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Les Bâtisseurs de la vie
Articles parus
dans les magazines
=par Amr Khaled
=
10 *
Debat Epoux
Ils t’ont trompée et t’ont dit: ‘ne
débattez pas avec votre mari!’
Article écrit par le professeur Amr Khaled, dans le magazine de ‘Majallat Al
Mar’a Al Yawm’, le 06/avril/2004. Le texte intégral de l’article est le
suivant :
«Dans l’article précèdent, j’ai clarifié comment l’Islam avait désavoué la
subordination/sujétion de la femme à l’homme, et lui a préservé sa personnalité
propre et son indépendance dans le domaine le plus important et le plus crucial,
celui de la foi en Dieu, et l’obéissance qu’on lui doit sur ce qu’Il a
légiféré/ordonné/décrété. J’ai expliqué que la femme disposait de sa totale
liberté de choix et qu’elle assumait sa pleine responsabilité devant Allah en ce
qu’elle choisit, et l’homme ne joue, à propos de cette question, aucune
intermédiation, ni positive ni négative car la femme est un être pleinement
honorable –ce qui peut être
traduit comme : «Certes, Nous avons honoré les
fils d’Adam» (TSC1, Al-Isrā ‘Le Voyage Nocturne’ :
70), un être responsable, disposant du libre arbitre, un être majeur et
équilibré.
Aujourd’hui, je discuterai, avec l’aide de Dieu, les allégations de sa
subordination et son manque d’autonomie vis-à-vis de l’homme dans leur relation
maritale. Permettez-moi de traiter ces assertions au travers de questions et
réponses car l’information pourvue par ce style s’en trouve mieux assise dans
notre esprit, et plus aisée à se remémorer. C’est bien ce à que je souhaite
parvenir, particulièrement pour ce sujet extrêmement épineux/malaisé!
Première question : Est-ce que
l’Islam interdit à la femme de débattre avec son époux et d’exprimer tout haut
ses opinions?
La
réponse est non. Il a été rapporté sur Omar Ibn Al-Khattab, que Dieu l’agrée et
soit satisfait de lui, qu’il avait dit : «Dieu m’est témoin que nous ne
portions, au temps de la Jahilia (époque pre-Islamique), aucune considération
aux femmes jusqu'à ce qu’Allah Tout Haut révèle sur eux ce qu’Il a fait
descendre dans son Livre Sacré, et les lotit de ce qu’Il a désiré. Omar a aussi
dit : ‘alors que j’étais en contemplation devant un sujet auquel je
réfléchissais, ma femme m’annonça : "si tu faisais ceci et cela". Je lui
rétorquai : qu’en es-tu concernée d’intervenir en ce qui ne te regarde pas et
que moi je veux? Elle dit alors : "que je m’étonne de toi, ô Ibn Al-Khattab, tu
ne veux point être contredit lorsque ta fille argumente avec le prophète (B.S.
sur lui) au point que cela le met en colère de toute la journée…" (Rapporté par
Bukhari et Mouslim).
Je
suppose que cette histoire, tout en étant cocasse, parle d’elle-même. Je voudrai
ici attirer l’attention sur un sens ayant une valeur extraordinaire, quand la
femme d’Omar Ibn Al-Khattab, que Dieu l’agrée, dit : «ta fille argumente avec le
prophète (B.S sur lui) au point que cela le met en colère de toute la journée».
Je souhaite que le lecteur et la lectrice s’arrêtent bien sur celui à qui
s’adresse cette argumentation ainsi que celui chez qui la colère se déclenche!
Et que les lecteurs contemplent aussi l’étendue de sa colère quand elle dit ‘au
point que cela le met en colère de toute la journée’! Comment pourrait-it encore
être argué que la personnalité de la femme est effacée ou que l’Islam s’évertue
à oppresser la femme?
Deuxième question : est-ce que
l’Islam prohibe à l’homme de demander conseil à son épouse se basant sur le fait
qu’elle n’est pas habilitée à faire preuve de sagesse?
La
réponse : Non, absolument pas. Il nous a été rapporté que Maysour Ibn Makhrama
et Marwan Ibn Al-Hakam avaient raconté: «Après que le prophète (B.S sur lui) ait
conclu la question du ‘Qitab’ (le traité de paix d’Al-Hudaybia), il s’adressa a
ses compagnons leur demandant de se lever, d’égorger le mouton et de se raser.
Mais aucun d’entre eux ne se leva bien qu’il le leur répéta trois foix. Voyant
que pas un seul homme ne répondait à son ordre, le prophète entra chez Oum
Salama, son épouse, et lui raconta ce qu’il avait vu de ses compagnons. Oum
Salama lui dit alors : «O prophète de Dieu, approuves-tu cela? Sors et ne parle
à aucun d’eux mais sacrifie un chameau ou une vache puis invite ton barbier pour
qu’il te rase». Il sortit et n’adressa la parole à aucun d’entre eux, seulement
fit ce que son épouse recommanda, sacrifiant, priant puis se rasant. Quand les
autres le virent faire ce qu’il fit, ils se levèrent, égorgèrent leur offrande
et s’aidèrent les uns les autres à se raser…
L’histoire, en résumé, est que les compagnons avaient considéré que les clauses
du traité de paix de Al-Hudaybia établi entre le prophète et les impies de la
Mecque, étaient, en apparence, iniques et préjudiciables aux musulmans,
avantageuses pour les infidèles mais néfastes à eux et à leur cause. Inquiétude
et préoccupation les tourmentaient au point que leur tristesse les empêcha
d’exécuter l’ordre du prophète (B.S sur lui) de sacrifier et se raser vu qu’ils
étaient en état de performer la Oumra. C’est une situation très difficile, la
preuve en est que le prophète (B.S. sur lui) leur a lancé cet appel trois bonnes
fois, toutefois le chagrin les avait complètement envahis. Mais qu’a fait alors
le prophète? La première chose qu’il a faite a été d’ouvrir son coeur à son
épouse, ne voyant aucune objection à en faire ainsi. En deuxième lieu, le
prophète a prêté oreille à son conseil. Troisièmement, il a effectivement suivi
son conseil! Je vous conjure de me répondre : l’Islam ne respecte-t-il pas
l’esprit de la femme et ne la rend-t-il pas propre à être consultée?
Troisième question : Est-ce que
l’Islam refrène la femme et lui défend de se mettre en colère contre son mari,
et si elle est toutefois taraudée par cette colère, de ne pas la manifester?
La
réponse : Non, assurément pas. Saad Ibn Abi-Waqas, que Dieu soit satisfait de
lui, a dit : «Omar une fois demanda l’autorisation au prophète (B.S. sur lui)
d’enter chez lui alors que certaines de ses épouses
étaient chez lui, lui parlant et réclamant encore plus que ce qu’il leur
accordait, leur voix s’élevant sur celle du noble prophète. Quand Omar frappa,
les dames se précipitèrent pour se cacher derrière un voile (ou rideau) et le
prophète permit à Omar d’entrer et le salua en riant et lui disant : «Je
m’étonne de celles qui étaient chez moi, dès qu’elles entendirent ta voix, elles
disparurent derrière le voile». Omar dit : «C’est plutôt toi qu’elles devraient
craindre, ô prophète de Dieu. Puis il ajouta à leur encontre : «Ennemies
d’elles-mêmes, me redoutez-vous sans le prophète (B.S. sur lui)?
Elles répondirent : «oui, tu es plus acrimonieux et plus rude.» raconté par
Bukhari et Mouslim. Il s’agit d’une histoire qui clarifie les dimensions de
grande disposition morale, de contenance ainsi que de délicatesse et de
souplesse dans le caractère et de tolérance bien que nous ayons lu ‘leur voix
s’élevant sur celle du noble prophète’! Il n’y a pas de problème tant que la
demande, voire la colère, sont exprimées avec politesse sans sortir des limites
de l’élégance et de la courtoisie de la parole. L’Islam n’en fait point une
crise, car c’est un sujet légitime et sain aussi.
Quatrième question
: Est-ce que l’homme musulman, en agréant sa femme sur un sujet simple mais qui
ne lui plaisait pas, se voit diminué dans sa virilité et en est honteusement
désigné par l’Islam?
La réponse : Absolument pas. Al-Bukhari
a relaté et commenté le fait suivant :
«Le fils de Omar avait invité Aba Ayyoub
qui vit un rideau sur un des murs de la maison. Ibn Omar lui dit alors : «Les
femmes m’y ont contraint». Abou Ayyoub commenta : «Je ne l’imaginais point à ton
propos.» Que signifie cet épisode? Sa signification est que la femme de Ibn Omar
a insisté pour poser un rideau sur le mur bien que Ibn Omar – son époux ‘mâle’,
ne penchait pas pour et n’en aimait pas l’idée. En dépit de son opinion, il a
accepté que la tolérance et la gentillesse avec l’autre soient nécessaires
surtout si la femme est dévouée à une bonne pratique de sa religion. Tout autre
chose serait une image de nervosité, d’étroitesse d’esprit, de disputes sur des
choses minimes et insignifiantes. Un tel comportement serait nuisible à ceux qui
y ont recours, non à l’Islam.
Cinquième question
: l’Islam limiterait-il la vie du couple à une simple vie militaire où l’homme
exerce un rôle de commandant sur la femme soldat lui faisant subir toutes les
formes de pression et d’austérité et ne laissant aucune place à l’expression de
soi ou à la flatterie jusqu'à ce qu’il mène la femme à une phase d’explosion et
de révolution maladive?
La réponse est non. Aïsha, que Dieu
l’agrée, raconta qu’elle était avec le prophète (B.S. sur lui) au cours d’un
voyage et lui dit : Je n’ai pas mangé de viande et n’ai pas grossi. Le prophète
demanda alors à ses compagnons de partir aux devants et dit à Aïsha : ‘Viens que
nous faisons la course’. Ils firent la course et elle gagna. Ils étaient par la
suite dans un autre voyage et le prophète (B.S. sur lui) lui proposa de courir
de nouveau contre lui après avoir demandé à ses compagnons de le précéder. Aïsha
se rappela qu’elle avait pris du poids et dit au prophète : «comment puis-je te
tenir tête, ô prophète d’Allah, alors que je suis dans cet état?» Il répondit :
«Mais si tu le peux!». Nous fîmes la course et il la
remporta et se mit à rire me disant : «Ceci est ma revanche sur la précédente
course. » Rapporté par Ahmed.
Sixième question
: Est-ce que l’Islam écrase la femme sous le poids d’exigences et de devoirs
excessifs tandis que l’homme est gâté grâce à l’allégement des charges sur lui?
La réponse est non, absolument pas.
Allah Tout Puissant a dit
–ce qui peut être traduit comme:
«Quant à elles, elles ont des
droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les
hommes ont cependant une prédominance sur elles. Et Allah est Puissant et Sage»
(TSC, Al Bakara-La Vache : 228). Ce que signifie ‘les
hommes ont une prédominance sur elles’ est un
degré de ‘qawama’ et nous discuterons plus amplement de ce point plus tard,
inchallah. Mais il faut noter que dire ‘elles ont des droits équivalents
à leurs obligations’ est la règle générale qui abrite
tous les détails de la vie maritale, la régule et en contrôle le bon
déroulement. Al-Tabari a cité plusieurs narrations dans son ‘Tafsir’
(explication) sur ce propos et sur l’interprétation de ces preuves, que je
souhaite ici relater pour leur importance et leur connotation. Certains ont dit
: -«Comme Allah l’a statué sur elles, les femmes ont des droit de bonne
compagnie et de vie en bonne société sur les hommes de même que les hommes ont
sur elles droit d’obéissance.»
D’autres ont dit : - «Les femmes ont
droit à ce que les hommes se parent pour leur plaire autant qu’ont les hommes
sur elles.».
Ibn Abbas, que Dieu
soit satisfait de lui, a dit : «J’aime
me parer pour la femme comme j’aime qu’elle s’embellisse pour moi, car Allah le
Très Haut a dit ‘elles ont des droits équivalents à leurs obligations,
conformément à la bienséance.’».
Avons-nous bien vu à quel point l’Islam est juste et impartial, n’interdisant
point à la femme mariée de débattre avec son mari et d’exprimer son point de
vue, respectant ses opinions et ses conseils même sur les sujets qui ne plaisent
pas à son époux? Comment pourrait-il encore être prétendu que l’Islam censure la
femme et anéantit son moral, ou gomme sa personnalité? Est-il juste d’entendre
dire que l’Islam est une doctrine machisme qui a préféré l’homme au détriment de
la femme alors que l’Islam a en effet égalé entre la femme et l’homme sur toutes
les injonctions au point affirmé par Ibn Abbas, que Dieu l’agrée? J’invite
l’ensemble de ma oumma, en spécifiant plus particulièrement les femmes, à rester
sur leurs gardes face à ce qu’on cherche à leur faire perdre leur confiance en
leur foi : l’Islam, qui si elle appellent à lui et l’honorent leur assure la
participation auprès des hommes à s’engager envers leur religion et exécuter ses
ordres d’égal à égal. La patience, l'assimilation d’autrui et l’indulgence et la
bienveillance avec l’autre sont, sans aucun doute, nécessaires surtout si
l’épouse est attachée à l’Islam et à ses instructions. Toutes autres scènes
d’intolérance, d’étroitesse d’esprit et de discordes sur
des choses infimes et insignifiantes sont une preuve contre ceux qui les
commettent et non contre l’Islam!
Et nous continuerons nos propos la
semaine prochaine inchallah.
1. TSC : Traduction des Sens du
Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à présent
de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en
arabe, la langue de révélation du saint Coran.
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