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L’histoire de Youssouf : Introduction
Au
nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, et que les
bénédictions et la paix d'Allah soient sur le plus noble des messagers, notre
prophète Mohammed. Louange à Allah, nous recourons à Lui et nous Lui demandons
de nous guider, nous pardonner, et nous préserver de nos mauvaises actions.
Celui à qui Allah montre le bon chemin est guidé et celui qui s'égare n'a ni
maître ni conseiller.
Nous aborderons aujourd’hui l’histoire de Joseph
(Youssouf) (que la paix soit sur lui) tirée du Noble Coran. Nous devons être
attentif au fait que c’est nous qui sommes désignés par chaque terme du Coran où
nous trouvons le remède à nos coeurs. Dans la sourate de Joseph, chacun d’entre
nous trouvera un des problèmes de sa vie, alors faisons que notre intention de
la lecture de cette sourate et du Coran soit la guérison de tous nos maux. Allah
(exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Nous
faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les
croyants» (TSC[i],
Al-Isra’ (le voyage nocturne) : 82). C’est le remède de la détresse, la vanité
et la dureté du cœur.
En fait, le terme
“guérison” n’a été cité dans le Coran que deux fois: une fois en parlant du miel
et la deuxième en parlant du Coran. Le miel guérit le corps mais le Coran guérit
les coeurs et les âmes. Il faut que chacun d’entre nous soit sûr que seul le
Coran guérit nos coeurs. Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être
traduit comme : “… Et nous avons fait descendre sur toi le Livre,
comme un exposé explicite de toute chose…» (TSC, An-Nahl (les
abeilles) : 89).
Une fois, je
rendais visite à un homme et je lui racontais quelques problèmes espérant qu’il
me proposerait une solution; mais il avait ouvert le Coran et il a dit en le
feuilletant : “je pense que la solution du problème est dans ce verset.”
La sourate de
Joseph est une des sourates qui guérit le plus les coeurs. C’est une sourate
mecquoise précédée par la Sourate Hoûd. Elle a été révélée au Prophète pendant
l’année du chagrin après la mort de son oncle Abou Taleb et celle de sa femme
Khadîdja, la recrudescence des préjudices contre lui et son exposition à des
complots. A ce moment, la sourate de Joseph a été révélée pour consoler le
Prophète (BP sur lui) qui a subi la nuisance de ses proches, tandis que Joseph a
subi celle de ses frères. Le Prophète (BP sur lui) a été chassé de son pays et
Joseph l’a été lui aussi mais Allah l’a secouru et l’a honoré. Tout ce que tu as
subi, le prophète Joseph (Paix sur lui) l’a subi de même. Cette Sourate vient
alors pour égayer le Prophète et les croyants jusqu’au jour de résurrection. Le
Prophète (BP sur lui) dit : “ Tout affligé qui lit la sourate de Joseph,
Allah le rend gai”. C’est la sourate des attristés, des fatigués, sentant la
solitude, la mélancolie et les opprimés. ‘Omar Ibn Al-Khattab pleurait à la
lecture de cette sourate, il y sentait une forte interaction.
Aujourd’hui, nous
traiterons uniquement cinq versets de la sourate, accordons-nous que lorsque
nous terminerons l’histoire, nous finirons également de les apprendre par cœur.
Avec l’apprentissage nous appliquons ce qui s’y trouve. On rapporte que ‘Omar
Ibn Al-Khattab avait appris la sourate de la Vache en trois ans, et dans une
autre version en une seule année, et ce parce qu’il n’étudiait un verset que
lorsqu’il avait appliqué celui qui le précède. Ainsi, il a appris la science et
le travail. Mettons-nous d’accord d’appliquer ce que nous étudions.
En dépit des
épreuves que contient la sourate de Joseph, celle-ci égaye son lecteur et le
rend heureux. Bien que nous connaissions la fin de l’histoire de Joseph, nous ne
nous ennuyons point en la lisant. On se lasse vite si on voit un film plusieurs
fois, pourtant on lit la sourate de Joseph des centaines de fois, et on n’en
éprouve aucun ennui. C’est l’un des miracles du Coran; contrairement aux
chansons, aux films, aux livres, la répétition cause l’ennui. Le Coran, en
revanche ne le cause pas.
La sourate de Joseph est emplie d’événements qui ne
s’accordent pas avec notre logique : l’amour du père provoque la haine des
frères. Joseph fût jeté dans le puits. Cet événement, bien qu’il soit un mal à
nos yeux, lui a permis d’arriver en Egypte. Son emprisonnement, qui ne semble
qu’une rude épreuve, a fait de lui le ‘Azize d’Egypte[ii]
. Nous concluons de tout ce qui précède que nous devons nous en remettre à
Allah, et c’est cette idée que nous allons renforcer tout au long de
l’explication de la sourate.
La sourate de
Joseph déborde également d’épreuves et de tentations, nous citons entre autres:
1.
La
rancune qu’éprouvent ses frères à son égard.
2.
La
séparation de ses parents.
3.
Le fait
d’être jeté dans le puits et l’éloignement de son père.
4.
L’épreuve de l’esclavage et de la servitude.
5.
Le
désir et la séduction des femmes de la ville.
6.
L’épreuve de la prison.
7.
L’épreuve d’être attaqué dans l’honneur.
8.
L’épreuve de la prospérité et l’argent.
9.
L’épreuve du pardon.
10.
L’épreuve du passage d’une épreuve à une autre sans répit ce qui peut mener à
une perturbation psychologique (passer de l’amour de son père au puits).
Nous détaillerons
le reste des épreuves ci-après. Cependant, essayons de les comparer aux nôtres.
Si nous passions par les mêmes épreuves, nous sombrerions sans doute dans la
déprime, et nous serions dans l’incapacité de continuer notre vie. Peut être
serions-nous animés par un désir de vengeance et continuerions-nous la vie
souffrant de troubles psychologiques. Nous pouvons être exposés à des épreuves
pareilles à celles qu’a subies Joseph, mais comment y résister?
Dans un hadith
rapporté par Mouslim: « Un jour que nous étions chez ‘Omar (A sur lui) il
nous demanda : “Lequel d’entre vous a entendu le Messager d’Allah (BP sur lui)
parler des épreuves ?” Quelques-uns répondirent : “Nous l’avons entendu.” –Il
se peut répliqua-t-il que vous voulez dire l’épreuve de l’homme dans sa famille
et son voisin.” Ils répliquèrent par l’affirmatif. Les péchés issus de ce type
d’épreuves peuvent être expiés par la prière, le jeûne et l’aumône. Mais qui a
entendu le Prophète (BP sur lui) parler des épreuves (nombreuses et répandues)
qui s’agitent telles les ondes de la mer ?” Houdhaïfa poursuivit : Les hommes
gardèrent le silence tandis que je lui répondis : “Moi (l’ai entendu).” –Toi ?
Dis ‘Omar qu’Allah garde ton père !” Houdhaïfa dit alors: J’ai entendu le
Messager d’Allah (BP sur lui) dire : “ Les épreuves troublantes seront exposées
au cœur (des croyants) et les biens le marqueront comme les traces que laissent
les joncs de la natte sur le flanc du dormeur. Tout cœur qui en sera
passionnément épris, sera marqué d’un point noir, et tout cœur qui les
repoussera, sera marqué d’un point blanc. De sorte qu’à ces épreuves deux cœurs
feront face : “le premier au point blanc sera comparable au rocher (inébranlable
et lisse) ; aucune épreuve ne lui nuira donc jamais aussi longtemps que dureront
le ciel et la terre, tandis que l’autre au point noir deviendra presque grisâtre
et sera comparable à une gargoulette renversée, incapable de distinguer le
convenable du blâmable tant que ni l’un ni l’autre ne correspond à ses propres
désirs.”
Et je lui ai
dit : “Il y a entre elle et toi une porte qui sera bientôt cassée.” ‘Omar dit :
“ Cassée ! Si elle était ouverte elle aurait pu être réparée.” Je lui ai dit
‘non, elle sera cassée’. Je lui ai dit que cette porte c’était un homme qui
devait mourir ou être tué »
Nous arrivons à
l’importance de la patience dont Joseph a fait preuve, cette patience se
présente sous trois formes :
·
Patience à l’égard des péchés
·
Patience à l’égard des obéissances
·
Patience à l’égard des épreuves
La patience à
l’égard des obéissances s’avère quand il a obtenu l’argent et l’a dépensé dans
l’obéissance d’Allah, et quand il a patienté en pardonnant à ses frères. Il a
patienté à l’égard des épreuves qu’il a subies.
Ainsi une
question se pose: quelle patience Allah aime-Il le plus: est-ce la patience à
l’égard de la prison, ou bien celle à l’égard de la séduction de la femme du
‘Azize ? En d’autres termes, qu’est ce que Allah préfère le plus: la patience à
l’égard des épreuves (la prison) ou bien la patience à l’égard des péchés (la
séduction)?
La patience à
l’égard des péchés est la préférable car elle est volontaire. Quant à l’épreuve,
elle aura lieu et nous n’y avons pas de choix, nous devons donc la compléter par
la patience. Mais la patience à l’égard des péchés fait appel à la volonté,
c’est pourquoi Allah l’aime le plus.
Autre question:
Allah préfère-t-Il le plus la patience à l’égard de l’épreuve de prison ou celle
du puits? La réponse est la prison. Allah (exalté soit-Il) dit- ce qui
peut être traduit comme : “Il dit: “Ô mon Seigneur, la prison m’est
préférable à ce à quoi elles m’invitent…… » (TSC, Youssouf (Joseph) :
33). C’est Joseph qui a choisi la prison, mais il ne pouvait rien à l’égard de
l’épreuve du puits.
Une troisième
question : laquelle des patiences est la meilleure: celle à l’égard de la
séduction de la femme du ‘Azize ou celle à l’égard de la tentation de l’argent ?
Quel genre Allah préfère le plus: la patience à l’égard des péchés ou des
obéissances?
Certains savants
ont dit que la patience à l’égard des péchés est l’une des obéissances les plus
préférées d’Allah, l’obéissance est instinctive dans l’Homme, en l’appliquant,
elle lui procure la joie; quant à la résistance aux péchés et les désirs de
l’âme, ils sont difficiles à contrôler. Peu de savants ont dit que la patience à
l’égard des obéissances est préférable pour Allah ; si quelqu’un applique les
obéissances en commettant tous les péchés et un autre ne commet aucun péché et
n’a pas obéi à Allah ; le meilleur est celui qui a obéi et a commis des péchés
car il a connu la raison de son existence, tandis que l’autre ne l’a pas connue.
En outre, si quelqu’un fait autant de fautes que de péchés, la miséricorde
d’Allah intervient pour précéder à sa colère : Allah (exalté soit-Il) dit
–ce qui peut être traduit comme : “ma miséricorde est préalable à
ma colère». Ainsi la patience que Allah préfère est celle à l’égard des
obéissances
Si nous classons
les catégories de patience selon la perfection, nous trouverons :
1.
La
patience à l’égard des obéissances
2.
La
patience à l’égard des péchés
3.
La
patience à l’égard des épreuves
La patience est
une adoration d’Allah. En fait il existe deux adorations: celle dans la
prospérité, soit la reconnaissance et celle dans la détresse, soit la patience.
Celui qui ne retourne pas à Allah dans la détresse par la patience ne saura
jamais la morale qu’Allah a mise dans l’épreuve. La plus belle adoration est
celle que tu pratiques au moment de la détresse.
Cette dernière te
mène à te sentir proche d’Allah. Tu sens la beauté de l’adoration que tu ne peux
sentir dans la prospérité. Dans la détresse, la patience et l’invocation d’Allah
constituent la meilleure des pratiques ; c’est ce que nous apprend la sourate de
Joseph.
Ouvrons alors le Coran sur la sourate de Joseph, elle
commence par “Alif, Lām, Rā”[iii]
. Allah nous dit que ces lettres qui reviennent dans plusieurs sourates sont les
lettres de votre langue et d’où émane le miracle du Coran. De ces lettres est
venu le Coran qui sera lu jusqu’au jour de la résurrection.
Une histoire me
vient à l’esprit pour vous montrer le caractère inimitable du noble coran. Un
professeur de Droit dans l’une des plus grandes universités des Etats Unis, et
écrivain de grands ouvrages sur les droits de succession, avait un étudiant
musulman qui lui a dit un jour qu’il était surpris de savoir que les droits de
succession sont cités chez les musulmans dans trois versets coraniques alors que
chez les américains, ils font l’objet de gigantesques ouvrages. Le professeur
s’étonna. L’étudiant lui a dit qu’il pouvait lui donner la traduction de ces
versets pour qu’il puisse les lire. Une semaine après, le professeur demanda à
son étudiant comment il pourrait se convertir à l’Islam et il a prononcé les
deux témoignages de foi: “point de divinité à part Allah, Mohammed (BP sur lui)
est Son envoyé”.
Ces termes
constituent le caractère inimitable continuel du Coran. Revenons au verset où
Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme :
“tels sont les versets du livre explicite» (TSC, Youssouf (Joseph) :
1). Le terme « explicite » signifie que le Coran a un caractère inimitable. Mais
qu’est ce qui fait que ce dernier soit un miracle, le miracle du Prophète (BP
sur lui).
Le miracle du
Coran:
1.
Un
miracle rhétorique: qui se manifeste dans ses termes
2.
Un
miracle scientifique: qui se présente par des théories scientifiques qu’on
découvre récemment tandis que le Coran les a révélées depuis 1400 ans.
3.
Un
miracle objectif : celui qui applique les règles incluses dans le Coran est
celui qui dirigera la vie, et Allah l’honore, la preuve en est :
·
Observons l’état des compagnons avant et après l’Islam; un compagnon qui adorait
un idole. Quand il voyage il le porte, devenant lourd, il le jette et cherche
d’autres pierres pour en construire un autre quand il revient. ‘Omar Ibn
Al-Khattab disait qu’il adorait une pâte de dattes et une fois il avait faim il
la mangeait. Après l’Islam, ces mêmes compagnons, qui tuaient leurs filles
vivantes, sont ceux qui ont dirigé le monde.
·
Nous aussi, nous sommes un exemple de ce miracle scientifique, celui qui est
accaparé par les péchés et s’éloigne de la voie d’Allah et de Son Coran, change
complètement quand il recourt au repentir et retourne au modèle coranique comme
s’il était devenu une autre personne après le retour vers Allah.
Le miracle de
Moïse était son bâton, et celui de Jésus était de faire revivre les morts.
Cependant, tous ces miracles sont terminés avec la mort de Moïse et Jésus, mais
le miracle de Mohammed, le dernier des prophètes, demeure en nous si nous
appliquons les enseignements du Coran jusqu’au jour de la résurrection.
Craignons alors
Allah afin que nous soyons le miracle du Noble Coran. Tenons à être des preuves
de son caractère inimitable. Réussissons donc pour devenir un miracle et donner
le bon exemple pour les autres.
Dans le verset
suivant, Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme
: “ Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous
raisonniez» (TSC, Youssouf (Joseph) : 2).
La langue des
habitants du paradis est la langue arabe, elle est également la langue d’Adam
(que la paix soit sur lui) et des anges.
Allah (exalté
soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Nous te
racontons le meilleur récit, grâce à la révélation que Nous te faisons dans ce
Coran même si tu étais auparavant du nombre des inattentifs (à ces récits)»
(TSC, Youssouf (Joseph) : 3).
Ce verset a été
révélé lorsque les compagnons du Prophète sont venus lui demander de leur
raconter quelques récits. Ainsi nous apprenons l’importance des récits dans
l’apprentissage des hommes et également les méthodes pour appeler les gens vers
la voie d’Allah. Aidons alors les hommes par les moyens tendres qu’ils aiment.
Nous remarquons
également que cette sourate constitue le premier récit coranique complet qui fut
révélé au Prophète (BP sur lui). Or, le récit se présente dans le Coran sous
plusieurs formes : certains versets racontent des extraits de divers récits,
cette variation nous aide à apprendre.
A ce propos, un
professeur de lettres dans l’une des plus grandes universités arabes déclare que
depuis 30 ans il faisait des études sur le roman, mais quand il a lu
sérieusement le Coran, il a senti que les 30 ans d’études qu’il a faits existent
dans ce noble livre; la nouvelle est représentée dans l’histoire d’Abraham et du
sacrifice. Un autre récit d’une seule scène est représenté dans le dialogue
entre Moïse et le Pharaon. Il dit de même qu’il a trouvé un monologue dans la
discussion d’Abraham. Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être
traduit comme : “lorsqu’ ensuite il observa la lune se levant, il dit:
“Voilà mon Seigneur!” » (TSC, Al-An’am (les bestiaux) : 77). Ce
professeur a de même trouvé que l’histoire de Joseph contient tous les éléments
et la trame du roman.
Mais pourquoi
l’histoire de Joseph (que la paix soit sur lui) est-elle considérée comme le
meilleur des récits?
1.
Elle
comporte toutes les morales dont un musulman peut avoir besoin dans sa vie
d’ici-bas et celle de l’au-delà. C’est le meilleur récit où tu peux trouver
toutes les sciences: l’économie, le commerce, l’interprétation des songes,
l’administration, la planification, l’analyse, la psychanalyse, les valeurs, la
morale .
2.
C’est
le seul récit du monde où tous les caractères ont connu une fin heureuse: Joseph
est enfin heureux, Jacob a retrouvé son fils et sa vue, ses fils se sont
réconciliés, la femme du ‘Azize avoue sa faute, le roi est enfin heureux, même
si sa joie d’avoir sauver son pays est temporaire.
Ensuite, Allah
(exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme :
« grâce à la révélation que Nous te faisons dans ce Coran même si tu étais
auparavant du nombre des inattentifs (à ces récits)» (TSC, Youssouf
(Joseph) : 3)
3. Ceci signifie
que c’était la première fois qu’il connaissait cette histoire avant d’être
révélée. Sans la révélation, le Prophète (BP sur lui) n’aurait pas connu cette
histoire.
Allah (exalté
soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Quand Joseph
dit à son père, j’ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune;
je les ai vus prosternés devant moi » (TSC, Youssouf (Joseph) : 4).
Ainsi le récit commence par un songe et se termine par une explication de ce
songe, c’est pourquoi Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être
traduit comme : “ Ô mon père, voilà l’interprétation de mon rêve de
jadis … » (TSC, Youssouf (Joseph) : 100). Il s’agit alors d’un des
éléments de suspens employé dans le récit.
Il est à noter que le nom “Youssouf” est issu du radical
“Assaf” venant également de “Ta’assof”[iv],
ce qui signifie que le prophète Youssouf implorait sans cesse le pardon d’Allah,
lui, Joseph, fils de Jacob fils d’Isaac fils d’Abraham que la paix soit sur lui.
Il est donc prophète, son père et son grand-père le sont aussi, le père de son
grand père était l’ami privilégié d’Allah. Il est donc noble et fils d’un noble,
petit fils d’un noble, mais il a subi toutes sortes de préjudices. Quand on a
demandé au Prophète Mohammad (BP sur lui) qui était la personne la plus noble,
il a dit: “c’est la personne qui craint Allah le plus”, les gens lui ont
dit que ce n’est pas à ce propos qu’ils posaient la question, le Prophète (BP
sur lui) répondit : “Joseph, fils de Jacob, fils d’Isaac fils d’Abraham, il
est alors prophète fils de prophète, fils de prophète fils de l’ami privilégié
d’Allah.”
Un jour ‘Omar Ibn
Al-Khattab passa devant un homme qui disait à un autre : “connais-tu qui je
suis? Je suis tel, fils de tel et de tel …” Ils étaient tous parmi les
hypocrites et les infidèles, mais ils étaient riches. Alors ‘Omar lui a dit : “
As-tu entendu parler de Joseph?”, Il a dit : “oui”. Omar a dit : “Connais-tu qui
est son père? Il est prophète, fils de prophète et petit fils de prophète, toi
tu es malfaiteur et fils de malfaiteurs, tu seras toi et ta famille en Enfer, le
jour de la résurrection.”
Jacob avait onze
(11) fils d’une épouse, Joseph et Benjamin d’une autre; à ce propos, Allah
(exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “et
aussi le soleil et la lune; je les ai vus prosternés devant moi » (TSC,
Youssouf (Joseph) : 4). L’expression coranique désigne ici la mère par la lune
et le père par le soleil, soit la forte lumière, la force, la science ; quant à
la mère elle symbolise la tendresse alors sa lumière doit être douce.
Il a dit: “ mon père”
[v] pour désigner
la relation privée entre lui et son père, afin de montrer que ce fils avait un
songe sublime et craignait que personne ne l’entende.
Dans le verset
suivant, Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme
: “Ô mon fils, dit-il, ne raconte pas ta vision à tes frères… »
(TSC, Youssouf (Joseph) : 5).
A ce point, il
est clair que Jacob savait l’interprétation de ce songe, il a hérité cette
capacité d’interpréter les songes de son grand-père Abraham et l’a transmise à
son fils Joseph. Pourtant il n’a pas dévoilé l’interprétation à son fils pour le
laisser subir le destin du Seigneur, il avait peur que son fils dépende d’un
songe en attendant le résultat. C’est ainsi qu’apparaît la sagesse d’Allah
lorsque Il a fait que le nombre d’interprètes de songes soit minime pour ne pas
dépendre de ce qu’ils disent et ne pas travailler. Pendant l’ère du Prophète (BP
sur lui), il interprétait lui même les songes, ainsi que Abou Bakr qui était un
des hommes qui interprétaient le plus les songes. Avant l’Islam, Khaled Ibn Al
Walid a vu qu’il était sur une terre étroite et qu’il est sorti vers une autre
plus vaste ; l’interprétation d’Abou Bakr était que cette transition désignait
le passage de la non croyance à l’Islam.
Le Prophète (BP
sur lui) avait un songe très connu à propos de l’Expédition de “Ohod”, il a vu
des vaches abattues, la pointe de son épée cassée et ses mains protégées par un
fort bouclier. L’interprétation du Prophète était que ses compagnons allaient
être abattus, la pointe de l’épée signifiait la mort d’un de ses parents en tant
que martyr dans le combat et le bouclier, c’était Médine. Ce songe constitue un
des songes les plus connus du Prophète.
Ibn Sirine était parmi les savants de la Oumma qui a
brillé en matière d’interprétation des songes. Un homme vint lui dire qu’il se
voyait appelant à la prière. Il était obéissant à Allah, alors Ibn Sirine lui
dit qu’il ferait le pèlerinage cette année là. Un autre, désobéissant, lui a
raconté le même songe, il lui a dit qu’il serait déshonoré entre les siens. Dans
l’interprétation du premier songe, il s’était inspiré d’un verset du Coran où
Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Et
fais aux gens une annonce pour le Hajj
[vi]»
(TSC, Al Hajj (le pèlerinage) :27). Et pour ce qui est du désobéissant, il
s’était inspiré du verset où Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut
être traduit comme : “…Ensuite un crieur annonça: “Caravaniers! Vous
êtes des voleurs” » (TSC, Youssouf (Joseph) : 70). Cette science trouve
ses outils dans le Coran et la Sunna et exige une présence d’esprit ainsi qu’une
forte intelligence.
En expliquant le
segment ‘…ne raconte pas ta vision…’, nous arrivons à la
différence entre la vision qui signifie : ce que les yeux voient à l’éveil, et
la vision du songe que l’on voit en dormant et qu’il faut cacher. Oui, si tu
crains la ruse, l’envie et la reproche, il faut cacher ta vision de songe :
Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme :
“Et quand au bienfait de ton Seigneur, proclame-le» (TSC, Ad-Doha (le
jour montant) : 11). L’origine est de proclamer la vision du songe mais sans
détails de peur qu’un ennemi n’use de sa ruse contre toi. Nous constatons ainsi
que toute personne peut avoir une vision de songe : les dévoués et les non
croyants (le songe d’Ibn Al Walid avant sa conversion à l’Islam), le grand et le
petit.
Le Prophète (BP
sur lui) a dit : “Il ne reste des prémices de prophétie après moi que le bon
songe”, et il dit également : “Le bon songe est une part de 46 parts de
la prophétie”. La mission du Prophète a duré 23 ans, elle a commencé par des
songes qui ont duré presque 6 mois; six mois de 23 ans constituent une part des
46 parts. Dans un autre hadith : “le bon songe est une part de 50 parts de la
prophétie” et dans un autre elle constitue “une part de 70 parts” et
également “une part de 40 parts”. Le degré de bienfaisance accroît ta
part de la prophétie.
Un bon songe ne
doit pas être rejeté, il se réalise, mais je vous mets en garde de le prendre
comme base pour une loi religieuse. Le Prophète avait vu ses mains protégées par
un fort bouclier, ce qui signifiait qu’il fallait rester à Médine, mais il
existe une loi religieuse qui stipule la consultation. Après la consultation,
l’avis était de sortir de Médine, le Prophète a alors donné la priorité à la
consultation. Une loi religieuse ne peut jamais se fonder sur un songe.
Un événement très
connu a eu lieu en 1978, lorsqu’un groupe de jeunes ont occupé par force le
Haram à la Mecque. A cause de cela, la prière s’y est arrêtée, ce qui a obligé
la police de les tuer. La raison de leur acte était qu’ils avaient tous eu un
même songe: l’un d’eux est le Mahdi attendu et ils doivent occuper la Ka’ba.
C’est pourquoi nous disons que le songe ne doit pas être pris pour une base de
loi religieuse.
Quelle est la
différence entre le songe, le rêve et les tours du démon ?
Le Prophète (BP
sur lui) a dit qu’il existe trois catégories de songes : les épouvantes du démon
pour chagriner l’homme, les songes en relation avec la vie quotidienne et enfin,
ceux constituants une part de la prophétie. Tu peux par exemple, voir des choses
étranges et irréelles comme tomber pour te transformer en poussins ou pigeons,
ce sont alors des songes qui effraient. Al-Boukhari a dit qu’il voyait dans ses
rêves les terreurs du démon et devenait malade pendant des jours jusqu’au jour
où il entendit le récit d’Abou Qatada disant qu’il voyait en songes des terreurs
du démon et devenait malade; alors il a raconté ceci au Prophète qui lui affirma
: “Le bon songe provient d’Allah, et si vous voyez quelque chose qui vous
plaît racontez-la aux personnes que vous aimez. Et si quelqu’un d’entre vous
voit quelque chose qu’il n’aime pas, qu’il ne la raconte à personne et qu’il
crache trois fois à sa gauche et se tourne vers l’autre côté, ce songe ne lui
nuira pas.” Dans une autre version : “Il n’aura lieu que s’il en parle à
quelqu’un .”
Les règles à
tenir vis-à-vis des songes :
1.
Le
songe est vu par l’adulte et l’enfant, l’obéissant et le désobéissant, il se
réalise s’il n’y a pas de contradiction avec les lois religieuses.
2.
Si vous
voyez quelque chose qui vous plaît, racontez-la à ceux que vous aimez, et si
vous voyez ce que vous n’aimez pas, ne le racontez à personne, crachez à votre
gauche et tournez-vous sur votre droite.
3.
Si vous
voyez quelque chose qui implique une interprétation, cherchez un homme
obéissant, connaissant, qui craint Allah pour l’interpréter.
Un homme est venu
voir Ibn Sirine et lui a dit qu’il avait vu toutes ses dents tomber, un homme
lui avait interprété ce songe en disant que tous ses parents mourront. Alors il
s’est rendu chez Ibn Sirine chercher une autre interprétation. Ce dernier lui a
dit qu’il vivra longtemps et qu’il sera le dernier de sa famille qui trouvera la
mort, d’où apparaît la différence entre la bonne annonce et la répugnance.
Un enfant a vu le
démon se présenter à un grand nombre de personnes leur disant qu’Allah vous a
permis ce qu’il a prohibé. Le petit enfant a dit : “Tu es menteur. Non je
jure qu’Allah n’a pas dit ceci”. Le démon répondit “Alors on fait une
course, si je te dépasse ces gens doivent me croire et si tu me dépasses, ils
doivent te croire.” L’enfant l’a dépassé ; cet enfant est devenu un des
grands savants de l’Islam. Ne demandez pas donc l’interprétation de toute chose,
laissez-la à Allah, à Lui toute gloire, Seigneur de l’Univers.
Mettons nous donc
d’accord pour apprendre cette partie de la sourate. La prochaine partie abordera
la ruse à laquelle les frères de Joseph ont eu recours à son encontre.
[i]
- TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens
courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire
la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de
révélation du saint Coran.
[ii]
Al-Azize: titre de
noblesse donné par le roi d’Egypte à cette époque à un grand
fonctionnaire ou ministre.
[iii]
- Les sourates 2, 3, 7, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 19, 20, 26, 27, 28, 29,
30, 31, 32, 36, 38, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 50 et 68 commencent non
pas par des mots, mais par des lettres de l’alphabet, détachées en
n’ayant pas de sens particulier. Le Prophète lui-même ne semble pas
avoir précisé leur signification, d’où d’innombrables interprétations
suggérées par les commentateurs anciens et modernes. Laissons-les alors
telles quelles
[iv]
Note de la traduction : le terme “Assaf” signifie demander le pardon ou
bien regretter, “ta’assof” est une autre forme du terme, ayant le même
radical qui signifie demander pardon ou être désolé.
[v]
- dans le terme arabe la lettre "ى"
suffixée au aubstantif "أبت" a été
omise pour désigner le rapprochement entre le père et le fils.
[vi]
- le Hajj: le pèlerinage à la Mecque.

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