Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Épisode 4 : La Jeunesse du Prophète (BP sur lui)
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Introduction :
En introduction, on va faire un rappel de l’identité du Prophète. Regardons
d’abord son statut familial. Le Prophète a été un orphelin des deux parents, son
père va mourir alors qu’il est encore dans le ventre de sa mère, il est fils
unique sans frère ni sœur. Cette situation va lui apprendre le vrai sens de la
vie, qu’elle est courte et éphémère.
Pour ce qui est de sa résidence. Il a vécu dans cinq foyers différents. Celui de
sa mère, celui de Halima Es-Sadïa dans le désert chez qui il va rester quatre
ans avant de retourner chez sa mère et rester avec elle jusqu’à l’âge de six
ans, puis il est parti habiter avec son grand-père après la mort de sa mère de
l’âge de 6 à 8 ans. Enfin, après la mort de son grand-père, il demeura chez son
oncle Abou Taleb. Donc, il connut cinq foyers en huit ans. Ces nombreux
changements de résidence vont lui apprendre: le sérieux, le sens de la
responsabilité, la capacité d’adaptation et la flexibilité, car les foyers
étaient différents du point de vue social.
Le troisième point concerne le travail du Prophète (BP sur lui). Ce dernier va
travailler de l’âge de 8 à 15 ans (8 à 12 ans selon une autre version) en tant
que berger et de 15 à 35 ans comme commerçant. Il apprit de son expérience de
berger, la patience, la clémence et la capacité de réunir les gens. Et il apprit
de son activité en tant que commerçant à connaître la nature humaine et à
comprendre les caractères et les humeurs des gens.
Pour ce qui est de sa situation financière, le Prophète (BP sur lui) était
pauvre mais provenait d’une famille noble très respectée au sein des tribus
arabes. De cette manière, il était proche aussi bien des pauvres que des riches.
Son rôle dans la société : Il participait activement aux activités sociales, il
n’était pas renfermé sur lui-même. Entre l’âge de 15 à 18 ans, il participa à la
guerre de Foujar que les Quraychites ont menée et participa à la conclusion du
pacte Al-Foudoul. Ce qui lui permit d’acquérir de l’expérience dans l’art de la
paix et comment conclure les ententes ainsi quand dans l’art de la guerre.
Son éducation : il ne sait ni lire ni écrire. Ceci sera d’ailleurs l’un de ses
miracles. Celui qui ne savait ni lire ni écrire va être le grand maître de
l’humanité. Il va puiser son expérience dans la société en participant aux
guerres, aux activités politiques et sociales et surtout de son activité en tant
que commerçant. J’ai envie de demander à nos jeunes de ne pas s’isoler et de
participer aux champs social et politique de leur pays. Nos jeunes s’isolent de
la société sous prétexte qu’elle ne leur plaît pas. Regardez l’exemple du
Prophète et soyez engagés dans votre société, car c’est de cette façon que nous
aurons une jeunesse forte, expérimentée et efficace.
Parfaire la préparation du Prophète pour endosser la mission prophétique :
Revenons à l’histoire du Prophète (BP sur lui). À ce moment, il avait 25 ans.
Allait-il recevoir la révélation à cet âge là ? Non. Jusqu’à cette date, il n’a
pas quitté Qoraïche et il n’a pas rencontré d’autres tribus. Or, il est le
messager de tout l’univers, sa révélation ne concerne pas seulement les
Qoraïchites mais le monde entier. Donc, il doit rencontrer les autres peuples et
connaître leurs mœurs et coutumes. Vous réalisez comment la préparation du
prophète se profile. Pour ce faire, il doit voyager.
Le Prophète, le commerçant :
Le voyage est une expérience très enrichissante. Nos jeunes doivent comprendre
que le voyage n’est pas une aventure touristique mais une expérience de vie. Une
année de voyage confère à la personne la maturité de vingt ans. Le Prophète va
travailler alors chez Khadîdja et voyager pour faire du commerce en Syrie et au
Yémen. Pourquoi ces deux destinations ? En Syrie, il va avoir l’occasion de
faire connaissance avec la puissance de l’empire Byzantin alors qu’au Yémen, il
va découvrir l’empire Perse. Comment cela va-t-il être possible ? Son oncle Abou
Taleb va lui dire : «Cela fait dix ans que tu travailles dans le commerce, tu
travailles avec moi et comme tu le vois, l’argent se fait rare et nos affaires
ne sont pas florissantes. Que penses-tu d’aller travailler pour une femme riche
et noble de Qoraïche ? C’est une femme dont on n’entend que du bien et qui
réussit bien dans le commerce. Pourquoi ne pas gérer son commerce et voyager
pour développer ses affaires ?». Le Prophète (BP sur lui) accepta.
Va-t-il accepter de travailler pour une femme ? Oui bien sûr. Le Prophète (BP
sur lui), n’avait pas une opinion bornée de la femme. Il s’agissait d’un travail
et tant que celui-ci et les échanges qui en découlent restent dans le cadre du
respect mutuel et des limites instaurées, son travail avec Khadîdja ne peut être
gênant. Contrairement à nos jours où les jeunes usent de subterfuges pour
aborder les filles. Donc, le Prophète (BP sur lui), nous démontre que les hommes
peuvent travailler avec des femmes à condition qu’il y ait du respect dans les
échanges.
Par ailleurs, Khadîdja (Qu’Allah l’agrée) n’était pas une femme ordinaire mais
une femme d’affaires douée. À ce moment-là, elle était âgée de 40 ans et veuve.
De plus, elle était riche car elle avait le sens des affaires. Lorsque Abou
Taleb vint la voir pour lui proposer le Prophète (BP sur lui), pour diriger ses
affaires, elle accepta mais décida de le tester. Au début, elle lui attribua une
petite mission avec un petit lot de marchandises et demanda à son serviteur,
Maissara, de l’accompagner. Maissara lui revint avec les nouvelles et lui dit :
«Je n’ai jamais vu quelqu’un comme lui. Je n’ai jamais vu pareil sérieux,
dévouement et confiance dans le travail». Pour nos jeunes, ce dernier élément
est important. Le Prophète (BP sur lui), travaillait toute la journée avec
sérieux. Ça me fait vraiment de la peine quand je rencontre quelqu’un qui veut
travailler et réussir mais qui n’est pas prêt à fournir l’effort nécessaire.
C’est honteux de prétendre aimer le Prophète (BP sur lui) et ne travailler que
deux heures par jour. C’est par le travail que vous pouvez exprimer vôtre amour
au Prophète (BP sur lui).
Le Prophète (BP sur lui) travaillait sérieusement et après chaque voyage,
Maissara revenait dire à Khadîdja (Qu’Allah l’agrée) qu’il trouvait le Prophète
(BP sur lui) très doué dans les affaires. Une fois, il lui signala que, tout
comme elle, le Prophète (BP sur lui) n’adorait aucune idole. Ce qui attira
particulièrement l’attention de Khadîdja (Qu’Allah l’agrée) et accrut son
admiration pour le Prophète (BP sur lui), car peu nombreux étaient ceux qui ne
prenaient pas les statuettes pour dieux. Comment Maissara avait-il remarqué
cela ? Une fois, au cours d’une intense négociation, un commerçant demanda au
Prophète (BP sur lui) de jurer par les statuettes. Alors, le Prophète (BP sur
lui) répondit avec fermeté qu’il ne jurait pas par ce à quoi il ne croyait pas.
À partir de ce moment-là, Khadîdja (Qu’Allah l’agrée) décida de charger le
Prophète (BP sur lui) d’une plus grande mission, celle de guider sa principale
caravane vers la Syrie. Habituellement, les commerçants prenaient le temps de
voyager et restaient cinq à six semaines en Syrie pour écouler leurs
marchandises. Or, le Prophète, en commerçant doué, finit la vente de ses
marchandises avant d’arriver à destination. Les gens croient que la fonction des
messagers est restreinte au seul fait de transmettre leurs révélations. Eh bien
non, l’exemple de notre Prophète (BP sur lui) démontre que ces derniers
réussissent aussi dans leur vie professionnelle.
Il ne s’agit nullement de miracles, mais de travail, de persévérance et de
réussite humaine qui peut être imitée et réalisée de nos jours. La révélation a
montré au Prophète (BP sur lui) le chemin global vers lequel il doit se diriger
et non pas les tactiques pour y arriver. C’est lui qui devait planifier et
réaliser. Le succès de notre Prophète s’est fait graduellement et souligne
l’importance de fournir un effort soutenu pour atteindre progressivement ses
objectifs dans la vie.
Le Prophète, le mari :
À ce stade-ci, peut-on dire que le Prophète (BP sur lui), est suffisamment
préparé pour la révélation puisqu’il a réussi à connaître les autres peuples et
à développer les affaires ? Non, pas encore. Il doit encore prouver qu’il est
prêt à être le messager d’Allah, le Très Haut, pour l’univers. Il doit se
marier, fonder une famille et réussir dans sa vie conjugale car il lui incombe
de montrer au monde entier comment réussir une relation de mariage stable.
Comment a-t-il réalisé cela ? L’initiative est venue de la part de Khadîdja, qui
a eu l’occasion de le tester, de voir son succès dans les affaires et de juger
son caractère facile et clément en tant que commerçant. Elle était bien placée
pour connaître la nature avare, vicieuse et coléreuse de certains commerçants et
apprécia donc la clémence du Prophète (BP sur lui). Cette clémence permet aux
commerçants d’avoir une vision à long terme pour le succès. C’est une leçon que
les occidentaux ont comprise et appliquée depuis longtemps.
Khadîdja, à 40 ans, était encore au sommet de sa beauté et recevait de
nombreuses demandes en mariage de la part de nobles Quraychites. Un jour, alors
qu’elle était assise en compagnie de son amie Nafissa bint Al-Mounbih, elle
commença à lui parler de son admiration envers le Prophète (BP sur lui), la
clémence du Prophète et son succès dans les affaires. Nafissa demanda alors à
Khadîdja si elle voulait qu’elle intercède en sa faveur auprès du Prophète pour
qu’il la demande en mariage et Khadîdja accepta.
Cette situation soulève quelques questions. Une femme peut-elle choisir son
mari ? Oui. D’ailleurs ceci va donner suite au mariage le plus noble de
l’humanité. Une femme peut-elle avoir des sentiments ? Oui bien sûr, mais il
reste à savoir comment elle les exprime ? Nos filles ne doivent pas remettre en
cause leur dignité. Khadîdja a envoyé une femme mature qui va parler avec
sagesse au Prophète (BP sur lui). Elle commença par lui demander s’il était
marié. Il répondit : «Non». Elle poursuit en lui demandant pourquoi. Il
répondit : «Qui accepterait de se marier avec un pauvre comme moi ?». C’est
alors que Nafissa lui proposa le nom de Khadîdja et le Prophète de demander si
elle accepterait sa demande. Elle lui répondit avec sagesse : «Je vais voir avec
elle». Elle repartit chez Khadîdja et le fit attendre quelques jours puis revint
l’informer que Khadîdja avait accepté sa demande.
Comprenez-vous le sens de l’histoire ? L’islam accorde une valeur inestimable à
la femme et par conséquent, nos femmes doivent sauvegarder leur dignité.
D’ailleurs, les femmes qui acceptent de se marier par un acte non officiel sont
abandonnées à la fin par les hommes car ces derniers ne les respectent pas. Le
mariage du Prophète (BP sur lui) dura 25 ans et pourtant, il y avait une grande
différence d’âge, Khadîdja avait 40 ans et le Prophète (BP sur lui) n’en avait
que 25. La clé dans ce cas était la maturité.
Khadîdja épousa donc le Prophète, un mariage qui dura vingt-cinq ans. Mais un
tel mariage était-il susceptible de réussir ? Est-il possible de nos jours de
réussir un mariage d'un couple avec un écart d'âge aussi grand ? Souvenez-vous
que Khadîdja était de quinze ans l’aînée du Prophète. Mais leur union était
réalisable grâce à la maturité du Prophète. Il était certes plus jeune que
Khadîdja, mais il avait mûri grâce aux différentes épreuves et expériences qu'il
avait vécues.
Il y avait aussi un autre handicap qui aurait pu vouer à l'échec le mariage du
Prophète et de Khadîdja : la différence des moyens matériels. Khadîdja certes
était plus nantie que lui, mais ils étaient du même rang social. Il ne suffit
pas de choisir la probité et la rectitude chez un futur époux, mais il est
important que l'homme et la femme soient d'un niveau social égal. Le Prophète
n'était pas riche, mails il était issu de la plus noble famille de Qoraïche.
Mais qui allait subvenir aux besoins du foyer ? C'était le Prophète qui
pourvoyait aux besoins de sa famille. Le fait qu'il vint habiter chez Khadîdja
ne l'empêcha pas de prendre en charge les besoins de son foyer. Car ses affaires
commençaient à prospérer et il avait déjà des associés dans son commerce.
Certains orientalistes ont avancé que le Prophète s'est lié avec Khadîdja
uniquement par cupidité et soif d'argent. Ce qui est complètement faux car
Khadîdja était une femme intelligente et elle n'a accepté qu'après avoir bien
jugé et testé le Prophète pendant plus de deux années. Alors je dis à nos filles
aujourd'hui, ne vous lancez pas dans le mariage sous l'attrait des seules
manières ou de l'apparence mais prenez bien soin de bien juger vos futurs époux.
Le mariage du prophète et de Khadîdja a donc réussi parce qu’il a réuni ces
conditions :
·
Même rang social,
·
Maturité du Prophète malgré l’écart d'âge,
·
Le Prophète pourvoyait aux besoins du foyer,
·
Khadîdja s'était bien assurée qu'il n'était pas animé par la cupidité mais qu'il
était un homme capable de fonder un foyer.
Ce mariage a donc duré 25 ans durant lesquels ils ont eu six enfants; quatre
filles et deux garçons. Les filles étaient : Zeinab, Rouqaya, Oum Koulthoum et
Fatima Zahrae. Les garçons étaient : Al-Kacem et Abdullah. Ils vécurent heureux,
liés d'un amour qui n'a pas d'égal dans l'histoire, et qui n'a rien à envier aux
célèbres histoires de notre temps, parce que le Prophète a gardé intact son
amour pour son épouse longtemps après sa mort. Le jour de la conquête de la
Mecque, on avait vu le Prophète s'asseoir avec une vielle femme bavardant avec
elle avec grande animation. Aicha lui demanda qui pouvait être la femme qui
recevait tant d'honneurs du Prophète, il lui répondit que c'était une amie de
Khadîdja. Alors elle lui dit : De quoi avez-vous parlé ? Il lui répondit : De la
belle époque de Khadîdja !!
Ce bonheur n'a été troublé que par la mort de leurs deux garçons. Encore une
fois, le Prophète est affligé par la mort des siens. Les deux garçons moururent
alors qu'ils avaient trois et quatre ans. Une peine qui devait inculquer au
Prophète l'aspect éphémère de la vie, une peine qui devait forger dans la
douleur et le chagrin celui qui allait porter le message vers l'humanité, et
pour cela il devait être pleinement prédisposé à affronter les malheurs et les
aléas de la vie. Il perdit successivement son père, sa mère, son grand-père, ses
deux fils. Des malheurs qui ont rapetissé la vie à ses yeux au point qu'il dit
un jour à son oncle : "Par Allah mon oncle, si on me mettait le soleil dans
ma main droite et la lune dans ma main gauche pour que j’abandonne cette cause,
je ne le ferai pas jusqu’à ce que Allah la fasse triompher ou que je périsse."
Alors prenons exemple sur le Prophète, vivons pour notre cause, vivons pour
l'idée, vivons pour le bien, vivons pour l'Islam. Que la vie soit minuscule à
nos yeux.
Et là aussi nous saisissons un sens très profond; Allah a fait que nous
trouvions dans l'histoire de la mort des enfants du Prophète un exemple de
réconfort pour tous les parents qui sont affligés par la mort de leur enfant.
Pour que nous comprenions que parfois Allah nous refuse certaines choses pour
mieux nous donner. Car il se peut que tu perdes un enfant qui aurait grandi dans
le mauvais chemin s’il avait survécu et que sa mort te fera gagner le paradis
grâce à ta résignation et ta louange à Allah.
Le mariage a donc réussi et le Prophète s'est avéré un parfait époux et un bon
père. Cela est-il suffisant pour sa préparation ? Non, le Prophète sera destiné
à porter un message à toute l'humanité et il devait donc être humain, il devait
vouer un amour à tous les hommes sans distinction. Et cette humanité devait
surgir avant la révélation pour qu'elle ne soit pas assimilée à un sentiment
pour ses co-religionnaires.
A ce propos, je vais vous conter une histoire sans pareille. Un jour, une femme,
Sa’da Bent Ta’laba, était en chemin de son village vers un autre village voisin
avec son fils, Zayd Ibn Haritha. A mi-chemin, une tribu ennemie la surprit et
lui ravit son fils pour le vendre à la Mecque comme esclave. Il se trouva que
celui qui l'acheta était un neveu de Khadîdja et qui entreprit de le lui offrir
comme cadeau, car cela était d'usage en ce temps-là en Arabie. Khadîdja à son
tour offrit l'esclave au Prophète. Zayd était encore petit et il ne cessait de
pleurer à cause de la séparation avec sa mère. Mais savait-il que c'était le
meilleur jour de sa vie ? N'est-ce pas que nous disions que peut être Allah nous
prive de certaines choses pour nous récompenser par la suite sans limites !
Zayd s'est établi donc dans la maison du Prophète comme serviteur. Mais ses
parents ne s'étaient pas remis de la perte de leur enfant, et son père était
tellement affligé qu'il écrivit un poème dans lequel il pleurait la souffrance
qu'il endurait et entreprit de chercher son fils partout en Arabie. Des pèlerins
venus à la Mecque lui apprirent que son fils s'y trouvait, chez un homme qui
s'appelait Mohamed Ibn Abdallah de Qoraïche. Alors il emprunta de l’argent pour
racheter son fils et partit à la Mecque. Arrivé chez le Prophète, il le pria de
lui rendre son fils en contrepartie d'une grande somme d'argent qu'il lui
proposa. Le Prophète tout humain qu'il était lui proposa une autre façon de
régler le litige. Il lui dit: « Appelons Zayd et demanderons-lui de choisir
entre partir avec vous ou rester à mes côtés. S'il choisit de partir je vous le
concéderai sans argent, et s'il choisit de rester chez moi, alors je ne suis pas
quelqu'un qui se sépare de ceux qui l'aiment. » Le Prophète fit venir Zayd et
lui soumit la proposition qu'il avait faite à ses parents. A la surprise de son
père, Zayd choisit de rester aux côtés du Prophète et dit à son père, qui n’en
revenait pas que son fils ait choisi la servitude plutôt que de partir avec lui
: « j'ai trouvé auprès de cet homme une miséricorde qui n'a pas d'égale sur
terre ! »
Le Prophète prit Zayd par la main, se dirigea vers la Ka’ba et annonça à toute
la Mecque que Zayd était désormais son fils à part entière.
Le Prophète a jusque là surmonté toutes les épreuves; il avait réussi dans son
métier de commerçant, il avait acquis la connaissance des autres peuples et
l'art de la guerre et de la paix, il était un père de famille exemplaire et il
était plein d'humanité envers les hommes. Mais était-il tout à fait prêt ?
Avait-il acquis l'art de guider les hommes, de bâtir le consensus autour de lui
? Et plus important encore, il fallait un témoignage de Qoraïche de la grandeur
de cet homme. Pour cela il lui fallait une préparation pour qu'il acquière les
qualités de chef et de leader.
A cette époque le Prophète avait 35 ans. Qoraïche avait décidé de reconstruire
la Ka’ba qui s'est ébranlée par la suite d'une inondation. Pour ce faire, les
Quraychites ont décidé de n’investir que l’argent d’origine licite! Malgré
l'égarement dans lequel ils étaient, leur instinct de bien les a guidés à
épargner tout ce qui est illicite et impropre dans cette construction toute
particulière. Car le sentiment qui distingue le bien du mal est inné en chaque
homme. Qoraïche avait su que tout bien acquis dans le mal et la turpitude
n'était pas propre, alors que beaucoup aujourd'hui vivent avec de l'argent
illicite sans scrupule ni crainte !
La construction de la Ka’ba était un grand honneur pour les tribus de Qoraïche.
Toutes les tribus se sont partagées cette noble tâche, chacune de son côté.
Arrivés à la pose de la pierre noire, chaque tribu voulut s’attribuer cet
honneur ce qui provoqua un grand conflit qui a failli dégénérer en guerre. Trois
jours durant ils ne savaient pas comment régler le différend. Alors Al-Walid ibn
Al-Moughira leur proposa d’attendre et d’accepter le jugement du premier homme
qui apparaîtrait au détour du chemin menant à la Ka’ba.
Ce fut le Prophète qui apparut le premier. Alors les cris de joie fusèrent, car
Qoraïche connaissait la rectitude et la loyauté du Prophète. Là se révélèrent
les aptitudes à diriger et à commander du Prophète. Qu'avait-il fait ? Il enleva
sa cape et la mit par terre loin de la Ka’ba et prit la pierre noire et la
déposa dessus. Il demanda alors aux chefs des tribus de la prendre chacun de son
côté et de porter la pierre jusqu'à la Ka’ba. Il avait pris soin de poser la
pierre le plus loin possible pour qu'ils dépensent leur énergie en route.
Arrivés enfin à la Ka’ba, il prit la pierre et la déposa à sa place.
Par Allah, je sens grandir l'amour du Prophète dans mon cœur. Anas Ibn Malek
avait dit : le Prophète est entré à Médine un lundi et toute Médine s'est
illuminée par sa présence, et il est mort un lundi et toute Médine s'est
assombrie par son absence.
Tout était préparé pour l'apparition du Prophète et tout contribuait à cela. Un
monde, une Arabie, et toute la terre qui étaient en quête d'un réformateur.
Le Prophète a été préparé pour cette grande mission. Demain, nous verrons
l'ultime préparation; la préparation spirituelle. Nous parlerons de Ghar Hir'a
et de la révélation.
Conclusion :
En guise de conclusion nous récapitulons les points et les notions que nous
avons touchés :
·
L'importance du contact avec les gens,
·
L'importance du travail,
·
Non à l'isolement vis-à-vis de la société,
·
La miséricorde envers toute l'humanité,
·
L'importance du bon choix de l'épouse.
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