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Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Episode 17 : L’installation à Médine
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Introduction et résumé de la période mecquoise :
Avant de parler de l’arrivée du Messager d’Allah (BP sur lui) à Médine, nous
aimerions récapituler les treize années depuis le début de la mission à la
Mecque jusqu'à la Hidjra (émigration) à Médine.
Nous pouvons dire en quelques mots que cette période était une histoire de
défis, de détermination et de consolidation ou, l’histoire de la ténacité de la
vérité face aux intérêts personnels.
Le
Prophète (BP sur lui) voulut tout d’abord former son état major avec des hommes
qui allaient l’aider à communiquer son message à l’humanité. Il savait que pour
défendre la vérité, il aurait besoin d’hommes énergiques, positifs, de noble
morale, qui sauront réunir les gens autour d’eux. En trois ans, il en avait
réuni deux cents. Le Messager choisissait soigneusement ses compagnons, les
prenait dans toutes les classes de la société et toutes les tribus.
A
la troisième année de la Mission, le Messager (BP sur lui) reçut l’ordre de
rendre sa Da‘wa publique et il passa à la seconde étape de son plan qui était la
divulgation de son message. L’oppression et la tyrannie allaient sévir contre
les Musulmans, en même temps que le Messager (BP sur lui) fondait Dar Al-Arqam
où il formait ses compagnons avec des leçons de politique, de morale et de
spiritualité. C’est également en cette année que Hamza et ‘Omar qui devaient
être un important soutien aux Musulmans embrassèrent l’Islam. Qoraïche, voyant
que les persécutions des Musulmans ne donnaient pas de résultat, essaya les
négociations et les offres alléchantes. Rien ne séduisait le Prophète (BP sur
lui) et il leur proposa à la place un traité de Al-Foudoûl (la vertu) qu’ils
refusèrent.
De
la sixième à la neuvième année ce fut le blocus des Musulmans dans les cols des
Bani Hâchem et ensuite l’année de la tristesse où moururent Khadîdja et Abou
Tâleb. Réalisant, qu’il ne pouvait aboutir à rien avec les Quraychites, le
Messager (BP sur lui) pensa chercher des alliances hors de la Mecque. Il n’eut
pas de succès avec les gens de At-Tâëf et non plus avec les tribus qui venaient
à la Mecque pour la saison du pèlerinage. Finalement, après vingt-cinq échecs,
il réussit avec un petit groupe de jeunes hommes de Médine.
A
la onzième année, les Ançâr de Médine lui firent le serment d’allégeance mineur
de Al-‘Aqaba, à la douzième année ce fut le serment d’allégeance majeur et à la
treizième la Hidjra (émigration).
Leçons à tirer de la période mecquoise :
Quelles leçons pouvons-nous tirer de ces treize années et en quoi peuvent-elles
nous être utiles de nos jours ? Elles se résument en douze points :
1.
Une majestueuse mission
accomplie par le Prophète (BP sur lui) et qui consistait à mettre en valeur la
Terre. Les Compagnons y ont eu foi, l’ont portée dans leur cœur et ont vécu pour
elle. L’idée d’une renaissance pour notre Umma peut-elle emplir de même les
cœurs et les esprits des millions de téléspectateurs qui nous voient ?
2.
Un modèle de patience, de
sacrifice, de détermination, d’acharnement, de peur et de mort. L’histoire
continuelle de tous ceux qui vivent pour une mission. Soumayya et Bilâl en sont
la meilleure preuve. Pouvez-vous faire de pareils sacrifices, fournir l’effort
nécessaire et suivre les pas du Bien-aimé pour réussir notre renaissance ?
3.
L’entraînement spirituel
et intellectuel que le Prophète (BP sur lui) a offert aux Compagnons à Dar
Al-Arqam et qui serait bien nécessaire à tous les jeunes de nos jours. Cela est
essentiel pour eux, qu’ils fassent partie des “Sounnâ‘ al-Hayat” (les Bâtisseurs
de la vie) ou non.
4.
Une planification
intelligente et lucide, une expérience purement humaine. Les révélations du ciel
n’y aident pas, les miracles consolident et relèvent le moral mais ne changent
pas les évènements. Nous devons agir de même, penser ensemble au plan de notre
renaissance et unir nos efforts parce qu’elle ne se fera pas seule. Allah nous
gratifiera de signes pour nous consolider et nous avons le Coran.
5.
Une coexistence pacifique
et positive avec les autres. Je dis qu’il n’y aura pas de renaissance sans
coopération avec le monde oriental et occidental. Je ne suis pas entrain de
raconter des histoires avec la Sira du Prophète (BP sur lui), je présente un
modèle à suivre pour réussir notre renaissance.
6.
La maîtrise de soi quelles
que soient l’oppression et l’injustice. C’est le chemin des prophètes, nous n’en
avons jamais vu un qui se vengeait. Il faut préserver la société et non la
détruire.
7.
Le rôle de la femme en
Islam qui est parfois plus important que celui de l’homme. Nous avons vu les
exemples de Khadîdja et Asmâ’ bint Abi Bakr et comment des femmes furent les
causes de la conversion de ‘Omar et Hamza. Il ne peut y avoir de renaissance de
nos jours tant que la femme est privée de ses droits. L’Islam imputé de ces
injustices fut le premier à lui instaurer son dû.
8.
Acceptation des échecs et
d’un pourcentage d’erreurs comme il y en a eu dans l’histoire du Prophète (BP
sur lui). Il n’y a pas de plan parfait et les erreurs sont utiles avec les
leçons qu’elles donnent.
9.
L’importance de l’espoir.
Il faut apprendre que le succès commence à pointer aux moments les plus sombres.
10.
La confiance en Allah qui
est une part importante du culte avec la lecture du Coran, les Do‘a et la prière
surtout celle effectuée la nuit. L’énergie spirituelle donne de la force
physique et c’est pour cela que notre devise est “La renaissance au moyen de la
foi”. Il faut établir des plans et essayer toutes les causes matérielles
possibles tout en étant sûr que le triomphe vient d’Allah.
11.
Quatre qualités morales
essentielles qui percent toujours dans la Sira : la véracité, la probité, la
fidélité et la ténacité.
12.
Un principe important “Ne jamais préférer ses intérêts aux
dépens de la vérité”. Les gens qui recherchent les biens matériels, le poste ou
la puissance doivent faire attention et se rappeler ce verset – qui peut être
traduit par - : “ Que périssent les deux mains d'Abû-Lahab et que
lui-même périsse. Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu'il a acquis. Il sera
brûlé dans un Feu plein de flammes,” (TSC[i],
AL-MASAD (LES FIBRES) : 1, 2, 3). La faute principale des mécréants de
Qoraïche fut de défendre leurs intérêts matériels sans aucun égard pour la
vérité. Nous avons vu où cela les a amenés.
Pouvons-nous après avoir appris ces leçons faire le serment de les mettre en
pratique et de suivre les pas du Bien-aimé ?
Fondation de la nation :
Après son départ vers Médine, le Messager (BP sur lui) laissait derrière lui à
la Mecque des Musulmans qui n’avaient pu le suivre, en plus de ceux qui le
défendaient sans avoir embrassé l’Islam comme les Banou Hâchem. Là, nous devons
nous demander pourquoi il ne les a jamais incités à faire des troubles ou à
s’insurger à la Mecque après son départ. Tout simplement parce que le Prophète
(BP sur lui) respecte les principes propres à chaque société. Il considère que,
dans chaque communauté, les personnes sont des individus à part entière avec
leurs devoirs et leurs droits et aucun ne doit nuire au pays où il a choisi de
vivre. Voyez-vous ce raffinement ? C’est ce qu’on appelle de nos jours la
citoyenneté. Les Musulmans vivant dans les pays étrangers ne doivent pas faire
du tort à la société où ils se trouvent. Malgré que le Messager sût qu’il y en
avait parmi ceux qui ont été obligés de venir à Badr, en guerre contre les
Musulmans, il ne les a jamais encouragés à le faire. Il faut également savoir
que ses guerres contre les Juifs de Médine n’étaient pas dues à la haine ou à
l’esprit de vengeance mais à leur défection aux traités signés avec lui. Il leur
a toujours dit qu’ils auraient leurs droits à condition de respecter les
principes de la société.
Arrivée à Médine :
Un
lundi, deux semaines après son départ de la Mecque, le Messager arriva à Qibâ’
une banlieue à dix kilomètres de Médine. Il y demeura quatre jours pour honorer
ses habitants qui l’avaient reçu affablement et donner à ceux de Médine le temps
de se préparer à sa venue. Il y construit la première mosquée musulmane
mentionnée par ce verset – qui peut être traduit par - : “ Car une
Mosquée fondée dès le premier jour, sur la piété, est plus digne que tu t'y
tiennes debout [pour y prier]. On y trouve des gens qui aiment bien se purifier,
et Allah aime ceux qui se purifient. " (TSC, At-Tawba (LE DESAVEU ou
LE REPENTIR) : 108).
A
la nouvelle de la proche arrivée du Messager, Médine s’apprêta à le recevoir en
fête. Pour imaginer leur bonheur, nous rapportons ce commentaire fait par Anas
ibn Mâlik, compagnon et serviteur du Messager : “Toute chose s’est illuminée à
l‘arrivée du Messager d’Allah (BP sur lui) à Médine et s’est assombrie à sa
mort.” Chaque matin les habitants couraient aux abords de la ville et se
mettaient à scruter l’horizon jusqu’à la chaleur du milieu du jour. Un matin
qu’ils étaient repartis, ils entendirent ce cri d’un Juif perché sur un
dattier : “Ô les Arabes, voici venu l’homme que vous attendiez.” Tout le monde
accourut de toute part et les gens se bousculaient pour voir le Messager tant
attendu. Ils ne savaient pas lequel des deux était-ce, lui ou Abou Bakr, jusqu’à
ce que, pour le faire remarquer, ce dernier l’ombragea délicatement de sa cape.
Tous chantaient des vers qui avaient fusé des cœurs et disaient :
La
pleine lune nous est apparue
Sur
les collines où nous avons accouru
Envers Allah, nous devons être reconnaissants
Et
exprimer dans nos do’a des remerciements.
Ô
toi le messager, parmi nous annoncé,
Tes
ordres seront obéis et respectés
Médine, par ta venue est honorée
Bienvenue, ô meilleur des messagers.
Quand le Prophète
mit pied à terre, il prononça un discours. Ce fut sa première allocution à
Médine. Les gens de Médine silencieux étaient groupés autour de lui. Il leur dit
: " faites répandre la paix entre vous, faites manger les autres de votre
nourriture. Prenez soin des vos parentés, priez la nuit quand les gens préfèrent
le sommeil et vous entrerez au paradis en paix." Mais quel discours était ce ?!
Un discours politique ? Social ? Économique ou religieux ? Tous à la fois.
Médine souffrait encore des séquelles d'une guerre aux plaies encore fraîches,
et les animosités étaient susceptibles de se raviver à cause des intrigues des
juifs. Comme il y avait parmi eux des gens pauvres et démunis, et qu’ils
venaient d'accueillir chez eux les émigrants. La parole concise et éloquente du
Prophète avait touché à tous ces points. Il leur recommanda de répandre la paix
justement pour consolider l'union et la fraternité entre eux. Puis il les
exhorta de partager leur nourriture avec les pauvres et les nécessiteux pour
voir se renforcer ces mêmes liens de fraternité et d'humanité. Et enfin, il leur
demanda de prier la nuit pour élever leur foi et éduquer leurs âmes afin
d'atteindre ces nobles caractères.
Nous pouvons admirer la constance des valeurs et la morale du Prophète à travers
cet épisode. Il a débuté son discours par la paix, car son message a commencé
par une étreinte de Djibril. Il prêche la bienfaisance et la miséricorde envers
les plus démunis, tout comme Khadîdja le soutint quand il avait reçu la
révélation et qu'elle lui dit :
Tu préserves les liens de famille, tu secours le faible, tu donnes au pauvre, tu
honores ton invité et tu aides contre l’injustice.
Installation du Prophète (BP sur lui) à Médine :
Après ce discours, les gens de Médine se bousculèrent pour offrir l'hospitalité
au Prophète et gagner l'honneur de l'accueillir chez eux. Mais Abou Ayoub les a
devancés et a pris les bagages du Prophète et les a emmenés chez lui. Quand le
Prophète s'enquit sur ses bagages, Abou Ayoub lui dit qu'ils étaient chez eux,
alors le Prophète apprécia son geste et choisit de descendre chez lui.
La maison d'Abou Ayoub se constituait de deux étages. Le Prophète par politesse
demanda à son hôte qu'il le laisse habiter l'étage du dessous. Mais Abou Ayoub
lui dit : nous ne saurons habiter à l'étage supérieur et savoir que nos pieds
sont au dessus de toi. Le Prophète, fin qu'il était, lui dit que beaucoup de
gens lui rendront visite et qu'il ne voulait pas importuner son ménage et sa
famille. Le Prophète habita donc à l'étage inférieur. Un jour, la femme d'Abou
Ayoub laissa tomber une jarre pleine d'eau, apeurés ils se sont mis à sécher
l'eau avec leurs effets pour qu'elle ne traverse pas en bas dans le logis du
Prophète ! Alors Abou Ayoub insista auprès du Prophète pour qu'il habite à
l'étage supérieur et le Prophète accepta.
Abou Ayoub conviait le Prophète à partager ses repas, et parfois, il lui
apportait son dîner dans sa chambre. Un jour, le Prophète leur rendit le plat et
Abou Ayoub s'aperçut qu'il n'avait pas touché à la nourriture. Il monta alors
chez le Prophète et lui demanda si la nourriture ne lui plaisait pas. Le
Prophète lui répondit que le repas contenait de l'ail et qu'il n'aimait pas
avoir une mauvaise haleine, lui qui recevait l'Ange Djibril et qui devait rester
en compagnie des gens !
Pouvons-nous imaginer que le Prophète soit notre invité durant ce mois sacré ?
Que serait notre conduite alors ? Comment seraient nos maisons ? Nous devons
toujours sentir sa présence à travers la présence de ses préceptes et de sa
sunna.
Abou Ayoub Al-Ançari mourut en martyr durant la conquête de Constantinople. On
l'a enterré sous la muraille de la ville. Aujourd'hui une mosquée est bâtie
autour de son tombeau. Allah l'a honoré et a fait qu'il ne soit pas seul dans sa
mort; car des centaines de gens prient quotidiennement près de sa tombe depuis
des siècles !
Médine après l’émigration :
Médine a été bouleversée par l'émigration du Prophète en son sein. De nouvelles
données se sont installées, et la ville est devenue d'une extrême complexité.
Regardons de près ces nouvelles composantes et essayons de faire une analyse
sociologique des ces nouveaux éléments.
Elle a reçu les mouhajirines, des étrangers à la communauté, des gens qui ont
quitté leur pays auquel ils étaient très attachés, et qui ont émigré vers une
nouvelle terre sans gîte ni ressources. Qui sont de surcroît, des gens qui se
connaissent et s'adonnent au commerce, alors que Médine était un pays
d'agriculture et ses habitants vivaient du travail de la terre. Un métier qui
exige beaucoup de temps pour l'apprendre et le parfaire. Le nombre des
mouhajirines ne cessait d'augmenter, alors que les ressources étaient limitées.
Les mouhajirines trouvèrent du mal à s'adapter au climat de Médine. Beaucoup
d'entre eux tombèrent malades, parmi eux Abou Bakr qui a souffert d'une épidémie
qui s'est répandue dans la ville. A tel point que le Prophète pria Allah et dit
: "ô Allah fais que nous aimions Médine comme nous aimons la Mecque. Ô Allah
purifie Médine et chasse tous les maux qui l'habitent."
Du côté des Ançar, les choses n'étaient pas meilleures. Ils étaient partagés
entre les Khazraj et les Aws. Les ressentiments sont encore vifs parmi eux à
cause des guerres successives qui les avaient secoués. Leur souci était de
s'accaparer les honneurs dans la nouvelle communauté qui venait de naître. Il
existait encore parmi eux des gens qui ne voulaient pas embrasser l'Islam. Mais
le plus grave, c'est qu'une nouvelle catégorie de gens était apparue; les
hypocrites. Des gens qui se sont soumis à l'imposante force de l'Islam à Médine,
et qui se sont convertis par ruse et mensonge mais qui vouaient une haine
indescriptible au Prophète et à ses compagnons.
Il y avait aussi à Médine une forte communauté juive. Les juifs dominaient le
commerce des grains, des vins et du tissu. Ils étaient propriétaires de quasi
tous les puits de la ville. Ils étaient des gens du livre et méprisaient les
arabes qui étaient polythéistes. Avec l'avènement de l'Islam, leur haine s'est
accrue envers les arabes qui avaient reçu l'honneur que le messager soit l'un
des leurs alors que les juifs s'attendaient à ce que le dernier prophète soit
juif.
Tous les ingrédients de l'éclatement étaient présents à Médine à ce moment-là.
Mais le Prophète a su déjouer tous ces problèmes, et il a unifié toute cette
communauté au bout de deux années seulement. Pour ce faire, le Prophète
entreprit trois choses. En premier lieu, il construisit la mosquée. Il en fit un
lieu où se fondirent toutes les différences et toutes les animosités. Aws et
Khazraj, mouhajirines et Ançar, pauvres et riches s’y retrouvaient. De cette
mosquée, le Prophète en a fait une école, un lieu de rencontre qui abritait les
réunions du Prophète avec ses compagnons et où sont prises toutes les décisions
concernant la communauté. Elle était la tribune de laquelle le Prophète prêchait
et apprenait aux compagnons leur religion. Aujourd'hui, le spectacle de nos
mosquées désole. Elles sont devenues des lieux de prière dépourvus de toute âme.
Pour bâtir la mosquée, le Prophète a associé tous les habitants de Médine. Tout
le monde a pris part à sa construction. Le Prophète lui-même y participa, et les
compagnons racontent qu'il était devenu tout noir, sali par la terre durant le
travail.
Le Prophète afin de souder encore mieux les rangs de cette communauté, décida de
fraterniser les compagnons. Il fit cohabiter les mouhajirines et les Ançars.
Ainsi, chacun des Ançars devait recevoir chez lui et partager sa maison avec un
mouhajir. Les mouhajirines qui étaient convertis bien avant les Ançars devaient
apprendre à leurs frères de Médine leur religion. Le Prophète était d'une grande
douceur et il ne manquait pas une occasion pour mettre de la joie dans le cœur
des compagnons. Les compagnons rapportent plusieurs anecdotes qui mettent en
valeur l'esprit fin du Prophète. Un jour le Prophète et Ali étaient assis
entrain de manger des dattes. Ali mangeait et mettait les noyaux devant le
Prophète. Le Prophète regardait et le laissa faire. Quand ils eurent fini, Ali
s'écria : as-tu mangé toutes ces datte ô Messager d'Allah ?! Et le Prophète lui
répondit : et toi Ali, as-tu mangé les dattes avec leurs noyaux ?!
Le Prophète ne se contenta pas de cela mais il mit au point une sorte de
convention dans laquelle il désigna les droits des uns et des autres. Des
devoirs des habitants de Médine envers leur communauté; sa sécurité et sa
défense. Et il détermina la position des juifs dans la ville; leurs droits et
leurs devoirs. Les clauses de cette convention sont révélatrices à plus d'un
titre. Il y est dit :
·
Les musulmans de Qoraïche et de Yathrib (Médine) et ceux qui les suivront dans
le sentier d'Allah sont une seule nation.
·
Les juifs de Médine sont une même nation au même titre que les autres croyants.
·
Il incombe aux musulmans et aux juifs de subvenir chacun à leurs besoins. Ils
sont tenus de se porter secours et alliance pour défendre cet accord. En temps
de paix, ils se doivent le conseil et les bienfaits, aux musulmans leur religion
et aux juifs leur religion.
·
Il n'est permis à aucun des habitants de Médine de sortir combattre et prêter
main forte à un ennemi contre Médine que par ordre de Mohammed.
Cette convention a consacré l'unité des habitants de Médine; mouhajirines et
Ançar, mais aussi musulmans et juifs. Elle a garanti aux juifs leur liberté du
culte et le Prophète ne les a nullement contraints à se convertir ou à
s'expatrier. Le Prophète a même changé le nom de la ville et l'a appelée Médine
(La cité) alors que son nom était Yathrib. Un nom sans consonances ethniques ou
religieuses.
Conclusion :
Je conclus en rappelant la leçon que nous avons apprise : la cohabitation entre
musulmans et non musulmans. La possibilité de vivre au sein de la même nation en
toute harmonie. Et puis, admettez que le prophète soit votre invité durant ces
derniers jours de ramadan et faites en sorte qu'il soit content de vous.
Demain nous parlerons de l'expédition de Badr pour renouer avec la spiritualité
de cet événement grandiose.
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