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Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Episode 5 : Le début de la révélation
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Introduction :
Nous avons parlé de la préparation
psychologique du Prophète (BP sur lui) pour la Mission. Il a perdu son père,
puis sa mère et ensuite son grand-père. Il a dû commencer à travailler à l’âge
de huit ans et acquit certaines qualités avec la garde des moutons. A quinze
ans, il commença sa carrière de commerçant et y gagna beaucoup d’expérience, à
la fois sociale et pratique. Il avait également assisté à une guerre et un
traité de paix et s’était ainsi constitué un stock de connaissances et de
savoir-faire considérable. Psychologiquement prêt, il lui manquait seulement la
préparation spirituelle pour être capable de porter la majestueuse mission qui
l’attendait.
Le monde, la péninsule Arabe et La Mecque
attendaient l’événement.
La préparation spirituelle :
Le Messager (BP sur lui) avait trente-huit
ans et, pendant deux ans, il allait recevoir la préparation nécessaire pour
recevoir le Message. Car la rencontre de Djibrîl (Gabriel) n’était pas peu de
chose et le message n’était pas un message ordinaire. Les révélations allaient
l’épuiser physiquement au point qu’il allait transpirer en plein hiver.
Les derniers six mois avant la révélation,
des incidents étranges lui arrivaient. Il voyait des songes qui se réalisaient
au matin, ce qui lui fit dire plus tard : “Les songes qui se réalisent sont une
part sur quarante-six de la prophétie.” Il entendait des rocs et des arbres qui
le saluaient et dit lui-même : “Je connais à la Mecque un roc qui me saluait.”
L’amour de la solitude lui pénétra le cœur, de sorte qu’il prit le temps de
réfléchir à l’univers et à la vie. Il faut savoir que c’est Allah qui dépose la
foi dans les cœurs. Le verset dit – ce qui peut être traduit par : « …Mais
Allah vous a fait aimer la foi et l'a embellie dans vos cœurs et vous a fait
détester la mécréance, la perversité et la désobéissance...” (TSC[i],
Al-Houjourât (LES APPARTEMENTS): 7). Les gens jeûnent le mois de Ramadan
parce qu’Allah dépose dans leurs cœurs l’amour de l’obéissance au début de ce
mois et de même pour les dix derniers jours qui comportent Laïlat Al-Qadr (la
nuit du Destin). Le Prophète a dit : “Les cœurs sont entre deux des doigts du
Miséricordieux qui les manipule comme Il veut.”
Allah envoie ainsi des signes à Ses serviteurs qui doivent les remarquer et les
suivre et ne pas leur tourner le dos. En ressentant l’amour de la solitude comme
un de ces signes, le Prophète (BP sur lui) s’y adapta de suite.
Je
vais vous illustrer cette idée par une petite histoire comme exemple. Un jour un
de mes amis, un médecin, a rendu visite à une dame malade. La visite terminée,
la dame lui offrit de le faire raccompagner par son fils. Ce dernier était du
genre qui ne sent aucune contrainte envers la religion et se moque au contraire
de ceux qui la pratiquent. Tout au long du chemin, il se mit à se moquer tant et
si bien que le médecin, ennuyé de cette attitude, lui demanda de le déposer au
milieu du chemin. Quelques mois après, il dut rendre visite de nouveau à la même
dame qui lui fit la même offre à la fin de la consultation. Le médecin essaya
tant qu’il put de décliner l’offre mais lorsque la dame lui fit savoir que son
fils priait à la mosquée et devait rentrer dans cinq minutes, il se sentit
curieux de connaître la cause de ce revirement et il attendit. En voiture le
médecin questionna le jeune homme qui lui expliqua que l’agence de voyage dans
laquelle il travaillait avait décidé de faire des excursions de ‘Oumra et de
Hadj (petit et grand pèlerinage) parce qu’il y avait de nombreux clients pour ce
genre de voyage. Il avait été choisi pour accompagner les pèlerins et il avait
été à La Mecque sans avoir l’intention d’accomplir le culte. Une fois là-bas, il
s’était dit qu’il devait aller voir la Ka‘ba de près comme curiosité touristique
et par hasard c’était le premier du mois de Cha‘bâne où la Ka‘ba est ouverte
pour son nettoyage annuel. Il était debout à regarder en curieux les notables
qui entraient lorsqu’un des cheikhs qui étaient près de lui le prit par la main
et lui dit : “Allons, entrons nous aussi.”
Nous savons tous que seuls des rares élus rentrent à l’intérieur de la Ka‘ba
mais lorsque Allah veut déposer la foi dans le cœur d’une personne, rien ne s’y
oppose. Notre jeune homme en est sorti transformé.
Ne
refusez donc pas les signes qu’Allah vous envoie. Si vous sentez que vous avez
envie de prier ou de faire n’importe quelle bonne action, que rien ne vous
retienne, commencez tout de suite.
La caverne Hira’ et la méditation:
L’amour de la solitude a été déposé dans le cœur de notre Prophète (BP sur lui)
et la période de la caverne de Hirâ’ commença. C’est une caverne sur une haute
cime de montagne. Un jeune homme en pleine forme l’escalade en une heure et
demie. A son approche, il faut se faufiler entre de grands rocs. Sur le lieu
même, la scène est impressionnante. On se retrouve dans un tout petit abri formé
par trois grands rocs penchés l’un sur l’autre et le panorama est grandiose. Il
y a d’un côté la dépression de la vallée avec la Ka‘ba visible, d’un autre les
cimes des montagnes environnantes et devant soi tout le ciel ouvert.
Le
Prophète (BP sur lui) avait alors quarante ans, et il faisait ce trajet et
restait dans la caverne pendant une dizaine de jours à chaque fois. Il
demeurait dans cet endroit solitaire que vous devez imaginer par une nuit sans
lune comme celle où Djbrîl lui apparut pour la première fois. Il restait assis à
réfléchir à ce qu’il voyait devant lui, à l’univers, aux étoiles, aux créatures,
à sa communauté, et surtout à la vie et ses raisons d’être. Tous les livres
expliquent que pendant ce temps, il pratiquait le culte, mais lequel ? Il
n’était affilié à aucune religion.
Il
faut savoir que la réflexion et la méditation sont l’essence de toute religion.
Tous les prophètes l’ont pratiquée. Le verset nous dit – ce qui peut être
traduit par - : “En vérité, dans la création des cieux et de la terre,
et dans l'alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les
doués d'intelligence, qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent
Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre ... (TSC,
'Al-`Imrân (LA FAMILLE D'IMRAN) :190, 191). Un des Compagnons de la seconde
génération disait : “La méditation est la lumière de la foi”. Abou Ad-Dardâ’
disait : “Une méditation d’une heure vaut mieux que la prière de nuit pendant
une année”. Al-Hassan al-Bassri dit : “La méditation est le meilleur culte”.
Hassan Ath-Thawry disait aussi la même chose.
Nous ne pourrons pas bâtir de renaissance sans pratiquer ce genre de culte qui
nous apprend à réfléchir. Savez-vous que de grandes sociétés commerciales
convoquent leurs employés à des séjours dans des endroits isolés pour leur
donner l’occasion de réfléchir à leurs affaires ?
Vous êtes-vous jamais demandés pourquoi est-ce que vous vivez et quels sont vos
objectifs dans la vie ? Je vous conseille de vous donner du temps pour la
réflexion et la méditation, et le meilleur moment peut être pendant la marche.
Vous devez réfléchir à votre vie et savoir exactement ce que vous voulez en
faire. Il a été dit que la vie est comme une flèche et chacun n’en a qu’une.
S’il rate son but, il n’aura pas de seconde chance.
Khadîdja (qu’Allah soit satisfait d’elle) et le rôle de l’épouse :
Le
Prophète se tenait donc dans la caverne de Hirâ’ et, pendant deux ans, il a
réfléchi à la vie et à la mort. La mission à laquelle il était appelé était
majestueuse et le nécessitait.
Et
où était Khadîdja dans tout cela ? Elle le soutenait, lui tenait compagnie et
partageait tout avec lui comme toute femme doit le faire avec son mari. Elle
escaladait cette montagne à l’âge de cinquante-cinq ans pour passer quelques
moments avec lui et lui apporter des provisions. Elle a été la plus grande grâce
octroyée au Prophète. C’était une femme sage et le Prophète (BP sur lui) la
désigna comme la meilleure femme de l’univers avec Mariam bint ‘Imrân (Marie,
mère de Jésus). Avant sa mort, Djibrîl lui avait annoncé à travers le Messager
qu’elle aurait au Paradis une maison en perles et en rubis.
C’est une leçon très importante pour les couples. Il leur faut partager leurs
expériences et leurs pensées car ils en seront plus unis et leur mariage sera
plus solide. Les gens doivent apprendre à communiquer entre eux. Notre religion
incite à la communication et à la vie en communauté. Le Prophète (BP sur lui)
dit : “ Celui qui vit proche des gens et les supporte est meilleur que celui qui
vit en solitaire.” Si vous aimez la retraite, vous avez les dix derniers jours
de Ramadan pour la pratiquer et vous devez même la faire à la mosquée c’est à
dire au milieu des autres.
Le début de la révélation :
Le
Prophète avait passé deux ans de cette façon quand, par une nuit sans lune à la
fin du mois de Ramadan Djibrîl lui apparut dans la caverne sur la montagne. Tout
d’un coup il vit devant lui quelqu’un qui lui disait : “Lis”. Il dit : “Je ne
lis pas.” Il lui répéta : “Lis.” Et le Prophète répéta : “Je ne lis pas.” Il le
prit dans ses bras, le serra très fort et lui répéta : “Lis.” Le Prophète
répondit : “Quoi lire ?” Il le serra une troisième fois au point de lui faire
perdre le souffle et lui dit : “ Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé
... " (TSC, Al-`Alaq (L'ADHERENCE) : 1). C’était une scène
unique où la lumière du ciel s’unissait à la lumière de la Terre pour illuminer
l’humanité jusqu’à l’éternité. Djibrîl n’était pas descendu depuis six cents
ans, depuis l’époque de ‘Îssa (Jésus). Et, depuis la mort du Messager (BP sur
lui), il ne descend plus que durant la nuit du Destin, Laïlat Al-Qadr. Nous nous
demandons ce qu’il pense de notre état et comment il nous trouvera cette
année...
Pourquoi est-ce que Djibrîl avait donné ces étreintes au Prophète (BP sur lui) ?
·
Parce que notre religion
est celle de l’amour, de la miséricorde et de la paix, et qu’elle doit être
propagée par l’amour.
·
Pour faire comprendre à
Mohammed qu’il était bien éveillé et que ce qu’il voyait n’était pas un songe.
·
Le moment était difficile
et nous avons vu que chaque fois que le Prophète traversait un moment difficile,
Allah lui envoyait un incident qui devait le consoler. Cette étreinte était donc
comme une consolation et un encouragement à ce qu’il devait subir par la suite.
Djibrîl s’en alla et le Prophète (BP sur lui), épouvanté par ce qu’il venait de
voir, descendit en courant vers Khadîdja et rentra chez elle tout tremblant en
disant : “Couvrez-moi, couvrez-moi.”
Nous savons comment elle le rassura et le prit chez son cousin Waraqa qui lui
dit que c’était l’annonce de la prophétie. Pourquoi cette rencontre avait-elle
été organisée de cette façon impressionnante ? Pour faire comprendre au Prophète
l’importance et la gravité de la chose.
Je
dis également aux jeunes que nous vivons des temps difficiles et ardus. Prenez
le sujet au sérieux, vous les jeunes qui n’avez en tête que la recherche des
réjouissances et vous les parents qui n’avez en tête que d’amasser une fortune
pour vos enfants.
Mais Djbrîl n’est pas réapparu et le Prophète (BP sur lui) s’en inquiétait et
commençait à avoir des doutes à propos de ce qu’il avait vu. Pourquoi est-ce
qu’Allah le fit attendre ? Pour susciter en lui le désir de revoir Djibrîl. La
mission pour laquelle il était apprêté devait être difficile et il la supportera
mieux quand il l’aura désirée. C’est un des arts du management, parce que
lorsque la personne attend une chose, son désir de l’avoir augmente avec le
temps et l’esprit se concentre dessus. Cette attente était comme pour lui dire
« prépare-toi ».
Remarquez également que Djibrîl ne s’était pas fait connaître par le Prophète.
Pourquoi ? Parce que le Prophète (BP sur lui) au moment de cette première
rencontre était sous le choc et, pour bien comprendre une chose, il faut être
concentré et attentif. C’est un humain qui lui avait expliqué le sujet.
Mais pourquoi est-ce le mot “Lis” qui a été le premier prononcé du Coran quand
le Prophète ne savait pas lire ? Ce mot s’adresse à nous. Il devait nous faire
comprendre que le temps des miracles des prophètes était révolu. Fini le temps
du bâton de Moïse et le temps de l’arche de Noûh (Noé). Il n’y en aura plus,
nous-mêmes serons le miracle, hommes, femmes et jeunes gens grâce à ce que nous
réaliserons comme œuvres grandioses pour notre Umma. “Lis” (qui signifie la
connaissance et le travail) doit devenir notre outil pour parvenir à vivre,
résoudre nos problèmes et nous bâtir une renaissance. Le Prophète l’avait
compris. Il n’est pas permis que la Umma dont le premier mot de son message est
“Lis” soit à 60% analphabète. Elle attend toujours les miracles qui doivent la
délivrer de ces temps difficiles. Ce mot “Lis” a même été répété six fois dans
les cinq premiers versets révélés du Coran à cause de son importance. Il prouve
la véracité du message de notre Prophète et prouve qu’il est venu pour
l’humanité de tous les temps parce qu’il prévoyait les besoins de nos jours.
Quelle inimitabilité et quel miracle avec les significations de ce mot ! Il est
vrai que le Messager (BP sur lui) ne savait pas lire mais il était instruit au
point que les livres qui nous transmettent sa science sont comptés par milliers.
Celui qui ne sait ni lire ni écrire a laissé toute cette science et cela est en
lui-même un miracle prodigieux.
Le
Prophète (BP sur lui) était descendu de la caverne de Hirâ’ tout tremblant parce
que l’apparition de Djibrîl avait été une grande surprise pour lui. Il ne
s’attendait pas à recevoir le message. Mais que recherchait-il ? Il recherchait
la vérité.
Il
y avait un homme nommé Abou ‘Âmer qui, sachant que la venue d’un messager était
proche, avait commencé à se donner des airs respectables et savants pour essayer
d’obtenir ce statut de Messager. Et lorsqu’il vit que c’était Mohammed (BP sur
lui) qui avait reçu la Mission, il devint un de ses plus grands ennemis. C’était
lui qui, pendant la bataille de Uhud avait creusé le trou où le Messager était
tombé et où il a été blessé. Mais il fallait savoir que ce message ne pouvait
être acquis, il était donné à qui le méritait le mieux. La Révélation et le
Message étaient venus à Mohammed (BP sur lui) parce qu’il s’activait à la
recherche de la vérité.
La
vie passe vite et nous serons tous ensevelis sous terre. Il ne faut pas
s’attacher aux futilités et s’en tenir aux actes superficiels, mais rechercher
quoi faire au service de l’humanité. Il faut aimer l’Islam et essayer d’être
l’artisan de son prestige.
Il
faut également se rappeler de Khadîdja et de son rôle merveilleux auprès du
Prophète (BP sur lui). C’était ainsi une femme qui avait été la première à
devenir musulmane après le Prophète (BP sur lui) et à aider à la consolidation
de cette religion.
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