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Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Episode 25 : La Bataille de Khaybar
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le
Très Miséricordieux
Introduction :
Nous entamons l’épisode d’aujourd’hui par quatre points : répondre à une
question, louer Allah pour une grâce, parler des ouvrages de référence et enfin,
faire un commentaire. Après ça, nous aborderons le sujet principal de cet
épisode à savoir la bataille de Khaybar.
Commençons par la question que tout le monde nous pose et qui consiste à savoir
quoi faire après le Ramadan sachant que nous ne cessons de leur demander de
transmettre le message du Prophète et assumer la responsabilité. Nous ne devons
pas nous laisser aller une fois le mois de Ramadan achevé, nous avons davantage
découvert notre Prophète (BP sur lui) grâce à cette émission et nous devons,
après ce mois sacré, suivre ses traces et travailler fort pour faire renaître
notre société. Nous devons chercher des projets concrets (petites industries,
alphabétisation, etc.) et les mettre en œuvre pour la renaissance de notre
société. Je vous rassure, nous allons continuer ensemble après le Ramadan.
Dans un deuxième temps, nous remercions Allah, le Très Haut, de nous avoir
offert cette occasion de réaliser cette émission sur le Prophète (BP sur lui),
devant sa mosquée à Médine.
Le
troisième point concerne les gens qui nous interrogent sur les ouvrages qui
abordent l’histoire de notre Prophète (BP sur lui) et l’analyse que nous en
faisons. Pour l’histoire du Prophète, je vous recommande un livre qui regroupe
tous les évènements. C’est écrit par une femme écrivain, Samira Zaid. Le livre
s’intitule : ”le regroupement authentique de l’histoire du Prophète, BP sur
lui“. Il décrit la vie du Prophète de sa naissance jusqu’à sa mort, à
travers des faits vérifiés et aborde aussi les versets coraniques qui sont en
relation avec l’histoire du Prophète. Sinon, si vous ne le trouvez pas, il y a
l’autre livre qui est très populaire, il s’agit d’Arahiq Al Makhtoum“.
L’analyse que nous faisons n’existe pas dans les livres mais s’inspire de notre
vie actuelle. Elle est contemporaine.
En
dernier lieu, nous voulons faire un commentaire. Il concerne les moments
opportuns au cours desquels les hadiths et les versets coraniques ont été
révélés. Au moment de s’installer à Médine, les gens ont eu comme révélation par
l’intermédiaire du Prophète (BP sur lui) des versets et des hadiths sur la
fraternité. Ceci nous montre que nous devons utiliser les hadiths et les versets
selon les besoins du contexte.
La bataille de Khaybar :
Abordons maintenant la bataille de Khaybar. Rappelons-nous, nous sommes en l’an
7, juste après la conclusion du pacte de la paix
Al-Houdaïbiya qui
consiste en une trêve de dix ans entre les musulmans et les mécréants de
Qoraïche. Nous avons signé le pacte l’an 6 et la date de l’histoire est le mois
de Muharram de l’an 7. Le Prophète (BP sur lui) était revenu du pacte
d’Al-Houdaibia et s’apprêtait à cette époque à une guerre contre les Juifs.
Pourquoi Khaybar au juste? Parce qu’elle constitue la source de toutes les
manigances des ennemis de l’Islam. Quiconque voulait manigancer contre les
musulmans le faisait en recourant à Khaybar. Ceux qui quittaient la ville et
voulaient organiser une guerre contre les musulmans se dirigeaient vers Khaybar.
Même ceux qui voulaient insulter et porter atteinte à l’honneur du Prophète (BP
sur lui) et aux musulmans répandaient leurs mensonges et insultes depuis
Khaybar. Rappelez-vous aussi la bataille d’Al-Khandaq qui fut organisée de là
aussi et c’était Khaybar qui avait incité Bani Qoraïtha à remettre en cause la
trêve conclue avec les musulmans.
En
résume, Khaybar était la source des problèmes, le lieu de rassemblement des
traîtres et le foyer des guerres. C’est pour cette raison qu’il fallait vaincre
Khaybar. Mais je dois vous souligner que le Prophète (BP sur lui) ne cherchait
point la guerre à n’importe quel prix, il y était soit obligé, soit cherchant à
instaurer la paix ou transmettre son message. Khaybar va même solliciter l’aide
des Romains et des Perses pour anéantir l’Islam. De plus, c’est une force
économique et militaire hors pair qui est toute proche de Médine, donc
dangereuse. Elle est construite sous forme de forteresses difficiles d’accès qui
communiquent entre elles et dont les habitants peuvent survivre pendant toute
une année grâce aux réserves de nourriture et d’eau qu’ils avaient. Les
musulmans ne pouvaient pas se taire et laisser faire ce foyer dangereux.
Cependant, le Prophète (BP sur lui) n’était pas sorti pour y perpétrer un bain
de sang mais seulement pour les obliger à signer un accord de paix. La preuve
est que le nombre de morts a seulement été de l’ordre de 94.
Le
Prophète (BP sur lui) sortit alors avec 1.400 soldats pour combattre,
imaginez-vous, 10 000 soldats du côté des forteresses de Khaybar. Comprenez-vous
pourquoi le Prophète avait fait cela? Car il savait pertinemment que Khaybar ne
menait habituellement que des batailles défensives et qu’elle n’envoyait pas ses
soldats pour attaquer. De plus, les stratèges de Khaybar savaient de leur côté
que le Prophète (BP sur lui) avait jusque-là été imbattable dans les batailles
ayant eu lieu dans le désert. Donc, ils ne pouvaient se permettre de sortir de
leurs forteresses et d’attaquer les musulmans dans le désert. Partant de là, le
Prophète (BP sur lui) a eu pour objectif stratégique de conquérir, grâce à son
armée de fidèles et de vrais croyants, une à une les forteresses pour inquiéter
les gens de Khaybar et par la même occasion les obliger à demander une entente
de paix. Ainsi fut planifiée la bataille de Khaybar.
La préparation de la bataille :
Le
Prophète (BP sur lui) et son armée ouvrirent quelques forteresses tout en
laissant les gens de Khaybar se sauver vers d’autres forteresses. Ainsi, ces
derniers se sont vus de plus en plus encerclés et obligés d’implorer une trêve.
Mais pour y arriver, les musulmans avaient fait preuve de patience et de
persévérance. Vous voyez comment la foi et la stratégie ont permis la réussite
des musulmans. Le Prophète (BP sur lui), en sortant avec ses 1 400 soldats,
rencontra des femmes qui voulaient participer à la bataille. Cette fois-ci, il
s’agissait d’un siège, donc d’une mission difficile pour les femmes et
normalement, on aurait pu imaginer que le Prophète (BP sur lui) ait refusé. Or,
le Prophète (BP sur lui) accepta. Ainsi, 20 femmes se joignirent à cette
bataille aux côtés des autres. En s’éloignant de Médine, le Prophète (BP sur
lui) se retourna et aperçut une fillette de moins de 12 ans parmi les femmes qui
allaient participer à la bataille. Il eut pitié d’elle car s’il l’avait vue à
Médine, il lui avait dit qu’elle était encore très jeune pour ce genre
d’expédition. Il s’approcha d’elle et lui dit : « Que viens-tu faire ? » Elle
répondit : «Je viens combattre à tes côtés». Il lui demanda alors de monter avec
lui sur son chameau et de rester en sa compagnie durant toute la bataille. Après
avoir gagné la bataille et rassemblé le butin, le Prophète chercha la fillette
pour lui donner sa part et lui donna un collier et l’aida à le porter. La
fillette racontait qu’après ce jour, elle n’avait jamais enlevé le collier et a
demandé qu’elle soit enterrée en le portant afin qu’elle rencontre le Prophète
(BP sur lui) au paradis, le lui montre et lui rappelle ce moment-là. Vous voyez
la tendresse de notre Prophète. Avez-vous hâte de le rencontrer au paradis ?
Nous sommes certes privés de sa présence mais n’oubliez pas que chaque jeudi,
nos actions lui sont présentées. Si elles sont bonnes, il remercie Allah, le
Très Haut, et si elles sont mauvaises, il demande le pardon pour nous. Donc,
dans sa vie et sa mort, il est pour nous une source de miséricorde.
Avant d’aborder les détails de la bataille, j’aimerais vous rappeler une chose.
En cette période, les hommes et femmes de confession judaïque habitaient aussi
Médine puisqu’il y eut expulsion des traîtres uniquement. Les musulmans et les
juifs cohabitaient sans aucun problème, ils se prêtaient de l’argent les uns les
autres et échangeaient entre eux mais à condition qu’ils respectent les droits
des uns et des autres. D’ailleurs, il se passa une histoire intéressante en ce
sens. Un juif nommé Abou Chahm avait prêté cinq dinars à un compagnon, Abdullah
ibn Abi Hadrad qui s’apprêtait à partir pour Khaybar. L’homme exigea que ses
cinq dinars lui soient rendus mais Abdullah ibn Abi Hadrad lui demanda
d’attendre son retour et qu’il le paierait de la part du butin qu’il ramènerait.
Mais le Juif refusa de le laisser partir et lui dit : « Penses-tu que tu vas
revenir ? Crois-tu que combattre les gens de Khaybar est comme combattre les
Arabes, par Dieu! tu ne partiras pas avant de m’avoir rendu mon argent. » Il se
rendirent alors chez le Prophète (BP sur lui) qui donna raison au Juif et qui
ordonna à Abdullah ibn Abi Hadrad de rembourser les cinq dinars avant son
départ. Remarquez l’équité du Prophète et sons sens de la justice, la même pour
tous. Abdullah ibn Abi Hadrad ne possédait que deux vêtements. Il en vendit un
ainsi que son turban qui le protégeait de la chaleur du désert pour pouvoir
rendre les cinq dinars. Il ne lui restait qu’un seul vêtement pour partir pour
Khaybar. Une vieille femme le vit et lui demanda : « Qu’as-tu, ô compagnon du
Messager d’Allah ? » Il répondit : « J’ai vendu mon vêtement et il ne m’en reste
qu’un pour partir avec le Messager d’Allah. » Elle dit alors : « Prends mon
manteau, ainsi je serai avec vous dans cette bataille »
Voyez l’attachement des compagnons au message, ils étaient prêts à vendre leurs
vêtements pour lui. Et voyez la solidarité de la société. Des valeurs dont nous
avons besoin pour faire renaître nos pays et les développer.
Parmi le butin qu’il rapporta, Abdullah ibn Abi Hadrad reçut une esclave qui
s’avéra être une parente d’Abou Chahm auquel il avait rendu les cinq dinars.
Abdullah lui réclama mille dinars pour sa libération.
Nous devons tirer des leçons de ces exemples. Nous devons nous aussi tout
entreprendre pour éveiller notre société. La différence qui existe entre les
compagnons et nous, c’est que nous pensons à nous-mêmes et à nos enfants alors
qu’eux pensent à transmettre le message de l’Islam avant toute autre
considération. Il est temps qu’on se réveille et qu’on oeuvre à notre
développement. Notre Prophète (BP sur lui) ne peut accepter que nous traversions
cette époque sans rien faire d’important pour aider notre société.
En route vers Khaybar :
Le
Prophète avait donné des instructions aux compagnons de marcher en rangs et dans
la discipline afin que personne ne dépasse les autres. Or une nuit, pendant
qu’ils avançaient, ils virent un casque briller devant eux et faillirent tirer,
pensant qu’un ennemi avait surgi. Mais il s’agissait en fait d’un des compagnons
nommé Abou Abs. Le Prophète lui demanda : « Pourquoi nous as-tu dépassés ? » Il
répondit : « Ma chamelle est rapide. » Le Prophète fut très en colère et
l’envoya à l’arrière des troupes et ne lui parla pas de toute une journée. Cette
histoire s’adresse tout particulièrement aux jeunes qui ne respectent pas les
limites de vitesse sur les routes et qui provoquent des accidents souvent
mortels par manque de discipline et de sérieux.
Mais les musulmans furent surpris par l’arrivée inopinée de l’armée de Ghatafan,
composée de 4 000 hommes, qui en arrivant par derrière, prit ainsi les musulmans
en étau entre Khaybar et Ghatafan. Le Prophète leur demanda de se retirer de la
bataille en échange de la moitié des récoltes de Khaybar. Ceux-ci refusèrent car
les dirigeants de Khaybar leur avaient promis leur production pendant un an. Le
Prophète (BP sur lui) leur fit alors la même offre à condition qu’ils se
retirent. Face à leur refus, le Prophète leur dit simplement : « Retirez-vous
avant que nous ne vous écrasions. »
Mais Talha Ibn Oubaid Allah et Sa‘id Ibn Zaid sauvèrent la situation. Ils
avaient des espions au sein des troupes de Ghatafan qui dissimulaient leur
Islam. Ils répandirent le bruit qu’une partie de l’armée musulmane était sur le
point de les attaquer sur leur territoire. A cette nouvelle, ils regagnèrent
leur ville en toute hâte et abandonnèrent la bataille. Les musulmans se
retrouvèrent seuls face à Khaybar.
A
leur arrivée à Khaybar, les musulmans s’arrêtèrent devant les forteresses et
récitèrent l’invocation suivante (invocation de l’entrée dans un pays): « Ô
Allah, Seigneur des sept cieux et de ce qu’ils couvrent , Seigneur des sept
terres et de ce qui est dessous, Seigneur des vents et de ce qu’ils apportent,
Seigneur des démons et de ce qu’ils égarent, nous Te demandons le bien de ce
pays, de ses habitants et de ce qui s’y trouve ; et nous demandons Ta protection
contre le mal de ce pays, de ses habitants et de ce qui s’y trouve. » Cette
invocation est à réciter chaque fois que l’on se rend dans une nouvelle contrée.
Notons que les paroles de cette invocation prouvent que le Prophète voulait la
paix et non la guerre, la conciliation et non la destruction.
Le Siège de Khaybar :
A
leur arrivée de nuit, le Prophète refusa d’attaquer la forteresse et décida
d’attendre la lumière du jour pour ne pas effrayer les femmes et les enfants.
Dans toutes ses campagnes, les instructions du Prophète à l’armée étaient les
mêmes : « N’attaquez pas le matin, ne tuez pas les enfants ni les femmes, ne
brûlez pas la végétation, ne démolissez pas les maisons, vous trouverez des
moines qui se consacrent à l’adoration, laissez-les en paix. »
L’armée campa en dehors de la ville. Al Houbab Ibn Al Mounthir qui avait déjà
proposé un stratagème à la bataille de Badr dit au Prophète : « Est-ce le fait
d’une révélation d’Allah et alors je n’ai rien à dire, ou bien est-ce la guerre
avec ses décisions et alors permets-moi de parler ? » Le Prophète lui dit :
« C’est la guerre… » Il dit alors : « Nous sommes si près de l’ennemi qu’il
peut nous voir alors que nous ne pouvons le voir et nous sommes à portée de ses
tirs, reculons pour qu’il ne nous voit pas et pour être hors de portée de ses
tirs. » Le Prophète (BP sur lui) approuva mais décida de ne pas reculer tout de
suite de sorte que l’ennemi ne pense pas qu’ils avaient eu peur de lui.
Le
siège commença et dura quinze jours. Les compagnons étaient affamés. L’un d’eux
trouva un peu de gras de viande. Il le prit et se dit à voix basse : « Par Allah
je n’en donnerai à personne. » A ces mots, il se retourna et croisa le regard de
réprobation du Prophète (BP sur lui). Il éprouva de la honte et partagea le
morceau de gras avec des compagnons. Un regard du Prophète avait suffi à
redresser son attitude.
Le
moral de l’armée commençait à baisser. Le Prophète fit appel à Ibn Al Akwa’ dont
les chants remontaient le moral des troupes :
« Ô
Allah par qui nous sommes guidés, nous avons fait l’aumône et la prière,
descends sur nous la sérénité, raffermis nos pas, les injustes nous ont
opprimés, ils ont voulu semer la sédition et nous nous y sommes opposés…. »
Les
artistes ont un rôle très important à jouer dans la société, à condition que
leurs productions soient constructives et ne propagent pas l’indécence et la
débauche parmi la jeunesse.
Au
treizième jour de siège, le Prophète (BP sur lui) fut atteint de migraine.
Depuis la bataille de Uhud où il avait reçu un terrible coup sur son casque, il
souffrait fréquemment de migraines. Il passa l’étendard à Abou Bakr, qui
combattit toute la journée pour pénétrer dans la forteresse. Sans résultats. Le
lendemain, c’est Omar qui prit l’étendard, mais sans plus de résultats. Le moral
de l’armée était au plus bas. C’est alors que le Prophète stimula ses troupes en
leur disant à la prière du soir : « Je donnerai l’étendard demain après la
prière de l’aube, à un homme à qui sera donnée la victoire et qui ne s’enfuit
pas (devant le danger), qui aime Allah et son Messager et qu’Allah aime et que
Son Messager aime. » Mais il ne mentionna pas son nom ce soir-là. Tous les
compagnons souhaitèrent être cet homme, et le moral et l’enthousiasme de l’armée
s’en trouvèrent ranimés. Omar Ibn Al khattab dit : « Je n’ai jamais souhaité
être prince, sauf ce jour-là. »
Le
lendemain matin, les compagnons se pressèrent pour être au premier rang pour la
prière, espérant être l’homme que le Prophète allait designer. Après la prière,
le Prophète demanda l’étendard, qu’il fit planter dans le sol devant tout le
monde. Il dit : « Où est Ali Ibn Abi Talib ?» Il souffrait d’une douleur à l’œil
et ne voyait pas. On alla le chercher et le Prophète le fit s’allonger et lui
mit la tête sur ses genoux. Il souffla dans ses mains qu’il passa sur les yeux
d’Ali jusqu'à ce que celui-ci fut parfaitement guéri, au point qu’il dit : « Je
ne savais plus lequel des deux yeux avait été malade. » De toute sa vie, il ne
souffrit jamais plus des yeux.
Le
Prophète lui dit alors : « Prends l’étendard et entre dans la forteresse, Allah
te donnera la victoire et ne te retourne pas. » Ali s’élança, puis revint à
reculons pour ne pas enfreindre les instructions du Prophète. Il voulait
demander au Prophète des précisions au sujet de sa mission. Notons que son
obéissance au Prophète ne l’empêcha pas d’avoir de l’initiative et de réfléchir
par lui-même: « Pour quelle raison dois-je me battre ? » dit-il. Le Prophète lui
dit : « Appelle-les d’abord à l’Islam, si Allah guide un homme par ton
intermédiaire, cela vaut mieux que ce sur quoi le soleil se lève (les richesses
de Khaybar). »
Ali
s’élança. A la porte de la forteresse, un des Juifs en apprenant son nom
s’écria : « Par ce qui a été révélé à Moïse, nous sommes vaincus ! » En effet,
dans leurs livres était écrit le nom de celui qui devait pénétrer dans leur
forteresse. Ils demandèrent alors à se battre en combat singulier. S’avancèrent
alors quatre hommes de stature imposante. Le premier, Marhab, affronta Ali, ils
se battirent et Ali l’emporta. Le frère de Marhab, Yasser, s’avança. C’était un
géant, Ali voulut se ruer sur lui mais Az-Zoubair réclama son tour. Sa mère
était sur le champ de bataille, et la voyant pleine de crainte pour son fils, le
Prophète lui prédit qu’il sortirait vainqueur de ce duel. Il s’élança et
l’emporta, et le Prophète dit à son sujet : « Tout prophète a un disciple, et
mon disciple est Az-Zoubair Ibn Al ‘Awwam. » A son retour, on lui dit : « Comme
ton épée est redoutable ! » Il répondit : « Elle n’est redoutable que parce que
je l’ai contrainte à l’être. » Voilà la génération élevée par le Prophète à la
Mecque, ce sont véritablement des hommes, ceux dont nous avons besoin
aujourd’hui pour développer nos pays et réaliser leur renaissance…
Le
quinzième jour, ils franchirent la première fortification. Ils étaient affamés.
En passant à la deuxième fortification, ils aperçurent un berger juif de l’armée
ennemie qui gardait des moutons. Le Prophète demanda à ses compagnons d’aller
chercher des moutons. Abou al Yousr Ka’b Ibn Amr s’élança et rapporta deux
moutons au Prophète qui fit cette invocation : « O Allah, réjouis-nous de sa
présence. » (parlant de Abou al Yousr). Il fut le dernier survivant parmi les
compagnons du Prophète à cause de cette invocation… Il pleurait en disant
« Quand vais-je enfin rejoindre le bien-aimé ! »
Pendant ce temps, un berger, un esclave noir qui gardait les moutons du juif
Marhab, alla au devant du Prophète (BP sur lui) et lui dit : « J’ai su que tu es
véridique et j’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que tu es le Messager
d’Allah » Il ajouta : « Que gagnerai-je en étant avec toi ? » « Tu auras le
Paradis. » Et le Prophète se mit à lui décrire le Paradis. Alors le berger lui
demanda : « Si je combats aujourd’hui, j’aurai le Paradis ? » « Oui » dit le
Prophète. « Mais Messager d’Allah, mon visage est noir, je sens mauvais, mes
vêtements sont en loques et je n’ai pas le sou. » Le Prophète lui dit : « Ton
visage sera blanchi, tes vêtements raccommodés, ton odeur purifiée et tu seras
riche. » « Mais je garde leur troupeau, ô Messager d’Allah et je veux le leur
rendre » Alors le Prophète lui dit de lui lancer des pierres pour que le
troupeau rejoigne de lui-même la forteresse. Le berger tomba martyr dans la
bataille et par cette seule action il gagna le Paradis.
Le
butin fut distribué et alors que le Prophète remettait sa part à l’un des
compagnons, celui-ci dit au Prophète : « Je n’ai pas combattu pour cela mais
pour recevoir une flèche ici (en indiquant son cou) » Quelques moments plus
tard, il reçut une flèche dans le cou à l’endroit précis qu’il avait indiqué.
« Il était sincère avec Allah, alors Allah a réalisé (ce qu’il a dit). » dit le
Prophète à son sujet. C’est la sincérité avec Allah qui fait qu’Allah accepte de
te prendre à son service.
Ils
arrivèrent aux dernières fortifications où ils trouvèrent une catapulte, arme
que les musulmans ne connaissaient pas. Ils s’en servirent pour effrayer
l’ennemi mais ne l’utilisèrent pas. Les Juifs demandèrent alors à faire la paix.
Le Prophète exigea d’en dicter les conditions. Parmi celles-ci, le Prophète
exigea tout d’abord que les Juifs quittent Khaybar, mais ceux-ci demandèrent à
rester cultiver les terres et le Prophète, qui n’avait mis cette condition que
pour mieux négocier, accepta de les laisser cultiver les terres à condition
qu’ils remettent aux musulmans une partie des récoltes tous les ans (environ la
moitié). Cette clause réalisait un gain important pour les musulmans car en
gardant les Juifs de Khaybar occupés à travailler leurs terres, non seulement
ils profitaient de leur travail mais évitaient de nouvelles hostilités.
Une
année, les Juifs tentèrent de corrompre Abdou Allah ibn Rawaha qui était venu
récolter les produits des récoltes. Il retira sa sandale en s’écriant : « Vous
m’offrez des pots de vins sur les revenus du Messagers d’Allah ! »
Cette victoire fut le coup de grâce pour Qoraïche. Après le traité de
Al-Houdaïbiya et
les contacts que le Prophète établissait avec les souverains des pays voisins,
l’influence de Qoraïche s’était vue considérablement amoindrie, et le traité de
paix avec Khaybar permit plus tard la conquête de La Mecque sans effusions de
sang. L’un des compagnons, Al Hajjaj ibn ‘Elat, avait de l’argent chez les
mecquois et voulait le récupérer avant que la nouvelle de la victoire des
musulmans ne leur parvienne. Après avoir pris la permission du Prophète, il
partit leur annoncer la fausse nouvelle de la défaite de Mohammed, récupéra son
argent et une fois sorti de La Mecque, fit part de la nouvelle de la victoire du
Prophète à Abbas, l’oncle du Prophète, et lui apprit que seize des compagnons y
étaient tombés martyrs tandis que quatre-vingt seize des Juifs de Khaybar
avaient été tués.
Conclusion :
Les
leçons de cet épisode peuvent être résumées ainsi :
-
Mettons la foi au service du développement de nos
pays. Pourquoi avoir peur de la religion ? La foi est le moteur de
développement le plus efficace.
-
L’Islam est une religion de paix, qui n’a recours
à la guerre que si elle y est contrainte pour la propagation de son message.
-
Nous devons vivre pour ce message, être prêts à
tous les sacrifices et rester solidaires.
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