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Les Bâtisseurs de la vie
La construction de la Ka‘ba
Première partie
Je
demande la protection d’Allah l’Audient et l’Omniscient contre le Satan banni.
Au nom d’Allah le Clément et le Miséricordieux. Louange à Allah Seigneur de
l’Univers, prière et salut sur son messager (BP sur lui).
Louange à Allah, on Le remercie, on demande Son assistance, Sa guidance, Son
pardon et Sa protection contre les vices de nos âmes et contre nos mauvaises
actions. Celui qu’Allah guide est le bien-guidé et quiconque Il égare, tu ne
trouveras alors pour lui aucun allié pour le remettre sur la bonne voie.
Vous avez certainement pris l’habitude d’entendre ce préambule au début de
chaque leçon. En fait, ce que vous ne savez probablement pas c’est que ce
préambule a conduit une personne à se convertir à l’islam…rien qu’en entendant
ces deux petits mots introductifs, elle s’est convertie.
Je veux seulement attirer votre attention sur quelque chose : au lieu de dire
que l’on connaît ces mots et que l’on les a trop souvent entendus, il vaut mieux
les entendre autrement de manière à ce qu’ils touchent nos cœurs parce qu’on
peut entendre quelque chose des centaines de fois sans que cela ne produise
aucun effet dans nos cœurs.
Arrivons donc à l’histoire de ce préambule et comment a-t-il pu aider une
personne à se convertir à l’Islam. Il s’agit d’un homme dont le métier était de
guérir les personnes attaquées par les djinns[i]
et qui est arrivé à la Mecque au moment où le prophète (BP sur
lui) commençait sa prédication sous les persécutions de Qoraysh qui l’accusait
d’être un magicien, un menteur ou d’être touché par un djinn.
Quand cet homme est arrivé, Qoraysh le mit en garde contre Mohammad qui, selon
les Quraychites, envoûtait toute personne qui lui parlait. Mais puisque son
métier était de guérir les personnes touchées par les djinns, il décida de le
guérir. C’est pour cette raison qu’il partit voir le prophète (BP sur lui) en
lui demandant de quoi exactement souffrait-il ? Le prophète, apprenant que cette
personne était venue pour le guérir, lui demanda de l’écouter et commença par
cette introduction : « Louange
à Allah, on Le remercie, on demande Son assistance, Sa guidance, Son pardon et
Sa protection contre les vices de nos âmes et contre nos mauvaises actions.
Celui qu’Allah guide est le bien-guidé et quiconque Il égare, tu ne trouveras
alors pour lui aucun allié pour le remettre sur la bonne voie ».
C’est en ce moment que cet homme déclara la shahâda[ii]
. Il voulait guérir le prophète et c’est en fait le prophète qui
l’a guéri. C’est pour cela que je vous demande d’écouter le Coran et la parole
de Dieu différemment. Même la Fâtiha qu’on a pris l’habitude de réciter
plusieurs fois par jour, il faut l’écouter avec une oreille attentive pour
l’aimer, sentir sa beauté et se rendre compte de la grandeur du Coran. Plus
encore, tu sentiras un changement en toi-même.
Le problème c’est que nous entendons avec nos oreilles et non avec nos cœurs.
Essayons donc maintenant d’écouter de nouveau cette introduction mais cette
fois-ci avec nos cœurs : « Louange à Allah, on Le remercie, on demande Son
assistance, Sa guidance, Son pardon et Sa protection contre les vices de nos
âmes et contre nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide est le bien-guidé et
quiconque Il égare, tu ne trouveras alors pour lui aucun allié pour le remettre
sur la bonne voie »… un sentiment différent, non ? Absolument différent.
Comprenez-vous maintenant pourquoi cet homme s’est converti ? Et voyez-vous
comment nos cœurs sont prêts à recevoir différemment la foi en Dieu ?
La leçon d’aujourd’hui porte sur le dernier épisode de l’histoire du prophète
Abraham. L’histoire d’une vraie lutte que j’ai commencé à raconter il y a
plusieurs semaines et que je n’ai pas encore terminée…
J’imagine que la longueur de cette histoire vous a fatigués, mais imaginez le
héros même de cette histoire qui a passé toute sa vie à combattre et à passer
par ces épreuves difficiles que nous avions mentionnées dans les leçons
précédentes.
Nous nous étions arrêtés la dernière fois sur l’histoire de la grande soumission
de notre prophète Abraham (Paix sur lui) à Allah (Béni soit-Il et Très Haut) et
comment allait-il obéir sans crainte ni hésitation à l’ordre divin d’immoler son
fils Ismaël. Ce que j’ai regretté, en fait, après avoir fini la leçon c’est
d’avoir été injuste envers Sayeda Hadgar en ne parlant que brièvement de son
obéissance et sa soumission à l’ordre divin. En fait, pour supporter une telle
situation, Hadgar, en tant que mère, a dû faire un effort plus grand que celui
déployé par Abraham et Ismaël.
Une deuxième chose qu’on aurait dû remarquer, c’est qu’on ignore où est-ce
qu’elle était au moment du sacrifice. Mais ce dont on est sûr c’est qu’elle
était soumise sans résistance à l’ordre divin. Et l’obéissance de la femme dans
cette situation mérite une récompense plus importante et plus grande que celle
que mérite l’homme parce que la femme est d’habitude plus attachée à ses fils
que l’homme.
Abraham a ensuite repris son chemin vers la Palestine. Il faut bien noter qu’il
faisait des allers-retours entre la Palestine et la Mecque et c’est ce qui est
ensuite devenu le chemin qu’a pris notre prophète (BP sur lui) (le chemin des
prophètes). Il a pris le chemin de son grand-père Abraham : « Abraham
n’était ni juif ni chrétien. Il était entièrement soumis à Allah (Musulman). Et
il n’était point du nombre des associateurs » (TSC[iii],
‘Al–‘Imrân ‘La Famille D’Imran’ : 67). Nous devons sentir l’importance de
notre prophète Abraham dans notre religion et notre vie.
Revenons maintenant à la première femme de notre prophète Abraham : Sayeda Sara.
On s’était arrêté de parler d’elle depuis le moment où elle avait demandé à
Abraham de se marier et on avait commencé l’histoire de Sayeda Hadgar en mettant
l’histoire de Sayeda Sara de côté. Où était donc notre dame Sara ? Elle était
encore en Palestine. Et notre prophète Abraham, passait-il la plupart de son
temps chez Sayeda Hadgar ou chez Sayeda Sara ? Il était pour la plupart du temps
chez cette dernière et partait de temps en temps à la Mecque pour voir sa femme
Hadgar et son fils Ismaël.
Et quel âge avait Sayeda Sara? On dit qu’après l’histoire du sacrifice, elle
avait 80 ans. Cela veut dire que ça faisait 80 ans qu’elle était stérile et que
ce n’est qu’en perdant tout espoir d’avoir des enfants à l’âge de 60 ans qu’elle
a demandé à Abraham de se remarier. Elle savait que la question est tranchée,
qu’elle n’allait pas avoir d’enfants et qu’il ne lui restait pas longtemps à
vivre dans l’ici-bas.
Mais Dieu a voulu exaucer la demande de Sara et de la réjouir aussi bien dans le
monde d’ici-bas que dans l’au-delà. Il n’a pas voulu que Sara meure sans avoir
d’enfants. C’était essentiellement la fidélité de Sara, son grand attachement à
Dieu –bien qu’elle ait été privée du bienfait d’avoir des enfants- qui ont fait
que sa demande soit exaucée durant sa vie en ayant Isaac à l’âge de 80 ans.
Et c’est ici que nous allons raconter l’histoire des anges mentionnée par la
Sourate Hûd. Ces anges vinrent à Abraham pour l’informer qu’ils anéantiraient le
peuple de Lot chez qui la turpitude était répandue. Et selon le verset : « Sa
femme était debout, et elle rit alors ; Nous lui annonçâmes donc (la naissance
d’) Isaac et après Isaac, Jacob » (TSC, Hoûd : 71).
Pourquoi avait-t-elle rit ? Les anges ont informé Abraham qu’ils anéantiraient
le peuple de Lot et c’est en ce moment que Sayeda Sara rit. Pourquoi ? Et
pourquoi lui annonça-t-on la naissance d’Isaac quand elle rit ?
Elle rit parce qu’elle fut réjouie de l’anéantissement du peuple de Lot. Une
question se pose ici : Est-ce qu’on peut se réjouir lorsque Dieu punit les
tyrans et les injustes qui ont commis des turpitudes ? La réponse est
certainement positive et c’est ce que nous assure le verset de la Sourate
At-Tawba (le repentir) –ce qui peut être traduit comme : « … et
guérira les poitrines d’un peuple croyant »
[iv](TSC,
At-Tawba ‘Le repentir’ : 14).
Le fait même de punir les injustes est une miséricorde divine pour guérir les
poitrines des croyants en faisant partir la colère de leurs cœurs. Et Sayeda
Sara n’a pas seulement sourit, elle a rit. Le musulman à qui importe peu que
l’Islam soit raffermi ou non par la punition des injustes manque de raison.
Celui qui ne souffre pas en voyant ce qui se passe à Jérusalem ou ailleurs
souffre d’un manque dans sa foi.
Le cœur de Sayeda Sara a réagi alors que pour un bon nombre de musulmans qui
prient et qui jeûnent, ce qui se déroule dans le monde ne les intéresse pas.
Regardez aussi ce que dit le compagnon du prophète Abdullah Ibn Omar : « si je
passais les nuits à prier sans arrêt, et si je jeûnais les jours sans jamais
déjeuner et si je dépensais tout mon argent dans le sentier d’Allah, ces actions
ne me serviront en rien après mon décès si je n’arrive pas à aimer les gens qui
obéissent à Dieu et à haïr les gens qui Lui désobéissent. »
Sa parole est claire. Ce que je vous demande de faire c’est d’appliquer cette
règle sur vous-mêmes car le fait de souhaiter le bien aux croyants et de haïr
les ennemis de la religion est l’un des piliers les plus importants de la foi.
Si l’une de nos sœurs nous dit qu’elle aime bien assister à notre leçon mais
qu’elle sort avec ses amis qui consomment de l’alcool sans boire avec eux, il
faut lui dire que tant qu’elle sort avec ses amis sans haïr cette sortie, sa foi
restera incomplète.
Sais-tu quand est-ce que le niveau de ta foi sera élevé ? Quand tu sentiras que
ton coeur refuse cette sortie dans laquelle on désobéit à Dieu. Essaye plutôt
d’appeler tes amis de temps en temps pour les conseiller et pour les guider vers
la voie d’Allah mais s’il est question de sorties, fréquente plutôt les
bienfaisants.
Sayeda Sara a ri bien que la distance qui la sépare du peuple de Lot soit
grande : ils vivaient dans deux villes distantes et le peuple de Lot ne lui
faisait aucun mal. Mais ici, ce n’est pas une question de distance ; il s’agit
d’une femme qui aime sa religion l’Islam et qui exècre la désobéissance. Y
a-t-il parmi nous maintenant quelqu’un comme Sayeda Sara ?
Et écoutez le compagnon du prophète Abdullah Ibn Abbas qui disait : « quand
j’apprend qu’il a plu au Yémen, je me prosterne pour louer Dieu ». Il habitait à
la Mecque mais il considérait que s’il pleut chez des musulmans c’est comme s’il
pleuvait chez lui.
Il faut absolument que vous vous dépouilliez de votre égoïsme qui vous conduit à
ne vous intéresser à rien dans ce monde sauf à votre subsistance tout en
négligeant votre religion l’islam et vos frères musulmans.
Comprenez-vous maintenant pourquoi Sayeda Sara a-t-elle ri (Sa femme était
debout, et elle rit alors…) et à quel moment la bonne nouvelle lui a été
annoncée? Quand elle est arrivée à ce degré en aimant les croyants et en
haïssant les pervers. Et quiconque arrive à ce degré recevra une bonne
nouvelle.
Poursuivons donc la lecture des versets de la Sourate Hoûd –ce qui peut être
traduit comme : « … Nous lui annonçâmes donc (la naissance d’) Isaac
et après Isaac, Jacob ». Que veut on dire par « et après Isaac, Jacob » ?
On sait bien que Isaac était le frère d’Ismaël mais qui est donc Jacob ? Son
fils ou son frère ? Jacob est le fils d’Isaac qui est le fils d’Abraham et Jacob
est lui-même le père de Joseph : quatre générations de prophètes et de
descendance bénie.
Ce qui nous intéresse, c’est le sens de « et après Isaac, Jacob » ? En
fait, les anges informaient Sayeda Sara qu’elle allait vivre jusqu’à ce qu’elle
voie son petit fils Jacob et souvenez-vous qu’elle avait 80 ans quand on lui a
annoncé cette nouvelle. Cette histoire porte un message pour ceux qui se
demandent : quand est-ce que Dieu mettra fin à la privation dont je souffre ? Je
vous raconte l’histoire de Sayeda Sara qui a souffert de cette privation pendant
80 ans de sa vie.
L’une des erreurs communes est d’évaluer la satisfaction de Dieu en fonction de
l’abondance de Ses dons ou des privations. C’est ce que mentionne le verset –ce
qui peut être traduit comme : « Quant à l’homme, lorsque son Seigneur
l’éprouve en l’honorant[v]
et en le comblant de bienfaits, il dit « Mon Seigneur m’a
honoré ». Mais par contre, quand Il l’éprouve en lui restreignant sa
subsistance, il dit « Mon Seigneur m’a avili »
(TSC, Al-Fajr ‘L’Aube’ : 15 et 16).
Mais le Coran vient nous éclairer par le verset suivant qui commence par «
Mais non » et explique autrement la question –ce qui peut être traduit
comme : « Mais non ! C’est vous plutôt, qui n’êtes pas généreux envers
les orphelins, qui ne vous incitez pas mutuellement à nourrir le pauvre, qui
dévorez l’héritage avec avidité vorace, et aimez les richesses d’un amour sans
bornes. Prenez garde ! Quand la terre sera complètement pulvérisée »
(TSC, Al-Fajr ‘L’Aube’ : 17, 18, 19, 20, 21).
Et ce dernier verset vient nous rappeler l’au-delà. Et que si jamais nous
souffrons d’un malaise dans ce monde, il faudra patienter parce qu’en patientant
vous aurez le bonheur dans l’ici-bas avant de l’avoir dans l’au-delà. « …
les endurants auront leur pleine récompense sans compter » (TSC,
Az-Zoumar ‘Les Groupes’ : 10). Les gens qui souffrent avec leurs conjoints,
patientez et souvenez-vous de Dieu. Si vous êtes obéissants, vous trouverez le
bonheur ici-bas et dans l’au-delà.
Quand Sayeda Sara apprit la nouvelle –ce qui peut être traduit comme :
« Elle dit : Malheur à moi ! Vais-je enfanter alors que je suis vieille et
que mon mari, que voici, est un vieillard ? C’est là vraiment une chose
étrange ! » (TSC, Hoûd : 72).
Et regardons comment les Anges répondirent –ce qui peut être traduit comme
: « Ils dirent : T’étonnes-tu de l’ordre[vi]
d’Allah ? Que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient
sur vous, gens de cette maison ! Il est vraiment, digne de louange et de
glorification ! » (TSC, Hoûd : 73).
Cela me fait dire aux jeunes qui veulent se marier de bien réfléchir avant de
choisir leur conjoint de façon à ce que la miséricorde d’Allah et Ses
bénédictions soient sur leur foyer. Les filles, en choisissant votre futur mari,
prenez garde de ceux qui ne prient pas ou de ceux qui ont l’habitude de
commettre les grands péchés, sinon vous perdrez. Existe-t-il parmi nos foyers
ceux qui méritent la miséricorde et les bénédictions divines ? « Il est
vraiment, digne de louange et de glorification ! »
Ces versets nous racontent ce que Sayeda Sara fit au moment où la bonne nouvelle
lui fut annoncée, mais ce qu’elle fit après est raconté dans un autre verset.
« Alors sa femme s’avança en criant, se frappa le visage et dit : Une vieille
femme stérile…[vii] »
(TSC, Adh-Dhâriyât ‘Qui Eparpillent’ : 29).
Remarquez qu’elle n’a pas dit ‘je suis une vieille stérile’ ce qui veut dire que
la surprise lui a fait oublier que s’était à elle qu’on s’adressait. Et les
anges répondirent –ce qui peut être traduit comme : « Ils dirent :
Ainsi a dit ton Seigneur. C’est lui vraiment le Sage, l’Omniscient » (TSC,
Ad-Dharyâte : 30).
On termine donc ainsi cette belle histoire de la naissance d’Isaac et on revient
à la Mecque où s’étaient installés Ismaël et Hadgar (la mère des égyptiens).
Elle mourut laissant Ismaël qui avait grandi, avait appris la langue arabe,
l’avait maîtrisée et s’était marié à la Mecque où son père lui rendait visite de
temps en temps.
Cette fois-ci je raconterai l’histoire d’Ismaël avec ses femmes et qui est
soulignée par Al-Bukhari. Al-Bukhari nous rapporte que Abraham alla une fois
rendre visite à son fils qui, lorsqu’ Abraham arriva, n’était pas chez lui.
Abraham rencontra donc la femme d’Ismaël qui ne le reconnut pas. Quand le
prophète lui demanda : « comment menez-vous votre vie ? », elle commença à se
plaindre de sa vie avec Ismaël qu’elle trouvait pénible, dure et fatigante.
Abraham décida ensuite de s’en aller mais avant de partir, il demanda à sa belle
fille de saluer Ismaël quand il rentre, de lui parler de la visite d’un vieil
homme et de lui dire qu’il devrait changer le seuil de sa porte. Quand Ismaël
revint, sa femme lui décrit ce vieil homme et lui transmit son message. Ismaël
lui expliqua alors que ce vieil homme était son père qui lui ordonnait de la
répudier. Ismaël obéit donc à l’ordre de son père et se maria avec une nouvelle
femme. Quand Abraham revint plus tard rendre visite à son fils, il fut accueilli
par sa nouvelle belle fille à qui il demanda « comment menez-vous votre vie ? ».
Cette dernière répondit alors qu’ils menaient une vie aisée, pleine de bonheur
et commença à louer Dieu et de dire qu’Il est généreux avec eux. Abraham lui
demanda ensuite « Que mangez-vous ? ». Elle répondit : « de la viande ». Abraham
demanda alors : « Que buvez-vous ? ». Elle répond : « de l’eau ». Abraham lui
dit : « Que Dieu bénisse votre viande et votre eau » et lui demanda de dire à
son mari de préservez le seuil de sa porte.
Le sens de cette histoire est bien clair mais elle engendrera sans doute dans
les esprits des femmes plusieurs interrogations dont la plus importante est la
suivante : « les parents ont-ils le droit de se mêler des affaires de leur fils
en lui ordonnant de divorcer de sa femme ? »
Ce à quoi il faut faire attention, c’est le comportement de la mère et celui de
sa belle fille. Si la mère est une bonne femme réputée par sa raison et par sa
rationalité et que tout le monde n’approuve pas le comportement de sa belle
fille, il sera dans l’intérêt du fils d’obéir à sa mère et de divorcer de sa
femme. Mais s’il s’agit d’une femme pieuse et rationnelle, il serait injuste de
la répudier.
La question qui se pose dorénavant est « en refusant de répudier sa femme, le
mari ne serait-il pas en train de commettre un grand péché qui est celui de la
désobéissance de ses parents ? »
La réponse est que personne n’a dit qu’en divorçant de sa femme on obéira à sa
mère : en la répudiant tu seras injuste envers elle et « l’injustice fait
rentrer celui qui la commet dans des ténèbres au jour de la résurrection »
(Hadith). En fait, en obéissant à ta mère, tu l’exposes au châtiment des
injustes dans l’au-delà et il ne faut pas avoir peur qu’elle se plaigne à Dieu
parce qu’Il n’exaucera pas sa demande : « Dieu exauce les demandes tant qu’il
ne s’agit pas d’un péché ou d’une rupture de liens de parenté » (Hadith).
Fais plutôt en sorte que la relation entre ta mère et ta femme s’améliore, ne
maltraite pas ta mère et si jamais elle traite brutalement ta femme, demande lui
doucement de ne plus recommencer. Méfie-toi d’être injuste envers ta femme et
souviens toi de ce que le prophète a dit : « le meilleur parmi vous est le
plus juste envers sa famille et je suis le plus juste parmi vous envers sa
famille ». Ceci doit être bien clair dans les esprits des hommes.
Avant le mariage, le consentement des parents et aussi un des facteurs qui
rendent le mariage béni par Dieu. C’est pour cela que je considère que ‘le
mariage Orfi’ est une catastrophe. En plus de sa précarité –étant donné qu’il
s’agit ou bien d’un adultère masqué ou bien dans les meilleurs des cas d’un
accord non reconnu officiellement- 100% des couples se séparent, les jeunes
mariés sont perdus et leurs familles sont moralement détruites. Celui qui se
marie sans le consentement de ses parents commet un acte répréhensible, un acte
de désobéissance envers les parents qu’Allah punit sévèrement. Que doit-on alors
dire du mariage Orfi dont les conséquences sont très graves vu la colère divine
qu’il engendre ?
La dernière leçon qu’on tire de cette histoire concerne le genre de femme qu’il
faut épouser si vous cherchez une vie conjugale heureuse. C’est une femme sobre
et optimiste qu’il faudrait quérir. Une femme sobre qui apprend à ses enfants
cette morale et qui connaît que « Dieu est satisfait de gens satisfaits ».
Arrivons maintenant au verset 124 dans Sourate Al-Baqara qui raconte l’histoire
de la construction de la première mosquée sur terre avec la construction de la
Ka‘ba. –ce qui peut être traduit comme : « [Et rappelle-toi], quand
ton Seigneur eut éprouvé Abraham par certains commandements, et qu’il les eut
accomplis… ». Enumérons donc ces épreuves : la première fut quand
Abraham fut jeté dans le feu et ne cessa pas de dire « Allah me suffit, Il est
mon meilleur garant ». La deuxième épreuve fut quand il lui fut ordonné
d’abandonner sa femme et son fils dans le désert et il accomplit parfaitement
l’ordre et réussit l’épreuve. Rappelons également l’épreuve du sacrifice, la
confrontation avec le Roi Namroud et finalement l’épreuve de ne pas avoir
d’enfants. Abraham réussit dans chacune de ces épreuves en accomplissant
parfaitement les ordres divins. Et c’est ici que je voudrais insister sur
l’importance d’exceller dans l’adoration, dans le jeûne du Ramadan, dans la
‘Omra et dans le port du voile.
Evitez la paresse pendant les nuits de Ramadan. Evitez le non respect du voile
en laissant intentionnellement apparaître quelques mèches d’en dessous le
foulard ou en se maquillant. Personnellement, je trouve cela illogique de cacher
ton ornement naturel (tes cheveux) mais de mettre en même temps un ornement
artificiel (maquillage) de peur que tu ne te maries pas… pour se trouver un
mari, il y a plusieurs autres moyens que de se maquiller ou de mettre des
vêtements serrés.
Essaye d’exceller dans le port de ton voile : mets d’abord un foulard sur tes
cheveux, essaye ensuite d’être prude, maquille-toi de moins en moins et puis
cesse de te maquiller.
« [Et rappelle-toi] quand ton Seigneur eut éprouvé Abraham par certains, et
qu’il les eut accomplis, le Seigneur lui dit : « Je vais faire de toi un
exemple à suivre pour les gens »… ». (TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ : 124)
Essaye toi aussi d’exceller dans ton adoration et Dieu fera de toi un exemple à
suivre pour tes amis. Notre prophète Abraham était bien sûr content d’apprendre
que Dieu fera de lui un exemple et c’est pourquoi il demanda « Et parmi ma
descendance ? ». Il faut vraiment être content de donner un bon exemple aux
autres et ne pas rester dans l’ombre par peur de l’ostentation. Il ne faut
jamais avoir peur de servir Dieu en guidant les gens vers son chemin. (Apprendre
aux gens le Coran, organiser des repas de rupture de jeûne…)
« Mon engagement, dit Allah, ne s’applique pas aux injustes » Cela signifie que
ce sont seulement les pieux qui seront les exemples à suivre et qu’il ne s’agit
pas d’une question de descendance. Ce qui compte n’est pas le fait que tu sois
le descendant d’un prophète mais ce qui compte c’est ce que tu présentes à ta
religion. « Mon engagement, dit Allah, ne s’applique pas aux injustes… [Et
rappelle-toi], quand nous fîmes de la Maison un lieu de visite et un asile pour
les gens ». Un lieu de visite vers lequel les gens aspirent dès qu’ils s’en
éloignent.
« [Et rappelle-toi], quand nous fîmes de la Maison un lieu de visite et un asile
pour les gens. Adoptez donc pour lieu de prière, ce lieu où Abraham se tint
debout. Et Nous confiâmes à Abraham et à Ismaël ceci : purifiez Ma maison pour
ceux qui tournent autour, y font retraite pieuse, s’y inclinent et s’y
prosternent. Et quand Abraham supplia : « Ô mon Seigneur, fais de cette cité un
lieu de sécurité, et fais attribution des fruits à ceux qui parmi ses habitants
auront cru en Allah et au Jour dernier… » (TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ : 125 et
126).
En fait, quand Abraham demanda à Dieu de faire de sa descendance un exemple à
suivre par les gens, Allah répondit qu’Il ne fera que de sa descendance
bienfaisante un bon exemple. Abraham crut alors que Dieu n’attribue Ses dons
qu’aux bienfaisants et c’est pourquoi il demanda (dans ce verset) à Dieu
d’attribuer Ses dons exclusivement aux habitants croyants de cette cité. Mais
Allah répondit –ce qui peut être traduit comme : « Et quiconque n’y
aura pas cru, alors Je lui concèderai une courte jouissance [ici-bas], puis Je
le contraindrai au châtiment du Feu [dans l’au-delà]. Et quelle mauvaise
destination ».
Par ce verset, nous comprenons que Dieu est tellement généreux qu’Il ne prive
pas les mécréants de Ses dons. Et nous allons raconter l’histoire suivante comme
preuve de la générosité divine illimitée. Abraham accueillit, un jour, chez lui
un homme dont il ignorait la religion. Abraham alla lui apporter à manger mais
quand il revint, il le vit en train de se prosterner devant le feu. Il lui
demanda de quitter sa maison et refusa de le garder chez lui. Quand l’homme s’en
alla, l’ange Gabriel vint à Abraham pour lui dire : « Dieu a supporté cet homme
pendant 60 ans. N’arrives-tu pas à le supporter pour une heure ? ». Abraham alla
aussitôt rejoindre l’homme pour le supplier de revenir. Abraham lui dit : « Mon
Seigneur m’a reproché de ne pas t’avoir supporté pendant une heure alors qu’Il
t’a supporté et t’a attribué Ses dons durant 60 ans». Et c’est à ce moment que
le mécréant dit : « ton Seigneur est le seul digne d’être adoré, je témoigne
qu’il n’existe aucun Dieu qu’ Allah ».
Les dons d’Allah sont innombrables depuis le début de ce monde : de la pluie,
des fruits, des vents doux et des animaux… des dons innombrables pour toi, pour
ton père et pour ta famille. C’est pourquoi l’un de Ses noms est le ‘Grand
Pourvoyeur’. C’est ce que nous montre aussi ce Hadith Qodsy dans lequel Allah
dit –ce qui peut être traduit comme : « O Mes serviteurs, même si le
premier et le dernier d'entre vous, hommes et djinns, se rassemblaient en un
endroit et Me demandaient, et que Je satisfasse la demande de chacun, cela ne
diminuerait pas ce que Je possède, pas plus que ne diminue la mer quand on y
trempe une aiguille.».
« Et quand Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Maison : « Ô notre
Seigneur accepte ceci de notre part ! Car c’est Toi l’Audient, l’Omniscient »
(TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ : 127).
Comme nous montre ce verset, les assises de la Maison existaient déjà lorsqu’
Abraham reçût l’ordre de construire la Maison. En fait, il ne fit qu’élever les
assises de la Maison qui avaient été placées autrefois par Adam et détruites par
le déluge de Noé. Et c’est ce qu’assure le verset 96 de la sourate ‘Âl-‘Imrân –ce
qui peut être traduit comme : « La première Maison qui ait été édifiée
pour les gens, c’est bien celle de Bakka (La Mecque) bénie et une bonne
direction pour l’univers ». Et, il va sans dire que la première Maison
ne peut pas avoir été construite par Abraham mais par le premier prophète Adam.
J’attire également votre attention sur le sens du nom ‘Bakka’ : Bakka veut dire
le lieu où les gens pleurent. C’est un lieu où les gens sont humbles envers Dieu
et le craignent. C’est pourquoi une personne qui fait une visite à la Mecque
sans pleurer est une personne qui a le cœur dur.
La Ka’aba faisait 6 coudées de hauteur et 22 de largeur et elle était sans toit
et pendant qu’ils la construisaient, ils répétaient : –ce qui
peut être traduit comme : « Accepte ceci de notre part !».
En fait, Abraham, Ismaël et les compagnons du prophète suppliaient tous Dieu
d’accepter leur travail après l’avoir achevé. Ils craignaient que ce ne soit pas
accepté et avaient tous un seul souci qui est celui de savoir si Dieu est
satisfait ou non d’eux. Ali Ibn Abi Taleb disait : « nous combattions dans le
sentier d’Allah et revenions en redoutant que Dieu n’accepte pas nos actions ».
Et comparons ce que dit ce grand compagnon du prophète avec ce que nous faisons
de nos jours : nous devenons très fièrs de nous-mêmes si nous accomplissons
seulement 2 rak‘ats pendant la nuit. Que notre préoccupation soit si Allah est
satisfait de nous ou pas.
[i]
Esprits invisibles, créés pour adorer Dieu.
[ii]
« Je témoigne qu’il n’y a aucun Dieu qu’Allah et que Mohammad est Son
messager »
[iii]
TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens
courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire
la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de
révélation du saint Coran.
[iv]
At-Tawba (14) : « Combattez-les.
Allah, par vos mains, les châtiera, les couvrira d’ignominie, vous
donnera la victoire sur eux et guérira les poitrines d’un peuple croyant »
[v]
En l’honorant : (autre sens) en étant généreux avec lui
[vii]
Une femme stérile comme moi peut-elle donner des enfants.
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