger l’épée de sa main. Om Oumara raconte qu’à ce moment là elle
faillit s’enfuir mais que lorsqu’elle vit le Prophète (BP sur lui) seul elle ne
bougea pas. Puis Abdillâh ibn Qami’a se mit à la frapper sur son épaule à tel
point que l’os s’enfonça et que le sang jaillit mais elle ne se sauva pas et
s’effondra. Lorsqu’elle vit son fils Habib Ibn Zaïd venir à son secours elle lui
dit : « Laisse-moi ! Laisse-moi ! Rejoins le Messager d’Allah ! »
Lorsque le Prophète (BP sur lui) la vit baigner dans son sang, il la regarda et
leva ses mains vers le ciel en disant : « Qui peut supporter ce que tu endures Ô
Om Oumara ?! » Elle le regarda et lui répondit : « Je supporte ! Et supporte !
Et supporte mais te demande une seule chose ; t’accompagner et être à tes côtés
au paradis Ô Messager d’Allah » Il lui dit alors : « Tu ne seras pas la seule
mais toi ainsi que toute ta famille ! Vous êtes mes compagnons au paradis. »
Pendant ce temps Anas Ibn An-Nadr, l’oncle de Anas Ibn Malek qui n’a pas assisté
à la bataille de Badr et qui a juré que s’il avait la chance de vivre un autre
combat il allait montrer à Allah ce dont il est capable, rentrait de voyage. A
Médine il croisa les compagnons revenant de la bataille et leur demanda : « Que
vous arrive-t-il ? » Ils répondirent : « Le Messager d’Allah a été assassiné. »
Il les dévisagea et rétorqua : « Et que voulez-vous faire de la vie après lui ?
Levez-vous et mourez de la même façon que lui !! » Il réussit à convaincre
toute une armée de retourner au combat! Il se dirigea vers la montagne de Uhud,
on lui demanda alors : « Où vas-tu comme ça Anas ?! » Il répondit : « Au
paradis ! Je vais au paradis Ô Dieu de Nadr ! Je sens l’odeur du paradis au pied
de la montagne de Uhud ! » On raconte qu’il a été retrouvé à l’endroit qu’il
avait indiqué et tout sont corps était couvert de flèches, de coups, on ne l’a
pas reconnu tellement il a été défiguré par les mécréants. Seule sa sœur l’a
reconnu. Allah dit à son sujet – ce qui peut être traduit : « Il est,
parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers
Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore;
et ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement) » (TSC, Al-Ahzâb
(LES COALISES : 23) Anas a fait une promesse le jour de Badr, promesse
qu’il a tenue à Uhud, et vous, avez-vous tenu les vôtres ??
Un
des mécréants, Abu Amer Al-Fasseq creusa un trou afin que le Prophète (BP sur
lui) tombe dedans. Pris par la bataille, le Prophète (BP sur lui) chuta dans le
trou et son visage heurta une roche qui provoqua la fracture de ses deux
incisives supérieures et sa bouche se remplit de sang. Le Prophète (BP sur lui)
était coincé dans la fosse et lorsqu’il voulut se relever Abdillâh ibn Qami’a
lui porta un coup d’épée sur le casque. Le casque s’encastra dans la tête du
Prophète (BP sur lui). Les compagnons essayaient de le retirer, mais en vain,
jusqu'à ce qu’arrive ‘Obaïda Ibn Al-Jarrah qui le lui retira avec ses dents qui
se cassèrent. Et à ce propos les compagnons ont dit : « On a toujours pensé que
ceux qui ne possédaient plus de dents n’étaient pas beaux jusqu’à ce que l’on
ait vu ‘Obaïda Ibn Al-Jarrah qui est devenu encore plus beau après qu’il ait
perdu ses dents pour le Messager d’Allah (BP sur lui) » Le sang jaillit du
visage du Prophète (BP sur lui), et ‘Omar Ibn Al-Khattab lui demanda :
« Maudis-les ô Messager d’Allah ! » Il (BP sur lui) lui répondit : « On ne m’a
pas envoyé pour les maudire mais pour être miséricordieux envers eux. » Le
visage couvert de sang, il leva ses mains au ciel et dit : « Ô Allah guide mon
peuple car ils sont ignorants. » Il ne combattait pas pour se venger mais pour
transmettre son message et défendre sa cause. S’il se battait pour les effusions
de sang comme l’ont insinué les occidentaux jamais il n’aurait invoqué Allah en
leur faveur. Paix et bénédiction sur toi ô Messager d’Allah, toi qui représentes
la miséricorde incarnée.
La
blessure du Prophète (BP sur lui) continuait de saigner et Ali Ibn Abi Taleb
lui versait de l’eau sur le visage mais la blessure s’aggravait à un tel point
qu’il fut contraint de chauffer un morceau de tissu pour la cautériser.
Quant à Handala, le jour de la bataille de Uhud, il était avec son épouse.
C’était leur premier jour de mariage mais quand il a entendu l’appel au
combat : « Etalons d’Allah partez sur son sentier ! » il partit sans même avoir
eu le temps de se laver. Le Messager d’Allah (BP sur lui) dit : « J’ai vu les
anges laver Handala dans une cuvette en or » ce qui provoqua l’étonnement du
Prophète (BP sur lui) car le martyr ne doit pas être lavé. Il alla donc en
parler avec l’épouse de Handala qui lui apprit qu’ils avaient passé leur
première nuit ensemble sans qu’il ait eu le temps de se laver afin de se joindre
au combat. Handala a préféré défendre sa cause et se sacrifier au lieu de rester
dans les bras de son épouse!!
Il
y a aussi ‘Amr Ibn Al-Jamouh qui boitait. Il avait quatre fils qui lui dirent
qu’ils iraient se battre à sa place et que personne ne pouvait rien lui
reprocher. Il se rendit donc chez le Prophète (BP sur lui) en colère se
plaignant de ses fils. Le Prophète lui dit : « Mais ‘Amr tu boites » il lui
répondit : « Ô Messager d’Allah laisse-moi poser les pieds au paradis avec ce
boitement » Le Prophète (BP sur lui) sourit en disant : « Laissez-le, peut-être
qu’Allah exalté soit-Il va lui accorder le martyre ». Sur le champ de bataille,
il dit : « Quelle bonne odeur que celle du paradis ! Quelle bonne odeur que
celle du paradis !» Vous voyez à quel point le paradis était cher à son cœur !
Il combattait et observait le Prophète tout en disant : « Ô Allah ne m’y ramène
pas ! (à la vie sur terre) » Il combattit jusqu’à ce qu’il tombât en martyr. Le
Prophète (BP sur lui) dit : « Je vois en ce moment ‘Amr parcourir le paradis en
boitant, Allah lui a offert ce qu’il lui avait demandé. »
Parmi les martyrs se trouve aussi Abdullah Ibn Hiram qui avait neuf filles et un
garçon Jaber Ibn Abdullah. Tous deux procédèrent à un tirage au sort afin de
déterminer qui allait rester aux côtés des filles et qui allait partir sur le
sentier d’Allah. Le sort décida que Abdullah allait combattre et Jaber resterait
près de ses sœurs. Abdullah dit à son fils qui était en larmes : « Je jure par
Allah mon fils que s’il était question d’autre chose que le paradis je te
l’aurais laissé mais là il s’agit du paradis ! » Vous voyez à quel point la
cause est grande ! Abdullah mourut au combat, son corps fut mutilé et son fils
demanda aux compagnons de le laisser voir son père et quand ils essayèrent de
l’en empêcher pour qu’il ne sache pas ce qui lui est arrivé, le Prophète leur
dit : « Laissez le voir son père. » Son fils raconte : « j’ai regardé mon père
et me suis mis à pleurer. » Alors le Prophète lui dit : « Mon fils, que tu le
pleures ou non, les Anges ne cessent de le couvrir de leurs ailes », puis il (BP
sur lui) le regarda et lui dit : « Réjouis-toi Jaber » « Pourquoi ô Messager
d’Allah ? » Le Prophète lui répondit : « Jaber, Allah n’a jamais parlé à
personne sans qu’il y ait un voile. Pour ton père, il a soulevé ce voile et lui
a dit : Demande-moi ce que tu désires ? Il lui répondit : « Ô mon Dieu, je
souhaiterais ressusciter à la vie et de nouveau être tué pour Toi. » Alors Allah
a répondu : « Mon esclave, je les ai destinés à ne plus jamais y retourner,
alors formule un autre souhait. » Alors il dit : « Ô mon Dieu transmets mon
bonheur aux occupants du bas monde ! »
Et
c’est là qu’est descendue la parole d’Allah- qui peut être traduite par : « Ne
pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts. Au
contraire, ils sont vivants auprès de leur Seigneur bien pourvus et joyeux de la
faveur qu'Allah leur a accordée, et ravis que ceux qui sont restés derrière eux
et ne les ont pas encore rejoints, ne connaîtront aucune crainte et ne seront
point affligés. » (TSC Al-‘Imrân : 169) Voyez-vous à quel point
ils aimaient le Prophète (BP sur lui), jusqu’où étaient-ils prêts à aller pour
défendre leur cause et surtout à quel point ce message est grand et cher !
Parmi les martyrs il y eut Abdullah Ibn Jahch. La veille de la bataille il
rencontra un ami qui lui dit : « Je souhaiterais demain combattre un mécréant
bien bâti et d’une grande force jusqu’à ce que je le tue ! » Abdullah répondit
alors : « Quant à moi demain je souhaiterais combattre un mécréant bien bâti et
d’une grande force jusqu’à ce que je le tue puis combattre un autre mécréant
d’une grande force jusqu’à ce qu’il me tue ; me perce l’estomac, me coupe
l’oreille puis le nez pour que le jour de la résurrection je rencontre Allah et
que lorsque Il me demandera « Pourquoi Abdullah es-tu ainsi ? » je lui réponde:
« Pour Toi Ô mon Dieu ! Pour Toi ! » Ils retrouvèrent Abdullah Ibn Jahch le
ventre percé, l’oreille coupée et le nez arraché et à côté de lui gisait le
cadavre d’un mécréant.
Sa’d Ibn Rabi aussi a combattu les mécréants jusqu'à ce qu’il fut martyr. A la
fin de la bataille, le Prophète dit : « Trouvez-moi Sa’d ibn Rabi » Abiy Ibn
Ka’b partit donc à sa recherche. Lorsqu’il le trouva il était en train de vivre
ses derniers instants et il lui dit : « Sa’d, c’est le Messager d’Allah qui
m’envoie, il te passe le salut » alors il lui demanda : « Est-il encore
vivant ? » (Il circulait une rumeur à propos du décès du Prophète.) « Oui »
répondit Abiy Ibn Ka’b. Alors Sa’d soupira profondément, formula ses louanges à
Allah puis dit : « Transmets le salut de ma part au Messager d’Allah et dis-lui
Sa’d te dit : Ô Messager de Dieu, qu’Allah te récompense pour ce que tu as fait
pour nous car en ce moment je vois réellement ce que tu nous avais promis
(c’est-à-dire les hadiths du Prophète (BP sur lui) à propos du paradis, car Sa’d
le voyait), transmets également le salut aux Ançars et dis-leur : « Vous n’aurez
aucun motif valable, si le Messager d’Allah est tué alors qu’il reste parmi vous
une âme qui vive. »
Et
aujourd’hui je vous répète ce que Sa’d a dit : Nous n’avons aucun motif valable
si la Sunna du Prophète n’est pas respectée alors qu’il reste parmi nous une
âme qui vive. Travaillez ! Bougez et portez enfin le message et défendez notre
cause ! Surtout n’oubliez jamais cela après Ramadan, n’oubliez pas les martyrs
et la bataille d’Uhud.
Le
meilleur et le dernier des martyrs est Hamza Ibn Abd El-Mottaleb. Lorsque Khaled
Ibn Al-Walid est monté sur la montagne où se trouvaient les musulmans, Hamza a
essayé de trouver une solution et a emmené avec lui un groupe de combattants
derrière la montagne. Ils y rencontrèrent un groupe de mécréants et Hamza se mit
à les combattre avec bravoure et rapidité car il voulait rejoindre le Prophète
(BP sur lui). Tapi derrière un rocher se trouvait Wahchi. Hind, la femme de Abu
Soufiân, lui avait promis sa liberté en échange de la mort de Hamza car il avait
tué son père et son frère durant la bataille de Badr. Dès que Hamza fut de dos,
Wahchi lui porta un coup de lance qui l’atteignit dans le dos et lui transperça
le ventre ; une personne atteinte d’une telle blessure devrait s’effondrer sur
place, mais Hamza le brave et fort croyant fixa Wahchi du regard en courant vers
lui malgré sa blessure grave. Ecoute ce que Wahchi a dit en le voyant : « Je
jure que je n’ai pu bouger de ma place tellement j’ai eu peur de lui ». Il s’est
rapproché de lui mais finit par succomber à sa blessure. Hamza mourut et Wahchi
se mit à courir en direction de Hind en s’écriant : « Je l’ai tué ! Je l’ai
tué ! » Elle arriva munie d’un couteau et sectionna le ventre de Hamza et en
sortit son foie qu’elle commença à mâcher sans arriver à l’avaler car il s’agit
là d’un sang bien trop cher et bien trop important pour qu’Allah exalté soit-Il
lui permette de pénétrer dans le corps d’une femme comme elle, Abou Soufiân la
rejoignit en souriant ainsi qu’un des mécréants qui prit une lance et l’enfonça
dans la bouche de Hamza. A la fin de la bataille, en le voyant, le Prophète
s’effondra en larmes et jamais il ne pleura quelqu’un ainsi. Hamza a été enterré
sur place et son corps y resta 40 ans jusqu’à ce qu’il y eut une inondation à
Médine et que l’on ordonnât de transporter tous les restes des martyrs dans ce
cimetière. Ils déterrèrent Hamza et le trouvèrent exactement dans le même état
que 40 ans plus tôt.
Cette terre a vu le sacrifice de Hamza et le sacrifice de tous les autres
martyrs, quant à nos larmes à nous elles doivent se traduire en amour pour le
Prophète (BP sur lui), en respect de sa tradition et en bonne action sur terre,
en améliorant la société et en créant une grande renaissance.
Le
Prophète (BP sur lui) a senti que le combat devenait de moins en moins
équitable ; il décida donc de retirer son armée sans qu’ils aient été vaincus
par Qoraïche et sans pour autant les avoir battus ; il (BP sur lui) commença à
crier : « La montagne ! La montagne ! » en indiquant un repli à l’intérieur de
la montagne. Le Prophète (BP sur lui) et ses compagnons se replièrent dans la
partie la plus étroite de la montagne, en hauteur à l’abri tout en gardant une
vue sur le champ de bataille.
Revivons maintenant la dernière scène de la bataille de Uhud, lorsque le
Prophète (BP sur lui) et 300 à 500 compagnons se regroupèrent au sommet de la
montagne, dissimulés des yeux de Qoraïche pour qu’elle n’ait pas idée du nombre
de personnes qui s’y trouvait. Au pied de cette montagne Abou Soufiân commença
un nouveau combat de « paroles » à la fin de la grande bataille et s’écria :
« Vénérez Hobal ! » et les compagnons ne répondirent pas, alors le Prophète (BP
sur lui) s’écria : « Vous ne lui répondez pas ?! » « Que devons-nous lui
répondre ô Messager d’Allah » demandèrent les compagnons. Il (BP sur lui)
répondit : «Allah est le plus haut et le plus honoré ! » et les compagnons
répétèrent après lui : « Allah est le plus haut et le plus honoré ! ». Abou
Soufiân rétorqua : « Vénérez El Ozza ! Vous êtes sans gloire ! » Et les
compagnons ne répondirent pas, alors le Prophète (BP sur lui) s’écria : « Vous
ne lui répondez pas ?! » « Que devons-nous lui répondre ô Messager d’Allah »
demandèrent les compagnons. Il (BP sur lui) répondit : « Dites Allah est notre
Seigneur et vous n’en avez point ! » et les compagnons répétèrent après
lui : « Allah est notre Seigneur et vous n’en avez point ! » Imaginez-vous la
scène, toute une montagne résonnant d’une seule voix « Allah est notre Seigneur
et vous n’en avez point ! ». Abou Soufiân dit alors : « Ce jour contre celui de
Badr ! » Et les compagnons ne répondirent pas, alors le Prophète (BP sur lui)
s’écria : « Vous ne lui répondez pas ?! » « Que devons-nous lui répondre ô
Messager d’Allah » demandèrent les compagnons. Il (BP sur lui) répondit :
« Dites ce n’est pas pareil, nos morts sont au paradis les vôtres sont en
enfer ! » et les compagnons répétèrent après lui : « Ce n’est pas pareil nos
morts sont au paradis les vôtres sont en enfer ! » Abou Soufiân pensait que le
Prophète (BP sur lui) était décédé mais lorsqu’il entendit les répliques de
l’armée, il dit : « J’atteste que Mohammad, Abou Bakr et ‘Omar sont en vie ! »
Il se retira alors avec son armée.
Conclusion :
La
bataille se termina ainsi sans victoire ni défaite des musulmans, le Prophète
(BP sur lui) et les compagnons descendirent de la montagne très déçus et tristes
et arrivèrent les paroles d’Allah exalté soit-Il dans de très beaux versets
adressés aux compagnons : « Ne vous laissez pas battre, ne vous affligez
pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. »
(TSC, Al-‘Imrân : 139)