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Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Episode 9 : Dar Al-Arqam et les pourparlers avec les mécréants
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
La patience face aux sévices :
Les compagnons ont été frappés, humiliés et
le Prophète (BP sur lui) même a eu droit au mauvais traitement. Soumaya a connu
une mort terrible et pourtant, les compagnons n’ont ni tué Abou-Jahl qui a
assassiné Soumaya, ni placé des explosifs en représailles. Il n’y a eu aucun
recours à la violence. Le Prophète (BP sur lui) et ses compagnons, quoique sur
le droit chemin, n’ont imposé leurs règles à personne en l’avilissant. C’est
pour cette raison que les fils de ces mécréants n’ont pas hésité à rejoindre les
rangs des musulmans, parce qu’ils ne se sentaient pas offensés en leurs
ancêtres. Ils sont même devenus des grandes figures de l’islam : ‘Amr Ibn
Al-‘Aç, Khaled Ibn Al-Walid, et ‘Ikrima Ibn Abi-Jahl qui mourut en martyr. La
position du Prophète (BP sur lui) se résume en ses paroles à ‘Amr quand il a
voulu humilier un infidèle; le Messager d’Allah lui a dit : « Halte ‘Amr,
peut-être dira-t-il un mot qui saura satisfaire Allah et Son Messager. »
C’est que le Prophète savait que la vérité
triomphe toujours du faux. Il faut apprendre cette formule aux générations
futures et la leur inculquer comme une valeur sûre. Ne dites donc pas qu’il est
vain de lutter à contre courant. Sachez que le faux a le souffle court et ne
parvient jamais à aller de l’avant devant le vrai, un peu comme la fausse
monnaie qui peut envahir le marché pour un moment mais qui finira par être
découverte. Celui qui triche aux examens ou à son travail n’est qu’une fausse
monnaie. Bilal, Yasser, Ammar et Soumaya en dépit de leur faiblesse apparente
face à Qoraïche sont les véritables gagnants, car ils sont avec la vérité et
que la vérité est la plus forte. Allah (exalté soit-Il) dit-ce qui peut être
traduit comme : " Il a fait descendre une eau du ciel à laquelle des
vallées servent de lit, selon leur grandeur. Le flot débordé a charrié une écume
flottante; et semblable à celle-ci est [l'] écume provenant de ce qu'on porte à
fusion, dans le feu pour [fabriquer] des bijoux et des ustensiles. Ainsi Allah
représente en parabole la Vérité et le Faux: l'écume [du torrent et du métal
fondu] s'en va, au rebut, tandis que [l'eau et les objets] utiles aux Hommes
demeurent sur la terre. Ainsi Allah propose des paraboles. " (TSC[i],
Ar-Ra`d (LE TONNERRE) : 17).
Les leçons de Dar Al-Arqam :
Comment faire pour consolider la foi des
compagnons et les doter de plus de force devant les sévices, les tentations et
les attaques extérieures qui peuvent les ébranler, et pour garder haut le moral
des troupes ? La solution résida dans les « stages de formation continue » qui
furent organisés durant trois ans successifs dans la maison de Al-Arqam Ibn Abi
Al-Arqam. La méthode consistait à rassembler les croyants pour renforcer leur
relation avec Allah et leur foi en Sa majesté, et pour élargir leur horizon
intellectuel. Les musulmans ont donc inventé la méthode de la formation continue
en s’adaptant à la nouvelle situation. Les Musulmans y ont appris :
1.
L’esprit d’équipe : l’aide et le soutien des uns aux autres,
la fraternité et l’amour de l’autre pour la grâce d’Allah. Allah (exalté
soit-Il) dit-ce qui peut être traduit comme : " sauf ceux qui
croient et accomplissent les bonnes œuvres, s'enjoignent mutuellement la vérité
et s'enjoignent mutuellement l'endurance. " (TSC, Al-`Asr (LE TEMPS)
: 3),
2.
La pureté du cœur et
la proximité d’Allah :
Allah (exalté soit-Il) dit-ce qui peut être traduit comme : " Dis:
«En vérité, ma Salât, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à
Allah, Seigneur de l'Univers. " (TSC, Al-'An`âm (LES BESTIAUX): 162).
3.
L’attachement à sa
nation :
l’histoire de Youssef (Joseph, sourate 12) et la sourate de Houd (Sourate 11)
4.
Une vision élargie du
monde doublée d’une compréhension de la politique interne :
Allah (exalté soit-Il) dit-ce qui peut être traduit comme :" Alif, Lâm,
Mîm. Les Romains ont été vaincus, dans le pays voisin, et après leur défaite ils
seront les vainqueurs, dans quelques années. A Allah appartient le commandement,
au début et à la fin, et ce jour-là les Croyants se réjouiront " (TSC,
Ar-Roûm (LES ROMAINS) : 1-4).
Le
problème du lieu de rassemblement se posait parce que Qoraïche ne devrait se
douter de rien. Le lieu proposé fut donc la maison de Al-Arqam Ibn Abi Al-Arqam
qui était un jeune homme de 17 ans. Jamais Qoraïche, n’aurait pensé que ce
jeunot allait contribuer en risquant sa vie par le don de sa maison à des
réunions prohibées à l’époque. Al-Arqam n’est connu dans l’histoire de l’islam
que pour sa maison. C’est l’exemple de quelqu’un qui a donné à l’islam ce qu’il
avait. Je vous conseille donc de trouver quelque chose à donner à l’Islam, à
votre nation. Al-Arqam n’avait que sa maison, il l’a donnée. La plus belle chose
dans la vie est le don. Souvenez-vous que quand on vit pour soi-même, on naît
petit, on vit petit et on meurt petit. En revanche, quand on vit pour les
autres, nos vies s’étendent pour chaque personne à qui nous avons rendu le
sourire.
Lorsque plus tard, les Mouhadjirin
(émigrés) sont arrivés à Médine, et que chacun se réfugiait chez un Ansâr
(Musulmans de Médine), le Prophète (BP sur lui), pour exprimer sa gratitude à
Al-Arqam, lui a acheté une maison et la lui a offerte.
Les pourparlers avec Abou Taleb :
Le
nombre des musulmans ne cessait d’augmenter, avec notamment ‘Omar et Hamza qui
ont rejoint les rangs de l’islam. Cela a eu pour effet de bouleverser Qoraïche,
qui se rendait compte que malmener les musulmans ne servait pas à grand chose et
ne faisait pas reculer leur détermination. Ainsi, les Quraychites se sont
tournés vers une autre solution : les négociations. Leur intention était de
corrompre le Prophète en proposant des biens et des richesses en échange de sa
renonciation à sa mission. Remarquez que pour beaucoup de gens, il est nettement
plus difficile de résister à la tentation que de supporter les tourments de la
torture. Allah, exalté soit-Il, a éprouvé les compagnons du Prophète de diverses
façons, de la torture à la tentation. La grandeur de l’islam réside dans le fait
qu’ils ont réussi à toutes les épreuves.
Les
Quraychites se sont donc d’abord tournés vers Abou Taleb. Ils lui ont proposé un
choix : contraindre son neveu (le Prophète, BP sur lui) à cesser ses activités
ou l’abandonner et le livrer à eux. Par trois fois ils ont essayé. La première
fois, une délégation des plus éminentes personnalités de Qoraïche est allée le
voir, notamment : Abou Jahl, Abou Soufiane, Ôttba Ibn Rabia, Chaïba Ibn Rabia,
Al Walid Ibn Al-Moghira, Al Ass Ibn Waïl, Al Boukhtouri Ibn Hicham. Leur requête
était directe : " Abou Taleb, retiens ton neveu ! Il a insulté nos dieux et a
outragé notre religion. Alors retiens-le ou laisse-nous faire. " Car ils
savaient pertinemment que Abou Taleb avait promis sa protection à Mohammad (BP
sur lui) lors d’un débat précédent. A cette demande, Abou Taleb s’est dérobé
avec une dextérité courtoise sans leur donner satisfaction. Loin d’abandonner,
ils sont revenus une nouvelle fois avec une proposition singulière. Ils
proposèrent : " Nous t’amenons Îmara Ibn Al Walid Ibn Al-Moghira, qui est le
meilleur parmi la jeunesse Quraychite de part son lignage, sa beauté et sa
sagacité. Prends-le et fais de lui ton fils et remets-nous ton neveu qui a
insulté ta religion et celle de ton père Abd Al Mottalib pour que nous le
tuions. Ainsi, ce sera un homme contre un homme." Il a répondu : " Par Allah
vous ne me rendez pas justice ! Vous me donnez votre fils, je le nourris et je
l’éduque, et je vous remets le mien pour que vous le tuiez ? Par Allah, il n’en
sera jamais ainsi, et faites ce que bon vous semble." Il y a là un enseignement
très important : si vous êtes dans le vrai, ne fléchissez jamais, même si vous
subissez des pressions et des intimidations, même si vous êtes désarmés, tenez
bon. Et surtout, tâchez d’enraciner ce concept dans les esprits de vos enfants,
racontez-leur des histoires sur la gloire et le triomphe de la vérité chaque
soir en les envoyant au lit. Il faut que la nouvelle génération soit imprégnée
par ce principe.
Les
Quraychites donc, après leur second échec, sont revenus pour la troisième fois,
plus décidés et menaçants que jamais. Ils dirent à Abou Taleb : " Abou Taleb, tu
as une notoriété et une préséance parmi nous, et ton neveu ne cesse de nous
offenser. Nous ne le supporterons plus désormais. Alors, soit tu le retiens ce
jour, soit nous vous ferons la guerre à toi, lui et Bani Hachim (sa tribu),
jusqu’à ce qu’une des parties succombe. " Ainsi, ils ont déclaré la guerre pour
la première fois, puis ils sont partis sans lui laisser l’occasion de répondre.
Abou Taleb a été secoué, ébranlé par le fait que, pour la première fois, on
osait offenser la grande famille de Bani Abd Al Mottalib (les descendants de Abd
El Motallib) aussi ouvertement. Il était dur pour lui de voir que la famille qui
compte parmi ses membres celui qui a creusé le puits de Zam Zam, celui qui s’est
dressé devant le tyran Abraha, celui qui a réuni Qoraïche et bien d’autres, a
été si solennellement injuriée. Son appréhension ne fut que plus grande à l’idée
que cette fois le danger était authentique, et que les Quraychites risquaient de
mettre à exécution leurs menaces. Il a donc envoyé chercher le Prophète (BP sur
lui), l’a mis au courant de ce qui venait de se produire et lui a clairement
dit : " Ô mon neveu, préserve ta personne et la mienne, et ne m’astreins pas à
supporter ce que je ne peux endurer ". Avec fermeté, le Prophète (BP sur lui)
lui répondit : « Par Allah, mon oncle, s’ils mettaient le soleil dans ma
droite, et la lune dans ma gauche pour que j’abandonne cette cause, je ne
l’abandonnerai pas jusqu’à ce qu’Allah lui donne victoire ou que je périsse en
essayant. » Apprenez à avoir cette force et cette détermination : il affirme
qu’il préférerait mourir plutôt que d’abandonner sa mission, et qu’il ne
l’échangerait pas contre les deux moitiés de l’univers : le jour et la nuit.
L’islam est très cher, il doit valoir plus que le monde entier à vos yeux.
Après avoir dit ces mots, le Prophète (BP sur lui) a pleuré. Il a pleuré entre
les mains d’Allah, car il n’avait personne d’autre que Lui sur qui s’appuyer.
Remarquez comment le Prophète (BP sur lui) possède une extrême fermeté et une
extrême détermination, mais aussi une tendresse et une affection à profusion. En
plus, jamais il n’a proféré une injure à l’encontre de son oncle. On trouve des
jeunes gens pieux qui sont tellement déterminés et résolus qu’ils en deviennent
endurcis vis-à-vis de leurs proches. Tout comme on trouve des jeunes pieux
tendres, doux et agréables, mais qui se montrent craintifs et irrésolus aux
moments décisifs.
Après lui avoir dit ces mots, le Prophète est parti laissant son oncle méditer.
Après réflexion, ce dernier l’a rappelé pour lui dire : " Mohammad, vas-y et dis
ce que tu voudras. Je suis avec toi, et jamais je ne t’abandonnerai". Le
Prophète a donc réussi à rendre l’espoir et la confiance à son oncle. Tout comme
lui, essayez de redonner confiance à vos proches. Ceux qui vous affirment que
vos efforts sont vains et qu’il n’y aura pas de renaissance, restituez leur
confiance et leur espoir en affichant une détermination mêlée à la compassion.
Je m’adresse aux grandes familles, partout dans le monde islamique, nous avons
grand besoin de personnes comme Abou Taleb. Il est vrai qu’il n’a pas
rejoint l’islam, mais sa vaillance était grandiose.
Les négociations avec le Prophète (BP sur lui) :
Convaincus que leurs tentatives de négociation avec Abou Taleb étaient vaines,
les Quraychites ont décidé de marchander directement avec le Prophète (BP sur
lui). Ils ont tenu conseil et décidé d’envoyer le plus âgé parmi eux : ‘Ottba
Ibn Rabï’a qui devait retrouver le Prophète devant la Ka’ba pour lui parler. Le
Prophète se trouvait souvent devant la Ka’ba, un lieu public où circulent tous
les Quraychites. Remarquez donc qu’il ne se retirait pas de la société. Bien au
contraire, notre religion nous incite à nous mêler à la foule, à l’univers
même ! Nous devons être ouverts sur tout le reste du monde, et non cloîtrés et
isolés.
‘Ottba Ibn Rabï’a
est donc allé trouver le Prophète (BP sur lui) et lui a dit : " Fils de mon
frère, tu es parmi nous d’un rang élevé et d’une lignée honorable, et tu as
présenté à ton peuple une affaire énorme qui ne s’est jamais manifestée
auparavant. Tu as brisé avec ça notre union, et tu as fait une rupture entre
l’homme et son fils. Je te fais des propositions, examine-les peut-être en
accepteras-tu quelques-unes. Si tu veux de l’argent, nous t’en rassemblerons de
nos richesses jusqu’à ce que tu sois le plus fortuné parmi nous. Si tu veux de
la notoriété, nous ferons de toi notre chef, et nous ne prendrons plus de
décision sans te consulter. Si tu veux un royaume, nous ferrons de toi notre
roi. Si ce qui t’arrive est un maléfice des djinns, nous appellerons la médecine
pour toi et nous y dépenserons notre argent jusqu’à ta guérison. Si tu veux
épouser une belle femme, nous te marierons avec la plus belle fille de Qoraïche."
Ils n’ont rien omis : richesses, pouvoir, royauté, santé, femmes… de quoi
allécher n’importe qui.
Au
début, lorsque ‘Ottba est venu avec ses propositions, le Prophète (BP sur lui)
lui avait dit : " Parle, Abou Al-Walid (l’appelant par son surnom), j’écoute »
et en aucun moment il ne l’a interrompu lorsqu’il énumérait ses offres.
Remarquez la finesse de ses manières (BP sur lui) lorsqu’il s’adresse aux
autres. A la fin, le Prophète lui a demandé : « As-tu terminé ? », il a
répondu : "Oui". Le Prophète a alors dit : « Veux-tu m’écouter maintenant ? »
Comme le Prophète avait écouté poliment ce que ‘Ottba Ibn Rabï’a était venu lui
dire, ce dernier a accepté d’écouter sa réponse qui fut une partie de Sourate
Foussilat (Les versets détaillés) - ce qui peut être traduit par : « H’ā,
Mīm. [C’est] une Révélation descendue de la part du Tout Miséricordieux, du Très
Miséricordieux. Un Livre dont les versets sont détaillés (et clairement
exposés), un Coran [lecture] arabe pour des gens qui savent, annonciateur [d’une
bonne nouvelle] et avertisseur. Mais la plupart d’entre eux se détournent; c’est
qu’ils n’entendent pas. […] S’ils s’en détournent, alors dis-leur; «Je vous ai
avertis d’une foudre semblable à celle qui frappa les ‘Aad et les Tamūd». »
(Versets 1 à 13) Avant que le Prophète ait fini de réciter toute la sourate,
‘Ottba a posé sa main sur sa bouche en lui disant : " Je t’implore au nom du
lien de sang qui est entre nous de te taire." La récitation du Prophète était
tellement puissante que ‘Ottba a eu peur que la foudre ne frappe en cet instant.
Vous arrive-t-il de lire le Coran avec tant d’ardeur ? ‘Ottba est ensuite
retourné vers les autres qui l’attendaient. En le voyant, Abou Soufiane qui
était un homme très intelligent, leur a dit : " Par Allah, il revient vers vous
avec un visage autre que celui qu’il avait à son départ ". Ils ont demandé : "
Qu’y a-t-il? " Il a répondu : "Je n’ai jamais entendu rien de pareil. Par Allah,
ce n’est ni des poèmes ni de la sorcellerie, et par Allah il a une douceur et il
est imprégné de suavité, et par Allah nul ne saurait le dépasser." La vérité
finit par triompher car c’est une monnaie authentique. Il a continué : "Ô peuple
de Qoraïche, obéissez-moi aujourd’hui, puis désobéissez sur toute autre chose :
Laissez cet homme faire ce qu’il désire, car par Allah, il a un destin
formidable." Il atteste que le message du Prophète est sublime. Il a continué :
"Laissez-le, si les Arabes se débarrassent de lui, vous serez débarrassés. Si
c’est lui qui triomphe, son royaume est vôtre et son éminence est vôtre." Il a
donné son opinion en toute sagesse. Alors, ils ont répondu : " Par Allah, il t’a
ensorcelé ".
Pourquoi le Prophète n’a-t-il pas accepté ? Il aurait pu accepter d’être roi, et
aurait confié le commandement à ses compagnons en oppressant ses ennemis, mais
il ne l’a pas fait. La raison est que la fin ne justifie pas les moyens. Le
Prophète triomphe par des moyens justes. Regardez comme il avait ce qui est
appelé aujourd’hui une politique propre, et que nous ne trouvons pratiquement
pas chez les politiciens. D’un autre côté, si le Prophète avait accepté la
royauté alors que les gens n’adhéraient pas encore à son projet, il aurait été
amené à les obliger d’y adhérer, et serait de ce fait un dictateur et un tyran.
Cela signifie qu’il n’y a pas de contrainte dans la religion, l’islam est une
religion de liberté. Remarquez également que les compagnons n’étaient pas encore
prêts pour diriger. En plus de tout cela, les Quraychites, s’ils lui cédaient la
royauté, auraient imposé qu’il ne fasse plus mention de la question d’un Dieu
unique, et le Prophète (BP sur lui) n’était pas disposé à réformer la société et
l’économie sans commencer par corriger les croyances des gens, car la réforme et
l’évolution doivent se faire sur la base de la foi.
Après l’échec de ce premier marchandage, ils sont revenus à la charge, les sept
ensemble cette fois. Ils ont fait les mêmes propositions, sachant que leur
présence avait une grande signification vu qu’ils représentaient le parlement de
Qoraïche. Cette fois, au lieu de leur réciter une sourate, il leur a répondu :
« Je ne suis pas venu pour vous prendre vos richesses, ni pour être votre
roi, ni pour être chef, mais je suis un messager du seigneur de l’univers pour
vous. Si vous acceptez ce que je vous apporte, ce sera votre part de ce monde et
de l’au-delà, et si vous vous en détournez, je soutiendrai le commandement
d’Allah, jusqu’à ce que Allah tranche entre nous. » Les Quraychites sont
donc arrivés à la conclusion que leurs efforts pour le corrompre resteraient
sans fruits. A ce moment, l’un d’entre eux, très rusé, s’est adressé au Prophète
(BP sur lui). Il a dit : « Mohammad, es-tu meilleur que ton père ? Es-tu
meilleur que Abd Al Mouttalib ? " (Il voulait ainsi semer la discorde entre lui
et Abou Taleb) " Si tu prétends que ton père et ton grand-père sont meilleurs
que toi, alors pourquoi abandonnes-tu leurs dieux ? Et si tu prétends que tu es
meilleur qu’eux, dis-le-nous pour que nous en informions les gens. " Le Prophète
(BP sur lui) n’a pas répondu, sachant sagement que la réponse ne pouvait que lui
porter préjudice.
Il
arrive que tu sois insulté ou qu’une rumeur circule à ton sujet, et cela peut
durer des années, mais dans certains cas il vaut mieux que tu ne répondes pas.
Tout comme le Prophète (BP sur lui) a su discerner le moment où le silence
valait mieux qu’une réponse sans intérêt. Il est simplement parti en récitant
Sourate Foussilat (les versets détaillés), laissant les Quraychites
enragés par son silence.
Le
Prophète a donc réussi contre la torture, il a réussi avec Abou Taleb et
il a réussi contre les offres. Tout ce qui resta aux Quraychites était les
marchandages. D’abord, ils proposèrent : " Nous adorerons ton Dieu un jour, et
tu adoreras les nôtres un jour ", ce à quoi notre Prophète (BP sur lui) répondit
par les versets - ce qui peut être traduit par : « Dis: «O vous les
infidèles! Je n’adore pas ce que vous adorez. »
(TSC, Al-Kâfiroun (les infidèles) : 1-2). Dans cette confrontation entre
le Prophète et Qoraïche, il est manifeste que c’est lui le plus fort bien que ce
soit lui qui subisse les tourments. Ensuite, ils lui proposèrent de renvoyer les
plus démunis parmi ceux qui l’ont suivi et de les prendre à leur place parmi ses
compagnons. Le Prophète a eu un moment d’hésitation à ce sujet, et le verset est
descendu : « Et si Nous ne t'avions pas raffermi, tu aurais bien failli
t'incliner quelque peu vers eux » (TSC, Al-‘Isrâ’ (Le voyage
nocturne) : 74) puis un autre verset : « Et ne repousse pas ceux qui,
matin et soir, implorent leur Seigneur, cherchant sa Face «Wajh». »
(TSC, Al-‘An’âm (Les bestiaux) : 52). La vérité est très tenace, jamais
elle n’est ébranlée par un marchandage. Il faut prendre l’islam entier ou le
laisser.
Finalement les Quraychites demandèrent un miracle : faire jaillir des rivières
partout dans la péninsule arabe ou ressusciter un des leurs ancêtres, notamment
Qosaï Ibn Kilab, ou faire descendre un ange du ciel qui devrait leur confirmer
que Mohammad disait la vérité. Le Prophète répondit : « Je ne suis pas celui
qui demandera cela à son Seigneur ! » Car cette religion ne doit pas
triompher grâce à des miracles. Cette religion triomphera grâce aux musulmans.
Les versets sont venus par la suite confirmer la décision du Prophète - ce
qui peut être traduit par : « Et ils dirent: «Nous ne croirons pas en
toi, jusqu’à ce que tu aies fait jaillir de terre, pour nous, une source…»
» (TSC, Al-‘Isrâ’ (Le voyage nocturne) : 90-93).
A
chaque fois qu’ils demandaient quelque chose au Prophète, il refusait. Certains
prétendent que nous, les musulmans, sommes obstinés. Certes, mais seulement pour
les principes que nous ne pouvons pas abandonner.
Conclusion :
Quatre leçons sont à tirer de l’épisode d’aujourd’hui:
-
Sois une monnaie authentique et ne sois pas une fausse monnaie.
-
Pour les grands du monde arabe : protégez la vérité comme Abou Taleb.
-
Pour les jeunes : Engendrez la renaissance et ne craignez rien.
-
L’entraînement est un précepte très important que notre Prophète (BP sur
lui) a utilisé il y a des centaines d’années.
[i]
TSC :
Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant
le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC
ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du
saint Coran.
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