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L’histoire de Youssouf : A8
Au nom d’Allah,
le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Nous nous sommes
arrêtés à la fin de la leçon précédente au verset 58 –ce
qui peut être traduit comme:
« Et les frères de Joseph vinrent et entrèrent auprès de lui. Il les
reconnut, mais eux ne le reconnurent pas. »
(TSC[i]:'Youssouf'
(JOSEPH):58). Ces versets marquent l’écoulement
de huit ans au moins. Rappelons le rêve prémonitoire du roi : il s’agit de sept
glorieuses années dans le sens où le bien va s’accroître, suivis de sept ans de
famine qui viendront à bout des sept ans précédents. L’excès de la récolte
emmagasiné durant les premières années constitue une provision contre les jours
de misère qui vont suivre.
Les frères de
Joseph sont venus de Palestine en Egypte, c’est-à-dire que la famine avait
atteint ce pays. Le verset ou, pour être plus précis, l’expression initiale
«Et…. vinrent » a résumé les événements survenus durant la période des sept ans.
Jusqu’à ce qu’il y ait famine et pour qu’elle se répande, il faudra compter un
an ; ajoutez à cela le temps qu’il faudra pour s’informer à propos du lieu
d’abondance. A ce moment, la zone entière du Moyen-Orient et toutes les tribus
venaient réclamer de l’aide au prophète Joseph demandant de quoi survivre.
L’Egypte était le seul pays qui avait des excès de récolte. Allah (exalté
soit-Il) a condensé tous les événements en une formule : «Et…. vinrent ».
Gloire à Allah le
très haut ! Vous pouvez me dire que le verset est ambigu. L’histoire nous incite
à réfléchir davantage. Les gens de quelque niveau mental que ce soit pourront
donc comprendre le Coran : celui dont la culture est minime trouvera sûrement
dans le Coran ce qui aura un grand impact sur lui à le faire pleurer ;
également, l’étudiant et l’adulte qui goûtent à la beauté et à la créativité des
versets en les comprenant. Ainsi, le Coran est apte à polariser toutes les
énergies et toutes les mentalités à travers les temps jusqu’au jour du jugement
dernier. –ce qui peut être
traduit comme:
« Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur (Muhammad), le
Livre, et n’y a point introduit de tortuosité (ambiguïté)! » (TSC,
Al-Kahf (La Caverne) : 1). Ainsi le Coran nous renvoie à un condensé de tous
ces événements.
Il y a là un
point à signaler : tout le monde affluait vers l’Egypte, mais ce pays ne
souffrait-il pas de la famine à cette époque ?
La famine a pris
source de l’Egypte même, pourquoi alors le pays et le prophète Joseph
aidaient-ils les populations de la zone entière ? Notez cet altruisme puisqu’ils
n’ont pas refusé de prêter main forte malgré la famine qui ravageait le pays.
Ils auraient pu tout de même prétendre qu’ils passaient par une crise économique
dure. Mais voici que le prophète Joseph accueillait tout le monde et les aidait
tout en étant en pleine crise.
Ne vous limitez
pas à vous-même, même si vous passez par une mauvaise situation économique.
Quand vous savez que votre voisin est dans une impasse et qu’il a besoin d’aide,
secourez-le ; le prophète Joseph, lui, en a dépensé au profit de la terre
entière. Comparons ce que le Coran nous invite à faire par rapport à ceux qui
jettent le blé dans l’océan atlantique dans l’unique but de le vendre plus cher.
Que les peuples se nourrissent ou qu’ils meurent, qu’importe !
Comment dire de
nos jours que la religion musulmane est une religion de glaive et de sang !
Est-ce logique ?
Apprenez et
imitez le prophète Joseph, même si votre situation financière ne le permet pas,
dépensez et ne vivez pas pour vous uniquement et pour vos enfants. Vous aurez
sinon la vie courte pour vous, pour votre progéniture et aux yeux des autres,
car naîtra petit, vivra petit et disparaîtra petit celui qui vit pour lui-même.
Celui qui vit
pour les autres, Allah allongera sa vie autant par les vies des autres dont il a
provoqué le bonheur. Apprenons donc l’altruisme de cette magnifique leçon du
prophète Joseph (Paix sur lui).
Il y a également
un point à signaler dans la séquence « Et les frères de Joseph vinrent et
entrèrent auprès de lui ». L’expression « entrèrent auprès de lui » nous
amène à voir un second sens : le prophète Joseph recevait les gens, leur
permettait d’entrer auprès de lui, et leur accordait son hospitalité, ce dernier
terme indiquant l’intensité de son dévouement.
Nous voulons,
dans cette leçon, souligner tous les principes moraux de cette sourate. Vous
rappelez-vous combien nous en avons mentionnés ? Par exemple, Joseph a refusé de
nommer la dame qui avait été la cause de son emprisonnement. Il dit simplement
–ce qui peut être traduit
comme:
“Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains ?
” verset 50. Il a également refusé de sortir de prison avant d’être
disculpé, il avait une cause à défendre et devait se soucier de sa réputation.
Homme d’honneur et de nobles principes, uniquement préoccupé par la famine
future, il a accepté d’interpréter le rêve du roi sans imposer la condition de
sortir de prison. Les mêmes principes le poussaient à recevoir personnellement
les délégations malgré ses lourdes charges, surtout celle d’approvisionner toute
la région.
Là, je vous
demande : recevez-vous bien vos invités ? Quelle est la dernière fois où vous en
avez reçu un d’une façon accueillante et, celle où vous étiez tout agacé
souhaitant le voir partir ? Et combien de femmes sont contrariées de voir leur
mari arriver avec un ami ?
Mes frères soyez
hospitaliers et laissez les gens sonner à vos portes, il y a un très grand
plaisir à voir sa maison souvent pleine d'invités. Allah peut vous punir et vous
en priver pour longtemps. A force de rester enfermés sur nous-mêmes nous avons
fini par croire cet état tout naturel et nous sommes devenus avares.
Nous devons
apprendre encore une chose de Joseph. Il a mis un plan et s’est chargé lui-même
de son exécution et ne s'est pas contenté de donner des ordres. Il surveillait
tous les travaux, recevait les gens lui-même et les invitait chez lui.
A l’arrivée de
ses frères, avec son esprit vif comme tout Musulman doit l’être, il les reconnut
mais eux le méconnurent, il avait grandi et changé. Allah (exalté soit-Il) a
choisi à leur sujet le terme arabe “nakiroûn” (méconnurent) parce qu’ils ne s’en
doutaient même pas. Ils l’avaient jeté dans le puits et le pensaient bien mort
et à jamais perdu. Ils ne pouvaient s’imaginer que cet homme important, en
contrôle de la nourriture de tout le Moyen-Orient, avec tous ces gens faisant la
queue devant sa porte, était Joseph.
–ce
qui peut être traduit comme
: “Et quand
il leur eut fourni leur provision, il dit: «Amenez-moi un frère que vous avez de
votre père. Ne voyez-vous pas que je donne la pleine mesure et que je suis le
meilleur des hôtes ?” (TSC:'Youssouf' (JOSEPH):59). En premier
lieu, comme nous l’avons dit plus haut, il distribuait aux gens le blé et
l’orge. Chacun venait avec un chameau d'une même taille et, sans aucun privilège
recevait une seule mesure, correspondant à la charge du chameau. Les dix frères
étaient venus sans Benyamîne (Benjamin) le frère germain de Joseph auquel
Ya‘qoûb (Jacob) s’était beaucoup attaché. Le petit lui rappelait le disparu et
il ne le quittait pas un instant. Il avait des craintes à son sujet en voyant
ses frères le maltraiter comme ils l’avaient fait pour Joseph.
A la seconde
partie du verset, Joseph dit : “ Amenez-moi un frère que vous avez de
votre père.” C’était comme s’il leur disait amenez-moi votre demi-frère.
Il révélait sa connaissance des détails et ils auraient dû s’en douter mais ils
ne le remarquèrent pas.
Que voulait
Joseph exactement ? Pourquoi ne les a t-il pas confrontés de suite ? Il voulait
tout d’abord amener son petit frère pour le garder auprès de lui et ensuite leur
donner une bonne leçon. Il les obligea à faire le trajet aller-retour en
Palestine plusieurs fois, non pour se venger, mais pour les secouer. Ils
n’avaient jamais avoué leur crime à leur père et l’avaient laissé confondu dans
son chagrin en larmes pendant quarante ans. Ils n’avaient donc jamais regretté
ce qu’ils lui avaient fait subir. Imaginez la nature de ceux-là qui devaient
devenir plus tard les patriarches des Bani-Isrâ’îl (les fils d’Israël).
Joseph désirait
leur donner la leçon petit à petit, nous le verrons dans les versets suivants.
Il a voulu prendre son frère malgré eux en usant de la ruse et en les faisant
souffrir comme ils l’avaient fait avec leur père. Il allait leur donner trois
leçons dont la dernière sera la plus dure.
En premier lieu,
il leur dira : “Amenez-moi votre frère.” En essayant de comprendre entre les
lignes, nous remarquons dans le verset qui raconte leur entrée chez lui le terme
“lorsque” dans les moments rapides du récit et “quand” dans les moments de
lenteur. Je dis cela pour ceux qui étudient l’exégèse et pour signaler la beauté
du Coran. Nous notons que, au moment de donner les provisions “quand” est venu
pour nous faire comprendre que Joseph a pris son temps de converser avec ses
frères et avoir de leurs nouvelles et de celles de son frère germain. Le
Musulman doit être intelligent et audacieux avec mesure et politesse. A ce sujet
je vous raconte une petite histoire :
Ach-Chifâ’ bint
‘Abdillâh avait un rôle important dans l’Islam et ‘Omar ibn Al-Khattâb l’avait
investie d’une charge importante. Un jour après la mort de ce dernier, elle vit
un groupe de jeunes hommes vêtus de haillons, les têtes baissées et parlant à
voix basse. Elle s’informa à leur sujet et on lui confia que c’étaient des
ascètes. Elle répondit : “Louange à Allah! ‘Omar ibn Al-Khattâb parlait bien
haut, mangeait à satiété, marchait d’un pas assuré et donnait des coups bien
forts, et c’était lui le vrai ascète."
Comme nous
l’avons dit, Joseph s’était assis avec ses frères et avait eu une longue
conversation avec eux. Il avait réussi à connaître leur identité, leur lieu
d’origine et toute leur histoire...
Le Coran ne donne
pas de détails mais nous devons les percevoir. Les savants ont essayé de nous
les faire ressortir dans les livres d’exégèse. Ach-Cha‘râwy comme Al-Qortoby,
donnent la même interprétation. Nous en apprenons que Joseph a su de ses frères,
l’existence de leur frère non germain (qui n’était pas venu avec eux) et les
craintes de leur père à son sujet. Ensuite, il leur a demandé d’amener ce frère
la prochaine fois et leur promit la charge d’un chameau en plus. Ils
prétextèrent ne pouvoir l’amener à cause des craintes de leur père mais il leur
répondit que la charge supplémentaire ne leur sera octroyée qu’à cette
condition.
Observons le
verset de nouveau : “Et quand il leur eut fourni leur provision, il dit:
«Amenez-moi un frère que vous avez de votre père. Ne voyez-vous pas que je donne
la pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes ?” et le verset
suivant –ce qui peut être
traduit comme:
“ Et si vous ne me l’amenez pas, alors il n’y aura plus de provision pour
vous, chez moi; et vous ne m’approcherez plus».” verset 60.
D’après l’un des interprètes, il signifie : si vous n'amenez pas votre frère
cela prouvera que vous ne dites pas la vérité et je n’aurai plus rien à faire
avec vous. Une autre interprétation dit qu’ils avaient demandé une mesure en
plus pour un frère qui n’était pas venu avec eux. Joseph l’avait donnée à
condition d’amener ce frère la fois suivante pour prouver la véracité de leurs
paroles, sans quoi ils n’auront plus de provisions. Et, comme ils avaient besoin
de nourriture il était sûr de leur retour.
Remarquez
également ces mots : “Ne voyez-vous pas que je donne la pleine mesure et
que je suis le meilleur des hôtes ?” Malgré la famine qui sévissait,
Joseph donnait aux gens une ample mesure. Un autre signe de sa haute morale
(comparez avec les commerçants de nos jours…).
A propos de
morale, j’aimerais vous dire qu’elle ne peut être qualifiée de haute que si elle
est tout le temps constante. Nous pensons par exemple que les Occidentaux sont
meilleurs que nous, plus polis, plus honnêtes, plus travailleurs mais il faut
remarquer certains points. Leurs bons principes ne sont pas fixes comme les
nôtres, ils apparaissent ou disparaissent selon le besoin. Leurs commerçants par
exemple affichent l’honnêteté et la sincérité parce qu’ils ont su par expérience
que ce comportement attire les clients et le bénéfice matériel. A la première
occasion où la morale ne s’avère plus nécessaire elle est oubliée. La preuve en
est que, lorsqu’il y a une panne électrique générale dans une ville quelconque,
les magasins sont rapidement dévalisés… Où donc sont passés les principes ?...
En Europe, une
femme qui est battue par son mari toutes les douze secondes et pourtant hors de
la maison elle est traitée avec galanterie. Les films occidentaux sur les
animaux sont pleins de scènes sentimentales. Nous voyons, par exemple, une dame
pleurer et se lamenter parce que sa chatte s’est cassée l’ongle, mais d’un autre
côté elle n’est nullement touchée par la souffrance humaine qui emplit le monde.
C’est une morale purement matérielle, pas comme celle que le Coran professe,
constante et égale quelles que soient les circonstances.
Voyez Joseph qui
met en pratique ses paroles : “ Ne voyez-vous pas que je donne la pleine
mesure et que je suis le meilleur des hôtes ?” Il surveillait tout
lui-même, recevait les gens et discutait avec eux. Il ne se tenait pas cloîtré
dans une haute tour laissant les autres exécuter ses ordres et distribuer la
nourriture. Regardez tous ces exploits et ces bons principes. A chaque fois que
nous en considérons un, nous en trouvons Joseph nanti.
Voyez également
comment il unit l’intimidation et l’incitation au désir : “ Et si vous ne
me l’amenez pas, alors il n’y aura plus de provision pour vous, chez moi; et
vous ne m’approcherez plus».” Après quoi ses frères lui répondirent –ce
qui peut être traduit comme:
«Nous essayerons de persuader son père. Certes, nous le ferons».
verset 61. Ils comptaient l’amener même si leur père refusait et
méritaient ainsi les leçons que Joseph voulait leur donner.
Il y a là une
question intéressante. Comment Joseph pouvait-il accepter d’exposer Le prophète
Jacob à un second malheur et à plus de peine ?
Nous nous
trouvons ainsi parfois obligés de faire de la peine à ceux que nous aimons si le
résultat devait leur amener la miséricorde. Il voulait donner la leçon à ses
frères et se réconcilier avec eux loin du père pour que leur première rencontre
tous ensemble soit heureuse.
Nous pouvons
profiter nous-mêmes de cette leçon et éviter de nous disputer avec nos frères au
sujet d’un héritage ou d’une autre raison devant nos parents, situation toujours
très dure pour eux. Joseph devait ainsi donner une bonne leçon à ses frères,
leur faire ressentir leur faute et la leur faire payer avant d’aller devant le
père et leur dire ‘je vous pardonne’. Ya‘qoûb” sera ainsi soulagé de cette peine
qui l’accablait depuis tant d’années en voyant qu’ils avaient amendé leur faute.
Pourquoi
pensez-vous qu'Allah nous fait subir des malheurs pareils ? Parce que, après en
avoir eu un, nous devons nous attendre à la grande miséricorde.
Le prophète Jacob
n’avait aucune idée du plan de Joseph. Il allait subir un grand malheur sans se
rendre compte de la grande miséricorde qui devait suivre. Je vous conseille
d’imiter Jacob dans les moments de malheur.
La verset 62
évoque ce que dit Yoûssouf –ce
qui peut être traduit comme:
“ Et il dit à ses serviteurs : «Remettez leurs marchandises dans leurs
sacs: peut-être les reconnaîtront-ils quand ils seront de retour vers leur
famille et peut-être qu’ils reviendront». Quelles marchandises
c’étaient ?
Toutes les
délégations venaient prendre du blé et de l’orge et donner en échange d’autres
marchandises. Pourquoi Joseph les leur prenait quand la région était en pleine
disette ? D’après un très beau principe Joseph voyait que, pour se nourrir il
fallait produire et non tendre la main. Il voulait éviter à ces gens de se
sentir pauvres et humiliés. Il leur donnait de la nourriture et prenait en
échange divers produits pour leur éviter d’avoir l’air de mendier.
D’où est-ce que
nous avons pris cette interprétation ? De ces versets –ce
qui peut être traduit comme:
“Remettez leurs marchandises dans leurs sacs” et “Ô al-Azize, la
famine nous a touchés, nous et notre famille; et nous venons avec une
marchandise sans grande valeur.”, qui signifie que, n’ayant pas de
bonnes marchandises et ne pouvant venir sans rien, ils avaient quand même
apporté de moins bonnes en échange.
Quelle leçon
pouvons-nous en tirer ? Que Joseph refusait l’idée de dépendance et, d’après ses
concepts, aucune personne ne devait vivre à la charge d’une autre. Les jeunes
qui ne trouvent pas de travail doivent apprendre n’importe quel autre métier.
L’important est de ne pas rester inoccupé. Les mauvaises actions commencent avec
l’oisiveté et la décadence avec le chômage. Le Prophète (BP sur lui) y remédiait
en faisant apprendre de nouveaux métiers aux Compagnons. Il pouvait par exemple
demander à l’un de ceux qui n'avaient jamais tenu une hache à la main d’aller
lui couper du bois dans la montagne. Joseph agissait ainsi d’après ce principe
du Coran et de la Sunna.
Je conseille à
tous ceux qui souffrent du chômage d’essayer un nouveau métier où ils trouveront
peut-être une meilleure rémunération. Ils peuvent passer la matinée à la
recherche d’un certain emploi et travailler à un autre ou s’entraîner à un
nouveau l’après-midi. S’ils pensent réussir mieux dans un travail du même
domaine de leurs études, je leur dis de patienter et d’essayer de prendre
n’importe lequel pour subsister en attendant la réalisation de leur souhait.
C’est un conseil pour tous ceux qui souffrent de chômage.
Que devenaient
les marchandises données à Joseph ? L’Égypte avait souffert du chômage durant
les sept années de disette et il voulait y mettre un terme surtout que les
Égyptiens comptaient sur l’agriculture. Il a commencé à installer des bureaux
d’administration pour le triage des marchandises prises en échange, pour leur
recyclage, leur vente et leur distribution. Il arriva ainsi à supprimer le
chômage et imaginez-vous le génie de ce prophète qui se connaissait en économie
et en psychologie en plus de ses nombreux autres talents.
Voyez cette
majestueuse méthode d’enseignement du Coran qui nous profite dans tous les
aspects de notre vie. Je formule parfois cette prière : “Ô Allah fais du Coran
mon compagnon durant la vie ici-bas et ma réjouissance dans le tombeau.” Vous ne
comprendrez le sens de ‘réjouissance dans le tombeau’ qu’en assistant aux
conférences religieuses, en comprenant et en ressentant le plaisir de ces
leçons, en vivant avec le Coran.
Joseph voulait
empêcher les gens de mendier, supprimer le chômage, ouvrir les marchés, aider à
la diffusion des marchandises et, malgré la disette, l’Égypte était en plein
développement économique.
Retournons à ce
verset : “ Et il dit à ses serviteurs : «Remettez leurs marchandises dans
leurs sacs: peut-être les reconnaîtront-ils quand ils seront de retour vers leur
famille et peut-être qu’ils reviendront».” Il désirait voir ses
frères revenir et craignait que, faute d’avoir d’autres marchandises, ils ne
puissent retourner prendre du blé. Il ordonna à ses serviteurs de remettre dans
leurs sacs, au milieu des graines, celles qu’ils avaient apportées.
Ensuite vient le
verset 63 –ce qui
peut être traduit comme:
“ Et lorsqu’ils revinrent à leur père, ils dirent: «Ô notre père, il nous
sera refusé [à l’avenir] de nous ravitailler [en grain]. Envoie donc avec nous
notre frère, afin que nous obtenions des provisions. Nous le surveillerons
bien». ” Tout de suite à leur arrivée, ils racontèrent à leur père ce
qui leur était arrivé. Ils lui demandèrent d’emmener leur frère avec eux la fois
d’après faute de quoi ils ne pourraient prétendre à d’autres provisions.
Ensuite le
verset 65 –ce qui peut
être traduit comme:
“Et lorsqu’ils ouvrirent leurs bagages” nous fait comprendre
également qu’ils avaient parlé à leur père avant même d’ouvrir leurs bagages.
Ils lui demandèrent d’emmener leur petit frère avec eux et promirent de bien le
garder. Vous rappelez-vous de cette même promesse faite à leur père il y a
quarante ans à propos de Joseph ? Il leur répondit –ce
qui peut être traduit comme:
«Vais-je vous le confier comme, auparavant, je vous ai confié son frère?
Mais Allah est le meilleur gardien, et Il est Le plus Miséricordieux des
miséricordieux!»” verset 64. N’est-ce pas là une dure leçon pour
eux ? Et ce n’est que le début.
J’aimerais
adresser là un mot aux mères qui sont toujours inquiètes de laisser leurs
enfants prendre l’autobus ou aller quelque part seuls. Elles empêchent le
développement de leur sens de responsabilité. Je leur dis voyez comment Allah
(exalté soit-Il) dit qu’Il est Le Gardien ? Je ne vous demande pas de jeter vos
enfants vers le péril mais ne pas les rendre poltrons. D’après notre doctrine,
nous devons être sûrs que Allah est Le seul Gardien et cette règle doit s’ancrer
dans les cœurs.
Regardez comment
le Prophète (BP sur lui) apprenait la doctrine à un enfant de dix ans, ‘Abdillâh
ibn ‘Abbâs : “Jeune homme, garde Allah (exalté soit-Il), Il te gardera. Garde
Allah, tu Le trouveras de ton côté. Si tu veux demander, demande à Allah, si tu
veux de l’aide, appelle Allah. Tu dois savoir que si toute la Omma se réunit
pour te faire du bien, ils ne pourront faire que ce qui t’a été prédestiné par
Allah. Et si toute la Omma se réunit pour te faire du mal, ils ne pourront te
faire que ce qui t’a été prédestiné par Allah. Les plumes (du destin) ont été
levées et les pages ont séché (l’encre des pages du Registre).
“Garde Allah”,
cela signifie que tu dois avoir Sa pensée en toi tout le temps, dans la tête et
dans le cœur. Aide-toi à Le garder en assistant à une leçon religieuse, en
priant dans la mosquée, en apprenant les règles de Tadjwid (psalmodie du Coran)…
Tu dois te rappeler de Lui matin et soir, faire quelque chose d’utile pour
l’Islam (aider dans un orphelinat, dans une association caritative). C’est ainsi
que tu peux te garantir la garde d’Allah.
Nous lisons
souvent ce verset sans y réfléchir. Si nous concevons bien le sens de ces
paroles, elles auront un écho dans nos cœurs, nous aurons plus confiance en
Allah et nous n’aurons plus de craintes. Nous ne sommes pas tous capables de
faire de l’exégèse et ressortir les sens profonds de la sourate Joseph, mais
nous pouvons tous comprendre ces paroles : “ Allah est le meilleur gardien”.
Je souhaite la voir s’ancrer dans nos cœurs. J’invoque Allah et je dis ‘Allah
est le meilleur gardien’ pour garder nos jeunes qui sont le trésor de
l’Islam, et garder leur foi.
Retournons à
l’histoire de Joseph :
–ce qui peut être traduit comme
:
“Et lorsqu’ils ouvrirent leurs bagages, ils trouvèrent qu’on leur avait
rendu leurs marchandises. Ils dirent: «Ô notre père. Que désirons-nous [de
plus]? Voici que nos marchandises nous ont été rendues. Et ainsi nous
approvisionnerons notre famille, nous veillerons à la sécurité de notre frère et
nous nous ajouterons la charge d’un chameau et c’est une charge facile».”
verset 65. Les frères de Joseph voulaient retourner rapidement chez lui
et montrer les marchandises rendues comme preuve de la véracité de leurs
paroles. Ils essayèrent de convaincre leur père de leur confier le petit frère
mais –ce qui peut être
traduit comme
: “Il dit:
«Jamais je ne l’enverrai avec vous, jusqu’à ce que vous m’apportiez l’engagement
formel au nom d’Allah que vous me le ramènerez à moins que vous ne soyez
cernés». ” verset 66. Il leur rappela ce qu’ils avaient fait de Joseph
et leur demanda de jurer par Allah de ramener le jeune frère à moins d’un
malheur involontaire. “Lorsqu’ils lui eurent apporté l’engagement, il dit:
«Allah est garant de ce que nous disons».” Dix hommes adultes qui
devaient jurer à leur père pour avoir sa confiance, imaginez-vous cette honte ?
Ils s’en allèrent
après son approbation et remarquez comment il fut rassuré par ces seuls mots de
“Allah nous suffit; Il est notre meilleur garant.” Pour lui
c’était comme un acte passé devant notaire. ‘Allah est le Garant’, une autre
règle comme pour ‘Allah est le Gardien’.
Nous devons
compter avant tout sur Lui pour devenir les plus forts, celui qui a recours à
Allah vit dignement. Nous comptons uniquement sur les causes matérielles, c’est
là notre problème, et notre vie en est bouleversée. Au plus petit ennui, nous
nous sentons malheureux et déprimés. Car, tout en prenant les causes matérielles
en considération, nous devons comprendre que le vrai Garant c’est Allah. Les
savants disent par exemple que celui qui pleure à sa mort de peur d'abandonner
ses enfants à leur sort, n’a pas confiance en Allah.
Ensuite le
prophète Jacob dit à ses enfants –ce
qui peut être traduit comme:
“ Ô mes fils, n’entrez pas par une seule porte, mais entrez par portes
séparées. Je ne peux cependant vous être d’aucune utilité contre les desseins
d’Allah. La décision n’appartient qu’à Allah: en Lui je place ma confiance. Et
que ceux qui placent leur confiance la placent en Lui.” verset 67.
Nous voyons de ce
verset que l’Égypte devait avoir plusieurs portes et Jacob le savait comme il
savait tout ce qui se passait dans ce monde ici-bas. Il sentait que ses fils
pensaient avoir l’amitié de l’homme noble de l’Égypte (Joseph) qui leur avait
rendu leurs marchandises et de plus ils étaient onze frères, cela inspirait de
la force et il eut peur de les voir touchés par le mauvais œil généré par
l’envie.
Nous sommes sûrs
de l’existence de cette mauvaise force par l’allusion au milieu du verset mais,
si nous ne pouvons pas la nier, comment s’en préserver et préserver les autres
de nous-mêmes ? Pour éviter d’engendrer ce mauvais sentiment en nous et causer
du tort sans le vouloir, nous devons dire à la vue d’une belle chose : “Telle
est la volonté (et la grâce) d’Allah ! Il n’y a de puissance que par Allah”.
Nous trouvons ces paroles dans la sourate “Al-Kahf” (La Caverne), et le
Messager (BP sur lui) nous les a apprises. Votre interlocuteur sera également
rassuré de ne pas être touché par votre envie.
Pour éviter
d’être touché vous-même par ce mal, vous devez vous immuniser avec le “Dhikr”
(Invocations) le matin et le soir. Nous trouvons des exemples de ces invocations
dans de petits livrets qui ne sont pas uniquement une protection contre la
mauvaise force de l’envie, mais contre tout mal. Parmi ces prières se trouvent
les deux dernières sourates du Coran, “Al-Falaq” (L’Aube naissante) et “An-Nâs”
(L’Homme). D’après la Sunna (tradition du Prophète), en allant au lit, nous
devons réciter sourate “Al-Ikhlâs” (Le Monothéisme pur) et les deux sourates
citées, chacune trois fois, souffler dans nos mains et les faire passer sur tout
le corps autant que possible. Le Prophète (BP sur lui) nous a également appris
une invocation qui nous a été rapportée par les Imâm Ahmed, At-Termidhi et Abou
Dawoûd et qu’il récitait à Al-Hassan et Al-Hussein ses petits-enfants : “Je
vous protège avec les paroles intégrales d’Allah du mal de Satan, de toute chose
nuisible et de tout œil envieux.” Ils leur disait que c’était avec ces mêmes
paroles que Ibrahîm (Abraham) protégeait Isma‘îl (Ismaël) et Ishâq (Isaac).
Nous serions
certainement mieux si chacun faisait cette invocation pour ses enfants comme
mode de protection. A la place, nous voyons aujourd’hui des gens qui vont vers
des charlatans pour les guérir du mauvais œil. Je dis, par Allah, aucun mal ne
touchera celui d’entre nous qui s’immunise avec les invocations et le Dhikr. Les
Juifs disaient avec dépit et envie : “Mohammed n’a rien laissé sans l’apprendre
à ses Compagnons, même ce qu’ils doivent dire en passant leurs besoins.”
Revenons au
prophète Jacob quand il dit à ses enfants : “ ...n’entrez pas par une
seule porte, mais entrez par portes séparées ...”. Il prenait en
considération les causes matérielles mais, voyez sa confiance en Allah lorsqu’il
dit : “ Je ne peux cependant vous être d’aucune utilité contre les
desseins d’Allah”. Ce verset nous donne le vrai sens de la confiance en
Allah qui consiste à prendre toutes les mesures matérielles et d’agir en
conséquence sans compter dessus dans nos coeurs. Il faut essayer d’arriver au
but en usant de tous les moyens matériels possibles tout en étant sûr que seule
la volonté d’Allah prévaudra.
Il est alors tout
naturel que le verset se termine avec ces mots : “ La décision
n’appartient qu’à Allah: en Lui je place ma confiance. Et que ceux qui placent
leur confiance la placent en Lui.”
J’ai voulu dire
que la confiance en Allah s’installe peu à peu dans le cœur d’une personne
jusqu’à ce qu’elle soit assurée que rien ne peut lui arriver sans la permission
d’Allah. Nous pouvons parfois nous tromper et penser qu’une certaine chose
dépend de quelqu’un en particulier mais si la confiance en Lui est ancrée, nous
réalisons que rien ne peut avoir lieu en dehors de Sa volonté.
Le verset 68 nous
dit –ce qui peut être
traduit comme
: “Etant
entrés comme leur père le leur avait commandé [cela] ne leur servit à rien
contre (les décrets d’) Allah. Ce n’était [au reste] qu’une précaution que Jacob
avait jugé [de leur recommander]. Il avait pleine connaissance de ce que Nous
lui avions enseigné. Mais la plupart des gens ne savent pas.” Mais la
plupart des gens ne connaissent pas la vraie valeur de la confiance en Allah.
Le verset 69
vient ensuite –ce
qui peut être traduit comme:
“ Et quand ils furent entrés auprès de Joseph, [celui-ci] retint son frère
auprès de lui...” Le terme “quand” est signe de la lenteur des
événements comme nous l’avons mentionné plus haut. Effectivement, après les
avoir reçus, il retint son frère. Si nous avions eu “lorsque” cela aurait dénoté
qu’il avait pris son frère avant et les autres l’auraient remarqué.
Également le
terme arabe “Â wa” traduit dans cette version du Coran par “retint” peut
signifier “se blottir”. Nous pouvons penser que Joseph a pris dans ses bras son
jeune frère qui lui a raconté tout ce qui s’est passé pendant quarante ans…
Nous remarquons
la douceur, la tendresse, le sentiment inspirés au plus haut point par ces
paroles du verset 69 –ce
qui peut être traduit comme:
“Je suis ton frère. Ne te chagrine donc pas pour ce qu’ils faisaient”.
Ensuite le verset 70 –ce
qui peut être traduit comme
: “Puis,
quand il leur eut fourni leurs provisions, il mit la coupe dans le sac de son
frère. Ensuite un crieur annonça : «Caravaniers ! vous êtes des voleurs».”
Et la réponse des frères –ce
qui peut être traduit comme:
“Qu’avez-vous perdu?”
Ils ne pensaient
pas être accusés de vol alors qu'ils étaient les fils d’un prophète. Ils
s’informèrent de ce qui a été perdu et il leur fut répondu –ce
qui peut être traduit comme
: “Nous
cherchons la grande coupe du roi. La charge d’un chameau à qui l’apportera et
j’en suis garant” verset 72. Le garant là était Joseph.
Les dix grands frères de Joseph dirent –ce
qui peut être traduit comme:
“Par Allah, dirent-ils, vous savez certes que nous ne sommes pas venus
pour semer la corruption sur le territoire et que nous ne sommes pas des voleurs”.
Joseph demanda –ce qui peut
être traduit comme
: “Quelle
sera donc la sanction si vous êtes des menteurs? ” Ils répondirent –ce
qui peut être traduit comme
: “La
sanction infligée à celui dont les bagages de qui la coupe sera retrouvée est:
[qu’il soit livré] lui-même [à titre d’esclave à la victime du vol]. C’est ainsi
que nous punissons les malfaiteurs.”
J’aimerais
clarifier qu’il y avait deux systèmes de lois. Le système du roi en Égypte qui
obligeait le voleur à payer le double prix de l’objet volé et le système de
Jacob qui condamnait le voleur à l’esclavage.
Joseph voulait
aboutir à la loi légale de Jacob, mais comment quand ils se trouvaient tous en
Égypte ? Avec son intelligence, ils les avaient amenés à décider d’eux-mêmes.
Le Musulman doit
être ainsi intelligent et je me rappelle d’un vieil homme qui me le répétait
toujours : celui qui lit le Coran et pratique ses concepts doit être le plus
intelligent. Il est sérieux, réussit, comprend les problèmes de la vie et
décrète sagement parce qu’Allah l’éclaire.
Les frères de
Joseph qui étaient sûrs de ne pas avoir volé dirent donc : “C’est ainsi
que nous punissons les malfaiteurs”
Il faut noter là
également l’intelligence de Joseph qui commença à regarder dans leurs bagages
avant ceux du petit frère –ce
qui peut être traduit comme:
“
[Joseph] commença par les sacs des autres avant celui de son frère; puis il la
fit sortir du sac de son frère.”
Notons comment la leçon devait être difficile pour eux en pensant à ce qu’ils
devaient dire à leur père.
Allah (exalté
soit-Il) dit –ce qui peut
être traduit comme
: “ Ainsi
suggérâmes-Nous cet artifice à Joseph”, parce que toute chose est de Son
ordonnance et Il inspirait Joseph. Le verset 76 continue ainsi –ce
qui peut être traduit comme:
Car il ne pouvait pas se saisir de son frère, selon la justice du roi, à
moins qu’Allah ne l’eût voulu. Nous élevons en rang qui Nous
voulons. Et au-dessus de tout homme détenant la science il y a un savant [plus
docte que lui] ”.
Les frères
répondirent –ce qui peut
être traduit comme
: “ Ils
dirent: «S’il a commis un vol, un frère à lui auparavant a volé aussi.» Mais
Joseph tint sa pensée secrète, et ne la leur dévoila pas.
Il dit [en lui même]”
[i]
Traduction des Sens
du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu
jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace
nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du noble Coran

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