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L’histoire de Youssouf : A5
Au
nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Revenons à la
sourate de Joseph. Ceux qui ont assisté depuis le début, remarqueront
certainement que je commence toujours par reproduire la fin de la précédente
conférence. On a longuement parlé de la femme d’Al-Azize et de la lutte
contre la tentation. Nous ferons autant cette fois-ci et ce, dans le seul souci
de rendre les gens, les femmes aussi bien que les hommes, plus forts et plus
fermes.
Nous avons
disserté la dernière fois sur la résistance à la séduction et les attraits du
mal, en précisant que cela concernait aussi bien les jeunes gens que les mariés,
hommes et femmes. Nous avons insisté sur la particularité capitale de la lutte
contre les tentations et le péché où tu es tenu de déployer tous tes efforts
afin d’obstruer toutes les issues par lesquelles la tentation pourrait
s’infiltrer.
Nous nous sommes
arrêtés au premier quart du trentième verset, et nous nous sommes mis d’accord
pour apprendre par cœur les trente versets précédents. Quelqu’un d’entre vous y
est-il arrivé ?
Ô, Mes frères,
sachez que c’est une chose très facile. Cheikh Ach-Chaâraoui les récite
tous les jours, et les cassettes de la Sourate sont disponibles partout, ainsi
que nous les répétons chaque fois en essayant d’interpréter leur sens. Pourquoi
ne les apprends-tu donc pas? Il existe dans ce cas un problème que tu dois à
tout prix résoudre. Je t’en prie, apprends ces versets. Si tu les apprends, si
tu en saisis le sens, si tu les récites pendant la prière nocturne, tu goûteras
alors un nouveau délice… Essaye.
Aujourd’hui, nous
continuons avec le verset 30
–
Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être traduit comme : « Et
dans la ville, des femmes dirent: «la femme d’Al-Azize essaye de séduire son
valet! Il l’a vraiment rendue folle d’amour. Nous la trouvons certes dans un
égarement évident »
(TSC[i],
'Youssouf' (JOSEPH) : 30).
Analysons ce
verset « Et dans la ville, des femmes dirent » ... Ce qui c’est
passé, c’est que l’affaire a été ébruitée dans toute la ville, et toutes les
femmes du pays en prirent connaissance. Après la demande d’Al-Azize à
Joseph de ne plus penser à cela afin de terrer le sujet pour sauver sa prestance
sociale mais Allah le dévoila. Le scandale fut grand, toutes les femmes en
parlèrent, ce qui fait que toute la ville fut au courant ;« Et dans la
ville, des femmes dirent »… Il est clair que ces femmes appartiennent à
la même classe aristocrate que celle de la femme d’ Al-Azize. Comment
ont-elles appris ? Il n’y a eu que quatre personnes qui assistèrent à ce fait :
Al-Azize, sa femme, Joseph et le témoin. Il est impossible que la femme
d’Al-Azize ait dénoncé son propre déshonneur, ou que Joseph ait raconté
l’événement. Quant à Al-Azize, il chercha à tout prix à étouffer
l’affaire pour qu’elle ne se sache pas et le témoin semble être un homme
respectable car c’est un témoin très réfléchi et sage, ses dires en font
preuve : il a eu la présence d’esprit de trouver le lien entre le côté par
lequel la chemise a été déchirée et le coupable quand on lui présenta la chemise
comme seule preuve existante. « Si la déchirure se trouve en avant de la
chemise, c’est Joseph qui est coupable » dit-il : « par contre si elle se
trouve sur la face arrière, cela signifierait que c’est la femme qui est
coupable ». C’est en effet un homme sage. Alors comment les gens ont-ils
appris ? Comment la nouvelle s’est-elle autant répandue ?
Les valets du
palais et les gens qui y travaillent ont répandu cette nouvelle. Les nouvelles
commencent souvent à se répandre de cette manière, les valets épient les
discussions et les rapportent à l’extérieur du palais, et les histoires se
propagent d’un domestique à un autre, de celui-là à son maître, de ce dernier à
sa femme. Ainsi toute la ville s’en trouva au courant et
Al-Azize
et sa femme se sont trouvés quant à eux en plein scandale.
En marge de cela,
j’ai une petite remarque amusante à annoncer aux admirateurs de la langue
arabe : savez-vous que femmes en arabe (Nissa’a et Nissoua) est un pluriel
irrégulier ? C’est à dire qu’il n’a pas de singulier. Voyez-vous même en
linguistique les femmes nous causent des problèmes ?! Je ne me moque pas de nos
femmes, loin de moi cette idée.
Allah (exalté
soit-Il) dit ce qui peut être traduit comme : « Et
dans la ville, des femmes dirent: «la femme d’Al-Azize essaye de séduire son
valet! Il l’a vraiment rendue folle d’amour.»
La question qui se pose ici : est-ce que les radotages de ces femmes ont pour
cause la colère pour la probité et l'emballement pour la vertu ? Vous voyez ce
qu’elles disent ? 'La femme d’Al-Azize essaye de séduire son valet! Il
l’a vraiment rendue folle d’amour'. Il ne s’agit ni de colère pour la probité ni
d’emballement pour la vertu. C’est un penchant pour les scandales, c’est de la
médisance, c’est la diffamation des autres pour assouvir sa vengeance. Il s’agit
de cœurs malades.
Vous- rendez vous
compte de quel genre de problèmes la société soufre-t-elle ? Voyons la société
dans laquelle se passa l’histoire de Joseph: des femmes désœuvrées. La femme d’Al-Azize
s’abaissa à un niveau dégradant et abject à tel point que son histoire fût
divulguée partout et elle en fut indifférente. Les femmes ne trouvant de quoi
s’occuper, se livrèrent à des commérages sans fin. Je me demande si nos femmes
sont dans le même état d’esprit que celles-ci ? Car, en fait, nous ne faisons
pas que relater des contes ! Y a t-il des hommes ici qui voient leurs femmes,
sœurs, ou mères pataugeant dans une telle atmosphère empoisonnée de scandales et
qui se taisent ?
Notez bien que
cette Sourate traite de multiples problèmes sociaux. A mesure que nous avançons
dans ses versets, nous découvrons un problème nouveau dont souffre la société.
Aujourd’hui, c’est la question du désœuvrement de certaines femmes qui, à force
d’ennui et de temps libre, se livrèrent aux potins et aux commérages, tenant des
propos diffamatoires et calomnieux. Une femme, abandonnée à l’oisiveté, s’est
rapetissée au plus bas niveau qu’une femme peut tenir. Comment une telle société
peut-elle exister ? Y a t-il une de nos femmes qui vit dans une ambiance
pareille ? Je ne suggère pas - Allah m’en garde - qu’elle soit comme la femme d’Al-Azize.
Mais elles peuvent être comme les femmes de la ville. Je me demande, si tu
voyais autour de toi des femmes de ta famille se comportant ainsi, que
ferais-tu ? Iras-tu te disputer avec elles, ou bien essayeras-tu d’occuper leur
temps libre ?
Ce verset met le
doigt sur le problème majeur de ces femmes : l’oisiveté, qui est d’ailleurs le
même problème de la femme d’Al-Azize. Les savants disent : « Ton cœur, si
tu ne l’occupes pas par le vrai, il t’occupera par le faux », alors occupe-le,
et spécialement les femmes, car elles disposent de plus de temps libre par
rapport aux hommes. L’homme est fléchi sous le poids des responsabilités le
jour, et sous les soucis d’avenir la nuit, alors que la femme, pouvant compter
sur lui pour assurer le confort matériel de la famille, dispose de plus de temps
libre. Nous avons peur pour toi, prends garde à ne pas vivre désœuvrée, car
alors tu t’abaisseras, et malgré toi tu désobéiras à Allah. Si ce n’est pas par
un péché majeur - qu’Allah nous en garde - ce sera par les médisances et par les
outrages à autrui. Une femme qui parle au téléphone pendant quatre heures, que
peut-elle bien raconter ? Combien de fois offensera t-elle l’honneur d’une autre
personne ? Cet appel téléphonique, a t-il été constructif dans la société ou
bien a t-il détruit quelques fondations d’autres foyers ?
Je reviens encore
pour dire que la question de l’oisiveté est très importante. Ni la femme d’
Al-Azize ni les autres femmes ne seraient tombées dans cette abjection si
elles n'étaient pas désœuvrées. Etablis un programme pour occuper ta journée. Si
tu es libre et que tu ne trouves rien à faire, cherche une œuvre caritative
profitable à la communauté. Il fait mal au cœur de voir qu’une femme telle que
Mère Térésa emplit le monde autour d’elle de bienfaits au point de
mériter le prix Nobel (et nous attestons bien qu’elle le mérite), alors qu’il
n’y a pas parmi nos femmes une qui pourrait être ainsi. N’y a t-il pas parmi nos
femmes une qui aspire à emplir le monde de bienfaits ? N’y a t-il pas parmi
elles une qui se dit : j’ai du temps libre, je l’utiliserai pour un travail
profitable à ma religion ? Le volontariat charitable pour l’accueil des
orphelins, des miséreux et des malades dans les hôpitaux constitue une des
portes du bien. Nous sommes soixante-dix millions, les possibilités de faire le
bien sont énormes. L’état ne peut subvenir à tous les besoins, alors femmes,
jeunes et tout désœuvrés, dirigez-vous vers les travaux caritatifs, occupez-vous
en aidant les autres, ne vous laissez pas entraîner dans le cercle de l’oisiveté
par lequel le Diable trouve son principal accès « Deux grâces causent du tort
à leurs possesseurs, la santé et l’oisiveté ».
Ne restez pas
ainsi mes frères, il faut faire quelque chose. Le cœur est affecté en
rencontrant des organismes étrangers accomplissant des actions caritatives chez
nous. Avec notre argent ils subviennent aux besoins de nos nécessiteux. Alors,
pourquoi n’accomplissons-nous pas directement ces bonnes actions ? Pourquoi ne
le fais-tu pas toi-même ? Faut-il que ça vienne de l’étranger ? Cela veut-il
dire qu’ils sont plus charitables avec les nôtres que nous-mêmes ? Avons-nous
vraiment besoin qu’un étranger vienne nous diriger vers le bien ? Réfléchis avec
tes amis à toute œuvre de charité que vous pouvez accomplir. Aider dans les
centres de traitement des tumeurs ou des cancers, et à accueillir les
orphelins... Ô gens, C’est bien nous qui ne voulons pas nous activer… Tu restes
inactif, à vivre et à manger prétendant être pieux et voulant faire quelque
chose, mais tu attends qu’on te dise quoi faire. Chez nous, ahurissant est le
nombre d’orphelins, de pauvres, de miséreux, de handicapés, de malades, des
aspirants à l’apprentissage du Coran…
Ecoute notre
seigneur quand Il parle de David (je m’adresse à tout le monde mais aux femmes
en particulier: Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être traduit
comme : « et rappelle-toi David, Notre serviteur, doué de force [dans
l’adoration][ii] »
( TSC, 'Sâd' :17).
Il y a malheureusement des gens dont les mains sont nouées alors qu’ils
jouissent de force, de vitalité et de muscles bien sculptés. Toutes ces
moralités nous pouvons les tirer de ce verset.
« Et dans la
ville, des femmes dirent: «la femme d’Al-Azize essaye de séduire son valet! Il
l’a vraiment rendue folle d’amour».
Voyez-vous, le
mot « séduire » est répété 4 fois : le verset 23– qui peut être
traduit comme
« Or celle
[Zulikha] qui l’avait reçu dans sa maison essaya de le séduire »,
le verset 30 qui peut être traduit comme: « Et dans la ville, des
femmes dirent: «la femme d’Al-Azize essaye de séduire son valet!», le
verset 26 : – qui peut être traduit comme
« [Joseph] dit:
«C’est elle qui a voulu me séduire»
le verset 51 : – qui peut être traduit comme
« .. Et la femme
d’Al-Azize dit: «Maintenant la vérité s’est manifestée. C’est moi qui ai voulu
le séduire. ».
Cette répétition est pour montrer à quel point son âme est inébranlable, elle
(la femme) ne cessa de le presser, et pourtant il ne succomba pas à la
tentation. Et dire qu’il existe des hommes qui fléchissent pour un simple signe
d’une femme, et qu’il y en a même d’autres qui n’attendent même pas de signe, il
leur suffit de l’imaginer. Aussi, des hommes qui passent leur vie à rêver de ce
péché, et se lamentent sur leur sort, qu’ils n’arrivent pas à attirer les femmes
alors que d’autres y arrivent. Mais Joseph a tenu bon, vous qui désirez
l’imiter. Sa personne était tenace.
« La femme
d’Al-Azize essaye de séduire son valet! Il l’a vraiment rendue folle d’amour ».
Remarquez l’expression «
Il l’a vraiment rendue folle d’amour
» :
voyez-vous, son amour l’a envahie au point d’en être folle, pourtant nous savons
bien qu’il ne s’agit pas d’amour mais de désir. Pourquoi alors cette
expression ? C’est une conception dangereuse. Il se trouve que les femmes se
laissent facilement abuser, et ne font pas de distinction entre l’amour et le
désir charnel. Et de ce fait, elles se font souvent tromper sous le nom de
l’amour. Ce point est très important. Regardez bien, dans cette histoire : bien
qu'il soit bien clair que ce n’est qu’une affaire de désir, elles parlèrent
d’amour. Et toi aussi, on peut te tromper ainsi. Le jeune homme ne cesse de
répéter qu’il est amoureux d’elle, et la jeune fille le croit, jusqu’à ce qu’ils
tombent dans l’erreur et désobéissent à Allah. Le lendemain, il ne la regarde
plus dans les yeux. Je jure devant Allah, qu’il ne se passe pas une semaine où
garçons et filles ne viennent m’avouer de pareilles histoires. Sous le nom de
l’amour, ils entreprennent une relation jusqu’au jour où ils commettent le
péché. Puis après, le jeune homme n’a plus envie de voir la jeune fille qui
l’accuse de la laisser et de l’avoir trompée ou bien qu’il l’a épousée en
secret. Ce mariage secret dont vous entendez parler dans les universités, il ne
s’agit nullement de mariage, détrompez-vous, c’est de la fornication, c’est un
péché. Toute fille qui se marie en secret sans que sa famille ne soit au courant
est tombée dans le péché de la fornication. Prends garde, ne te laisse pas
leurrer par les paroles d’amour, je te jure que le lendemain il t’abandonnera,
car il est ignoble, et parfois même c’est plus fort que lui vu qu’il ne voit
plus sur son visage que l’incarnation du diable.
Chaque semaine on
entend ce genre d’histoires qui se répètent et quand on demande au jeune homme
s’il aimait la jeune fille, il répond que ce n’était pas de l’amour, que c’était
un désir charnel. Effectivement, s’il était amoureux de toi, il ne serait pas
sorti avec toi en cachette, il t’aurait plutôt épousée. Je l’ai déjà dit aux
filles, et je le répète : Si tu veux tester la sincérité de son amour pour toi,
si tu veux connaître tes chances avec lui, essaye cette ruse : alors que tu es
avec lui, dis-lui que tu viens de voir sa sœur passer avec quelqu’un. Alors il
aura l’une des deux réactions : soit il te laissera tomber et accourra vers sa
sœur – et là tu sauras que tu ne lui es pas chère, sa sœur non, mais toi il se
permet de traîner avec toi – ou bien il te dira que ce n’est pas grave – et là
tu sauras qu’il ne vaut pas grand-chose en tant qu’homme –.
« Il l’a
vraiment rendue folle d’amour. Nous la trouvons certes dans un égarement
évident »
c’est un mot juste, prononcé pour une fausse cause. L’égarement dont elles
parlèrent n’est point le fait qu’elle commette un péché, loin de là. Ce qu’elles
trouvèrent inadmissible fut le fait qu’elle chercha à le perpétrer avec un
valet, n’aurait-elle pas mieux fait de chercher un homme de son rang social ?
C’est cela qu’elles visèrent en parlant d’égarement, et pas le péché. Quel
climat ? Quel environnement empoisonné ? Quelle ville, et quelles femmes ?
Regardons le
verset suivant : – Allah (exalté soit-Il) dit - ce qui peut
être traduit comme : « Lorsqu’elle
eut entendu leur fourberie »…
comment a t-elle appris leur fourberie ? C’est clair, dès qu’il s’agit de
femmes, les nouvelles circulent rapidement. La suite du verset – Allah
(exalté soit-Il) dit - ce qui peut être traduit comme :
« Lorsqu’elle eut entendu leur fourberie, elle leur envoya [des invitations,] »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31). Ici, "leur fourberie" suggère qu’il
y a jalousie dans l’air. Ô mes frères, quand la jalousie s’infiltre dans la
société, elle commence à envenimer la communauté, ce qui pousse les gens vers
la ruine et les cœurs vers la noirceur.
Ô mes frères et
sœurs employés et fonctionnaires, par Allah, ne calomnier jamais votre
supérieur, allez plutôt lui dire que vous êtes contrariés, car vous moquer de
lui avec vos collègues est une vilaine lâcheté et une médisance. Ne vous moquez
jamais de vos enseignant, pourrez-vous répéter ces moqueries devant lui ? Si
vous en êtes capable, affrontez-le sinon ne dénigrez personne. Ne médisez jamais
de vos voisines avec d’autres femmes, sachez que celles-là en feraient de même
dès que vous aurez le dos tourné, et sachez que le collègue qui critique un
autre devant vous, vous critiquera devant lui la prochaine fois. Le Prophète (BP
sur lui) n’a jamais parlé d’un sujet de manière aussi dure que celui de la
médisance. Une fois, deux personnes marchaient et ont évoqué quelqu’un en
mauvais termes, le Prophète a gardé le silence jusqu’au moment où ils sont
passés devant la charogne d’un âne. Le Prophète leur demanda alors d’en manger.
Etonnés, ils lui ont demandé comment pouvait-il leur demander une chose
pareille ! Il a alors répondu : « Mangez comme vous avez mangé la chair de
votre frère » « Ne dites pas du mal les uns des autres, l’un de vous aimerait-il
manger la chair de son frère mort ? ».
Une autre
histoire semblable, cette fois avec deux femmes qui disaient souvent du mal
d’une autre en son absence. Elles jeûnaient, et elles ont eu des contractions
douloureuses aux ventres. Elles sont allées voir le Prophète (BP sur lui) qui
leur a demandé de vomir. Notez qu’elles étaient à jeûne, pourtant elles ont vomi
de la viande mâchée. A chaque fois qu’il rencontrait un homme disant du mal d’un
absent, le Prophète lui demandait de se laver la bouche (comme s’il venait de
manger de la viande). Imaginez un instant qu’à chaque fois que vous médisez de
quelqu’un vous vous lavez la bouche. Vous finirez par arrêter cette vilaine
habitude car vous souffrirez de douleurs à la bouche.
Revenons à notre
sujet, « Lorsqu’elle
eut entendu leur fourberie, elle leur envoya [des invitations,] »,
c’est-à-dire qu’elle a préparé une réception – il est évident que ces femmes
appartenaient à la classe aristocrate parce que le femme de Al-Azize
n’inviterait pas n’importe qui. « Elle leur envoya [des invitations,] et
prépara pour elles une collation »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31)
elle leur prépara un lieu confortable, un festin exquis, une ambiance
attrayante. Tout cela pour qu’elles soient à l’aise...« et elle remit à
chacune d’elles un couteau »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31),
remarquez ce qu’elle projeta, avec chaque fruit par exemple elle disposa un
couteau pour l’éplucher à priori. Mais son but était autre. Elle a prévu qu’en
le voyant, elles se blesseraient les mains avec les couteaux ! Et ce parce
qu’elle les connaît et connaît leur façon de penser et peut prévoir leur
réaction. Quelle est cette société, pourquoi toutes ces manigances ? L’oisiveté
peut-elle mener à tant de dégradation ?
En marge de cela,
j’ai une petite remarque à vous faire. Les Egyptiens d’antan utilisaient les
couteaux, comme à notre ère, et c’est une preuve qu’il s’agit bien d’une
civilisation avancée sans parler du fait qu’elle soit reliée ou non à Allah.
Ensuite
« Elle remit à
chacune d’elles un couteau, Puis elle dit: «Sors devant elles, (Joseph!)» »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31)
Cela signifie qu’il n’avait pas quitté la maison et Al-Azize ne l’avait
pas chassé.« Puis elle dit: «Sors devant elles, (Joseph!)» - Lorsqu’elles
le virent, elles l’admirèrent »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31)
c’est-à-dire qu’elles l’ont vu avec des yeux éblouis. « Lorsqu’elles le
virent, elles l’admirèrent, et se coupèrent les mains »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31)
ça ne veut pas dire qu’elles coupèrent entièrement leurs mains, ça veut
seulement dire qu’elles se sont blessées : Chacune en épluchant une pomme garda
les yeux fixés sur lui jusqu’à ce qu’elle se soit entaillée les doigts.
« Et se coupèrent les mains et dirent: « A Allah ne plaise! Ce n’est pas un être
humain, ce n’est qu’un ange noble ! » »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31)
Remarquez comment elles parlèrent de religion, d’Allah, dans un propos indécent
et de mœurs légères ! Vous rendez-vous compte quelle manière de parler elles
utilisèrent ? Prends garde à ne jamais en faire autant, ne jamais employer des
propos de religion dans un milieu malsain.
Comme cet homme
qui observe une belle femme, et si tu lui demandes de baisser son regarde, il
répondra qu’Allah est beau et aime la beauté. C’est grave, sachez qu’Allah
n’approuve pas du tout ce genre de propos. Ou encore des gens regardant une
danseuse et qui clament « Qu’Allah bénisse le Prophète », vous vous rendez
compte ? Cela constitue une grave violation.
« Et dirent: « A
Allah ne plaise! »,
elles sont éblouies par la beauté mais elles ont employé des termes propres à la
religion. Notez l’indécence de cette femme : « Elle dit: «Voilà donc celui
à propos duquel vous me blâmiez. J’ai essayé de le séduire. »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 32).
Est-il possible qu’une femme soit ainsi ? Elle leur a démontré qu’elles étaient
comme elle et qu’elles avaient cédé également à la tentation. Les femmes sont
très curieuses, lorsqu’elles sont liées à Allah elles peuvent égaler une
centaine d’hommes. Et peuvent être sources de volonté et de confiance en Allah,
plus fortes que les hommes. Mais quand - Allah nous en protège - elles
s’éloignent du droit chemin, une force titanesque ne pourra pas remuer leur
cœur. Mais encore, quand une femme perd la pudeur, elle est presque
irrécupérable. Je te conseille, mon jeune frère, quand tu choisis ta compagne,
prends garde à ne pas prendre une femme qui n’a pas de pudeur. Le meilleur choix
bien sûr est d’épouser une femme qui te soutient dans la piété, mais tu peux
épouser une femme qui n’est pas très pieuse, mais jamais une femme sans décence.
Tu la reconnaîtras à sa façon de s’habiller, de parler, de se comporter : une
femme peut ne pas porter le voile mais être décente dans sa tenue sans exagérer
les manières de séduction. Prends garde de ne pas te marier avec une femme
habituée à éclater de rire au milieu des hommes et à plaisanter avec eux. Évite
de te lier à une telle femme, même si elle est la plus belle et la plus
séduisante au monde. Ce que je viens de dire est également valable pour toi ma
sœur, ne te lie jamais à un homme indécent dépourvu de pudeur.
« J’ai essayé de
le séduire »
observez l’expression qui suit : « mais il s’en défendit fermement »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 32).
Allah a voulu juxtaposer ces deux expressions pour contraster la bassesse à
l’élévation, la dégradation à la dignité et la fermeté. Vers quoi pencheras-tu ?
Essaye de te défendre fermement si tu te trouves exposé à une telle épreuve. Je
t’avoue une chose miraculeuse : défends toi une fois, Allah te protègera dix
fois. Ecoutez ce verset : Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être
traduit comme : «
Et cramponnez-vous tous ensemble au «Habl»[iii]
(câble) d’Allah »
(TSC, 'Al-'Imrân' (LA FAMILLE D'IMRAN) : 103),
remarquez que le mot « cramponnez » signifie refusez le péché, résistez à son
attrait. Si tu résistes une seule fois, comme éviter de regarder une scène
impudente sur une chaîne satellitaire ou sur Internet, ou baisser ton regard en
croisant une femme sur ton chemin, alors Allah t’évitera ce péché des mois
entiers. Et n’écoute pas le diable qui essaye par tous les moyens de te leurrer
en te persuadant que même si tu résistes une fois, tu n’y arriveras pas
toujours, car tu te heurtes continuellement à ce problème … Essaye et tu verras.
Regarde la suite,
l’extrême abjection : « Or, s’il ne fait pas ce que je lui commande.. »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 32).
Comment une femme peut-elle s’abaisser à ce niveau ? Pourquoi le Coran répète
t-il ces expressions ? C’est pour t’avertir ma sœur de ne pas être ainsi.
Comment certaines de nos filles peuvent-elles prendre le téléphone et chercher
parmi les numéros en quête d’un homme disponible pour les courtiser ? Es-ce
possible ? Es-ce possible que de telles filles soient de la descendance de ‘A’icha
et de ‘Asma’' ? Es-ce vraisemblable qu’elles soient de la nation de
Mohammed (BP sur lui) ? Est-il possible qu’elles aient lu l’histoire de Joseph
sana en comprendre le sens ?
« Or, s’il ne
fait pas ce que je lui commande, il sera très certainement emprisonné et sera
certes parmi les humiliés »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 32).
En entendant ces mots, Joseph leva les mains vers le ciel. L’épreuve est devenue
plus dure pour lui cette fois-ci : pas seulement une femme, mais toutes tentent
de le séduire. La preuve est ce qu’il dit dans sa prière : «...Et si Tu
n’écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des
ignorants» [des pécheurs] »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 33),
il n’a pas dit ‘sa ruse’ mais plutôt ‘leur ruse’. Ensuite « Il dit: «Ô mon
Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent.. »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 33).
Chacune de ces femmes demandait à la femme d’Al-Azize de la laisser
tenter sa chance avec lui, et à chaque fois il résistait. Vois-tu la résistance
de Joseph, il ne s’agit plus d’une seule femme, mais de plusieurs femmes. Cette
fermeté ne te pousse t-elle pas à te demander pourquoi serais-tu aussi faible,
pourquoi fléchis-tu devant le plus petit geste d’une femme dans la rue ?
Ô, Mes frères,
Allah nous raconte cette histoire pour nous procurer la force de tenir, pour
nous servir d’exemple de résolution
« Or, s’il ne
fait pas ce que je lui commande, il sera très certainement emprisonné et sera
certes parmi les humiliés ».
Passons à une autre scène : Joseph leva la main vers le ciel : « Il dit:
«Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent.. ».
Te rends-tu compte de la pesée de ce qu’il dit? Comprends-tu ce que cela
signifie ? Ô, Allah les tourments de la prison me sont préférables et plus aisés
que les tourments du péché. Et vous, que choisissez-vous : la prison ou la
fornication ? Vous imaginez le choix… Pour nous le choix qui se pose est soit de
résister cinq ou six ans jusqu’au mariage ou de commettre le péché. Pour Joseph
c’était nettement plus difficile : aller en prison et ne pas commettre de péché.
Et vint la réponse « Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable[iv] ».
Le Coran a utilisé le même mot « amour » dans les deux cas : les femmes qui
disent qu’il a rendu la femme d’Al-Azize folle d’amour et lui qui dit
aimer la prison plus que le péché. Peux-tu en dire autant ? S’il y a parmi vous
quelqu'un qui fréquente une femme en dehors d’une liaison légitime, même sans
arriver à l’acte de la fornication, ou quelqu'un qui laisse sa femme languir à
la maison et qui passe son temps à bavarder et à entretenir une relation avec
une collègue.. Ces gens-là, peuvent-ils dire une partie de ce que Joseph a dit ?
Peuvent-ils ressentir la même chose envers le péché ?
Il dit qu’il
aimait la prison pour signifier que la prison est agréable si elle protège
contre le péché. Il y a des gens qui aspirent à la désobéissance d’Allah, sans
aucune menace de prison ni d’autres choses. : « .. Et si Tu n’écartes pas
de moi leur ruse, je pencherai vers elles. », Remarquez qu’il dit bien
‘je pencherai vers elles’ sans plus. Ce qu’il craignit fut de s’incliner vers
elles et non pas de commettre l’interdit avec elles. : « .. Et si Tu
n’écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des
ignorants» [des pécheurs] », il y a un autre point plaisant ici, c’est
qu’il n’y a pas d’espoir sans l’imploration de l’aide d’Allah. Vous vous
rappelez Jacob qui dit ce qui peut être traduit comme : « Il ne me
reste plus donc qu’une belle patience! C’est Allah qu’il faut appeler au secours
contre ce que vous racontez »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 18),
Joseph l’imita aujourd’hui : « Il dit: «Ô mon Seigneur, la prison m’est
préférable à ce à quoi elles m’invitent.. », mais sans Toi (mon
Seigneur) je ne vaux rien « .. Et si Tu n’écartes pas de moi leur ruse, je
pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants» [des pécheurs] ».
Soyez sûrs qu’il n’y a pas d’échappatoire au péché sans l’aide d’Allah ni de
réussite dans la vie sans Son assistance. Cette adoration est quasi-absente dans
notre vie. Tu as l’habitude de dire que tu vas t’abstenir devant les péchés ou
que tu vas assister à la conférence, mais as-tu pensé demander l’aide d’Allah ?
Le recours à Allah est la moelle de l’Islam. Ibn Al-Qayïm a dit à ce
sujet : « Allah a envoyé cent quatre livres sacrés (la source de cette
information est un hadith du Prophète) qu’Il a regroupés dans trois
livres (qui sont l’Evangile, la Tora et le Coran) puis les a réunis dans un seul
livre (qui est le Coran) puis Il a rassemblé le Coran dans une seule Sourate (Al-Fatiha)
puis a résumé Al-Fatiha dans un seul verset : « C’est Toi [Seul]
que nous adorons, et c’est Toi [Seul] dont nous implorons secours (ou aide)»
puis il enchaîna : « il n’y a pas d’adoration sans l’aide
d’Allah, alors l’imploration de Son assistance est la moelle de l’Islam ».
Dans un autre
verset Allah dit : – ce qui peut être traduit comme
« Je n’ai créé
les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent »
(TSC, 'Adh-Dhâriyât' (QUI EPARPILLENT) : 56),
Le monde a donc été créé dans le but d’adorer Allah, et il n’y a pas d’adoration
sans l’imploration de Son aide. Il est donc logique de conclure que cette
imploration d’Allah est le centre de la religion. C’est pour cela que le
Prophète (BP sur lui) nous a appris à dire après chaque prière : « Ô Allah,
aide-moi à T’invoquer, et Te remercier et bien T’adorer ». Nombreux sont
ceux qui ignorent cela, alors apprenez ce Douâ (invocation) et répétez-le après
chaque prière. Il est d’une importance capitale de dire que nous ne pouvons pas
tenir dans ce monde sans l’aide d’Allah, la tentation est partout. Il y aurait
parmi nous qui se dit que les tentations auxquelles il est soumis sont trop
fortes, ou qu’il est impliqué dans une liaison compliquée, et se demande comment
s’en sortir. Là est la solution que tu cherches, demande à Allah de t’aider,
dis-Lui que tu n’arrives pas à te soustraire à ce péché, que tu mourras sans
qu’il ne T’accorde son pardon, et demandes-Lui de t’offrir une chance de te
repentir.
Tu dois demander
l’aide d’Allah à chaque action que tu entreprends : ‘Ô Allah je vais au travail,
j’ai besoin d’argent, aide-moi à en gagner’, ‘Ô Allah je veux me marier,
aide-moi à le faire’. Regarde le hadith : « Trois ont mérité l’aide
d’Allah : (parmi eux) celui qui cherche le mariage pour se protéger du péché ».
« Il dit: «Ô mon
Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent. Et si Tu
n’écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des
ignorants» [des pécheurs]. Son Seigneur l’exauça donc, et éloigna de lui leur
ruse »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 34)
Est-ce la
première prière de Joseph ? Les femmes le poursuivaient depuis longtemps,
pourquoi ce n’est qu’en ce moment qu’Allah a exaucé sa prière ? En fait, les
savants disent qu’il a toujours imploré mais Allah ne l’a exaucé qu’au moment où
il a complété sa prière avec la demande de Son aide. Il demanda d’être sauvé et
d’être épargné, mais dès qu’il insista sur le fait que sans l’aide d’Allah il
n’arrivera pas à tenir contre la tentation, Allah l’a exaucé. Et vous aussi,
apprenez à le faire même en dialecte sans que vous ayez besoin de faire des
invocations élaborées. Priez Allah pour qu’Il vous aide à résister contre tel ou
tel péché que vous n’arrivez pas à fuir, et vous verrez comment Allah vous
exaucera.
«Son Seigneur
l’exauça donc »
Sentez-vous l’espoir qu’insuffle cette phrase ? « Et
éloigna de lui leur ruse »
Je vous demande si quelqu’un d’entre vous a trouvé que Joseph a subi une autre
tentation après ce passage ? Elle a complètement disparu ! Est-ce possible ?!
Cela signifie t-il qu’Allah peut en l’espace d’une nuit ôter une tentation ou
un péché qui s’est inculqué dans mon cœur depuis dix ans ?! Certainement oui, et
je connais des gens qui ont vécu cela.
« Et éloigna de
lui leur ruse »
De sorte que par la suite, les femmes n’étaient plus séduites en regardant le
visage de Joseph. Les gens (hommes et femmes) après ce moment ne voyaient plus
sur le visage de Joseph que le respect, l’égard et la révérence. Ainsi, Joseph a
été protégé pour le reste de ses jours de cette vilaine tentation. Priez et
implorez l’aide d’Allah et vous serez protégés.
Combien de
personnes ici présentes souffrent-elles d’un tel problème et désirent ôter de
leur cœur la désobéinsse à Allah ? Les fumeurs, les drogués - qu’Allah nous
protège -, ceux qui ne résistent pas à la tentation des femmes… Je vous promets
qu’Allah retirera tout cela de vos cœurs rapidement. Je vous raconte ce qu’un
homme m’a rapporté sur un péché qui l’a poursuivi pendant dix ans. Dix années à
prier pour qu’il en soit libéré, jusqu’à ce qu’un soir de Ramadan, il a prié en
disant ‘Vous êtes le seul qui me reste’. Cet homme m’a juré que comme par
enchantement, le désir qui l’attirait vers ce péché a disparu promptement.
« Son Seigneur
l’exauça donc, et éloigna de lui leur ruse. C’est Lui, vraiment, qui est
l’Audient et l’Omniscient »
(TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 34).
Passons
maintenant au verset suivant : Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut
être traduit comme : « Puis,
après qu’ils eurent vu les preuves (de son innocence), il leur sembla qu’ils
devaient l’emprisonner pour un temps »
(TSC,
'Youssouf (JOSEPH) : 35).
Vous vous imaginez ? Après qu’ils aient appris la vérité, et après que la femme
d’Al-Azize ait avoué : « J’ai essayé de le séduire mais il s’en
défendit fermement » ils l’ont quand même envoyé en prison ? Car
Al-Azize sentit que l’histoire s’est répandue, et il voulut se débarrasser
de Joseph. Le pire dans l’histoire, c’est qu’ils n’ont pas précisé combien de
temps il restera en prison, il n’a même pas été jugé. Remarquez bien qu’il est
plus facile pour un homme de se voir fixer un emprisonnement de vingt-cinq
années plutôt que d’être jeté en prison sans durée déterminée. Quelle a pu être
la souffrance et l’affliction de Joseph d’être jeté en prison « pour un temps »
?
Peut-être que la
plus pénible entre toutes ces épreuves est le fait qu’il ait été jeté en prison
avec l’accusation de déshonneur alors qu’il est l’Honorable fils de l’Honorable
fils de l’Honorable. C’est très dur. Il s’agit d’une accusation touchant
l’honneur.
Récapitulons les
épreuves que Joseph a endurées : La haine de ses frères jusqu’à ce qu’ils le
jettent dans le puits à douze ans (notez que le compte des années est
approximatif), l'ensevelissement pendant trois jours, l’avilissement pendant
vingt ans, la perte des siens pendant quarante ans, l’épreuve de la séduction
des femmes pendant cinq à six ans puis la prison pour 3 à neuf ans. Y a t-il
quelqu’un qui ait vécu autant de détresses ? Connaissez-vous quelqu’un qui a
subi le quart de cela ? Et regardez-le après tout cela, il demeura toujours
résolu et attaché à Allah.
Ensuite vient le
verset suivant : Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être traduit
comme : « Deux
valets entrèrent avec lui en prison. L’un d’eux dit: «Je me voyais [en rêve]
pressant du raisin...» Et l’autre dit: «Et moi, je me voyais portant sur ma tête
du pain dont les oiseaux mangeaient. Apprends-nous l’interprétation (de nos
rêves), nous te voyons au nombre des bienfaisants»
(TSC,
'Youssouf (JOSEPH) : 36).
L’un de ces deux hommes était le valet qui s’occupait de la boisson du roi, et
l’autre son cuisinier. Par quel hasard ces deux-ci furent jetés en prison avec
Joseph ? Dans une histoire non prouvée, on dit qu’il y eut une conspiration
contre le roi, et que ces deux-là furent accusés et se retrouvèrent ainsi en
prison en cette période. Il paraît que l’un d’eux était réellement coupable
alors que l’autre était innocent.
Alors l’un
d’entre eux s’est vu en rêve pressant du raisin pour le roi, et le second
portant un plateau de pain et les oiseaux en mangeaient. Ils ont demandé à
Joseph de leur interpréter leurs rêves : « Apprends-nous l’interprétation
(de nos rêves), nous te voyons au nombre des bienfaisants ». Il existe
plusieurs points importants auxquels je souhaite attirer votre attention : Allah
a gratifié Joseph d’un don qui est l’interprétation des rêves. On a vu le
nombres d’épreuves qu’il a endurées regardez d’où commence le soulagement… d’un
rêve… lorsque Allah veux apaiser son serviteur, Il l’honore au moyen d’un rêve.
Voyez-vous comment Allah arrange t-Il les choses ? Ces deux-ci ont été inculpés
de conspiration, puis ils se retrouvèrent emprisonnés, et enfin firent ce rêve
pour que Joseph l’interprète et l’un de ces hommes deviendra le sommelier du
roi, c’est-à-dire auprès de lui pour qu’il lui dise un jour qu’il connaît la
personne capable d’interpréter le rêve du roi. Ainsi Joseph sortira de prison.
Ayez donc confiance en Allah, Lui qui gère tout.
Mais pourquoi ces
hommes ont-ils demandé à Joseph de leur interpréter leurs rêves ? Parce qu’ils
ont vu qu’il était un homme bien : « Nous te voyons au nombre des
bienfaisants » Mais comment savent t-ils qu’il était un bienfaisant ?
Les mœurs d’un croyant témoignent pour lui. Il leur suffit de l’observer pour
voir quel genre d’homme il était.
Et toi, tes
collègues, tes voisins, tes amis, s'aperçoivent-ils que tu es un homme
bienfaisant ? Ton comportement témoigne-t-il de ta bonne éducation et de ta
piété ? Si oui, sache bien que cela est l’une des preuves de croyance.
Bien qu'en
prison, les prisonniers considèrent toujours les accusés dans des affaires
d’honneur d’être plus mauvais qu’eux, ces deux hommes furent convaincus qu’il
était un homme vertueux et ce, grâce à son allure. La prison ne l’ébranla en
rien, et la mélancolie, la détresse et l’insomnie ne purent frayer chemin vers
son cœur. Il resta toujours l’homme honnête et lié à Allah en dépit de toutes
ces infortunes.
Tous les versets
qui suivent sont axés sur le même sujet : les méthodes d’exhortation et l’art
d’appeler à l’adoration d’Allah. Nombreux sont ceux qui me demandent comment
faut-il procéder pour attirer les gens vers la religion. Aujourd’hui je leur
réponds : la sourate de Joseph renferme la réponse. Je les invite à méditer sur
les quatre versets, du trente-septième au quarante et unième. Quatorze règles
sont présentées dans ces versets, Allah nous les recommande pour mener à bien
notre prêche.
Avant de m’étaler
sur ces 14 règles, parlons d’abord de l’invitation à l’Islam. S’agit-il d’un
devoir ou d’une faveur facultative que tu peux choisir d’accomplir ou non ?
Sachez qu’il s’agit bien d’un devoir, tout musulman est tenu d’inviter les
autres vers le droit chemin. Le problème est que certains pensent que leurs
connaissances en religion sont très faibles et ne suffisent pas comme base pour
appeler les autres vers la religion. C’est une fausse conviction, c’est en
aidant les autres à se rapprocher d’Allah qu’on élargit son champ de
connaissances et qu’on fortifie sa foi. Même si c’est la première fois que vous
assistez à une leçon de religion, tentez votre chance d’aider une autre
personne, avec le peu que vous savez. Si vous ne le faites pas, vous finirez pas
chavirer, votre foi ne se conservera pas.
Regardez la
situation de Joseph. Bien qu'il soit en prison, ne sachant même pas s’il en
sortira un jour, son premier souci fut d’appeler les gens à adorer Allah. Il
tendit la main vers les prisonniers, même les criminels, pour les aider à
retrouver le bon chemin. Pour lui cela est évident. En dépit des détresses et
des misères qu’il a vécues des années durant, il resta toujours prêt à tendre la
main à tout moment pour répandre le message d’Allah. Il ne se délaissa pas de ce
devoir sous prétexte qu’ils sont des prisonniers ou des criminels, il continua
bien qu’il sache pertinemment que l’un d’eux sera exécuté dans peu de temps.
C’est bien l’explication de leurs rêves, que l’un vivra et que l’autre mourra.
[i]
TSC :
Traduction des sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant
le plus connu jusqu’à présent de la sourate sus mentionné. Lire la TSC
ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du
saint Coran.
[ii]
- NdT : doué de force : le traduction littérale est : ayant plusieurs
mains
[iii]
Le câble d’Allah : le mot « Habl » signifie littéralement câble ou
corde. Il s’agit du Coran selon les dires du Prophète prière et salut
sur lui. Le mot « Habl » exprime le lien entre Allah et ses créatures.
[iv]
NdT : une traduction littérale de l’expression donnerait : « la prison
m’est plus aimée.. »
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