Episode 44 : L’enseignement -première
partie-
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux,
le Très Miséricordieux. Louange à Dieu,
Seigneur de l'univers, que la paix et la
bénédiction de Dieu soient sur son
Messager.
Bienvenue à vous. Nous voici avec un
nouvel épisode de notre programme
Sunna‘ al-Hayat,
de notre projet devrais-je dire.
Avant tout, je voudrais d'abord
commencer avec les résultats du sondage.
Vous vous rappelez sûrement que nous
avons insisté semaine après semaine sur
le sujet du chômage et que nous avions
dit que nous voulons résorber le chômage
en faisant des petits projets et des
petites entreprises un projet national.
Pour ce faire, nous avions commencé par
un questionnaire, pour permettre à toute
la jeunesse dans le monde arabe de
s'exprimer et de faire entendre son
avis. Que veut la jeunesse de cette
région, voulez-vous vraiment travailler
ou voulez-vous attendre un emploi ?
Êtes-vous prêts à entreprendre et faire
des petits projets et bouger dans ce
sens ?
Donc nous avons choisi de faire ce
sondage pour rassembler des millions de
voix pour ensuite porter ce cri haut et
fort et frapper à toutes les portes et
parler en vos noms à toutes les parties
concernées, qu'elles soient locales ou
internationales pour leur dire que les
jeunes du monde arabe sont sérieux et
veulent travailler.
Louange à Allah, je suis très content
des résultats que les Bâtisseurs de la
vie ont réalisés. N'oubliez pas que nous
avons ouvert un concours entre les clubs
des Bâtisseurs de la vie et même entre
tous les jeunes pour celui qui réunira
le plus grand nombre de gens interrogés
et celui qui amènera le plus de gens à
participer au sondage.
En vérité, ce que nous disons là, c'est
une interpellation au monde entier pour
qu'il entende la voix de cette jeunesse.
Et avant d'entamer l'épisode
d'aujourd'hui, je vous rappelle que nous
avons organisé un concours pour celui
qui concevra un film ou une animation
pour représenter en images les onze
créneaux ou les onze projets que nous
voulons bâtir ensemble à travers le
projet de
Sunna‘ al-Hayat.
En effet, beaucoup de jeunes gens
talentueux ont participé à ce concours,
et nous avons reçu le travail d'un jeune
résident au Canada qui s'appelle Aymen
Abdel Rahman et qui a accompli un joli
travail que je vous invite à voir.
Projection de film
Nous sommes très touchés par ce travail
et nous prions Allah qu'Il le récompense
de Ses bienfaits. En vérité toutes ces
initiatives consolident l'espoir qui est
en nous, et nous confirme qu'il y a bien
une jeunesse qui veut donner et qui veut
s'investir dans cette entreprise. Aymen
a fait ce travail tout en sachant qu'il
n'attend rien en contrepartie, mais en
le faisant, il répond à un besoin et un
sentiment qui le poussent à vouloir
participer avec nous.
Nous poursuivons notre programme
Sunna‘al-Hayat,
et nous continuons à explorer les
domaines de la renaissance. Nous avons
abordé jusqu'à maintenant les sujets
tels que le chômage, l'industrie, les
métiers artisanaux, la santé et
aujourd'hui nous parlerons de
l'enseignement. Nous parlerons du sujet
qui préoccupe tout un chacun, parce que
nous sommes tous ou bien des étudiants,
ou bien des parents d'étudiants ou bien
nous avons parmi nos proches des
étudiants. En bref un sujet qui concerne
chaque foyer.
Nous allons traiter le sujet de
l’enseignement en quatre parties. Nous
commencerons en parlant de l’importance
de l’éducation et de sa relation avec la
renaissance, et nous nous demanderons si
l'enseignement tel qu’il est produit des
individus productifs ou pas. Au cours du
prochain épisode, nous verrons quelles
sont les entraves que nous pourront
contribuer à dissiper pour aider nos
gouvernements dans cette tâche. Dans le
troisième épisode, nous parlerons des
moyens et des méthodes qui permettront
aux enseignants, étudiants et parents de
coopérer afin d’améliorer le système
éducatif. Et nous réserverons un épisode
à l'enseignement artistique et
artisanal.
L'épisode d'aujourd'hui, sera consacré à
l’importance de l’éducation. L’éducation
est l'élément qui élève des nations et
entraîne leur chute, qui crée les
civilisations et qui précipite leur
déclin. L'enseignement est l'outil qui
permet de gérer et de développer la
Terre tout comme la plume est un outil
pour l'écriture.
Je suppose que ces propos vous
paraissent vagues. Vous avez vu ce qu'a
fait Aymen avec sa plume et son
imagination, ayons recours nous aussi à
notre imagination et venez avec moi pour
faire un rêve. Rêvons de ce que sera le
monde arabe dans vingt ans. Nous sommes
en 2025, comment seront nos pays en 2025
?
La renaissance a eu lieu. Notre âge à
tous a avancé de vingt ans. Alors
fermons les yeux et allons voir ce qu'il
adviendra en 2025. Ce que je vais vous
raconter arrivera sûrement grâce à cette
jeunesse, grâce aux Bâtisseurs de la
vie, aux écoliers d'aujourd'hui. Grâce à
ces sept cent mille personnes qui ont
répondu à l'enquête, alors rêvez avec
moi. Mais quel rapport avec l’éducation
me direz vous, vous verrez que dans le
rêve que l'on va faire, nous trouverons
partout le rôle de l’éducation, et vous
réaliserez combien il est important.
Nous montons à bord d’un avion, et nous
atterrissons à l'aéroport du Caire ou à
l'aéroport de Djedda, de Rabat, de Sanaa
au Yémen. L’avion est arrivé à l’heure
exacte, sans retard à l'instar de tous
les moyens de transport chez nous qui
fonctionnent à la minute près et qui
sont très ponctuels. Vous pouvez donc
régler vos montres à l'heure de
l'arrivée de l'avion, car on a appris à
nos enfants à l'école à être ponctuels
et à respecter la ponctualité aux
rendez-vous. L'instituteur entre en
classe à huit heures pile, et dès qu'il
franchit le seuil de la classe toutes
les montres sonnent huit heures. La
cloche de l'école et la radio aussi
sonnent huit heures, tout est réglé et
fonctionne à la minute près. C'est que
tout le peuple a été éduqué de cette
façon à l'école et qu'ils sont tous
devenus ponctuels et disciplinés.
En descendant de l'avion, nous pouvons
contempler la ville et voir les édifices
qui s'y trouvent. Alors en regardant du
hublot, qu'est-ce que vous voyez ? Vous
voyez tous ces espaces verts qui
remplissent notre ville ? N'est-ce pas
là le quartier Chobra du Caire qui était
tout le temps encombré ? N'est-ce pas là
le quartier le plus encombré de Sanaa ?
Vous voyez les jardins au milieu, vous
voyez les aires de jeux qui s'y trouvent
et tous ces jeunes qui y font du sport
ensemble ? Vous remarquez que chaque
quartier est pourvu d'un jardin et d'un
espace vert.
Voyez-vous les terrasses des maisons ?
Souvenez-vous qu'il y a vingt ans les
terrasses étaient toutes remplies de
détritus et de vieux objets abandonnés.
Vous remarquez maintenant que toutes ces
terrasses sont cultivées et verdoyantes.
Tout le monde consomme les légumes qu'il
cultive lui-même. Et tous les ménages et
toutes les familles ont fraternisé grâce
à ces rencontres et ce travail qui les
réunissait sur les terrasses. Vous voyez
que tous les immeubles sont verdoyants,
vous remarquez que même les fêtes sont
célébrées sur les terrasses. Mais
qu'est-il donc arrivé ? C'est qu'en
2008, les écoles et les universités ont
décidé d'établir un coefficient pour les
notes des élèves qui cultivaient leurs
terrasses et participaient à la culture
des terrasses de l'école et de
l'université. Et un autre coefficient
pour les étudiants qui participaient aux
activités bénévoles servant la société.
En fait, l'année précédente, en 2007, on
avait pris la décision d'encourager les
étudiants de l'université à participer
pendant les vacances d'été aux campagnes
d'alphabétisation dans les villages et
les campagnes en établissant aussi un
coefficient de réussite pour ça et les
journaux et tous les moyens
d'information ont sensibilisé les
analphabètes à la nécessité de
l'instruction et on avait institué une
récompense pour tout individu qui
s'instruisait. Le taux d'analphabétisme
dans le monde arabe est tombé de 60 % à
15% en l'espace d'une année, car les
étudiants des universités ont su qu'ils
devaient servir aussi leur société.
Nous sommes descendus de l'avion. Nous
allons maintenant nous promener dans la
ville. Remarquez l'air jovial et
l’allure fière des passants, comme ils
ont changé depuis ces vingt dernières
années ! Vous voyez les sourires sur les
visages des gens ! Vous voyez ces
regards qui dégagent une grande
confiance en soi ! C'est qu'ils ont reçu
à l'école un cours sur la liberté, et on
a appris aux enfants à exposer leurs
opinions et ne pas en avoir honte.
Allons à présent visiter une ville en
Algérie, en Tunisie et dans tous les
pays arabes, une ville superbe qu'on
appelle la ville de la jeunesse et des
petits projets. Cette ville compte des
centaines de milliers d'ateliers et de
petits projets. Vous remarquerez qu'elle
est pleine de jeunes et d’étudiants
encore à l'université, c'est que l'état
a subventionné chaque petit groupe
voulant se lancer dans un petit projet.
Mais que font-ils et en quoi consistent
tous ces petits projets ? Ces jeunes
exportent à l'étranger des millions de
dollars de produits. Ils ont envahi le
marché chinois, et la Chine ne sait pas
quoi faire pour parer à ces produits qui
envahissent ses marchés, et ils ont même
envisagé d'instituer une loi interdisant
l'entrée de ces produits sur leurs
marchés. Tous les produits portent la
marque de tel ou tel pays arabe.
Mais comment ont-ils pu monter tous ces
petits projets ? D'où ont-ils eu tout
l'argent nécessaire ? C'est que tout le
monde a mis la main à la poche lorsqu'on
a vu que le projet était sérieux et
solvable et que les jeunes voulaient
réellement travailler. On avait organisé
en 2005 un sondage sur les dispositions
de la jeunesse à ce propos et trois
millions de personnes y avait participé
en répondant aux questions et en
affirmant leur volonté d'entreprendre et
de travailler. Ce qui bouleversa les
gouvernements et tous les peuples et les
amena à construire ces villes à partir
de 2007 et de 2008 et déjà en 2009 ces
petites entreprises avaient commencé à
exporter vers l'étranger. Les économies
des pays arabes sont devenues
florissantes et le chômage est résorbé,
le taux du chômage est passé de 30% en
2005 à 5% en 2025. Tout ceci grâce aux
villes des jeunes et des petits projets.
Où voulez-vous aller à présent ? Vous
voulez voir la gare, les trains pleins
de passagers et de marchandises venant
d'Egypte et passant par la Syrie, allant
vers la Palestine et le Liban, puis à
travers tout le Golfe jusqu’au Yémen.
Ils transportent des milliers de
passagers sans visa, car il n'y a plus
de frontières entre les pays arabes. Il
y a même une monnaie unique. C'est
qu'ils ont unifié les monnaies car ils
ont appris à l'école l’importance de
l'unité des peuples. Les universités
avaient organisé des voyages entre tous
les pays, les jeunes qui s'y
rencontraient se sont aimés et ont tissé
des liens de fraternité très solides et
se sont même épousés.
Avez-vous remarqué comme les gens sont
affables et polis ? Et c'est pour ça
d'ailleurs que le nombre des touristes
chez nous s’est multiplié et que le
tourisme est en pleine expansion. C’est
que nos enfants et nos jeunes ont appris
à l'école dans un cours destiné à
parfaire leurs goûts, comment se bien
tenir, se bien habiller et bien parler.
Et le tourisme s'en est trouvé encouragé
grâce à ce cours qui a éduqué les gens
et leur a appris à avoir un goût
raffiné.
Avez-vous remarqué que les mosquées sont
pleines à la prière de l'aube en 2025 ?
Et à propos, l'espace réservé aux femmes
dans les mosquées a été agrandi, et on a
dû réaménager les mosquées pour qu'elles
puissent contenir le nombre très
important de femmes qui viennent
assister à la prière de l'aube au même
titre que les hommes. C'est que tout le
monde commence le travail juste après
l'aube. Vous avez sans doute remarqué
aussi que les Musulmans et les Chrétiens
cohabitent merveilleusement, que les
Sunnites et les Chiites entretiennent
les meilleurs rapports. Que s'est-il
donc passé ? C'est que la religion n'est
plus une matière secondaire sans
importance mais elle est devenue une
matière obligatoire à tous les stades de
l'enseignement, une matière qui apprend
aux jeunes comment ils doivent aimer
leurs pays et vivre pour lui. Cette
matière a même permis la réussite des
autres projets, car on avait dispensé un
cours qui s'intitulait « Le
développement grâce à la foi ». C’est
grâce à ces cours de religion que le
développement et la renaissance ont été
réalisés.
Que pensez-vous de ce rêve ? C'est un
rêve qu'on réalisera avec nos bras et
nos mains, si Allah le veut. Par Allah
cela n'est pas impossible.
Vous avez vu combien le rêve était beau,
mais nous ne sommes pas les seuls à
faire un rêve qui repose sur
l’éducation. D'autres ont vu un rêve et
leur rêve s'est réalisé aujourd'hui;
cela s'est passé en Malaisie. L’état de
la Malaisie il y a trente ans était
encore plus désastreux que le nôtre
aujourd'hui, et ils ont rêvé tout comme
nous aujourd'hui, un rêve identique en
tout, et le rêve s'est réalisé. Mahater
Mohamed, l'ancien premier ministre
malaisien, architecte de cette
renaissance a été un jour l'invité d'une
chaîne arabe. On lui avait posé une
question, et vous avez sans doute
regardé cette émission car elle était
diffusée par une chaîne de large
audience. On lui avait donc posé une
question bien précise; qu'avez-vous fait
pour réaliser votre rêve ? Et
l'animateur tenait à ce que son invité
lui réponde d'une façon concise. Alors
Mahater Mohamed lui a dit : nous avons
fait une seule chose; nous avons accordé
à l'enseignement 20 % du budget de
l’état ! Nous avons économisé sur le
reste pour le dépenser dans
l'enseignement ! Et c'est tout ! Et le
rêve se réalisa. La question est aussi
simple.
Vous devez savoir que dans les pays
occidentaux, le budget le plus important
après celui de la défense est le budget
de l’éducation. Car l’éducation n'est
pas un service social, mais bien un
investissement, car sans un enseignement
performant vous êtes obligés de tout
importer ce qui est très lourd
financièrement.
Réalisez-vous l’importance de
l’éducation et pourquoi on dépense
autant d'argent pour ce secteur ?
L’état actuel des choses dans le secteur
de l'enseignement dans le monde arabe,
permet-il de réaliser une renaissance ?
Je ne répondrai pas par l'affirmative et
je ne dirai pas non, non plus. Mais je
vous dirai autre chose; il est sans
doute acquis que les efforts déployés
dans nos pays par les parties
concernées; à savoir les ministères de
l'éducation et autres sont des efforts
immenses. Car, il se trouve qu'on
dépense dans tout le monde arabe des
sommes énormes pour l’éducation. Et pour
soutenir ce que je dis je vous cite
l'exemple de l'Égypte : en Égypte, le
budget alloué à l'enseignement a
augmenté de 8 milliards de livres pour
atteindre 16 milliards de livres entre
1996 et 2002. Le nombre des écoles qui
ont été construites dans tout le monde
arabe durant les années 1990 est égal au
nombre des écoles construites durant le
siècle précédent et ce malgré la
croissance démographique qui elle, a
augmenté de 27 %. Ceci pour rendre
justice et dire ce qui a été fait.
Mais le problème est si important que
nous devons fournir des efforts dix fois
plus grands. Pourquoi donc ? Parce que
le produit de l'enseignement n’est pas
satisfaisant ? Je connais le
propriétaire d'une terre agricole qui a
refusé d'embaucher chez lui un ingénieur
agronome diplômé de la faculté
d'agronomie pour gérer sa ferme et a
préféré prendre avec lui quelqu'un qui
ne sait ni lire ni écrire. C’est lui qui
s'occupe de tout parce qu'il a appris à
le faire à la ferme. Alors que celui qui
sort diplômé de la faculté d'agronomie
ne sait pas travailler parce qu'il a
reçu une formation théorique. Vous voyez
comment sont les produits de nos écoles
!
Les gouvernements dans nos pays mesurent
le taux de production de l'enseignement
à travers le taux de réussite dans les
lycées et le nombre des diplômés des
universités. Et il arrive que ce taux
atteigne les 100 %, car il y a de
nouveaux étudiants et il n'y a pas de
places disponibles, alors on fait passer
tout le monde peu importe ce qu'ils font
aux examens. La qualité de l’éducation
est donc mesurée chez nous par rapport
au nombre des diplômés, mais est-ce bien
le bon critère ? Le critère devrait être
le nombre de ceux qui ont déposé des
brevets d'inventions, le nombre de ceux
qui ont trouvé un emploi et aussi la
diminution du taux de chômage.
Allons voir le rapport du développement
humain établi par l'ONU pour l'année
2003 et qui recense le nombre des
brevets d'inventions dans chaque pays et
comparons ensuite. Ce rapport indique le
nombre de brevets pour 1 million
d'habitants.
|
Pays |
Nombre |
Pays |
Nombre |
|
Egypte |
1 |
France |
195 |
|
Algérie |
2 |
Autriche |
159 |
|
Malaisie |
25 |
USA |
989 |
|
Israël |
71 |
Japon |
1057 |
Source : le rapport de l'ONU sur le
développement humain 2003
Le nombre des prix Nobel
|
Pays |
Nombre |
Pays |
Nombre |
|
USA |
137 |
Russie |
11 |
|
Allemagne |
49 |
Japon |
8 |
|
Royaume Uni |
47 |
Suède |
8 |
|
France |
18 |
Canada |
6 |
|
Pays Bas |
11 |
Égypte |
2 |
Source : le rapport de l'ONU sur le
développement humain 2003
Nombre d'ouvrages publiés
|
Pays |
Nombre |
Pays |
Nombre |
|
USA |
2 747 000 |
Inde |
155 000 |
|
Japon |
161 000 |
Israël |
81 000 |
|
Royaume Uni |
58 000 |
Egypte |
20 000 |
|
Allemagne |
480 000 |
Arabie saoudite |
14 000 |
Source : le rapport de l'ONU sur le
développement humain 2003
Les taux de chômage
|
Pays |
Taux |
|
Le monde arabe |
30 % |
|
USA |
5 % |
|
Japon |
5.4 % |
|
Royaume Uni |
5.2 % |
Source : le rapport de l'ONU sur le
développement humain 2003
Le but que j'ai visé à travers l'étude
de ce rapport, est de vous montrer que
les produits de l'enseignement
n'atteignent pas les objectifs qui leur
sont assignés. Et c'est pour cela que
nous devons fournir des efforts dix fois
plus importants… parce que
l'enseignement chez nous est un
enseignement basé sur le par coeur;
écoute et apprends. Le cerveau de
l'élève devient une unité de stockage
provisoire jusqu'au jour de l'examen. Ce
jour-là, l'élève sort de l'examen en
disant : Dieu soit loué, je m'en suis
acquitté ! (Telle une corvée !).
A titre d'exemple, les cours de soutien
que l'on dispense en privé consistent à
apprendre les techniques et les astuces
des examens ! L'élève qui en prend
répond bien aux examens parce que
l'enseignant l'a orienté vers les
questions probables qui seront posées
durant l'examen. Je connais un chimiste
parmi les plus éminents spécialistes en
la matière en Egypte qui avait dit à son
fils : Pour ce qui est de la chimie, je
m'en charge c'est moi qui te
l'enseignerai. Il lui inculqua les
notions de chimie de la meilleure façon
qui soit, mais comble de la surprise,
l'enfant échoua à l'examen de chimie !
C'est que le père ne savait pas qu'il
n'était pas question de bien connaître
le cours, mais d'apprendre par cœur et
d’avoir la note maximum à l'examen. En
fin de compte l'objectif n’est pas la
compréhension.
Nous voulons donc remplacer cet
enseignement passif et reposant sur le
par cœur, par un enseignement qui
reposerait sur trois fondements :
-
L'exploration des aptitudes et des
dons des élèves, comment découvrir
les dons et les talents des élèves
pour diminuer le chômage et ne pas
en faire tous des fonctionnaires.
-
-
Comment développer la faculté de
réflexion chez l'enfant et non pas
seulement la capacité de stocker les
informations.
-
Comment apprendre à l'élève à faire
des recherches par lui-même, pour
que la recherche devienne ensuite
dans sa vie un outil indispensable.
-
1. L'exploration des aptitudes et le
développement des dons
:
Dans les pays développés, on apprend aux
enseignants comment découvrir
précocement les aptitudes de leurs
élèves. Il peut s'avérer par exemple que
l'élève trop bavard en classe peut
devenir un bon orateur, alors on le
dirige vers la radio de l'école. L'élève
qui n'arrête pas de tambouriner sur la
table peut être traité chez nous d'élève
mal élevé, alors qu'ailleurs on devinera
chez lui un penchant pour la musique. Un
élève qui n'arrête pas de barioler ses
feuilles avec son stylo va être dirigé
vers le journal du dessin de l'école car
il se pourrait bien qu'il ait un don
pour la peinture. Par contre un élève
qui s'amuse à fabriquer des avions en
papier en classe, celui-là sera
carrément renvoyé de l'école durant une
semaine, alors qu'ailleurs on le
dirigera vers l'atelier des petites
inventions de l'école. Et l'élève qui
s'esquive de la maison pour aller jouer
au football dans le coin du quartier,
celui-là on lui désigne une partie du
temps pour qu'il aille s'entraîner avec
l'équipe de football de la ville. Les
enseignants sont chargés donc de
dénicher les aptitudes de leurs élèves,
et je me demande bien combien de talents
avons-nous enterrés dans nos pays ?
En Malaisie, où on a réservé 20 % du
budget à l'enseignement comme nous
l'avions dit, on a institué un cours
pour les inventions. Ce cours est
dispensé quatre fois par mois et il est
facultatif. L'élève qui décide
d'intégrer ce cours bénéficiera aussitôt
de 1300 dollars, un tiers de cette somme
sera donné à l'école pour qu'elle puisse
encourager cette aptitude chez les
élèves, un tiers sera donné à l'élève en
récompense et l'autre tiers sera dépensé
dans le développement de son invention.
Savez-vous maintenant pourquoi la
Malaisie a pu fabriquer une voiture
alors que nous ne le pouvons pas ?
Avez-vous constaté comment ils
encouragent les talents !
Il n'existe pas de règle prédéfinie pour
la découverte des talents. En Amérique,
on avait organisé dans une université un
test pour savoir quels sont les
étudiants qui pouvaient déterminer avec
précision leurs dons. 3 % seulement
connaissaient bien leurs dons. Vingt ans
après, on découvrit que le revenu des 3
% qui connaissaient leurs talents
étaient égal à celui des 97 % restants !
Parce qu'ils ont su quelles étaient
leurs aptitudes. Ce qui amena les écoles
et les universités en Amérique à créer
un cours hebdomadaire pour la découverte
des talents. Des experts questionnent
les élèves sur ce qu'ils aiment faire,
et on leur dit quel est leur but. A
l'élève qui répond par : je veux être un
inventeur, on lui amène la matériel
nécessaire et on le laisse travailler,
et on envoie un rapport à ses parents
expliquant le domaine de prédilection de
leur enfant. Après les vacances d'été,
les parents viennent raconter ce qu'a
fait leur enfant durant l'été, et si on
trouve qu'il ne s'améliore pas dans son
domaine, on l'oriente vers un autre qui
lui conviendrait mieux.
Je m'adresse aux jeunes; trouvez celui
qui vous aidera à découvrir votre
talent, sinon faites-le vous-même. C'est
à partir de là que nous allons
transformer notre enseignement, je
demande à tous de découvrir les talents
de vos enfants, et je commencerai par
découvrir le don de mon enfant âgé de
trois ans et qui fréquente encore la
crèche. Je prie tous les jeunes d’en
faire autant; quels sont vos dons, ne me
dites pas que vous êtes étudiants
ingénieurs mais dites-moi quels sont vos
dons.
Regardez comment le Prophète (que la
paix et le salut soient sur lui)
découvrait les dons de ses Compagnons.
Il a dit à Hassan Ben Thâbet de se
consacrer à la poésie, à Abou Bakr à la
généalogie des tribus arabes et à Zayed
Ben Thâbet à la jurisprudence et Ali Ben
Abi Tâleb à la magistrature. N'est-ce
pas que le Prophète avait distribué les
tâches selon les aptitudes ? Et le
Prophète savait comment déceler les dons
de ses Compagnons. Un jour les
Quraychites avaient dit une diatribe en
vers à son encontre, alors le Prophète
désigna Hassan Ben Thâbet pour leur
répondre et écrire à son tour des vers
pour leur rendre la critique et lui dit
: « Vas-y Hassan et l'ange
Gabriel te soutiendra ».
Remarquez aussi comment il leur
insufflait le courage et la force. Alors
Hassan lui dit : « Je le ferai, ô
messager d'Allah ». Mais Hassan ne
connaissait pas la généalogie des tribus
arabe et risquait bien de critiquer le
Prophète sans le savoir, car le Prophète
est le descendant de l'une des tribus
quraychites. Alors le Prophète lui dis :
« Prends Abou Bakr avec toi, car il
connaît bien la généalogie des arabes.»
Hassan écrivit le poème avec le soutien
de Abou Bakr, et quand les Quraychites
l'entendirent, ils devinrent furieux, et
Abou Soufiane soupçonna le concours de
Abou Bakr à ce poème et dit : « Abou
Bakr est derrière ce poème ».
2. Le développement de la faculté de
réflexion :
Les méthodes d'enseignement chez nous
n’incitent guère à la réflexion. Par
exemple si l'enseignant veut que l'élève
résolve le calcul 5*6, il lui ordonne
d'apprendre la table de multiplication
par cœur. Alors l'élève écrit cent fois
de suite la table et l'apprend
machinalement. Mais s'il prenait 30
tablettes de chocolat et divisait la
classe en 5 rangées et demandait aux
élèves de partager les tablettes entre
les rangées, puis demandait pourquoi
ont-ils divisé de la sorte et si l’on
pourrait diviser plus vite, alors
l'élève apprendrait à connaître 6*5 en
réfléchissant.
Même dans l'apprentissage des lettres de
l'alphabet arabe ou anglais à la
maternelle. On exige de l'élève d'écrire
cent fois "A" puis cent fois "B" et
ainsi de suite. Par contre en Occident
on leur apprend l'alphabet en jouant. On
leur dessine par terre des carrés
représentant le jeu de l'échelle et du
serpent, et on dessine dans chaque carré
une lettre, à chaque fois que l'enfant
gagne il passe au carré supérieur, ainsi
il saura que la lettre "B" succède à la
lettre "A" et apprendra l'alphabet en
réfléchissant.
Nous avons besoin d'idées innovatrices.
Le physicien allemand qui a été lauréat
du prix Nobel il y a deux ans de cela a
répondu à celui qui lui demandait
comment a t-il fait pour mériter cette
consécration en lui disant : depuis ma
prime enfance, à mon retour de l'école,
ma mère me demandait à chaque fois
combien de questions utiles j'avais
posées à l'instituteur. Alors j'ai
appris à poser des questions en classe,
et comme ma mère tenait toujours à
savoir si mes questions étaient vraiment
utiles, j'ai commencé à chercher les
bonnes questions et ma capacité à
réfléchir s’améliorait.
Nous tuons les capacités de nos enfants
et leur faisons injustice,
connaissez-vous le verset--qui peut être
traduit comme : "et
qu’on demandera à la fillette enterrée
vivante, pour quel péché elle a été
tuée"
(TSC1, At-Takwir
‘L’obscurcissement’ : 8-9) nous sommes
en train d'enterrer vivantes les
facultés de nos enfants dans les écoles
et les universités et ceci est injuste.
Nous devons aussi développer le sens de
l'imagination chez nos enfants car
l'imagination est à l'origine de la
réflexion. Einstein disait que
l'imagination est plus forte que la
réflexion. Comment peut-on développer la
réflexion par l'imagination ? Que
diriez-vous si on prenait en cours
d’histoire deux élèves et qu'on dise à
l'un d'eux de jouer le rôle de Salah
Eddinne et à l'autre de jouer le rôle de
Richard cœur de lion, et qu’on leur
demande de construire un dialogue dans
lequel ils discuteraient de la morale
des deux personnages. Pourquoi ne
procède t-on pas de cette manière ? Cela
ne coûte rien au budget de l'état.
Et dans la leçon d'expression, on
demande à l'élève de décrire un beau
jardin, alors qu'on pourrait lui
demander de rédiger un dialogue entre un
soldat de l'armée de Salah Eddine et un
soldat de l'armée de Richard coeur de
lion et on verrait comment les élèves
s'expriment et développent leur
imagination et leur faculté de
réflexion.
Vous rendez-vous compte que l'enseignant
chez nous passe 50 minutes à parler et
que les élèves ne font qu'écouter au
meilleur des cas ! N'est-ce pas que
c'est injuste ? L'enseignant ne devrait
parler que 20 minutes seulement et le
reste de la séance devrait être consacré
au dialogue et à la discussion, car
c'est par le débat que l'on développe la
faculté de réflexion et la force de
l'imagination.
Cet état de fait se reflète même dans la
façon dont les élèves sont assis, vous
remarquerez que les élèves dans nos
écoles s'assoient les uns derrière les
autres en face de l'enseignant, cet
ordre impose un dialogue à sens unique
et fait que l'élève est simplement
réceptif. Alors qu'ailleurs, les élèves
s'assoient par groupes de quatre ou de
cinq autour d'une table, ainsi la classe
se trouve divisée en petits groupes et
l'enseignant se contente de diriger le
dialogue et ne parle que pendant le
tiers de la séance. Cette méthode permet
d'inculquer à l'enfant la culture du
dialogue, de lui apprendre à écouter les
autres et exprimer sa propre opinion, et
d'aimer le travail collectif.
Et parce que nous n’avons pas appris à
être organisés, nous nous bousculons à
la prière du vendredi, et nous ne
pouvons même pas nous mettre en ordre et
en rangées dans la mosquée. Les
multinationales fusionnent et créent de
grandes firmes, parce qu’elles ont
appris à l'école les notions du travail
collectif et de l'union. Chez nous,
lorsqu’un père meurt et laisse derrière
lui un héritage à partager, on voit ses
enfants après lui se disputer et chacun
s'en va avec sa part, car nous ne
pouvons pas travailler ensemble et
sommes toujours divisés.
La critique n'est pas admise dans nos
sociétés et c'est l'uniformité qui
prévaut même dans les opinions, parce
que nos écoles sont basées sur la
récitation par coeur et que seul
l'instituteur parle, elles ont supprimé
toute notion de dialogue dans les
esprits. Un instituteur en Grande
Bretagne a pris une pièce en bois en
forme du nombre 9, et a demandé à deux
élèves de se mettre debout chacun à l’un
des bouts de la pièce en bois, alors les
élèves voient différemment le nombre,
l'un a devant lui un 9 et l'autre un 6.
Cet exercice permet à l'enfant de
découvrir qu'il y a des manières de voir
différentes en tout. Puis l'instituteur
demande aux deux élèves de dialoguer et
d'essayer de convaincre l’autre de son
point de vue et celui qui réussira aura
une récompense. De cette façon celui qui
aura l'intelligence de dire à son
camarade de venir se mettre à sa place
aura la récompense. Par contre, nos
enfants sont habitués à penser tous de
la même façon et ne savent pas accomplir
un travail collectif.
Je vous interpelle vous, les détenteurs
de la décision, les parents, les
enseignants, qu'en pensez-vous ?
En Occident ils ont fait encore plus;
ils ont fait que toutes les leçons de la
semaine concourent à la compréhension
d'une idée qui développe la faculté de
réflexion. Ils ont développé ce qu'on
appelle l'enseignement complémentaire.
Toutes les leçons traitent du même
sujet, comment cela ? Regardons par
exemple comment la leçon de géographie
commande toutes les autres matières. On
commence par la leçon de géographie qui
traite des caractéristiques de l'hiver,
puis vient la leçon d'histoire où
l'enseignant racontera comment Napoléon
a été vaincu à la bataille de Waterloo à
cause du froid et de l'hiver, puis vient
le leçon de littérature qui sera
consacrée aux récits décrivant l'hiver,
puis vient la leçon de sciences
naturelles qui sera consacrée au
phénomène de l'hibernation de certaine
espèces animales. Ainsi l'esprit des
élèves se concentrera sur la même
donnée. Et c'est ici qu'intervient le
rôle des gouvernements dans la reforme
des méthodes d'enseignement.
L'enseignement complémentaire est
appliqué dans un seul pays arabe, il est
appliqué en Palestine malgré leur
situation difficile.
Je vais vous lire un email qu'un jeune
de 19 ans a envoyé sur un site. Ce jeune
raconte : "Je suis un jeune de 19 ans,
mon problème a commencé après mon entrée
au lycée. J'étais très créatif, je
lisais beaucoup et j'aimais lire toutes
sortes de lectures. J'étais sportif et
très actif et j'innovais en beaucoup de
domaines, j'apprenais tout ce que je
voyais par curiosité, et je ne lâchais
pas mon sujet jusqu'à ce que je
l'apprenne dans tous ses détails. J’ai
appris à fabriquer tout ce qui se fait
avec la bourre de palmier à l'age de 9
ans, en plus de la couture, de la
broderie, du tissage et tout ce qui se
fait avec le papier. J'étais le premier
à l'école sans concurrent jusqu'à ce que
j'entre au lycée, et la concurrence
était très intense et j'étais obligé de
me concentrer sur les programmes que
l'on nous enseignait, alors j'ai
abandonné mes loisirs, et j'ai perdu mon
engouement pour la lecture, et je me
suis concentré sur les manuels pour
avoir la moyenne nécessaire au passage.
L'ennui, c'est que durant ces années
difficiles du lycée, nos enseignants
nous ordonnaient d'apprendre par cœur
nos leçons. J'ai perdu mes facultés
créatives, et après mon diplôme, j’ai
souffert d'hypertension artérielle à
l'age de 18 ans à cause de la
concurrence très sévère. Le problème
c'est que je ne peux plus penser comme
avant, et je ne peux plus étudier à
l'université, car je suis habitué au
dirigisme du lycée, aidez-moi s'il vous
plait…"