Episode 41 : La santé –Troisième partie-
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très
Miséricordieux. Que la paix et la bénédiction de
Dieu soient sur notre Prophète bien-aimé.
Bienvenue à l’épisode de Suna‘ Al-Hayât
(les Bâtisseurs de la vie). A chaque rencontre
nous ajoutons une pierre à notre édifice et nous
disons qui d’entre nous doit la porter et la
mettre en place. C’est le troisième et dernier
épisode au sujet de la santé après celui de la
dernière fois où nous avons mis en exergue
plusieurs problèmes et points pénibles. Nous
avons parlé de la réalité amère des maladies non
contagieuses dont le monde arabe est devenu le
foyer. Nos pays ont le taux le plus élevé de cas
de diabète, d’hypertension et d’obésité dans le
monde et la plupart des eaux disponibles y sont
polluées surtout dans les campagnes. Nous avons
dit également que nos hôpitaux avaient besoin
d’un système d’organisation pour améliorer leur
qualité et nous avons mentionné le problème des
médicaments dans tous les pays arabes.
Des nouvelles encore plus pénibles nous
sont parvenues, assurant que l’image que nous
avions exposée était véridique mais que la
réforme devait commencer par les facultés de
pharmacie et les ministères de la santé. Comment
rectifier cet état des choses, amener les
projets de doctorat et de magistère à servir
cette optimisation et améliorer le standard des
étudiants universitaires ? Il y aurait beaucoup
à dire mais nous avons grand espoir de réaliser
tout cela et de voir des jeunes mettre à
exécution ce dont nous avons parlé la fois
passée malgré sa grande difficulté.
Aujourd’hui, nous voulons aborder un sujet
très différent de celui des hôpitaux et des
médicaments. Une notion qui, si elle est
exécutée et malgré le manque des moyens et les
problèmes, peut être un baume. C’est la
compassion, la délicatesse et le sourire
affable, en un mot l’humanité des médecins et
des bien-portants envers les malades.
Oubliez-vous que la médecine est, à l’origine,
un métier humanitaire ? L’imam Ach-Chafi‘y
a dit ces très belles paroles : “La science la
plus noble après celle du licite et de
l’illicite est la science médicale.” Ils lui
demandèrent pourquoi et il répondit : “Parce
que, Allah a envoyé le Prophète comme une grande
miséricorde pour les humains et la médecine
comme une petite.” Voyez-vous ce qu’en pense
Ach-Chafi‘y ?
Dans cet épisode, je vais donner quatre
conseils aux médecins, quatre autres aux
bien-portants et de même aux malades. Je veux
aviver la compassion dans les cœurs des médecins
et des bien-portants envers les malades et de
ces derniers envers eux-mêmes. Mon intention est
de diffuser cet épisode parmi les médecins et
les bien-portants pour le leur rappeler et parmi
les malades pour les aider à patienter.
Quoi dire aux médecins ? En premier lieu,
ils doivent ressentir de la compassion et de la
tendresse envers leurs malades. Je connais leurs
conditions difficiles dans nos pays et surtout
les jeunes d’entre eux. Je sais qu’ils terminent
leurs études plus tard que leurs autres
camarades du même âge qui sont peut-être déjà
mariés avec des enfants. Également, qu’ils ont
continuellement des examens à préparer pour
devenir de bons médecins, que la compétition est
très forte pour les jeunes à cause de leur grand
nombre. De plus, dans ces conditions matérielles
dures, ils ont envie de se marier et de vivre,
ils doivent soigner leur apparence physique et
sociale. Ils ne trouvent pas le bon enseignement
auquel ils aspirent, leur avenir leur semble
confus, la vie passe et ils se sentent
découragés à la vue du grand nombre d’entre eux
dans la même situation.
Tout cela ne m’empêche pas de leur dire que
la compassion, la bonté et la tendresse ne
coûtent pas d’argent. Je rappelle aux médecins
nouvellement diplômés ce hadith qudussy
qu’ils devraient étudier : Allah, que Son
nom soit exalté, dira au jour de la
Résurrection : “Ô fils d’Adam, Je suis tombé
malade et tu ne M’as point visité. Il dira : “Ô
Seigneur et comment Vous visiterais-je quand
Vous êtes le Seigneur des mondes ? ” Il dira :
“N’as-tu pas su que Mon serviteur untel a été
malade et tu ne l’as pas visité ? N’as-tu pas su
que, si tu l’avais visité, tu M’aurais trouvé
chez lui ? Ô fils, d’Adam, Je t’ai demandé à
manger et tu ne M’en as point donné.” Il dira :
“Ô Seigneur, et comment Vous donnerais-je à
manger quand Vous êtes le Seigneur des mondes ?”
Il dira : “N’as-tu pas su que Mon serviteur
untel t’as demandé à manger et tu ne lui en as
point donné et que, si tu l’avais nourri, tu
aurais trouvé cela chez Moi ? Ô fils, d’Adam, Je
t’ai demandé à boire et tu ne M’en as point
donné.” Il dira : “Ô Seigneur, et comment Vous
donnerais-je à boire quand Vous êtes le Seigneur
des mondes ?” Il dira : “N’as-tu pas su que, Mon
serviteur untel t’as demandé à boire et tu ne
lui en as point donné et que, si tu lui en avais
donné, tu M’aurais trouvé chez lui ? ”
(Rapporté par Muslim)
Dans l’ancien beau temps de l’Islam, le
médecin était appelé le compatissant ou le
sauveur des croyants comme ‘Omar ibn
Al-Khattâb était appelé l’Émir des croyants.
Au jour de la Résurrection, il n’y aura pas
d’autre personne du nom de Émir des croyants à
part ‘Omar mais de nombreux médecins
seront des Sauveurs des croyants. Imaginez-vous
ce jour lorsque Ar-Râzy (al-Razi) et
Ibn Sîna (Avicenne) seront appelés et après
eux docteur untel et doctoresse untel. Oui, les
femmes sont plus qualifiées pour ces doux
sentiments et je leur dis gardez-vous d’être
grossières et rudes.
Les notions de compassion et de miséricorde
ont tellement d’importance que les faqîh
(légistes musulmans) ont affirmé que les
médecins et infirmiers peuvent manquer la Salât
en commun et celle du Vendredi si le bien du
malade l’exige. On leur a demandé si c’est
uniquement au moment des opérations
chirurgicales et ils ont répondu que c’était le
cas au moindre besoin du malade. Remarquez
combien le soin des malades est important pour
eux.
Savez-vous qui a été le précurseur du
serment des médecins ? Les Musulmans au
troisième siècle de l’année Hégire à l’époque
des Abbassides. Je vais vous le lire et vous
verrez combien en ce temps ils avaient de la
compassion envers les malades : “ Je jure par
Allah Seigneur de la vie et de la mort, donneur
de la santé, créateur de la guérison et de tout
remède et je rends témoins les Hommes pieux,
hommes et femmes, d’être fidèle à ce serment, de
respecter comme un père celui qui m’a appris ce
métier, de considérer ses élèves comme mes
frères et de leur apprendre ce métier s’ils en
ont besoin sans rémunération ni condition,
d’avoir une infime compassion pour tout malade
et ses proches et de ne jamais manquer à son
appel quoique cela me coûte, par miséricorde
envers sa famille. Je ne pénétrerai les maisons
que pour le bien des malades et non pour mal
agir. Je garderai pour moi tout ce que j’y
entendrai ou verrai qui ne concerne pas leur
maladie.
Voyez-vous combien nous étions avancés du
point de vue éthique ? C’est le premier sens que
je voulais signaler et je regrette de dire que
malgré que notre religion l’affirme, les
occidentaux le pratiquent plus que nous.
Connaissez-vous leurs hôpitaux pédiatriques ?
Les chambres des enfants sont pleines de jouets,
les médecins et les infirmières ne s’habillent
pas en blanc pour ne pas les effrayer et
prennent des cours de psychologie pour apprendre
comment se comporter avec leurs petits malades
qui les aiment beaucoup.
Un exemple encore plus flagrant. Voyez-vous
parfois des images de ces jeunes dames
évangélistes qui vivent en Afrique et portent
dans les bras des enfants impotent et parfois
même blessés ? Pourquoi le font-elles ? Parce
qu’elles ont une mission religieuse à
communiquer ? Et nous, n’en avons-nous pas une
également ? Que chacun réponde pour lui-même et
surtout les médecins.
Savez-vous pourquoi notre maître ‘Îssa
(Jésus) a été appelé le Messie ? C’est un mot
d’origine arabe qui veut dire celui qui efface.
C’était un grand médecin, il rendait la vue aux
aveugles et débarrassait les lépreux de leur mal
avec l’aide d’Allah en caressant l’endroit
malade. Où sont les caresses des médecins
d’aujourd’hui et le mot gentil plus efficace que
tout médicament ? Nous avons envie de les voir.
Savez-vous comment étaient nos hôpitaux aux
temps de la grande civilisation islamique ? Ils
comprenaient des chambres où étaient jouées des
comédies musicales. Des troupes payées venaient
y exécuter leurs performances. Les Musulmans
étaient-ils aussi raffinés en l’année 300 de l’hégire ?
On y observait une étonnante pratique. Des
hommes assis dans les corridors, chantaient
l’appel à la prière toute la nuit d’une voix
douce assez haute, pour faire entendre les
malades éveillés sans gêner les endormis et pour
faire croire aux souffrants que l’aube attendue
était proche.
Nous ne voulons pas nous décourager et
penser tout le temps que les occidentaux sont
meilleurs que nous. Nous avons des jeunes gens
qui vont tout changer chez nous d’ici vingt ou
trente ans. Notre idée de la renaissance n’est
pas vaine, les spectateurs et les jeunes gens
qui m’entendent vont la réaliser.
L’art de se comporter avec le malade et
l’éthique du métier existe en occident de nos
jours mais malheureusement n’est pas encore
enseigné chez nous ou juste depuis une année ou
deux. On y apprend une règle importante qui dit
que le malade ne doit pas être dénudé sans sa
permission. Je connais beaucoup de dames qui se
sont plaintes à ce sujet. Les médecins ne le
font pas avec mauvaise intention, mais le corps
du malade lui appartient et personne ne peut le
découvrir contre sa volonté même ses proches
parents.
Je recommande instamment aux médecins de
renouveler continuellement leurs connaissances.
Ils ne peuvent dire nous avons terminé nos
études ou nous n’avons pas du temps. Savez-vous
pourquoi ? Parce que nous allons nous tenir
devant Allah au jour de la Résurrection et le
hadith nous dit : “L’homme ne bougera pas
d’un pas au jour de la Résurrection avant d’être
questionné à propos de quatre choses : sa vie et
à quoi il l’a passée, sa jeunesse et ce qu’il en
a fait, sa santé et à quoi il l’a utilisée et
son argent et à quoi il l’a dépensé.”
Imaginez-vous, le médecin, debout au jour de la
Résurrection avec un homme à qui Allah
demandera : “Qu’as-tu fait de ta santé et de ta
vie ? ” Il répondra : “Ô Allah c’est ce médecin
qui m’a fait perdre ma vie et ma jeunesse...”
Il y a un verset qui dit –ce
qui peut être traduit comme :
“Ô les hommes ! Nous vous avons créés d’un
mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de
vous des nations et des tribus pour que vous
vous entre-connaissiez.”
(TSC[i],
Al-Houjourât ‘Les Appartements’ : 13.)
Quelle est la relation entre ce verset et notre
sujet ? Allah a donné des particularités à
chaque nation. Une d’entre elle fait une
découverte et une seconde en fait une autre.
Ainsi les gens ont besoin les uns des autres et
les humains se complètent. J’ai une conviction
personnelle que nous sommes responsables des
maladies dans le monde parce que nous n’avons
pas fait notre part de la recherche
scientifique. Les médicaments nécessaires à
d’autres nations auraient dû se trouver chez
nous.
Comme dernier conseil aux médecins, je leur
dis de rappeler Allah au malade. La cure au
moyen de la foi est plus bénéfique que celle des
médicaments. Je vous en donne un exemple. Il y
avait un médecin qui s’occupait des équipes de
football égyptiennes. Les joueurs devaient faire
des exercices fastidieux à cause de leurs
innombrables répétitions. Lever les jambes tant
de fois et les abaisser lentement et ainsi de
suite. Le médecin eut une très bonne idée. Il
était un homme pieux et il leur suggéra, au lieu
de scander leur exercice avec le un, deux, trois
habituel, de dire des formules de Dhikr
(formules de rappel d’Allah) comme “la ilâh illa
Allah” (il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah) ou
“alhamdoulillâh” (louange à Allah). Les joueurs
me racontent que, avec le Dhikr qui leur
était compté comme des bonnes actions, ils
avaient commencé à aimer ces exercices et à les
exécuter sans s’en lasser.
Je m’adresse maintenant aux malades et je
leur dis également quatre choses. Je connais les
maladies existantes dans le monde arabe. A ceux
qui ont une hépatite et aux diabétiques, je dis
en premier lieu “Patientez”. Savez-vous que la
patience n’a pas d’autre rétribution que le
Paradis ? Celui qui supporte sa maladie avec
patience rentre au Paradis. Je vais vous
raconter une petite histoire. Ibn Mas‘ûd,
un des Compagnons, avait rencontré, sur le
chemin, ‘Atâ’ ibn Abi Rabâh, un des
Tab‘îne (successeurs des Compagnons), et lui
avait dit : “Veux-tu que je te montre une femme
des habitants du Paradis ? Il lui désigna une
vieille dame faible qui passait et ‘Atâ’
lui demanda d’où il savait qu’elle en était une.
Ibn Mas‘ûd répondit : “Nous étions un
jour assis avec le Messager d’Allah (BP sur lui)
et cette dame vint lui dire : “ô Messager
d’Allah, je suis atteinte d’épilepsie et je me
découvre lorsque je tombe à terre. Demande à
Allah de me guérir. Le Messager lui répondit : “
Si tu veux, j’invoque Allah pour toi et Il te
guérit et si tu veux tu patientes et tu rentres
au Paradis.” Elle répondit : “Je patiente.”
Voyez-vous ce que le Messager (BP sur lui) lui a
dit ? D’endurer la maladie pour aller au
Paradis.
Un autre hadîth rapporté par Ibn Mass‘ûd
dit : “Le malade ne reçoit pas de rétribution
pour sa maladie mais ses fautes sont expiées.”
Et encore un troisième : “J’ai entendu le
Messager d’Allah (BP sur lui) dire : Aucun mal
n’atteint le Musulman fût-ce un peine, un
malheur, une contrariété, une fatigue, une
maladie ou même une simple piqûre d’épine sans
qu’Allah ne lui réduise ses péchés.” Vous
devez savoir que la maladie a une autre
perspective, elle peut être vue d’un autre angle
parce que “ ... les endurants auront leur
pleine récompense sans compter.” (TSC,
Az-Zoumar ‘Les Groupes’ : 10.) Au jour
de la Résurrection, les gens attendront leur
compte debout tandis que les endurants se
dirigeront directement vers le Paradis. La
première chose que je recommande aux malades est
la patience et nous avons le bel exemple de Ayûb
(Job). Il est resté malade dix-huit ans sans
pouvoir bouger. Sa femme lui demandait s’il n’en
avait pas assez et il lui répondait : “Combien
de temps avons-nous joui des grâces, quarante
ans ? Et depuis combien de temps sommes-nous
éprouvés, dix-huit ans ? Patientons jusqu’à ce
que les deux laps de temps s’égalent.”
Je voudrais recommander également aux
malades un sens encore plus beau que la patience
et c’est la satisfaction envers tout ce que
Allah donne. Une patience accompagnée de
l’agrément qui est un mot magique. Parce que
lorsque la peine et la fatigue arrivent et que
l’assentiment vient, le mal s’efface, le visage
s’épanouit et se déride et le cœur se
rafraîchit. L’agrément c’est ne pas accuser
Allah, faire la paix dans son cœur avec Lui et
accepter Son choix quel qu’il soit. Les savants
disent que ce consentement est situé à la
majestueuse porte d’Allah. Celui qui la franchit
se trouve dans le Paradis terrestre et le
Paradis éternel lui est garanti.
Je veux faire savoir aux malades comme aux
bien-portants que l’Islam nous exerce à
l’acceptation de la volonté d’Allah comme aux
exercices physiques. Le Prophète (BP sur lui)
dit : “Celui qui dit au matin et au soir
trois fois “Je suis satisfait d’avoir Allah
comme Seigneur, l’Islam comme religion et
Mohammed (BP sur lui) comme prophète et messager”.
Allah sans aucun doute lui garantira ce
sentiment de satisfaction pour ce jour. Imaginez
l’exercice, son bienfait et sa rétribution.
Celui qui dit à l’entente de l’appel à la prière
“Je suis satisfait d’avoir Allah comme
Seigneur, l’Islam comme religion et Mohammed (BP
sur lui) comme prophète et messager” se
trouve inscrit parmi les habitants du Paradis.
Comprenez-vous l’importance de l’agrément ?
Voyez cette invocation du Messager (BP sur
lui) : “Ô Allah, fais-moi accepter Ta
sentence pour que je ne désire pas accélérer ce
que tu as retardé ou ralentir ce que Tu as
accéléré.” Également cette autre invocation,
si vous n’êtes pas malade : “Ô Allah, je te
demande de me nantir de l’agrément à la suite du
verdict du destin.”
‘Imrâne ibn Huçayn,
un majestueux compagnon fut longtemps
malade. Il a gardé le lit pendant trente ans au
point qu’ils lui avaient fait un trou dans son
lit pour recueillir son urine. Les gens
rentraient chez lui et ne savaient que lui dire
mais, lui, disait : “J’aime cette chose que
Allah a voulu.” Ces paroles sont un remède pour
les malades.
‘Urwa ibn Az-Zubayr, le neveu de ‘Â’icha,
rendait visite au Prince des croyants à Damas
accompagné de son fils quand il tomba malade et
ils durent lui couper le pied. Également son
fils qui était allé jouer avec les chevaux dans
l’étable du Prince des croyants fut écrasé par
l’un de ces animaux et mourut. Les gens venaient
lui rendre visite et ne savaient quoi lui dire.
Mais lui disait : “Louange à Allah, j’avais huit
enfants, Il m’en a pris un et m’a laissé sept,
et j’avais quatre membres, Il m’en a pris un et
m’en a laissé trois. Louange à Toi Allah, si Tu
as pris Tu as laissé et si Tu as éprouvé Tu as
pardonné. Loué sois-Tu pour ce que Tu as laissé
et ce que Tu as pris.” Ainsi l’acceptation de la
volonté d’Allah se trouve à la porte majestueuse
d’Allah, qu’en pensez-vous les malades et les
bien-portants ?
La troisième chose que je recommande est la
multiplication de l’aumône. Le Messager (BP sur
lui) dit : “Soignez les maladies de vos
patients avec l’aumône.” Si vous avez un
malade guérissez-le en donnant l’aumône. Je ne
vais jamais oublier une histoire que j’ai vécue
avec un ami. Il avait un fils de cinq ans qui
avait commencé subitement à maigrir et à perdre
l’appétit. Il avait un cancer du premier degré
et était censé mourir dans deux ou trois mois.
Imaginez-vous la souffrance du père ? Un jour ce
dernier, en passant dans la rue, vit une vieille
dame qui fouillait dans les poubelles. Il lui
demanda pourquoi elle le faisait et elle
répondit qu’elle avait quatre enfants qu’elle
n’arrivait pas à nourrir. Mon ami l’emmena alors
chez son boucher à qui il dit : “ Cette dame
viendra te voir chaque mois et tu lui donneras
cela et cela et je réglerai sa note ”. Ensuite
il l’emmena chez l’épicier à qui il dit la même
chose et chez le tailleur également. Voyez-vous
l’art de faire l’aumône ? Il ne s’est pas
contenté de lui donner un peu d’argent. Je jure
par Allah et j’en étais témoin, après trois
semaines, son fils malade commença à
s’améliorer. Il l’emmena chez les médecins qui
ne voulaient pas croire que c’était le même
enfant. Mon ami dit qu’il n’y comprenait rien
non plus jusqu’à ce qu’un jour en ouvrant un
livre de hadith, il y trouva le hadith suivant :
Soignez les maladies de vos patients avec
l’aumône.” Il se rappela de la vieille dame
et se prosterna en remerciements à Allah qui la
lui avait envoyée.
La dernière chose que je recommande aux
malades et de rester en action quelle que soit
la maladie. Il ne faut ni se dorloter ni
dorloter ses enfants malades. Nous sommes une
Umma qui a besoin des efforts de tout son
peuple. Il faut même que les vieux malades
s’activent pour donner l’exemple aux jeunes qui
sont tout le temps assis dans les cafés à
s’amuser. Ils auront ainsi honte et réagiront.
Quoi dire après tout cela aux
bien-portants ? Je leur dis : “rendez visite aux
malades.” Pourquoi est-ce que ce devoir
religieux nous est-il devenu si difficile à
exécuter ? Le Prophète (BP sur lui) dit : “Soixante
mille Anges prient pour celui qui visite un
malade jusqu’à ce qu’il finisse.”
(rapporté par At-Termidhy). Savez-vous qui a rendu visite au Prophète (BP sur lui)
lorsqu’il est tombé malade ? C’est Djibrîl
(Gabriel paix sur lui). Il est descendu du ciel
non pas pour révéler du Coran mais juste pour
lui rendre visite et lui dire des invocations de
guérison.
Pendant que j’étais en Égypte et que nous
voulions méditer, je partais avec mes amis et
nous allions visiter les tombes. J’ai voulu le
faire en Angleterre mais j’ai vu que les tombes
y étaient très belles. J’ai alors emmené mes
amis dans les hôpitaux des malades brûlés. Car
ne pensez pas que la visite du malade est
uniquement recommandée pour les malades de la
famille. Je vous dis alors que si vous visitez
un jour le département des brûlés dans un
hôpital, votre culte envers Allah s’intensifiera
plusieurs fois. Faîtes-le et je vous rappelle
que la visite du malade n’est pas réservée aux
proches. Allez vers les malades dans les
hôpitaux et donnez-leur des cadeaux.
Je demande également aux bien-portants de
rappeler Allah aux malades comme je l’ai
recommandé aux médecins. Et je leur redis que le
soin par la foi est plus efficace que les
médicaments. Donnez aux malades des cassettes
audio qui leur parlent d’Allah, parlez-leur de
religion, récitez-leur du Coran et donnez-leur
des Sebha (chapelet).
En troisième lieu, je recommande de faire
des invocations pour le malade devant lui. Je
vais vous apprendre une invocation du Messager
(BP sur lui). Selon Ibn 'Abbâs (qu’Allah
l’agrée), le Prophète (BP sur lui) a dit: “Celui
qui rend visite à un malade dont le terme n'est
pas encore venu et qui dit auprès de lui sept
fois de suite: "Je prie Dieu Le Très Grand, Le
Maître du très grand Trône, de te guérir", voit
aussitôt Dieu le guérir de cette maladie.”
(Abou Dawùd et At-Tirmidhy)
Et une autre invocation : selon ‘Â’icha, lorsque le
Prophète (BP sur lui) rendait visite à l'une de
ses épouses malades. Il passait sa main droite
sur l'endroit douloureux en disant: “Seigneur
Dieu, Maître des Humains! Fais partir le mal.
Guéris, c'est Toi qui guéris et il n'est de
guérison que la Tienne. Une guérison ne laissant
après elle aucun mal”.
(Al-Boukhâri, Mouslim).
Vous devez apprendre vous les médecins cette
pratique tendre de caresser l’endroit malade, je
vous assure que votre malade vous en sera très
reconnaissant.
Le dernier conseil que je donne aux
bien-portants est de traiter le malade infirme
d’une façon naturelle. Ne lui faîtes pas sentir
qu’il est malade. Remontez-lui le moral et
dîtes-lui qu’il faut se lever et réussir. Si
vous avez un fils dans cette condition ne vous
laissez pas aller au chagrin, poussez-le à
réussir sa vie. Je vais vous présenter un court
métrage très impressionnant.
Le film présente une secrétaire assise sur
une chaise roulante devant un bureau. Elle
répond au téléphone et fait fonctionner le fax
tout en étant assise sur sa chaise et nous
adresse un beau sourire. Elle nous dit que le
travail lui emplit toute sa vie et nous demande
de considérer ses talents avant de considérer sa
maladie.
Je récapitule donc les recommandations qui
sont au nombre de quatre pour les médecins :
1-
La compassion et la
tendresse.
2-
L’art de se comporter avec
le malade.
3-
Le renouvellement
incessant des connaissances.
4-
Le rappel d’Allah au
malade.
Quatre pour les malades :
1-
La patience.
2-
Le consentement qui va
au-delà de la patience.
3-
L’aumône qui est plus
bénéfique que les médicaments.
4-
Et ce qui est encore mieux
que tout cela : La volonté de réussir.
Quatre aux bien-portants :
1-
La visite des malades même
s’ils ne sont pas des proches.
2-
Le rappel d’ Allah aux
malades.
3-
Les invocations du
Prophète (BP sur lui).
4-
L’aide morale aux malades
en ne leur montrant pas de la pitié et en les
encourageant à l’activité.
Cet épisode est fait pour des gens humains
qui aiment leur prochain, pour les médecins au
grand cœur qui désirent aller au Paradis et les
bien-portants qui le désirent également.
La renaissance Européenne a été fondée sur
le matérialisme tandis que la nôtre se base sur
une humanité très profonde et un idéal très haut
en vue du Paradis et de l’agrément d’Allah qui a
dit au Prophète : “Et Nous ne t ‘avons
envoyé qu’en miséricorde pour l’univers.”
(TSC, Al-‘Anbiyâ’ ‘Les Prophètes’ : 107.)
J’aimerai vous voir mettre cet épisode en
pratique parce qu’il est très facile. C’est le
plus facile et le plus délicat de tout le
programme de Sunnâa al-hayât (Les Bâtisseurs
de la vie). Je prie Allah (exalté soit-Il)
de le faire parvenir à tout le monde.
Je considère le prochain épisode comme le
plus important du programme de Sunnâa
al-hayât (Les Bâtisseurs de la vie). Nous y
prenons un nouveau virage et je vous prie d’y
assister parce que nous allons commencer à
travailler très sérieusement. Je prie Allah
(exalté soit-Il) de nous éclairer, de nous faire
triompher et de nous donner le succès.
Je vous laisse en paix et à bientôt.
[i]
TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction
est celle du sens courant le plus connu
jusqu'à présent de la sourate sus
mentionnée. Lire la TSC ne remplace
nullement sa lecture en arabe, la langue
de révélation du saint Coran.