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Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Episode 10 : L’émigration vers l’Ethiopie
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Confrontations avec les polythéistes :
Je vous rappelle que le Prophète (BP sur lui) procédait à l’implantation de
l’Islam suivant un plan intelligent qu’il avait mis au point pour mener à bien
sa mission.
Tout d’abord il s’était entouré d’une élite sur laquelle il savait pouvoir
compter et qui, trois ans après l ‘annonce de la mission, était parvenue au
nombre de trois cents personnes. Ensuite, il a commencé à divulguer sa Da‘wa, en
premier lieu parmi sa famille pour s’assurer leur protection, et par la suite à
toute sa communauté.
Nous étions déjà à la troisième année après l’annonce de la Mission lorsque le
Prophète proclama l’Islam sur le monticule As-Safa. Ceux de Qoraïche qui avaient
refusé de le suivre s’opposèrent à lui et à ses compagnons. Et, pendant qu’ils
s’ingéniaient à faire souffrir les Musulmans, le Messager apprenait à ces
derniers la nouvelle doctrine et les entraînait à porter la responsabilité de
leur religion à Dar Al-Arqam. ‘Omar et Hamza embrassèrent l’Islam et offrirent
ainsi le plus beau cadeau aux nouveaux Musulmans.
La conversion de ‘Omar et de Hamza fit voir le problème aux mécréants sous un
autre aspect. Ils pensèrent entreprendre des pourparlers avec les Musulmans et
faire quelques concessions. Le Messager leur proposa de faire un traité comme
celui de Al-Foudoûl (Vertu) mais ils refusèrent. Ils réagissaient par contrecoup
et n’avaient que la tyrannie comme arme principale tandis que lui, sûr de
lui-même, suivait son plan très calmement.
Les polythéistes se concentraient surtout sur l’oppression des femmes parce
qu’ils avaient noté le rôle important de ces dernières dans le déploiement de la
nouvelle religion. Fâtima bint Al-Khattâb, sœur de ‘Omar avait été la cause de
sa conversion et une jeune esclave la cause de celle de Hamza. Khadîdja était un
des plus grands soutiens au Prophète et Soumaya avait défié Abou Djahl jusqu’à
la mort. Les mécréants se ruèrent sur les plus faibles d’entre elles comme
Zennira et An-Nahdya qui perdit la vue pendant les persécutions.
J’aimerais faire remarquer comment le rôle de la femme était reconnu par le
Prophète (BP sur lui) et même les mécréants de Qoraïche. Est-ce que nous leur
reconnaissons ce rôle de nos jours et essayons-nous de profiter de leurs
capacités?
Les mécréants de Qoraïche se concentrèrent également sur les jeunes gens comme
Mous‘ab ibn ‘Oumaïr, ce jeune homme qui portait des habits importés et très
chers et qui utilisait des parfums si raffinés qu’il en laissait la senteur
après son passage dans les rues de la Mecque fut torturé par sa propre mère.
Elle l’avait enfermé à la maison pendant trois ans et il ne lui avait jamais
formulé aucun reproche. Il a supporté avec endurance la persécution de la part
de sa mère et il est demeuré bienfaisant envers elle parce qu’il ne pouvait pas
être affilié au Messager et en même temps désobéir à l’Islam. Nous savons que
cette religion recommande fortement la bienfaisance envers les parents : “
Et ton Seigneur a décrété: «N'adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers
les père et mère: si l'un d'eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse
auprès de toi, alors ne leur dis point: «Fi!» et ne les brusque pas, mais
adresse-leur des paroles respectueuses. "
(TSC[i],
Al-'Isrâ' (LE VOYAGE NOCTURNE) : 23).
De nos jours, certains jeunes gens pensent que la sublimité des Compagnons
devait être toute naturelle puisqu’ils voyaient tout le temps le Messager et
pouvaient tirer de lui leur haute morale. Mais vous voyez comment Mos‘ab fut
privé de lui pendant trois ans sans que cela n’affecte l’ardeur de sa foi ni
lui donne un prétexte pour abandonner la cause. Il faut savoir que c’est la
pratique du culte qui aide à rester ferme. De nombreux jeunes gens demandent
souvent comment devenir aussi déterminés et forts que Hamza ou ‘Omar. Je leur
réponds que c’est la pratique du culte qui raffermit les pas sur le chemin
d’Allah. Le mois de Ramadan est l’occasion d’invoquer Allah de Lui demander de
nous raffermir.
Un autre jeune musulman de quinze ans, subissait de cruels supplices de la part
de sa mère, elle ordonnait à ses esclaves d’enchaîner son fils, de le traîner au
milieu du marché et de le battre devant tout le monde. En plus de ces supplices
physiques, la mère suivait son fils en le maudissant et en l’injuriant. Un jour,
un homme étranger de la ville fut choqué par cette scène et s’enquit : Qui était
cette femme et cet enfant attaché et torturé aussi rudement devant les gens ?
On lui répondit que le jeune homme était Talha ibn ‘Abdillâh et que la femme
était sa mère qui le torturait ainsi parce qu’il s’était converti à l’Islam. Il
demanda alors pourquoi se laissait-il faire sans rien répondre ? On lui apprit
que la religion du jeune homme lui interdisait de maltraiter sa mère ou de lui
manquer de respect.
‘Oumrân Ibn Houcain avait embrassé l’Islam avant son père. Un jour qu’il était
en compagnie du prophète et les compagnons chez Al Arqam, on frappa à la porte,
son père se présenta. Le jeune homme se dissimula vite derrière les compagnons.
Voyant que son père était venu proclamer son Islam et prononcer la chahada
devant le Messager, il repoussa les deux hommes qui le cachaient et alla se
jeter sur les pieds de son père et les embrassa en pleurant à chaudes larmes.
Cette scène émut tous ceux qui étaient présents qui se mirent à pleurer avec
lui.
C’est là la bienfaisance envers les parents que recommande l’Islam. Allah est
très miséricordieux mais une larme d’une mère, une réponse rude à un père ou de
la négligence envers l’un d’eux peut mécontenter Allah plus que les péchés de
toute une année. J’aimerais donner un exemple de bienfaisance envers les parents
de la part d’un professeur d’université. Je marchais dans la rue avec ce
monsieur et son père quand nous remarquâmes soudain que les lacets des
chaussures du vieux monsieur étaient défaits. Le fils, professeur à
l’université, se mit à genoux par terre en pleine rue pour les lui attacher. Le
père tout ému larmoya et fit des invocations en sa faveur. Vous devinez si des
invocations pareilles donnent du crédit pour le Paradis ou non.
Souvenez-vous, il y a trois groupes de personnes auxquels Allah ne jettera pas
un regard le Jour de la Résurrection et les premiers d’entre eux sont ceux qui
maltraitent leurs parents.
Au milieu de toutes ces tyrannies exercées par les mécréants envers les
Musulmans, nous assistons à quelque chose de très étonnant. Trois parmi les plus
éminents d’entre eux, Abou Soufiân, Abou Djahl et Al-Akhras ibn Chouraïk
allaient par les nuits sans lune, écouter la récitation du Coran du Messager (BP
sur lui) pendant sa prière. Ils s’y rendaient sans rien se dire et tout
naturellement se trouvaient face à face là-bas. Gênés, ils se promettaient à
chaque fois de ne plus revenir mais en vain. Ils aimaient écouter le Coran et
prouvaient que toute leur adversité était due à des causes matérielles.
Pourquoi ne ressentons-nous pas ce goût du Coran aujourd’hui ? Si sa langue nous
est un peu difficile, nous finirons par nous familiariser à force de pratique et
Allah nous facilitera sa compréhension. Allah dit
–ce qui peut être traduit par - :
En effet, Nous avons rendu le Coran facile pour la méditation. Y a-t-il
quelqu'un pour réfléchir? " (TSC, Al-Qamar (LA LUNE) : 17).
Nous avons perdu notre sensibilité à l’égard de ce noble Livre où Allah dit
encore
–ce qui peut être traduit par
: « Ne méditent-ils pas sur le Coran? Ou y a-t-il des cadenas sur leurs
cœurs? " (TSC, Mouhammad : 24).
Une fois ‘Omar tomba par terre et demeura au lit plusieurs jours à l’entente
d’un seul verset qui disait
–ce qui peut être traduit par - :
“Le châtiment de ton Seigneur aura lieu inévitablement.
Nul ne pourra le repousser. "
(TSC, At-Toûr : 7, 8).
Les compagnons rapportent que le prophète (BP sur lui), ne lisait jamais le
Coran pendant les prières sans qu’ils entendent ses pleurs.
Les persécutions des mécréants contre les Musulmans n’arrêtaient pas et parmi
ces derniers il y avait ceux qui ne pouvaient ni s’asseoir ni se tenir debout à
cause des coups et des mauvais traitements qu’ils subissaient. Tout déchirés à
l’intérieur, ils finissaient par renier Allah et reconnaître les idoles pour
faire cesser un peu les persécutions. Ils revenaient ensuite se repentir devant
le Messager qui les rassurait et leur disait que ces mots prononcés par la
langue ne signifiaient rien tant que la foi emplissait leurs cœurs.
L’émigration :
L’oppression des mécréants de Qoraïche
devenait insupportable et le Messager d’Allah (BP sur lui) prit la décision
d’envoyer certains de ses compagnons en Ethiopie. Pourtant, les Arabes de la
Mecque n’aiment guère quitter leur pays. Mais ils durent traverser la mer vers
un autre continent. Le Prophète leur dit : “
Allez en Ethiopie dont le roi ne commet jamais d’injustice. C’est une terre où
la vérité règne. Demeurez-y jusqu’à ce qu’Allah vous apporte la délivrance.”
Là, il faut s’arrêter et se demander comment le Prophète (BP sur lui)
connaissait les qualités de ce roi. Le Prophète bien qu'étant à la Mecque était
au courant des situations politiques et économiques dans les régions qui
l'entouraient. Il n'était pas isolé dans la péninsule arabe et savait exactement
où il allait envoyer ses compagnons et nous allons le prouver en commentant ces
points qui se rapportent à l’émigration vers l’Ethiopie :
1.
Malgré que le roi, An-Nadjachy ‘Le Négus’,
fût chrétien, le Prophète (BP sur lui) le qualifia de juste parce que la vérité
doit être reconnue et dite. Par ce comportement, le Prophète voulait nous
apprendre que l’autre n’est pas toujours méchant et que la justice et la
clémence peuvent bien exister chez des gens qui ne sont pas musulmans. C'est
contre les généralisations abusives que le prophète essayait de nous avertir. Le
Coran nous dit–ce
qui peut être traduit par - :
« Et parmi les gens du Livre, il y en a qui, si tu lui confies un qintâr,
te le rend. Mais il y en a aussi qui, si tu lui confies un dinâr, ne te le
rendra que tu l’y contrains sans relâche… »
(TSC, 'Al-`Imrân (LA FAMILLE D'IMRAN) : 75).
2.
Il a choisi l’Ethiopie et non un autre pays parce que Qoraïche avait la
suprématie et une certaine autorité spirituelle et économique qui s'étend
au-delà des frontières de la Mecque vers les autres tribus de la péninsule
arabe. C’est la raison pour laquelle le Prophète a voulu que ses compagnons
échappent totalement à l’oppression et à la poursuite de Qoraïche en les
envoyant en Ethiopie.
3.
Il n’a pas émigré avec eux parce que c’était le pays d’Abraha qui était venu un
jour détruire la Ka‘ba. Les Arabes ne lui auraient jamais pardonné d’être allé
se réfugier au pays de leur plus grand ennemi.
Il faut noter que juste avant le départ des compagnons pour l’Ethiopie, les
sourates Maryam (Marie) et Al-Kahf (La Caverne) qui devaient leur être utiles,
furent révélées. Allah leur procurait un peu de culture religieuse parce qu’ils
allaient représenter les Musulmans à l’étranger. Sourate Maryam explique la
relation que l'Islam entretient avec des prophètes comme Zacharie, Jésus, Jonas
et comment l'Islam perçoit Marie. La sourate Al-Kahf, quant à elle, a été
révélée pour apprendre aux musulmans à patienter et à persévérer en leur
racontant des histoires de gens qui avaient autrefois émigré soit pour fuir la
persécution de leur peuple (les jeunes de la caverne) soit en quête du savoir
(Moïse) ou encore pour réformer la Terre (Dhul-qarnayn).
Le Prophète ordonna donc à ses compagnons d'émigrer avec leurs femmes. Ceci nous
assure de nouveau que dans l'Islam il s'agit toujours d'une histoire dont les
héros sont à la fois les femmes et les hommes et que jamais les femmes n'ont été
exclues de la vie publique.
Parmi les émigrés se trouvaient ‘Othmân ibn ‘Afân et ‘Abdi-Rahmân ibn ‘Awf, de
riches commerçants, Dja‘ar ibn Abi Tâlib et Azzoubaïr ibn Al-‘Awwâm des cousins
du Prophète (BP sur lui) et même Oum Habiba fille de Abou Soufiân. C’étaient des
gens éminents qui n’avaient pas besoin de fuir mais le choix du Messager
pourrait avoir trois raisons : La première est que le Prophète a voulu
envoyer un message à An-Nadjachy selon lequel, les musulmans ne sont pas une
communauté de faibles et de pauvres et qu'il existe parmi eux des personnes
riches et aisées. La deuxième raison est que le Prophète voulait
implicitement dire à Qoraïche que ces musulmans riches et puissants, même s'ils
trouvent difficile d'abandonner leur pays, choisiront de le faire pour l'Islam.
La troisième est que le Prophète voulait que les pauvres et les
riches aillent ensemble et qu'aucune distinction ne soit faite entre les deux.
Il a même envoyé sa propre fille, Roqaya épouse de ‘Othmân, avec les émigrants
pour les soutenir.
Les immigrants sont restés en Ethiopie environ 15 ans jusqu'à l'année 7Hg
jusqu’après la victoire des musulmans à la bataille de Khaybar. A chaque fois
qu'ils demandaient au Prophète s'ils pouvaient revenir, il leur conseillait de
rester en Ethiopie. Et ce n’est qu’après la signature de l'accord de Hodaïbeya
avec les mécréants que le Prophète leur permit de revenir en Arabie. En effet,
le Prophète craignait, pendant la période de guerre avec les mécréants, de
perdre Médine qui constituait son siège et son centre. Et en insistant pour que
les musulmans restent en Ethiopie, il garantissait un autre centre pour
s'y réfugier au cas où ils perdaient Médine. Mais l'accord de Hodaybeya
représentait le début d'une phase de stabilité relative pour les musulmans qui
encouragea le Prophète à prendre la décision du retour.
Lorsque les musulmans revinrent d’Ethiopie, le Prophète les reçut
chaleureusement et fit en sorte qu'ils soient de nouveau intégrés dans leur
société. Il épousa Oum Habiba, conseilla aux musulmans de veiller sur leurs
frères arrivants d’Ethiopie et rapprocha DJa’far Ibn Abi Taleb de lui.
Ceci attire également notre attention sur la sagesse du Prophète qui savait que
les gens, une fois revenus dans leur pays après une longue période
d'expatriation, rencontreraient certains des problèmes d'insertion dans leur
société. C'est un problème que nos sociétés connaissent même de nos jours et
dont le Prophète était conscient et auquel il essaya de remédier.
La vie des musulmans en Ethiopie :
Les mécréants de Qoraïche bien que n'ayant aucune autorité ni sur les habitants
de l’Ethiopie ni sur son roi, ont décidé d’y poursuivre les musulmans pour les
ramener avec eux. Pour ce faire, ils envoyèrent Amr Ibn Al-'Âç qui avait une
certaine amitié avec le Négus et envoyèrent avec lui des cadeaux pour le roi et
pour sa cour.
Amr Ibn Al-'Âç présenta ses cadeaux à la cour du roi puis dit à celui-ci: "Votre
majesté, un groupe de jeunes faibles d’esprits est venu s'installer dans votre
pays et leurs parents à la Mecque pleurent leur départ. Ils ont abandonné notre
religion et ne se sont pas convertis à la vôtre. C'est pour cette raison que
Qoraïche m'a envoyé pour les rapatrier."
Alors que sa cour était d’accord pour les rapatrier, le roi dit qu’il ne les
renverrait chez eux que quand il aurait écouté ce qu’ils disaient.
DJa’far Ibn Abi Taleb et les cent autres compagnons furent donc convoqués au
palais du roi qui leur demanda: "Vous avez abandonné votre religion et vous ne
vous êtes pas convertis au christianisme et vous avez également abandonné votre
pays. Pourquoi êtes-vous venus ici et que dit votre nouvelle religion ?"
DJa’far fit trois pas en avant et étant donné qu'il est le petit fils de Abdel
Muttaleb qui avait autrefois défendu la Ka'ba contre Abraha, prit la parole et
commença à répondre aux questions du Négus. Dans cette situation, il lui était
demandé de présenter l'Islam de façon brève et claire ou autrement dit de
présenter une grande idée avec le minimum de mots possible. Ce qui, de nos
jours, est enseigné dans les plus grandes universités américaines.
Et DJa’far réussit à accomplir cette mission en résumant toute l'histoire en
cinq phrases :
-
"Nous étions des gens qui adoraient les idoles, qui mangeaient les bêtes
mortes, qui ne respectaient ni les droits du voisinage ni les liens
familiaux et le puissant parmi nous lésait les droits du faible.
-
Jusqu'à ce qu'un homme parmi nous, nous fut envoyé. Nous connaissions la
grande famille dont il est issu, nous connaissions son honnêteté, sa
véracité et sa chasteté.
-
Il nous ordonna d'être honnête et clément et nous défendit les vices, le vol
de l'argent des orphelins et le faux témoignage.
-
C'est à partir de ce moment, que Qoraïche commença à nous torturer, à nous
persécuter et à nous opprimer.
-
Et c'est pour cette raison que notre Prophète nous ordonna de venir en
Ethiopie et nous dit que son roi est un roi qui ne commet jamais
d’injustice. C'est pour cela que nous sommes venus nous installer dans votre
pays et que nous l'avions préféré aux autres. Notre espoir est qu'on ne soit
pas opprimés chez Vous."
Le Négus demanda à DJa’far: "As-tu quelque chose de ce qui fut révélé à votre
prophète ?". DJa’far répondit: "Oui, le Coran" et il lui récita les versets de
sourate Maryam disant - ce qui peut être traduit comme: "Mentionne,
dans le Livre (le Coran), Marie, quand elle se retira de sa famille en un lieu
vers l'Orient. Elle mit entre elle et eux un voile. Nous lui envoyâmes Notre
Esprit (Gabriel), qui se présenta à elle sous la forme d'un homme parfait. Elle
dit: «Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux. Si tu es pieux,
[ne m'approche point].» Il dit: «Je suis en fait un Messager de ton Seigneur
pour te faire don d'un fils pur». (TSC, Maryam (MARIE) : 16-20).
Et tandis que DJa’far récitait le Coran, le Négus et sa cour pleuraient.
Imaginez-vous qu'à ce point le Coran touchait les cœurs des mécréants et des
gens du Livre tandis que de nos jours, nous n’en sommes pas émus ? Nos cœurs se
sont-ils durcis ?
Le Négus dit à DJa’far: "Ce que tu récites et ce que Jésus avait dit sortent
certes de la même niche. Allez, je ne vous livrerai jamais à ‘Amr et ‘Amr, je ne
te les livrerai jamais."
Cependant, ce dernier refusa d'abandonner et décida de rendre visite au Négus le
lendemain pour lui dire que les musulmans disaient du mal à propos de Jésus. En
entendant cela, le Négus décida de convoquer de nouveau DJa’far Ibn Abi Taleb
qui à son tour jura de dire la vérité. Quand le Négus lui demanda ce que l’Islam
disait de Jésus, il répondit : "Jésus est le serviteur d'Allah, Son messager et
Sa parole qu'Il envoya à Marie la vierge et un souffle (de vie) venant de Lui".
Le roi prit alors un bâton, dessina un cercle par terre et dit: "Certes, Jésus
n'a jamais dépassé cela et celui qui vous insulte a tort. Vous ne serez jamais
opprimés dans mon pays et je préfère laisser une montagne d'or que d'apprendre
que l'un de vous a été maltraité. Je n'abuserai jamais d'une autorité qu'Allah
m'a attribuée".
C'est donc ainsi que les musulmans en Ethiopie ont pu s'installer tranquillement
sans que Qoraïche ne puisse leur nuire. Ils y sont restés pendant 15 ans durant
lesquels ils ont refusé de vivre aux dépens des habitants de leur pays
d’accueil. Ils s’y sont bien intégrés, ont appris à maîtriser le travail du cuir
et ils vendaient leurs produits à prix très bas. Nos immigrants en Occident
arrivent-ils à faire de même ?
Pendant le séjour des musulmans en Ethiopie, un coup d'Etat a été tenté contre
le Négus. Il leur consacra alors un bateau et leur demanda d'y rester jusqu'à ce
que la situation se stabilise. Au cas où le coup d'Etat réussissait, il leur dit
d'utiliser ce bateau pour se diriger vers un pays plus sécurisé. Dans le cas
contraire ils seraient les bienvenus en Ethiopie. C'est pour cette raison que
les musulmans disaient: "Rien ne nous a jamais fait autant plaisir, à part la
rencontre du Prophète, que la nouvelle annonçant que le coup d'Etat avait été
déjoué."
Les rumeurs et le retour de quelques compagnons à la Mecque:
Au cours de ces 15 ans en Ethiopie, quelques musulmans sont revenus à la Mecque
à la suite d'une rumeur selon laquelle Qoraïche aurait embrassé l'Islam. Cette
rumeur est apparue à la suite de ce qui se passa auprès de la Ka'ba lorsque le
Prophète se mit à réciter à haute voix les versets suivants: "Lequel donc
des bienfaits de ton Seigneur mets-tu en doute? Voici un avertisseur analogue
aux avertisseurs anciens: l'Imminente (L'heure du Jugement) s'approche. Rien
d'autre en dehors d'Allah ne peut la dévoiler. Quoi! Vous étonnez-vous de ce
discours (le Coran)? Et vous [en] riez et n' [en] pleurez point? absorbés [que
vous êtes] par votre distraction. Prosternez-vous donc à Allah et adorez-Le."
(TSC, An-Najm (L'ETOILE) : 55-62).
En effet, très touchée par le Coran, Qoraïche ne put s'empêcher de se prosterner
mais à peine debout, elle se rappela ses intérêts économiques et décida de
contourner la rumeur par une autre prétendant que le Prophète aurait fait
l'éloge de ses idoles en disant : "Ces grues majestueuses, leur intercession est
un espoir". C'est une rumeur qui, jusqu'à aujourd'hui est répandue et utilisée
par les orientalistes dans leurs études sur l'Islam.
Parmi les compagnons qui sont revenus à la Mecque était Othmâne Ibn Maz'oune. A
peine revenu, Al-walîd Ibn Al-Moghîra décida, pour le lien de sang, de le
protéger. Mais en voyant les autres compagnons revenus d’Ethiopie torturés par
Qoraïche, il se sentit coupable d'avoir accepté la protection d'Al-Moghîra
tandis que ses compagnons souffraient. Il décida alors de se passer de cette
protection et alla prévenir Al-walîd de cette décision. Al-walîd lui demanda :
"As-tu trouvé une protection meilleure que la mienne ?" Othmâne répondit: "Oui,
j'a trouvé la protection d'Allah".
Il se dirigea ensuite vers la Ka'ba où il entendit un poète réciter un poème
dans lequel il disait: "Certes, toute chose à l'exception d'Allah n'a aucun
sens…" Othmâne répliqua que c’était vrai, alors que normalement les arabes
n'avaient pas l'habitude d'interrompre les poètes. Le poète poursuivit en
disant: "… et tout délice disparaîtra certainement". Othmâne dit "tu mens, le
délice du paradis ne disparaîtra jamais". Et c'est à ce moment que le poète cria
: "depuis quand interrompez-vous les poètes?". Mais quand les mécréants
apprirent qu’il n’était plus protégé par Al-walîd, ils se mirent à le frapper et
ne le laissèrent que quand son œil fut touché.
Othmâne dit alors : "Louange à Allah, je souffre maintenant comme mes frères le
font." Il fut amené au Prophète qui souffla dans sa main puis la mit sur son œil
jusqu'à ce qu'il fut guéri.
Le Décès du Négus :
Ce qu'il faut souligner avant la fin de notre épisode, est que le Négus s'est
converti à l'Islam et qu'il n'a jamais annoncé sa conversion. Lorsqu'il reçut un
message du Prophète, il refusa de le lire sur son trône et se mit par terre pour
le faire. Lorsqu'il mourut, le Prophète fit la prière funéraire pour lui et
ordonna à ses compagnons de la faire. Il leur dit: "Faites la prière
funéraire pour Ahmaça (son nom). Priez sur cet homme juste. Aujourd'hui, un bon
serviteur est mort".
[i]
TSC : Traduction des Sens du
Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à
présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement
sa lecture en arabe, la langue de révélation du saint Coran.
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