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Les Bâtisseurs de la vie
Articles parus
dans les magazines
=par Amr Khaled
=
4 *
Veuves
Les Veuves :
Article écrit dans le magazine ‘Majalate Al
Mar’a Al-Yawm’ par Mr. Amr
Khaled et paru le 24 Avril 2004. Voici le corps de l’article.
J’ai énoncé dans l’article précédent que si 6% seulement des femmes de notre
nation (Oumma), soit un chiffre de 50 millions de femmes, investissaient une
heure par jour au service de l’Islam, elles pèseraient lourdement dans la
balance de notre religion de 18 milliards d’heure chaque année.
J’ai même soutenu que ces 18 milliards d’heures étaient en mesure de
contrebalancer l’équation inique dont pâtit notre Oumma. Et j’ai signalé que
cet effort était la preuve de loyauté et d’appartenance à notre nation et à
notre religion, sans laquelle nous n’aurons aucun mérite Ici-Bas et ne serons
rien dans l’Au-delà. Aujourd’hui, avec la volonté d’Allah, nous allons ouvrir
les portes. Les portes du travail et des efforts en faveur de l’Islam au travers
desquelles la femme musulmane peut avoir une participation vigoureuse et
efficace, sans pour autant négliger sa mission principale de mère nourrice,
d’éducatrice pour ses enfants et d’épouse tendre pour son mari.
Je
souhaite, avant d’ouvrir ces portes, rappeler une base doctrinale communément
utilisée par les savants et les jurisconsultes de la Oumma, vue son importance
cruciale. Cette loi stipule que les hommes et les femmes sont égaux devant leurs
obligations légales stipulées par la Shari’a, si aucun texte spécial ne précise
les obligations qui incombent à l’un sans l’autre ou encore ne proscrit une
action à l’un sans l’autre.
Et
maintenant quelles sont ces portes ou domaines où la femme musulmane est capable
de fournir des efforts pour le profit de sa nation et de sa religion et cela
d’une manière ininterrompue et régulière, et non pas saisonnière et rendue
exceptionnellement? Le premier de ces domaines est le social.
La
société musulmane souffre aujourd’hui de plusieurs problèmes critiques qui
épuisent l’individu et le rendent incapable d’aucune sorte de rendement pour
l’intérêt de l’Islam. Et si la femme musulmane pouvait alléger l’intensité de
ces problèmes, elle soulagerait ses frères et soeurs sur terre et dans
l’Au-delà. Quant à l’Au delà, il s’agit de soulager les afflictions si
formidables et nombreuses dans notre monde car le prophète (B.S. sur lui) a dit
: «Quiconque soulage un croyant d'un des tourments de ce bas monde, Dieu le
soulagera d'un des tourments du jour de la Résurrection.» Sur terre, la
certitude en l’aide divine qui accompagne chaque moment
de la vie est amplement comblante d’honneur et de générosité. Le prophète (B.S.
sur lui) en effet dit : «Allah aide son serviteur tant que celui-ci aide son
frère.» il dit aussi : «Quiconque se préoccupe du besoin de son frère,
Allah se préoccupera de son besoin.», ce qui veut dire que celui qui
œuvre pour aider son frère qui est dans le besoin, Allah le Tout Puissant le
secourra car Allah, que Son nom soit exalté, dit à la chose ‘sois’ et elle est
–ce qui peut être traduit
comme : «Quand Nous voulons une chose, Notre
seule parole est: «Sois». Et, elle est.” (TSC1, An-Nahl; ‘les
abeilles’ : 40). Certes, c’est l’affaire lucrative que toute personne,
qu’elle soit homme ou femme, ne doit point laisser lui échapper.
Si
l’effort demandé à nos soeurs musulmanes est bien de sept heures par semaine,
comme nous en avons convenu, nous essayerons, lors de notre présentation de la
manière dont elle peut participer, de rendre sa participation réelle et
d’exécution aisée. Ainsi, nous éliminerons tous les obstacles qui pourraient
entraver son chemin, sans rajouter d’autres à ceux déjà existants.
Voyons comment une femme musulmane peut aider une sœur, ayant perdu son mari et
devenue veuve, et qui se trouve dans l’obligation de partir travailler afin de
prendre en charge ses enfants, désormais orphelins, et subvenir à leurs besoins.
Elle peut en effet l’aider de diverses manières, dont prendre en charge ses
besoins financiers afin de lui permettre de rester chez elle et s’occuper de ses
enfants. Mais si elle ne peut pas porter cette responsabilité financière sans y
faillir au fil du temps, elle pourra néanmoins lui garder ses enfants pendant
que cette mère travaille, soit en les accueillant chez elle, soit en se rendant
elle-même chez eux. Il ne peut être préjudiciable à six femmes musulmanes, dont
les situations le permettent, de se relayer pendant six jours de la semaine afin
d’apporter leur assistance à leur sœur veuve, de la manière que j’ai citée plus
haut. Il serait encore plus aisé de le faire si elles étaient elles-mêmes
voisines ou habitaient dans le même quartier.
Mais qu’auraient-elles véritablement offert, de cette manière, à leur sœur qui
vit dans ces conditions difficiles?
Sur le plan financier, elles lui auraient offert les sept heures convenues
hebdomadairement (soit une heure par jour). Alors que sur le plan psychique,
chacune d’entre elles aurait pris en charge des orphelins. La prise en charge
ici n’est pas uniquement matérielle, elle englobe avant tout le côté affectif,
le soin, la compréhension et l’attention psychologique. Celui qui prend en
charge des orphelins et des veuves est accroché à une bride tenace. Il ne peut
que se réjouir de ce qu’il accomplit, tant que son intention est bonne. Le
prophète (B.S. sur lui) a dit à ce propos : «Celui qui entretient l'orphelin
(qu'il soit ou non de sa famille), nous sommes moi et lui, dans le Paradis comme
ces deux doigts Et il groupa son index et son majeur puis les sépara.».
Cela montre clairement que le musulman qui entretient l’orphelin accède au
même rang que celui du prophète (B.S. sur lui), mettant en exergue l’honneur et
l’anoblissement d’une telle place. Quand à celui qui prend une veuve en charge
(qu’il soit homme ou femme), il se positionne au même rang que le combattant
dans le sentier d’Allah le Très Haut. Il est certain qu’aucun autre bienfait
n’équivaut en mérite, ni en rétribution, le combat dans le sentier d’Allah.
Allah, avec Sa sainte miséricorde, rétribuera cette bonne musulmane qui a aidé
sa sœur et a soulagé son tourment en la secondant à prendre soin de ses enfants,
et la récompensera pour cette heure qu’elle a offerte quotidiennement pour
apaiser le cœur d’une sœur sur ses enfants, pendant son absence du foyer. Il la
rétribuera certes pour cette heure qu’elle a passée avec des enfants pour les
préserver des troubles mentaux qu’ils pourraient développer en raison de
l’absence imposée de leur mère. Allah dit
–ce qui peut être traduit comme:
«…Tout bien que vous vous préparez, vous le retrouverez auprès d'Allah,
meilleur et plus grand en fait de récompense. Et implorez le pardon d'Allah. Car
Allah est Pardonneur et Très Miséricordieux.» (TSC, Al-Muzammil : 20).
Un
lecteur ou lectrice pourrait se demander en quoi cet effort est bénéfique pour
l’Islam puisqu’il paraît plus comme un effort personnel dont la rétribution
revient à celui qui l’a fourni et celui qui en a bénéficié. L’islam a
indubitablement bénéficié de cet effort sous plusieurs angles, tels que
l’éducation des enfants orphelins selon les principes droits, qui les
préserveront de devenir des acteurs de la destruction de leur société, ayant des
penchants agressifs. Mais aussi cela permet-il de soulager la mère de son
fardeau et lui fournir l’opportunité de mieux maîtriser les préceptes de
l’Islam, d’oeuvrer pour son bien et de donner le bon exemple et d’être un modèle
de la femme musulmane pratiquante qui prêche non seulement avec des paroles,
mais aussi avec des actes. Ceci a pour effet de valoriser l’Islam aux yeux et
des enfants et de leur mère et de les pousser à l’aimer et le respecter par
égard à ces femmes vertueuses. Cette femme musulmane, en aidant sa sœur dans le
besoin, a incrusté dans l’esprit des enfants et de leur mère que le bien est
relié à l’Islam et à rien d’autre. Elle a ainsi renforcé et scellé leur relation
avec l’Islam et a garanti, de cette manière, l’avenir de notre sainte religion,
garantissant l’appartenance de ces enfants et de leur mère à l’Islam et à sa
nation. Elle a consolidé l’Islam avec de nouveaux soldats dont il a grand
besoin. A dit vrai qui a énoncé que : «L’effort fourni par un homme vis-à-vis de
mille hommes est meilleur que les paroles dites de mille hommes vis-à-vis d’un
seul homme».
Notre discussion a une suite, Insh’Allah.
Assalamou Alaykoum Wa Rahmatou Allah Wa Barakatouh.
1. TSC : Traduction des Sens du
Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à présent
de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en
arabe, la langue de révélation du saint Coran.
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