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Les Bâtisseurs de la vie
Articles parus
dans les magazines
=par Amr Khaled
=
3*Dirigeant
Religieux
Comment préparer un dirigeant
religieux et visionnaire?
La crise aiguë que connaît notre nation et la rareté flagrante
de commandement efficace tout au long de notre histoire nous pousse à nous
demander et avec insistance : Pourquoi n’avons-nous pas de ces grands
dirigeants ?
Pourquoi ne pouvons-nous pas retrouver encore une fois, des
dirigeants tels que Omar Ibn Abd El Aziz, Nour Eddine Mahmud, Othmane le 1er
ou Salah Eddine ? , Il serait ensuite crucial dans cette étude de se
demander comment obtenir un dirigeant de la sorte?
Il nous est primordial de passer en
revue le parcours éducatif de l’un de ces grands dirigeants religieux et
visionnaires Nous n’évoquerons pas les 3 premiers honorables siècles de l’Islam,
pour que personne ne se dérobe derrière des arguments tels que, La grâce de
l’époque, la facilité de la préparation tandis que ce sont là des paroles qui ne
collent plus à notre amère réalité.
Notre dirigeant qui fera le sujet de cette étude est le sultan
Mohammad El Fateh « Mohammad le conquérant »:
C’est le sultan Mohammad khan II, fils de
Mourad II l’Ottoman. il est le 7ème sultan dans la lignée
d’Al Othmane, dit El Fatah, et le père de la prospérité.
Né en 833 de l’hégire, il était le 2ème descendant ; son aîné
Alaa’ Eddine étant mort en martyr aux champs d’honneur (djihad.)
Mohammad II, a été initié
depuis son plus jeune âge aux principes de bravoure, du djihad, du commandement
et du bien. Son père Mourad II préparait ses fils pour devenir de grands
dirigeants qui pourraient assumer la responsabilité après sa mort. C’est la
raison pour laquelle, il l’a confié aux plus honorables précepteurs et savants
pour l’initier aux principes islamiques et les valeurs du djihad.
Le père de Mohammad avait remarqué que ce dernier
avait goût pour la somptuosité et la distraction et qu’il manifestait de la
résistance vis-à-vis de ses instituteurs. Alors, il a cherché un précepteur qui
pourrait dominer le garçon, et on lui a conseillé le grand savant maître Ahmed
Ben Ismail Elkourani. Il l’a fait venir et il lui a donné un bâton pour
qu’il corrige le garçon au cas où ce dernier ne voulait pas lui prêter oreille
attentive. Le savant s’est présenté à Mohammad avec la massue annonçant que
« ton père m’a envoyé pour assurer ton éducation et pour te donner des coups si
vous me désobéissez », Sur ce, Mohammad lui a ri au nez.
Elkourani l’a alors durement frappé . Depuis, le garçon le craignait.
Mohammad apprit par cœur le
saint Coran en un temps record. Elkourani lui a appris les sciences
islamiques et les livres d’histoire. Très vite, le génie de Mohammad
se révéla et il se distinguât des autres princes. Il a pu apprendre trois
langues : L’arabe, le perse et le turc.
Le sultan Mourad II tenait à placer son fils dans les
postes de commandement et ce dès l’age de douze ans Quand il a découvert en lui
efficience et bon commandement, il lui a cédé le trône à l’âge de quatorze ans
afin de s’isoler pour prier, sans perdre de vue pour autant son projet de faire
de son fils un grand dirigeant apte de repousser les ennemis, et les opposants
qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur. Mais, il l’avait à l’œil pour
intervenir quand il le faut. Effectivement, il a dû intervenir à deux reprises,
dont l’une est quand l’Europe chrétienne a déclaré la guerre aux Ottomans
profitant du jeune âge de leur sultan. Il est sorti de son isolement pour
commander les musulmans et triompher des chrétiens à Varna le 28 Rajab 852,
puis il est revenu à ses prières pour laisser son fils gérer le pouvoir. La
deuxième fois, il a dû ressortir pour faire face aux troubles intérieurs menés
par les soldats de l’infanterie qui ont cru que leur jeune sultan était faible,
alors Mourad les a corrigés.
La préparation d’un dirigeant, n’est pas une affaire spontanée
qu’on peut léguer au destin sans planification ou sans entreprendre ses causes.
Et c’est encore moins une question de génie personnel, d’une personne qui relève
le défi et qui s’émisse dans la roue du pouvoir jusqu’à s’en emparer. Mais,
c’est une longue et dure opération qui commence depuis le plus jeune âge pour
développer le talent, enrichir les capacités, découvrir les dons
progressivement pour préparer le dirigeant attendu.
Cette préparation ne se limite pas seulement aux côtés
religieux et celui de la foi.
·
C’est une opération de développement
sain d’un chef en vu de diriger une nation qui a besoin de bonnes mains pour
lui assurer sa prospérité et sa réforme, tout en lui préservant une vie pleine
de changements et de nouveautés ,à cheval entre origines et modernisation .
·
C’est l’entraînement pratique qui va
attester de l’efficacité et du sérieux de ce projet et jusqu'à quel point le
modèle donné au dirigeant, est il juste. Loin des responsabilités, certains gens
apparaissent exemplaires et irréprochables. Mais, dès qu’ils se trouvent
assumant une responsabilité, on découvre leurs failles. C’est pour cela que
Mourad II a voulu mettre son fils à l’épreuve : d’abord, il l’a mis à la
tête d’une petite commune, avant de lui céder le pouvoir, sans pour autant le
laisser seul faire face à l’amertume de l’expérience et la rigueur de
l’épreuve ; il l’a dès lors soutenu jusqu'à ce qu’il soit capable de tenir le
pouvoir par lui-même.
Le savant Ahmed ben Ismail Elkourani :
C’est la personne qui a fait apprendre à Mohammad le
saint Coran et les livres de la charia (les lois de l’Islam), et l’a éduqué sur
la vénération des ordres d’Allah, le respect des lois de l’Islam et de la piété.
Il arrivait à ce grand précepteur de se prononcer contre l’ordre
du sultan s’il le trouvait non conforme aux ordres de la charia. Aussi, ne
faisait-Il pas de révérence au sultan, et l’appelait directement par son nom,
sans titre. Il lui serrait la main, sans l’embrasser. Au règne de Mohammad,
L’impact de cette bonne éducation ressurgit en surface : Il vénérait la religion
et ses savants, et les gens pieux, à un point tel, qu’un jour, il a failli tuer
l’un de ses hommes parce qu’il a frappé un juge et a refusé de se plier à la
justice. La cours de Mohammad El Fateh était composée de savants,
de gens religieux et pieux. Quand il entendait parler d’un savant en difficulté
ou dans le besoin, il se précipitait pour l’aider.
Au mois de Ramadan, il avait l’habitude de réunir après la
prière du dhohr les savants exégètes du saint Coran, pour expliquer les versets
Coraniques, et faire un débat dans lequel Mohammad donnait son
avis aussi.
Quand il a triomphé de Hassan El Tawil, chef des
turkmènes et apostat qui ne ratait aucune occasion pour comploter contre les
Ottomans en pactisant avec tous ceux qui se prononçaient contre, Mohammad
a ordonné l’exécution de tous les prisonniers sauf les savants, parmi lesquels
se trouvait le noble juge Mohammad El Charihi, qui fut obligé de
suivre malgré lui El Tawil. Mohammad El Fateh l’a
accueilli bien qu’il était du côté de l’ennemi.
Le deuxième savant, était El Cheikh Mohammad Ben Hamza
El Rouhi dit Chams Eddine : il avait le
plus grand effet dans la vie de Mohammad El Fateh puisqu’il
lui a appris deux choses :
1.
doubler les efforts du djihad au sein de
l’empire Ottoman.
2.
Enraciner
en lui qu’il est le prince désigné dans le hadith du messager d’Allah (B.S. sur
lui): "Certes, Constantinople sera conquise, béni soit son prince bénie soit son
armée...". Alors Mohammad, sitôt devenu sultan, a décidé de conquérir Constantinople
et ainsi fait-il. Les contemporains de l’époque disaient
que Chams Eddine,
était le conquérant spirituel de Constantinople. C’est lui aussi qui a appris à
Mohammad
les sciences comme les maths, l’astronomie, et les stratégies de guerre. il a
donné à Mohammad El Fateh
une leçon, quand il était petit, que ce dernier n’a jamais oublié de sa vie,
prouvant à quel point ce cheikh visait loin, et savait comment éduquer un
dirigeant visionnaire et religieux.
Un jour il a
convoqué Mohammad et il l’a frappé durement sans raison valable. Ce jour
là, Mohammad a beaucoup pleuré et a gardé en tête cet évènement. Une fois
devenu sultan du vivant de son père, il a convoqué son maître et lui a demandé
avec colère « pourquoi m’avez-vous frappé tel jour alors que je n’ai rien
fait qui mérite ce châtiment? Le Cheikh lui a répondu : « Je voulais que tu
goûtes à l’injustice, et comment une personne qui a subi une iniquité peut-elle
dormir ? De cette façon, lorsque tu régneras, tu n’infligeras d’injustice à
personne ! » Alors Mohammad s’est excusé auprès de son maître, et l’a embrassé
au front et à la main.
Après la conquête de
Constantinople, Mohammad a voulu quitter le pouvoir et s’isoler pour
prier. En demandant conseil à son maître, ce dernier lui a répondu : « si tu le
fais, tu vas trouver dans la prière un plaisir qui va dévaloriser le pouvoir à
tes yeux, chose qui va le déséquilibrer. Tu es en meilleure situation de service
du Seigneur en tant que dirigeant qu’en ermite ». Ceci prouve que l’éminent
précepteur voyait pertinemment.
C’est ainsi que ce
savant religieux et visionnaire avait éduqué son brillant élève pour qu’il
prenne le commandement en ayant de grands et de nobles principes, le tout lié à
un noble but auquel il a consacré toutes ses capacités, procurant le plus grand
bien pour toute la nation.
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