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Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Episode 21 : La bataille du ‘Khandaq’ (la tranchée)
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Introduction :
Avant de commencer à parler de la Sira, j’aimerais vous rappeler combien la
prière et l’invocation sont importantes ces derniers jours de Ramadan. Allah
exauce les invocations, faites-en autant que vous pouvez pour vous constituer un
stock d’énergie spirituelle dont vous pourrez user toute l’année. Croyez-moi,
vous en aurez besoin.
J’aimerais également signaler le grand espoir qui perce à la lecture des
commentaires des jeunes gens sur le forum <amrkhaled.net>. Ils décrivent leurs
sentiments au sujet des épisodes et racontent leurs expériences et leurs
projets. Ils sont pleins d’énergie positive et j’y vois beaucoup d’espoir pour
la Umma.
La bataille de ‘Al-Khandaq’ (la tranchée) :
A
la cinquième année de l’Hégire, les ennemis du Messager (BP sur lui) avaient
commencé à réaliser qu’ils ne pouvaient pas le vaincre, chacun demeurant seul.
Ils firent un plan pour le supprimer et s’unirent en partis contre lui à la
bataille de Al-Khandaq (la tranchée) qui fait de cette année une année décisive
dans l’histoire de L’Islam. L’auteur de l’idée fut Houyaï ibn Akhtab, un Juif
des Bani An-Nadîr que le Messager (BP sur lui) avait fait sortir de Médine à
cause de leur traîtrise. Ils avaient envoyé des renseignements à Qoraïche alors
qu’ils étaient des citoyens à part entière à Médine et qu’ils avaient conclu des
pactes avec les Musulmans. De plus, ils avaient essayé de tuer le Prophète (BP
sur lui).
Houyaï ibn Akhtab, chef du complot, haïssait violement le Prophète (BP sur lui).
A l’arrivée de ce dernier à Médine, il était allé avec son frère le voir et lui
avait demandé s’ils pouvaient regarder entre ses épaules. Ils recherchaient le
sceau de la prophétie, une marque qui se trouve chez tous les Prophètes au haut
de la colonne vertébrale. Les deux frères posèrent de plus quelques questions au
Prophète (BP sur lui) et s’en allèrent. Le frère de Houyaï lui demanda ensuite
si c’était vraiment le Prophète annoncé par la Torah et il lui répondit par
l’affirmative. Il lui demanda de nouveau ce qu’il comptait faire et Houyaï
répondit qu’il allait faire la guerre au Messager tant qu’il vivrait. Salmâne,
le compagnon du Prophète, avait entendu leur conversation et l’a rapportée au
Prophète (BP sur lui) qui lui répondit : “Ô Salmâne, nous ne jugeons pas les
gens d’après ce qu’ils disent.”
Cette histoire montre comment le Messager (BP sur lui) se comportait avec les
minorités religieuses et je rappelle que nous n’avons aucun problème avec les
Juifs au sujet de leur religion, mais à propos de nos droits. Pour nous, les
juifs qui vivent dans nos pays sont des citoyens à part entière. Lorsque Houyaï
était parti avec tous les Bani An-Nadîr, le Prophète (BP sur lui) l’avait laissé
s’en aller sans rien lui infliger de plus que les autres.
A
son départ de Médine, Houyaï s’était installé à Khaîbar, forteresse d’une autre
communauté juive. Ensuite, il s’était dirigé vers Abou Soufiâne, à la Mecque, et
lui avait dit : “Ô Abou Soufiâne, je suis venu me mettre d’accord avec toi pour
détruire Mohammed.” Il lui répondit : “Tu es le bienvenu. Celui qui nous aide
contre Mohammed devient notre ami. ” Les deux hommes pénétrèrent ensuite avec
les notables de Qoraïche à l’intérieur de la Ka‘ba, y collèrent leurs poitrines
et jurèrent de s’allier contre Mohammed.
Après la Mecque, Houyaï partit vers la tribu de Ghatfâne, chez ‘Ouyaïn ibn Hiçn.
C’était, dans la péninsule arabique, la seconde force après Qoraïche. Après, il
s’en alla vers la tribu Achga‘. Bien qu’il sût qu’il défendait le mal, il ne se
lassait point d’user de tous les efforts possibles alors que de nos jours, des
gens savent qu’ils défendent la vérité et ne font presque rien pour l’atteindre.
Il réussit à rallier tous les chefs arabes et, pour plus de précaution, il ne
prit pas le commandement de cette armée de dix mille combattants mais le donna à
Abou Soufiâne. Jusqu’alors, les Musulmans n’avaient jamais fait face à une armée
de plus de trois mille soldats.
L’armée se mit en route et Qoraïche seule comptait quatre mille combattants,
trois cents chevaux et mille cinq cents chameaux. Ghatfâne dénombrait trois
mille combattants, les Achga‘ en avaient trois cents. En tout et pour tout, avec
les petites tribus, dix mille combattants allaient déferler de partout vers
Médine.
La tranchée :
Le
Messager reçut la nouvelle de l’arrivée de cette armée. Et d’après ses calculs
avec les Compagnons, l’ennemi devait être à Médine dix ou quinze jours plus
tard. Il faut dire ici, que du côté des Musulmans, rien n’était laissé au
hasard. Ils prenaient toutes les précautions humaines en leur pouvoir et
dépensaient le plus d’effort possible, sans compter sur les miracles.
Le
Prophète (BP sur lui) réunit les gens pour une délibération. Depuis que les
Musulmans avaient eu une patrie, le Messager (BP sur lui) n’imposa jamais sa
décision. C’était une valeur qui renforçait le courage, l’esprit de décision,
l’affiliation et le patriotisme. De nos jours, une des causes du terrorisme dans
le monde vient de ce que les individus ne sentent pas de loyauté envers leur
patrie.
Le
Messager (BP sur lui) répéta la même phrase à ses Compagnons : “Ô gens,
donnez-moi votre avis.” Il leur expliqua clairement et franchement la situation.
Personne ne lui dit d’attendre la Révélation du ciel. Cette dernière ne venait
que pour l’encouragement ou la consolidation, la planification est une affaire
humaine. Elle n’intervenait qu’au point où il pouvait y avoir un danger
d’anéantissement pour le Message comme c’était le cas le jour de la sortie du
Prophète de la Mecque.
Chacun des Compagnons donna son avis et quand vint le tour de Salmâne
Al-Fârissy, un compagnon d’origine perse, il dit : “Ô Messager d’Allah, quand
nous nous trouvions assiégés en Perse, nous construisions une tranchée.” Le
Messager (BP sur lui) qui avait l’esprit ouvert aux nouvelles idées accepta
celle-ci et la psychologie moderne nous dit que les personnes qui réussissent
leur vie ont cette qualité. En réfléchissant, il vit que l’idée pouvait réussir
à Médine qui n’avait qu’une seule entrée au nord. Il ne l’a pas refusée parce
qu’elle venait d’un pays étranger, l’essentiel était qu’elle fusse utile. Et
c’est ainsi que nous devons agir avec les idées nouvelles, en prendre l’utile et
abandonner le reste. Les hypocrites commençaient à dire que les Musulmans
avaient peur et n’avaient pas le courage de faire face à l’ennemi.
Le
Messager (BP sur lui) fit creuser la tranchée à l’endroit le plus étroit du
passage de l’entrée dans la ville, entre les montagnes qui la bordent de tout
côté et qui ne peuvent être escaladées à cause de leur nature rocheuse et
abrupte. Le Messager (BP sur lui) escaladait un petit mont appelé mont Sal‘ pour
surveiller les travaux. Il fallait arriver, en dix jours, à creuser dans une
terre rocheuse une tranchée de quatre kilomètres de long, de cinq mètres de
profondeur et de six mètres de large. Aucun cavalier ne devait pouvoir la
franchir. Mais, cette communauté musulmane était agile parce que ses membres se
sentaient concernés. En leur faisant partager la décision, le Messager (BP sur
lui) éveillait en eux le sens de la responsabilité et nous devons agir ainsi
avec nos employés et nos enfants.
Le
Messager (BP sur lui) planifia ainsi la bataille : creuser la tranchée, la faire
surveiller par les mille et cinq cents guerriers disponibles parce que certains
ennemis pouvaient l’escalader et enfin mettre les femmes et les enfants en lieu
sûr. Il divisa ensuite les hommes en groupes de vingt-cinq personnes dont chacun
devait creuser un bout de soixante mètres qu’il défendrait plus tard. Abou Bakr
et ‘Omar devaient surveiller la bonne marche des travaux. Le Messager (BP sur
lui) surveillait le tout et travaillait un peu avec chaque groupe pour leur
hausser le moral. Tout cet effort était fait pour le Message et pour que Allah
soit adoré sur Terre. Pouvons-nous faire de même de nos jours pour renouveler ce
Message comme il se doit ? Le Prophète (BP sur lui) allait d’un groupe à l’autre
et travaillait avec ceux qui transportaient la terre creusée. La peur était
grande, les hommes doutaient un peu du triomphe, à cause de Uhud, et la tranchée
était la seule solution vu que l’ennemi comptait dix mille combattants. De plus,
la famine sévissait à Médine. Tous avaient des pierres attachées à leur ventre
pour apaiser la faim et le Messager lui-même en avait deux.
Malgré tout cela, le moral était très haut et Hassâne ibn Thâbet, le poète de
Médine, composa des vers que tous chantaient et qui disaient :
Par Allah et, si ce n’était Lui,
Nous ne nous serions jamais assagis,
D’aumône et de prière nous n’aurions pas
fait.
Raffermis nos pieds à la rencontre,
recouvre-nous de paix.
Si du tort les autres nous voulaient
Et que le trouble ils mettaient
Nous y serions tous opposés.
Les Musulmans lui répondaient :
Nous sommes ceux qui ont prêté serment
A Mohammad pour la lutte éternellement
‘Omar n’était pas heureux d’entendre des chants dans un moment aussi sérieux. Il
a raconté plus tard que, en relevant le regard et en voyant le Messager (BP sur
lui) reprendre le refrain avec ses compagnons, et quand ces derniers chantaient "s'ils
veulent nous dissocier, nous le refuserons", le Prophète chantait derrière
eux "nous le refuserons, nous le refuserons, nous le refuserons", il se
mit à chanter avec eux.
Il faut faire là une petite remarque et dire que cela prouve que le chant et les
arts ne sont pas défendus par l’Islam, à condition qu’ils ajoutent à la valeur
morale de l’être.
Le Prophète lui-même partageait ces beaux moments avec ses
compagnons et inventait à son tour des chansons pour encourager les Ançars et
les émigrants. Il inventa à titre d'exemple une chanson dans laquelle il
invoquait Allah comme suit:
Ô Allah, il n'existe aucune vie que celle de la vie future,
Ô Allah accorde ta clémence aux Ançars et aux Emigrants
Les compagnons à leur tour
répondirent par une autre chanson disant:
Nous sommes ceux qui ont prêté
serment d'allégeance à Mohammad
de le soutenir à jamais dans son
jihad
Nous sommes ceux qui ont accepté la
guidance
Nous sommes les appelants au chemin
d'Allah et les héros du sacrifice
Evoquons aussi l’histoire selon laquelle le Prophète changea
le nom de l'un de ses compagnons de Jo'ayl à Omar. Les arabes inventèrent alors
à cette occasion une chanson qui disait :
Il changea son prénom de Jo'ayl à Omar
Quelle chance d'avoir le Prophète comme soutien
Et à chaque fois que le Prophète entendait cette chanson, il
répétait à la fin de chaque vers les mots Omara et ensuite thahara.
Tout ceci devrait illustrer comment la vie se déroulait
pendant les jours où les compagnons du Prophète creusaient le fossé. Le Prophète
essayait de remonter le moral de ses compagnons et voulait leur manifester qu'il
était proche d'eux, qu'il sentait leur douleur et qu'il était conscient de leurs
souffrances. Qu'Allah nous fasse voir cette scène au paradis.
Au bout de cinq jours de creusement de la tranchée, les
compagnons souffraient de la fatigue et de la faim et leur tâche devenait de
plus en plus difficile à accomplir. Jâber Ibn Abdillah demanda alors à sa femme
si elle avait de quoi nourrir le Prophète et quand elle répondit qu'elle ne
disposait plus que d’une tranche de poulet et d'une poignée d'orge, il lui
ordonna de la conserver pour le Prophète et de ne pas la donner à ses enfants.
Il alla tout de suite aviser le Prophète de ce qu'il peut
lui offrir comme repas mais le Prophète lui demanda: “Veux-tu que je vienne
seul Jâber ? Veux-tu que je mange tandis que le reste de l'armée souffre de la
faim ? ” Puis il se plaça au sommet de la montagne de Sal' et annonça à tous
ses compagnons qu'ils prendraient leur repas ce jour-ci chez Jâber. Ce dernier
se précipita vers sa femme pour lui annoncer la décision du Prophète d'amener
toute l'armée pour manger de ce repas très modeste mais sa femme lui dit :
« Puisque tu as expliqué au Prophète et qu'il a pris cette décision, Allah et
son Prophète savent certainement mieux que nous. »
Ce jour-là, le Prophète ordonna à son armée d’entrer groupe
par groupe dans la maison de Jâber pour prendre leur repas et toute l’armée,
fatiguée et affamée depuis cinq jours, fut rassasiée et il resta de quoi nourrir
Jâber et sa famille, grâce à la bénédiction du Prophète.
C'était un miracle qui n'arriva que lorsque les Musulmans
firent preuve d’altruisme. Lorsque Jâber décida de donner son repas au Prophète
et lorsque le Prophète décida de ne pas manger seul, le miracle eut lieu.
Chaque nuit de cette période, le Prophète revenait épuisé et
dormait la tête sur les genoux de Aicha, qui pendant ces jours difficiles lui
apportait un grand soutien.
Le creusement d'une tranchée de 4 kilomètres de longueur fut
achevé au bout de 10 jours mais il resta un grand roc que les musulmans furent
incapables d'effriter. Même Abou Bakr et ‘Ali ne purent y arriver. Le Messager
leur dit d’arroser le roc d’un peu d’eau, prit la pioche et lui donna un coup
qui fit surgir des étincelles et fit sursauter les Compagnons qui y assistaient.
Il cria : “Allahou Akbar (Allah est plus Grand), la Perse a été envahie.” Il
donna un second coup et cria : “Allahou Akbar, Byzance a été envahie.” Il donna
un troisième coup et le roc tomba en poussière.
Pourquoi le Messager (BP sur lui) a-t-il mentionné Byzance
et la Perse ? Pour aviver l’espoir, il aimait le faire souvent.
Le siège :
A leur arrivée devant Al-Khandaq, les gens de Qoraïche
furent surpris de cette nouvelle invention des Arabes. Ils étaient venus
combattre et partir, ils n’étaient pas prêts pour un siège. Ainsi, avec son
esprit d’entreprise, le Messager (BP sur lui) obligeait toujours ses ennemis à
réagir et devenait ainsi maître de la situation.
Le siège dura vingt-quatre jours et Qoraïche guettait la
plus petite distraction du côté musulman. Amr ibn al-‘Âç et Khaled ibn al-Walîd
arpentaient la tranchée avec l’escadron de cavalerie. Ils s’étaient mis d’accord
avec Abou Soufiâne d’agir vite à leur signal. Le Messager (BP sur lui) avait
pris ses précautions et établi un plan de surveillance précis. Chaque groupe de
vingt-cinq compagnons avait à sa tête un commandant et Sa‘d ibn Mou‘âdh allait
et venait tout au long de Al-Khandaq pour s’assurer que tous étaient bien aux
aguets. Abou Bakr et ‘Omar surveillaient ensuite le tout. Le Messager lui-même
se tenait sur le mont Sal‘ pour avoir une vue de l’ensemble.
Qoraïche eut alors l’idée de se faire aider par les Juifs de
l’intérieur de Médine. Bani Qaïnouqâ‘ et Bani An-Nadîr avaient été obligés de
partir mais il y avait toujours les Bani Qoraïtha qui avaient signé la
constitution avec le Messager (BP sur lui). Les mécréants de la Mecque pensaient
que si les enfants et les femmes étaient attaqués à l’intérieur de Médine, les
Musulmans se verraient obligés de courir à leur secours ou d’envoyer quelques
bataillons et la tranchée serait dès lors moins bien surveillée. L’état des
Musulmans a été ainsi décrit par ce verset
– qui peut être traduit par - : “
Quand ils vous vinrent d'en haut et d'en bas [de toutes parts], et que les
regards étaient troublés, et les cœurs remontaient aux gorges, et vous faisiez
sur Allah toutes sortes de suppositions... Les croyants furent alors éprouvés et
secoués d'une dure secousse.
” (TSC[i],
Al-'Ahzâb (LES COALISES) : 10-11).
Houyaï ibn Akhtab s’en alla vers Ka‘ab ibn Sa‘d, le chef des
Bani Qoraïtha, et lui dit : “Ô Ka‘b, je suis venu avec tous les biens du monde.
Je suis venu avec Qoraïche et Ghatfâne, tout ce qu’il y a de plus honorable au
monde pour supprimer Mohammed.” Il lui répondit : “Tu viens avec l’humiliation ?
Je n’ai vu de Mohammed que de la loyauté et de la franchise. Il ne m’a rien pris
de mes biens, ne m’a pas obligé à suivre sa religion et lorsqu’il vous a chassé,
il ne m’a pas rendu responsable de vos actions”.
Ka‘ab essayait de résister mais Houyaï insista et finit par
le convaincre. Le Prophète (BP sur lui) le sut et en fut très soucieux. Djibrîl
ne se manifestait pas alors le Messager (BP sur lui) envoya Sa‘d ibn Mou‘âdh et
Sa‘d ibn ‘Obada s’assurer de la nouvelle. Le premier était issu de la tribu des
Aws dont les Bani Qoraïtha étaient les alliés avant la venue de l’Islam à
Médine. Il dit à Ka‘b : “Ô Ka‘b, n’as-tu pas signé un pacte avec le Messager
d’Allah ?” Il lui répondit : “Qui est le Messager d’Allah. Il n’y a rien entre
nous et vous, nous avons déchiré l’acte.”
Le Messager (BP sur lui) avait recommandé à Sa‘d de ne pas
venir dire la réponse en public si elle était mauvaise et de l’annoncer si elle
était bonne. A son retour, ce dernier cria au Prophète (BP sur lui) : “Ô
Messager d’Allah, ‘Adl et Qârra (des noms de tribus qui avaient commis une
grande traîtrise envers le Prophète et les Compagnons).” Aussitôt, pour ne pas
décourager l’armée, le Messager (BP sur lui) cria néanmoins : “ Allahou Akbar.
Bon augure, attendez-vous au triomphe de la part d’Allah.” Puis, très soucieux,
il se couvrit le visage et se mit à réfléchir. Mais la nouvelle avait été
répandue par les Juifs à l’intérieur de Médine. La situation était difficile et
les hypocrites ajoutaient à la difficulté avec leurs insinuations. Ils se
moquaient de ce que le Messager (BP sur lui) avait dit au sujet de la Perse et
de Byzance quand il cassait ce roc et ce verset est venu commenter leur propos
–il peut être traduit par - :
“
Et quand les hypocrites et ceux qui ont la maladie [le
doute] au cœur disaient: «Allah et Son messager ne nous ont promis que
tromperie». " (TSC, ‘Al-'Ahzâb’ (LES COALISES) : 12).
De même, un groupe d'entre eux dit: «Gens de Yathrib! Ne demeurez pas ici.
Retournez [chez vous]». Un groupe d'entre eux demande au Prophète la permission
de partir en disant: «Nos demeures sont sans protection», alors qu'elles ne
l'étaient pas: ils ne voulaient que s'enfuir. " (TSC, ‘Al-'Ahzâb’
(LES COALISES) : 13).
Les Bani Qoraïtha envoyèrent un homme pour leur apporter des
nouvelles et semer la peur à Médine. Il s’approcha du fort gardé par Hassân ibn
Thâbet où se trouvait Safiya, la tante du Prophète. Celle-ci vit l’homme et cria
à Hassân de le tuer mais ce dernier qui était un poète tendre et ne savait pas
tenir une épée lui répondit qu’il ne pouvait le faire. Elle prit une barre de
fer en donna un coup sur la tête de l’homme et le tua. Elle cria ensuite à
Hassân d’aller couper la tête de l’homme et d’aller la jeter devant les forts
juifs afin de les leurrer sur la réelle défense du fort, mais il en était
également incapable et elle dut le faire elle-même. Voyez la manifestation de
courage apportée par les femmes musulmanes qui égale les sacrifices des hommes.
Dans sa tentative de sauver la ville, le Messager eut une
idée et s’en fut vers la tribu Ghatfâne, alliée de Qoraïche, et leur dit :
“Accepteriez-vous de partir et de prendre le tiers des récoltes de Médine ?” Ils
acceptèrent après avoir d’abord exigé la moitié. Il leur dit alors : “Je dois
consulter mes Compagnons.” Il appela alors Sa‘d ibn Mou‘âdh et Sa‘d ibn ‘Oubada
et leur rapporta sa conversation avec Ghatfâne. Ils lui répondirent : “Ô
Messager (BP sur lui) d’Allah, as-tu conclu avec eux, alors nous nous taisons ?”
Il leur répondit : “Je n’ai pas le droit de le faire avant de vous le
demander.” Sa‘d ibn Mou‘âdh dit : “Ô Messager d’Allah, fais-tu cela parce que
tu en as reçu l’ordre par révélation ou parce que c’est une chose que tu aimes
ou bien est-ce pour notre bien à nous ?” Il lui répondit : “Je le fais pour
vous. Je veux disperser les Arabes qui se sont unis contre vous.” Sa‘d dit : “ Ô
Messager d’Allah, lorsque nous étions encore mécréants, personne de ceux-là
n’aurait osé prendre quelque chose de Médine sans payer son prix. Maintenant que
nous avons la force de l’Islam, nous le leur permettrons ? Par Allah, ils
n’auront de nous que les coups d’épée.”
Voyez-vous comment un pays peut-être cher pour ses
habitants ? Nous subissons depuis longtemps l’injustice des pays occidentaux
colonisateurs qui prennent nos matières premières et nous les rendent
fabriquées. Ils réalisent du profit et le chômage sévit dans nos pays. Ces
droits doivent nous revenir. Les Compagnons n’ont pas voulu donner un seul fruit
de Médine sans en prendre le prix et le Prophète (BP sur lui) les approuvait.
Le siège durait depuis vingt-trois jours et le Messager (BP
sur lui) se voyait obligé d’envoyer des hommes pour défendre les femmes et les
enfants et le Khandaq devenait plus vulnérable. ‘Amr ibn Woud, un des mécréants,
duelliste de premier ordre et qui n’avait jamais été vaincu, essaya de le
traverser. Il y descendit avec son cheval et cria : “Qui est-ce qui viendra se
mesurer à moi ?” Il répéta cet appel plusieurs fois avant que ‘Ali ne demande au
Messager la permission d’y aller. Le Messager lui dit : “Assieds-toi Ali, c’est
‘Amr ibn Woud.” Ali répéta sa demande plusieurs fois et le Prophète (BP sur lui)
lui donna son épée et fit des invocations pour lui.
Ali fit face à l’homme qui lui demanda qui il était. A la
réponse de Ali, il lui dit : “Je n’aimerais pas te tuer parce que ton père était
mon ami.” Ali lui répondit : “ Moi, j’aimerais te tuer et tu choisis entre
embrasser l’Islam, partir de suite vers la Mecque ou avoir la gorge coupée.”
Ibn
Woud, furieux, coupa les jarrets de son cheval (pour prouver qu’il allait
combattre jusqu’à la mort), enduit son visage avec le sang de l’animal et donna
un coup à Ali. La poussière soulevée par leur combat ne laissait rien voir et le
Prophète ne cessait d’invoquer Allah. Soudain, ils virent une silhouette sortir
des nuages de poussière en criant “Allahou Akbar”. C’était Ali avec la tête de
‘Amr ibn Woud en main. Le Messager lui dit de la jeter de l’autre côté du
Khandaq pour terroriser les ennemis.
Durant ce siège, Sa‘d ibn Mou‘âdh, le chef des Aws, reçut une flèche au coude et
perdit beaucoup de sang. Le Messager qui l’aimait beaucoup donna l’ordre
d’installer une tente pour le blessé dans la mosquée, tout près de sa maison, et
fit appeler Roufaïda, la première infirmière musulmane. Sa‘d priait Allah et
disait : “Ô Allah, si je devais mourir de cette blessure, garde-moi en vie tant
qu’il y aura des combats entre nous et Qoraïche et si c’est le dernier, ne me
fais pas mourir avant de me venger des Bani Qoraïtha.” Aussitôt, le sang
s’arrêta.
Au
milieu de toutes ces péripéties, un homme appelé Nou‘aïm de la tribu de Achga‘
ibn Mass‘oûd qui se trouvait parmi les mécréants vint dire au Messager qu’il
était devenu musulman et disposé à suivre ses ordres. Le Prophète (BP sur lui)
lui répondit qu’il n’y avait pas grand chose à faire pour le moment mais qu’il
pouvait retourner parmi les mécréants et les tromper à leur sujet.
L’homme s’en alla vers les Bani Qoraïtha qui ignoraient qu’il était devenu
Musulman et leur dit : “Ô vous, les Bani Qoraïtha, vous savez mon amitié pour
vous.” Ils répondirent : “Oui, nous n’avons aucun doute à ton sujet.” Il
reprit : “Vous savez que Qoraïche ne sont pas de ce pays, s’ils décident
d’arrêter le siège, ils repartiront et vous laisseront entre les mains de
Mohammed.” Ils lui demandèrent ce qu’il leur conseillait et il leur dit :
« Incitez-les au combat et demandez-leur cinquante hommes en otage afin d’être
sûrs qu’ils ne vous abandonneront pas sans s’être battus. S’ils refusent, vous
devriez craindre pour vous-mêmes. » Ils acquiescèrent.
Nou‘aïm s’en alla ensuite vers Abou Soufiâne et lui dit : “J’ai su que Mohammed
s’était réconcilié avec les Bani Qoraïtha qui lui ont promis de lui livrer
cinquante des vôtres pour lui prouver leurs bonnes intentions.” Abou Soufiâne
envoya alors demander aux Bani Qoraïtha quand est-ce qu’ils allaient commencer
le combat. Ils lui répondirent qu’il devait leur donner d’abord cinquante hommes
des siens. Il se dit en son for intérieur que Noa‘ïm avait raison et refusa. Le
chef des Bani Qoraïtha pensa de même de No‘aïm et ainsi ce dernier sauva toute
l’armée musulmane par un seul acte.
Au
vingt-quatrième jour du siège, le Messager (BP sur lui) se mit à implorer Allah.
Au soir, un vent terrible souffla. Il arrachait les tentes et tout ce qui était
dans le campement ennemi. Ce verset explique ce qui s’était passé –il
peut être traduit par : “Ô vous qui croyez! Rappelez-vous le bienfait
d'Allah sur vous, quand des troupes vous sont venues et que Nous avons envoyé
contre elles un vent et des troupes que vous n'avez pas vues. Allah demeure
Clairvoyant sur ce que vous faites. " (TSC,’ Al-'Ahzâb’ (LES
COALISES) : 9).
Sachez qu’Allah peut envoyer Ses guerriers à tout instant et en toute époque
mais il faut mériter ce miracle. Le coran dit
– ce qui peut être traduit par - :“
Ô
vous qui croyez! si vous faites triompher
(la cause d') Allah, Il vous fera triompher et raffermira vos pas. "
(TSC, ‘Mouhammad’ : 7).
En
cette nuit glaciale, le Prophète demanda à se Compagnons si l’un d’entre eux
pouvait aller lui apporter les nouvelles de l’ennemi. Personne n’osait bouger à
cause du froid et par peur. Il en chargea enfin Houdhaïfa et lui dit de ne pas
provoquer de combat. Ce dernier racontait qu’il était parti, tremblant de froid,
mais une fois là-bas, il sentit par la grâce d’Allah comme s’il était dans un
bain chaud. Il vit l’armée ennemie en branle-bas et Abou Soufiâne qui appelait
ses gens à lui. Houdhaïfa se glissa parmi eux et entendit Abou Soufiâne dire :
“Je veux vous dire quelque chose d’important et que chacun s’assure de son
voisin car je ne suis pas sûr qu’il n’y ait pas des espions de Mohammed.”
Craignant pour sa vie, Houdaïfa s’empressa de s’adresser à son voisin,
inquisiteur : “Qui es-tu ?” Il dupa ainsi son voisin, demandant le premier afin
que personne ne l’interroge.
Voyez-vous comment les Compagnons du Prophète étaient perspicaces et
intelligents ? Ils ne se contentaient pas de pratiquer le culte, retirés du
monde. Houdhaîfa racontait qu’en voyant Abou Soufiâne devant lui, il pensa le
tuer mais se rappela l’ordre du Messager et se retint. Abou Soufiâne dit : “Les
Juifs vous ont délaissés et les vents vous attaquent, je pars, suivez-moi.”
Houdhaïfa dit : “J’ai remercié Allah de ne pas avoir provoqué de combat, je suis
retourné vers le Prophète (BP sur lui) qui priait et je recommençai alors à
sentir le froid. Il me recouvrit de sa cape et me garda serré sous son bras
durant toute sa prière. ” Après avoir terminé, le Messager (BP sur lui) loua
Allah et dit : “Il n’y a d’autre Dieu que Allah Seul et Unique qui a tenu Sa
promesse, a fait triompher Son Serviteur, a soutenu Ses guerriers et vaincu Seul
les partis. Dorénavant, nous les envahirons et ils ne pourront pas nous
envahir.”
Notre Prophète et ses Compagnons retournèrent chez eux, extrêmement épuisés,
mais Djbrîl descendit lui dire : “Ô Mohammed, est-ce que vous avez déposé vos
armes avant les Anges ? Il faut punir la traîtrise des Bani Qoraïtha, Allah
n’aime pas les traîtres.”
Le Prophète (BP sur lui) ordonna alors de lancer cet appel aux gens :
“ Que celui qui est soumis et obéissant ne prie le ‘Açr (prière de l’après-midi)
qu‘à Bani Qoraïtha.” Les Musulmans les assiégèrent pendant quatorze jours. Les
Juifs voulurent abandonner leurs armes et partir hors de Médine mais le Messager
leur dit que c’était à lui de décider. Ils demandèrent l’arbitrage de Sa‘d ibn
Mou‘âdh et le Messager accepta. Ce dernier vint et leur dit : “Vous accepteriez
ma sentence ? ” Ils répondirent : “Oui.” Il leur dit : “Je vois que les hommes
doivent être tués, les femmes et les biens pris.” Le Prophète (BP sur lui)
approuva : “Tu as prononcé la sentence d’Allah, ô Sa‘d”
L’Islam recommande la miséricorde et la compassion mais la traîtrise est une
faute grave, rappelons-nous.
Conclusion :
Cet
épisode fini, la blessure de Sa‘d recommença à saigner. Le Prophète (BP sur lui)
le prit dans ses bras et ses habits se couvrirent de son sang. Il disait : “Ô
Sa‘d, le Trône d’Allah tremble à ta mort (à cause de tous les Anges qui
s’affairaient pour préparer et assister aux funérailles de Sa‘d).
Ainsi mourut Sa’d
et il fut enterré à Al-Baqi’. Et ainsi fut la bataille du Khandaq. Rassemblez
vos forces, chers auditeurs et attendez-nous demain pour parler de la situation
sociale à Médine et de l’histoire racontée sur Sayyeda Aîcha.
[i] TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens
courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire
la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de
révélation du saint Coran.
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